
LAGCS est le premier accord jamais conclu pour
couvrir, par des règles
multilatérales juridiquement contraignantes, le commerce international des services. Il a
été négocié lors du Cycle dUruguay. LAGCS se compose de trois
éléments:
le texte de lAccord, qui énonce les obligations et disciplines
générales; des
annexes, qui contiennent les règles applicables aux différents
secteurs; et des
engagements spécifiques pris par les pays en vue dassurer laccès à leurs
marchés, avec indication des cas dans lesquels certains pays renoncent provisoirement à
lapplication du principe de non-discrimination reposant sur la clause de la
nation la plus favorisée. Ces engagements - comme les listes tarifaires
concernant le commerce des marchandises - font partie intégrante de lAccord. Il en
va de même des retraits temporaires du traitement de la nation la plus
favorisée. Obligations
et disciplines générales haut
de page
Champ
dapplication
LAccord vise
tous les services entrant dans le commerce international - par exemple les services
bancaires, les télécommunications, le tourisme, les services
professionnels, etc. Il
définit par ailleurs quatre différents modes de commercialisation des services:
- la fourniture de
services dun pays à un autre pays (par exemple les appels téléphoniques
internationaux), dénommée officiellement fourniture transfrontières;
- lutilisation
dun service par des consommateurs ou des entreprises dans un autre pays (par exemple
le tourisme), dénommée officiellement consommation à létranger;
- létablissement
de filiales ou de succursales par une entreprise étrangère en vue de la fourniture de
services dans un autre pays (par exemple, les opérations de banques étrangères dans un
pays), dénommé officiellement présence commerciale;
- le déplacement de
particuliers quittant leur pays pour fournir des services dans un autre (par exemple les
mannequins ou les consultants), dénommé officiellement présence de personnes
physiques.
Traitement de la
nation la plus favorisée (NPF)
Une faveur accordée
à lun doit lêtre à tous. Le principe NPF signifie légalité de
traitement pour tous les partenaires commerciaux sur un pied dégalité, suivant le
principe de la non-discrimination. En vertu de lAGCS, si un pays ouvre un secteur à
la concurrence étrangère, il doit accorder des possibilités égales dans ce secteur aux
fournisseurs de services de tous les autres Membres de lOMC. (Ce principe
sapplique même si le pays na pris aucun engagement spécifique concernant
laccès des entreprises étrangères à ses marchés dans le cadre de lOMC.)
La clause NPF
sapplique à tous les services, mais quelques exemptions temporaires spéciales sont
autorisées. Lorsque lAGCS est entré en vigueur, un certain nombre de pays avaient
déjà signé avec des partenaires commerciaux des accords préférentiels sur les
services, soit au niveau bilatéral, soit dans le cadre de groupes
restreints. Les Membres
de lOMC ont estimé quil était nécessaire de maintenir ces préférences
pendant quelque temps. Ils se sont donné le droit de continuer à accorder un traitement
plus favorable à tel ou tel pays pour telle ou telle activité de service en énumérant
des exemptions de lobligation NPF parallèlement à leurs engagements
initiaux. Pour protéger le principe général NPF, il a été décidé que les exemptions
ne pouvaient être adoptées quune seule fois et que rien ne pouvait être ajouté
aux listes. Celles-ci seront réexaminées en 2000 et leur durée est en principe limitée
à dix ans.
Engagements
concernant laccès aux marchés et le traitement national
Les engagements
contractés par les différents pays concernant louverture - et le degré
douverture - des marchés dans des secteurs spécifiques sont le résultat des
négociations. Ils sont repris dans des listes qui énumèrent les secteurs
promis à louverture, le degré daccès au marché accordé dans ces secteurs
(les restrictions à la participation étrangère étant indiquées, le cas
échéant), et
les limitations éventuelles du traitement national (lorsque certains droits sont
accordés à des sociétés locales mais non aux sociétés étrangères).
Ainsi, par exemple, si un gouvernement sengage à autoriser des banques étrangères à opérer
sur son marché intérieur, il prend un engagement en matière daccès aux
marchés.
Sil limite le nombre de licences quil accordera, il sagit dune
limitation de laccès aux marchés. Si, enfin, il déclare que les banques
étrangères ne peuvent avoir quune seule succursale tandis que les banques du pays
peuvent en avoir plusieurs, il sagit dune exception au principe du traitement
national.
Ces engagements
clairement définis sont consolidés: comme les droits de douane consolidés
appliqués au commerce des marchandises, ils ne peuvent être modifiés quaprès des
négociations avec les pays affectés. Du fait quil est difficile de les
déconsolider, les engagements constituent pour ainsi dire la garantie des
conditions dactivité des exportateurs étrangers et importateurs de services ainsi
que des investisseurs dans ce secteur.
Transparence
Daprès
lAGCS, les gouvernements doivent publier toutes les lois et réglementations
pertinentes. Ils ont un délai de deux ans (jusquà la fin de 1997) pour créer des
points dinformation dans leurs administrations. Les sociétés et gouvernements
étrangers peuvent alors sadresser à ces points dinformation pour se
renseigner sur les réglementations régissant tel ou tel secteur des services. Les
gouvernements doivent aussi notifier à lOMC tout changement apporté aux
réglementations applicables aux services visés par des engagements
spécifiques.
Réglementations:
objectives et raisonnables
Les réglementations
intérieures étant le principal moyen dexercer une influence ou un contrôle sur le
commerce des services, lAccord dispose que les gouvernements doivent réglementer
les services dune manière raisonnable, objective et impartiale. Lorsquun
gouvernement prend une décision administrative qui affecte un service, il doit aussi
instituer un moyen impartial dobtenir la révision de la décision (par exemple un
tribunal).
Reconnaissance
Lorsque deux
gouvernements (ou davantage) ont conclu des accords sur la reconnaissance mutuelle de
leurs systèmes de qualification (par exemple pour la délivrance de licences ou de
certificats aux fournisseurs de services), ils doivent, daprès lAGCS,
ménager aux autres Membres la possibilité de négocier des arrangements comparables. La
reconnaissance des systèmes de qualification dautres pays ne doit pas être
discriminatoire ni équivaloir à un protectionnisme déguisé. Les accords de
reconnaissance doivent être notifiés à lOMC.
Paiements et
transferts internationaux
Une fois quun
gouvernement sest engagé à ouvrir un secteur de services à la concurrence
étrangère, il ne doit pas en principe restreindre les transferts à létranger
effectués au titre du paiement de services rendus (transactions courantes)
dans ce secteur. Seule exception prévue, des restrictions peuvent être appliquées
lorsque le pays a des difficultés de balance des paiements, mais même dans ce
cas, elles
doivent être temporaires et sont assujetties à dautres limites et conditions.
Libéralisation
progressive
Le Cycle
dUruguay nétait quun début. LAGCS prévoit dautres
négociations, dont les premières doivent débuter dans un délai de cinq ans. Le but est
daller plus loin dans la libéralisation en accroissant le niveau des engagements
contenus dans les listes.
Annexes:
les services ne sont pas tous les mêmes haut
de page
Le commerce
international des marchandises est une notion relativement simple: un produit est
transporté dun pays à un autre. Le commerce des services est beaucoup plus
varié.
Les compagnies de téléphone, les banques, les compagnies aériennes et les cabinets
comptables fournissent leurs services de manière très différente. Les annexes de
lAGCS donnent une certaine idée de cette diversité.
Mouvement des
personnes physiques
Cette annexe concerne
les négociations sur le droit des individus de séjourner temporairement dans un pays
afin de fournir un service. Elle précise que lAccord ne sapplique pas aux
personnes cherchant à obtenir un emploi permanent ni aux conditions posées pour
lobtention de la citoyenneté, de la résidence ou dun emploi à titre
permanent.
Services financiers
Linstabilité du
système bancaire porte atteinte à lensemble de léconomie. Aux termes de
lannexe sur les services financiers, les gouvernements ont le droit de prendre des
mesures prudentielles, par exemple pour protéger les investisseurs, les déposants et les
titulaires de polices dassurance, et pour assurer lintégrité et la
stabilité du système financier. Il est aussi précisé que lAccord ne
sapplique pas aux services fournis dans lexercice du pouvoir gouvernemental
sur le système financier, par exemple les services fournis par les banques
centrales. Les
négociations sur les engagements spécifiques concernant les services financiers se sont
achevées avec succès à la fin de 1997.
Télécommunications
Le secteur des
télécommunications joue un double rôle: il est à la fois un secteur dactivité
économique distinct et un élément de linfrastructure au service dautres
activités économiques (par exemple les transferts financiers
électroniques).
Daprès lannexe, les gouvernements doivent assurer laccès sans
discrimination des fournisseurs étrangers de services aux réseaux publics de
télécommunications. Les négociations sur les engagements spécifiques concernant les
télécommunications ont repris après la fin du Cycle dUruguay. Elles ont abouti à
un nouvel ensemble de mesures de libéralisation convenu en février 1997.
Services de
transport aérien
Aux termes de cette
annexe, les droits de trafic et les activités qui y sont directement liées sont exclus
du champ dapplication de lAGCS. Ils sont régis par des accords
bilatéraux.
Lannexe précise cependant que lAGCS sappliquera aux services de
réparation et de maintenance des aéronefs, à la commercialisation des services de
transport aérien et aux services de systèmes informatisés de
réservation.
Travaux
en cours: sans attendre la prochaine série de négociations haut
de page
À la fin du Cycle
dUruguay, les gouvernements sont convenus de poursuivre les négociations dans
quatre domaines: télécommunications de base, transport maritime, mouvement des personnes
physiques et services financiers. Quelques engagements concernant certains de ces secteurs
avaient déjà été contractés dans le cadre des Accords du Cycle dUruguay. La
poursuite des négociations devait permettre daméliorer ces
résultats.
Télécommunications
de base
Les gouvernements
nont pas offert de prendre des engagements pendant le Cycle dUruguay dans ce
domaine, essentiellement parce que la privatisation des monopoles dÉtat posait un
problème complexe dans beaucoup de pays. Nombre des listes annexées initialement à
lAGCS incluent néanmoins des services de télécommunication à valeur ajoutée de
pointe, qui sont habituellement founis par des entreprises privées. Les négociations sur
les télécommunications de base se sont achevées en février 1997 et de nouveaux
engagements nationaux devaient prendre effet à compter de janvier 1998.
Transports
maritimes
Les négociations sur
les transports maritimes devaient initialement sachever en juin 1996, mais les
participants nont pas pu sentendre sur un ensemble dengagements. Les
discussions reprendront avec la prochaine série de négociations sur les services, qui
doit débuter au plus tard en 2000. Des engagements sont déjà inclus dans les listes de
certains pays concernant les trois principaux domaines de ce secteur: accès aux
installations portuaires et utilisation de ces installations; services
auxiliaires; et
transport en haute mer.
Mouvement des
personnes physiques
Lexpression
mouvement des personnes physiques sentend de ladmission et du
séjour temporaire de personnes sur le territoire dun pays afin dy fournir un
service. Elle ne se rapporte pas aux personnes qui recherchent un emploi permanent ou
souhaitent résider en permanence dans un pays. Des engagements figurent déjà dans les
listes, mais il a été convenu que des négociations en vue de les améliorer auraient
lieu dans les six mois suivant lentrée en activité de lOMC. Ces
négociations nont donné que des résultats modestes.
Services financiers
Les services
financiers sont un autre domaine dans lequel de nouvelles négociations ont été prévues
pour améliorer les engagements figurant dans les listes établies initialement lors du
Cycle dUruguay. Ces négociations devaient officiellement prendre fin en juillet
1995, mais les gouvernements ont décidé que de meilleurs résultats pourraient être
obtenus à lissue de nouvelles discussions. Elles se sont achevées avec succès en
décembre 1997.
Autres questions
LAGCS énumère
plusieurs autres questions qui doivent faire lobjet de négociations à
lavenir. Une série de négociations viserait à élaborer des règles qui ne
figurent pas encore dans lAGCS et qui régiraient les subventions, les marchés
publics et les mesures de sauvegarde.
Une autre série de
négociations aurait pour objet détablir des règles sur les prescriptions que les
fournisseurs étrangers de services doivent respecter pour pouvoir opérer sur un marché.
Il sagit déviter que ces prescriptions ne constituent pas que des obstacles
non nécessaires au commerce. Laccent est mis sur les aspects suivants: procédures
et prescriptions en matière de qualifications, normes techniques et prescriptions en
matière de licences.
Dans le cadre de ces
travaux, les gouvernements se sont dabord attelés au secteur des services
comptables. Les résultats de ces discussions sont apparus en décembre 1998, quand le
Conseil des services a adopté des disciplines relatives à la réglementation intérieure
dans ce secteur. Les disciplines nont pas encore deffet juridique. Les
gouvernements continuent de travailler à lélaboration de disciplines générales
applicables à tous les services professionnels et, le cas échéant, de disciplines
sectorielles additionnelles. Toutes les disciplines élaborées par les gouvernements
seront incorporées dans lAGCS et deviendront juridiquement contraignantes avant la
fin de la prochaine série de négociations sur les services.
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