
Prenant la parole devant la Commission du développement et de la coopération à
Bruxelles, M. Moore a indiqué qu'une participation accrue des parlements et des
congrès était nécessaire non seulement parce que ces organes législatifs devaient
ratifier les accords conclus à l'OMC, mais aussi parce qu'ils étaient les meilleurs
représentants de la société civile.Tout ce qui est convenu
dans le cadre de l'OMC doit être entériné par les gouvernements et ratifiés par les
parlements. Nous avons tous davantage de comptes à rendre. Les parlements et les congrès
maintiennent les gouvernements en place. L'opinion publique maintient les gouvernements en
place. Les représentants élus sont la principale expression de la société civile. Ces
personnes dont le soutien est mesuré et qui sont comptables de leurs actes doivent jouer
un rôle plus actif. Voilà une manière concrète de répondre à certaines des
inquiétudes suscitées par la mondialisation et à la désaffection du public. Les
représentants élus ont le devoir de jouer un rôle plus actif, d'organiser des débats,
de surveiller où va l'argent du contribuable et de veiller à ce que les grandes
institutions internationales créées pour gérer les affaires du monde aient l'autorité
morale que leur confèrent leur appartenance aux gouvernements Membres et le fait que
ceux-ci participent à leurs travaux, a dit M. Moore. Le Commissaire européen,
M. Pascal Lamy, et M. Peter Gakunu du secrétariat de l'organisation
des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique se sont également exprimés devant la
Commission.
À
la Conférence ministérielle de Seattle en décembre dernier, M. Moore a salué la
tenue de la première réunion interparlementaire informelle sur des questions touchant à
l'OMC. En accord avec le Sénateur américain M. William Roth, M. Moore a
rassemblé des parlementaires du monde entier pour discuter des problèmes liés à la
mondialisation et réfléchir à ce que l'OMC pouvait faire pour y remédier.
M.
Moore a indiqué aux membres de la Commission qu'il comptait donner suite à cette
première initiative et qu'il avait déjà mené des consultations avec des fonctionnaires
des gouvernements Membres de l'OMC à cet effet.
Nous
devons faire participer les parlementaires d'une manière plus ciblée, plus ordonnée et
plus organisée. Pour cela, nous avons besoin de l'aide des gouvernements; je vais donc
leur proposer des moyens concrets d'arriver à ce résultat, a dit M. Moore.
Le
Directeur général a ajouté que les parlementaires avaient en particulier pour mission
d'informer leurs électeurs des avantages qu'un système commercial fondé sur des règles
pouvait offrir. Il a plaidé avec force pour une plus grande ouverture des sociétés afin
que les marchandises, les services, les informations, les idées et les capitaux puissent
franchir les frontières sans obstacles.
Il
a souligné que grâce à des politiques économiques d'ouverture, les nations de l'Asie
de l'Est et du Pacifique avaient relevé les niveaux de vie et réduit la pauvreté dans
des proportions jamais atteintes auparavant. Il a rappelé qu'il y a 40 ans, 40 pour cent
de la population de cette région vivait avec moins de 1 dollar par jour. Ce chiffre
est aujourd'hui tombé à 10 pour cent. En 1975, a-t-il ajouté, un paysan thaïlandais
sur six seulement avait accès à l'eau potable, alors qu'aujourd'hui quatre sur cinq
boivent de l'eau propre et salubre.
M. Moore
a attribué ces avancées à l'adoption de politiques économiques saines, y compris des
régimes commerciaux libéraux.
L'OMC
peut sans doute mieux faire pour informer les populations des avantages qui découlent du
système commercial multilatéral mais, pour M. Moore, les parlements et les congrès sont
les lieux privilégiés de ces discussions en raison de leurs liens étroits avec le
public.
Trouver
les moyens de donner aux peuples le sentiment qu'ils sont véritablement partie prenante
est le défi qui se pose à tous ceux qui sont attachés aux principes démocratiques et
aspirent à un monde gouverné par des règles et non par la force, par des accords et non
par la puissance. La manière dont les représentants du peuple relèveront ce défi
contribuera de façon décisive à apporter au monde davantage de paix et de stabilité.
Dans cette optique, les organisations internationales doivent se montrer plus ouvertes et
plus responsables. Tel est l'objectif que je me suis fixé, a conclu M. Moore.
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