
L'accord sur l'agriculture:
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SOMMAIRE
> Introduction
> Accès
aux marchés
> Soutien
interne
> Concurrence/subventions
à l'exportation
> Autres
questions
> Pays
en développement importateurs nets de produits
alimentaires
> Résumé
> Abréviations
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Le
commerce des produits agricoles haut
de pageSi
le volume des exportations mondiales de produits
agricoles a fortement augmenté au cours des dernières
décennies, sa croissance a été moins rapide que celle
des exportations de produits manufacturés, de sorte que
la part de l'agriculture dans le commerce international
de marchandises n'a cessé de diminuer. En 1998, les
échanges de produits agricoles représentaient 10,5 pour
cent du commerce total de marchandises, mais si l'on
tient compte des services ils ne comptent plus que pour
8,5 pour cent du total. La part de l'agriculture dans le
commerce mondial est cependant toujours supérieure à
celle des produits des industries extractives et de
l'industrie automobile, des produits chimiques, des
textiles et vêtements, ou du fer, de la fonte et de
l'acier. Les produits alimentaires représentent près de
80 pour cent de l'ensemble des échanges internationaux
de produits agricoles; ils sont suivis par les produits
à l'état brut. Depuis le milieu des années 80, le
commerce des produits agricoles transformés et d'autres
produits agricoles à forte valeur ajoutée croît plus
rapidement que celui des produits primaires initiaux
comme les céréales.
Dans
beaucoup de pays, le commerce des produits agricoles
représente une part significative de l'activité
économique nationale et continue d'occuper une place
importante dans la production et dans l'emploi du secteur
agricole. Le système commercial joue aussi un rôle
fondamental dans la sécurité alimentaire mondiale, par
exemple en faisant en sorte que les marchés
internationaux puissent satisfaire à la demande en cas
de déficit alimentaire temporaire ou prolongé
attribuable à de mauvaises conditions climatiques ou à
d'autres conditions défavorables.
Les
politiques commerciales avant l'institution de l'OMC haut
de page
L'agriculture
a toujours été visée par le GATT mais, avant
l'institution de l'OMC, les règles qui s'appliquaient
aux produits agricoles primaires étaient à plusieurs
égards sensiblement différentes de celles qui
touchaient les produits industriels. Ainsi, dans le cadre
du GATT de 1947, les pays pouvaient accorder des
subventions à l'exportation de produits agricoles
primaires alors qu'il leur était interdit de le faire
pour les produits industriels. Les seules conditions à
l'octroi de telles subventions étaient qu'elles ne
devaient pas permettre aux pays concernés de détenir
plus qu'une part équitable des exportations
mondiales du produit en cause (article XVI:3 du GATT).
Les règles du GATT permettaient aussi aux pays de
maintenir des restrictions à l'importation (par exemple
des contingents d'importation) dans certaines conditions,
notamment lorsque de telles restrictions étaient
nécessaires pour limiter effectivement la production
nationale (article XI:2 c) du GATT). Pour pouvoir
appliquer ces restrictions, il fallait cependant que le
rapport des importations à la production nationale soit
maintenu à un niveau minimal.
Mais,
en pratique, de nombreuses restrictions non tarifaires
des importations étaient appliquées à la frontière
sans qu'il n'y ait en contrepartie de limitations
effectives de la production nationale ni qu'un accès
minimal soit maintenu pour les importations. Dans
certains cas, les pays appliquaient des mesures qui
n'étaient pas spécifiquement prévues à l'article XI.
Dans d'autres cas, les restrictions résultaient
d'exceptions et d'exemptions par pays découlant par
exemple de clauses d'antériorité, de dérogations et
des protocoles d'accession. Dans d'autres cas encore, les
restrictions non tarifaires à l'importation étaient
maintenues sans aucune justification apparente.
Il
y avait par conséquent une multitude d'obstacles au
commerce des produits agricoles, notamment des
interdictions d'importer, des contingents plafonnant le
niveau des importations, des prélèvements variables à
l'importation, des prix d'importation minimaux et des
mesures non tarifaires maintenues par des entreprises
commerciales d'État. Ces obstacles, sans commune mesure
avec ceux auxquels faisaient face d'autres secteurs du
commerce des marchandises, entravaient le commerce des
principaux produits agricoles, dont les céréales, la
viande, les produits laitiers, le sucre et divers fruits
et légumes.
Cette
protection des marchés nationaux était en partie
attribuable aux mesures prises à l'origine après
l'effondrement des prix des produits de base enregistré
lors de la dépression des années 30. De plus, au
lendemain de la seconde guerre mondiale, la première
préoccupation de bon nombre de gouvernements avait été
d'augmenter la production agricole pour nourrir une
population de plus en plus nombreuse. Compte tenu de cet
objectif, et soucieux de maintenir un certain équilibre
entre la croissance des revenus dans les zones rurales et
celle des revenus dans les zones urbaines, de nombreux
pays, en particulier dans les régions développées, ont
eu recours à des mesures de soutien des prix du marché
c'est-à-dire que les prix des produits agricoles
étaient artificiellement gonflés. Grâce à
l'imposition d'obstacles à l'accès aux marchés, la
production nationale était assurée d'être écoulée.
Ces mesures, ainsi que les gains de productivité, ont
rapidement permis d'atteindre l'autosuffisance
alimentaire. Dans plusieurs cas, l'accroissement de la
production nationale de certains produits agricoles non
seulement a permis de remplacer les importations, mais a
aussi engendré des excédents structurels. Le
subventionnement des exportations a servi de plus en plus
à écouler les excédents sur le marché mondial, ce qui
a eu pour effet de faire baisser les prix du marché. Par
ailleurs, ce facteur, conjugué aux effets de la
surévaluation des monnaies, des politiques de bas prix
des produits alimentaires en faveur des populations
urbaines et de certaines autres mesures intérieures, a
dissuadé les agriculteurs de plusieurs pays en
développement d'accroître, voire de maintenir, leurs
niveaux de production.
Les
négociations du Cycle d'Uruguay sur l'agriculture haut
de page
Au
cours de la période qui a mené aux négociations du
Cycle d'Uruguay, il est devenu de plus en plus évident
que les causes des perturbations que connaissait le
secteur agricole dans le monde ne se ramenaient pas à
des problèmes d'accès des importations qui avaient
traditionnellement fait l'objet des négociations dans le
cadre du GATT. Pour s'attaquer aux racines des
problèmes, il fallait à tout prix instaurer des
disciplines pour toutes les mesures affectant le commerce
des produits agricoles, y compris les politiques
agricoles nationales et le subventionnement des
exportations. On estimait aussi nécessaire d'établir
des règles plus claires pour l'application des mesures
sanitaires et phytosanitaires, tant parce qu'elles
s'imposaient d'elles-mêmes que pour empêcher le
contournement de règles plus strictes sur l'accès des
importations en invoquant sans justification et à des
fins protectionnistes la sécurité sanitaire des
produits alimentaires et la protection des animaux et des
végétaux.
Les
négociations du Cycle d'Uruguay sur l'agriculture n'ont
en aucune façon été faciles en raison de leur
portée et du fait qu'il s'agissait d'une question
sensible sur le plan politique, il a fallu beaucoup de
temps avant de pouvoir s'entendre sur les nouvelles
règles, et des travaux techniques importants ont été
nécessaires pour établir des moyens efficaces
d'officialiser des engagements dans les secteurs qui ne
relevaient pas jusque-là du GATT. L'Accord sur
l'agriculture et l'Accord sur l'application des mesures
sanitaires et phytosanitaires ont été négociés en
parallèle, et une Décision sur les mesures concernant
les effets négatifs possibles du programme de réforme
sur les pays les moins avancés et les pays en
développement importateurs nets de produits alimentaires
faisait aussi partie de l'ensemble des résultats des
négociations.
Présentation
de l'Accord sur l'agriculture
haut
de page
L'Accord
sur l'agriculture (l'Accord) est entré en
vigueur le 1er janvier 1995. Dans le préambule, les
Membres reconnaissent que l'objectif convenu à long
terme du processus de réforme engagé par le programme
de réforme du Cycle d'Uruguay est d'établir un système
de commerce des produits agricoles qui soit équitable et
axé sur le marché. Le programme de réforme comprend
des engagements spécifiques de réduire le soutien et la
protection dans les domaines du soutien interne, des
subventions à l'exportation et de l'accès aux marchés,
ainsi que l'établissement de règles et de disciplines
du GATT renforcées et rendues plus efficaces dans la
pratique. L'Accord prend aussi en compte des
considérations autres que commerciales, y compris la
sécurité alimentaire et la nécessité de protéger
l'environnement, et prévoit l'octroi d'un traitement
spécial et différencié aux pays en développement, y
compris une amélioration des possibilités et modalités
d'accès pour les produits agricoles présentant un
intérêt particulier pour ces Membres.
Liens
avec les autres Accords de l'OMC haut
de page
En
principe, tous les accords et mémorandums d'accord de
l'OMC sur le commerce des marchandises s'appliquent à
l'agriculture, y compris le GATT de 1994 et les accords
de l'OMC portant sur des questions telles que
l'évaluation en douane, les procédures de licences
d'importation, l'inspection avant expédition, les
mesures de sauvegarde d'urgence, les subventions et les
obstacles techniques au commerce. Mais en cas de
divergence entre les dispositions de ces accords et
celles de l'Accord sur l'agriculture, ce sont ces
dernières qui prévalent. Les Accords de l'OMC sur le
commerce des services et sur les aspects des droits de
propriété intellectuelle qui touchent au commerce
s'appliquent également à l'agriculture.
Produits
visés haut
de page
Les
produits agricoles sont définis à l'Annexe 1 de
l'Accord par référence au système harmonisé de
classification des produits la définition couvre
non seulement les produits agricoles initiaux tels que le
blé, le lait et les animaux vivants, mais aussi les
produits qui en sont dérivés comme le pain, le beurre
et la viande, ainsi que tous les produits agricoles
transformés tels que le chocolat et les saucisses et
saucissons. Sont également inclus les vins, les
eaux-de-vie et les produits du tabac, les fibres telles
que le coton, la laine et la soie, et les peaux brutes
d'animaux destinées à la fabrication de cuirs. Les
poissons et les produits à base de poisson en sont
cependant exclus, tout comme les produits de la
sylviculture.
Règles
et engagements haut
de page
L'Accord
sur l'agriculture établit un certain nombre de règles
d'application générale pour les mesures agricoles
liées au commerce, principalement dans les domaines de
l'accès aux marchés, du soutien interne et de la
concurrence à l'exportation. Ces règles concernent les
engagements de chaque pays d'améliorer l'accès aux
marchés et de réduire les subventions ayant des effets
de distorsion des échanges, qui sont inscrits dans les
listes des Membres de l'OMC et qui font partie
intégrante du GATT.
Période
de mise en uvre haut
de page
La
période de mise en uvre des engagements par pays
est la période de six ans commençant en 1995. Les pays
en développement ont cependant la possibilité de mettre
en uvre les engagements de réduction sur une
période pouvant aller jusqu'à dix ans. Les Membres
pouvaient choisir de mettre en uvre leurs
engagements sur la base de l'année civile, de la
campagne de commercialisation (année agricole) ou de
l'exercice. L'année de mise en uvre des
engagements de réduction tarifaire pris par un Membre de
l'OMC peut donc différer de celle qui s'applique pour
les réductions des subventions à l'exportation. Aux
fins de la clause dite de paix, la période
de mise en uvre est la période de neuf ans
commençant en 1995.
Comité
de l'agriculture haut
de page
Un
Comité de l'agriculture a été institué en vertu de
l'Accord. Il est chargé de surveiller la mise en
uvre de l'Accord sur l'agriculture et donne aux
Membres la possibilité de tenir des consultations sur
toute question relative à la mise en uvre des
engagements, y compris des engagements fondés sur des
règles. Le Comité se réunit ordinairement quatre fois
par an à cette fin. Des réunions extraordinaires
peuvent être convoquées au besoin.
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