
Voir aussi:
> Voie d’accès aux négociations
> Cadre convenu de 2004
> Déclaration ministérielle de Hong Kong 2005
> Pour en savoir plus
sur la phase des modalités
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> L’aide se trouve ici |

Communication du Président du Comité de l'agriculture en Session
extraordinaire
30 Avril 2007
Introduction
haut de page
Ce que j'ai essayé de faire dans le document
ci joint, c'est vous mettre au défi. Non pas, je l'espère, d'une
manière que vous jugerez gratuite ou irréfléchie. Cela a été fait
ainsi parce que nous sommes à la toute dernière phase de ce processus,
d'une manière ou d'une autre. Le moment est venu de parler
franchement, de dire les choses comme on les voit dans l'espoir que la
sincérité pourrait au moins favoriser une plus grande détermination
parmi nous tous et faciliter ainsi la prise de décisions dont nous
avons si désespérément besoin aujourd'hui. C'est du moins ce que tous,
vous avez dit appeler de vos vœux, et je n'ai certainement aucune
autre raison de ne pas le croire. Il ne s'agit pas non plus simplement
de ce que les Membres m'ont dit. Il s'agit de reconnaître les faits
objectifs qui s'imposent à nous. Si nous n'avons pas une véritable
dynamique au cours des semaines (je n'ose pas dire mois) à venir, soit
nous courrons à l'échec, soit nous mettrons tout ce processus au
congélateur pour une très longue période, jusqu'à ce qu'une génération
meilleure que nous puisse le décongeler.
Je fais de mon mieux pour être un observateur objectif et aussi
impartial qu'un président est censé l'être. Même en tenant compte de
cela, je dois dire que je me demande un peu pourquoi, si c'est ce que
nous croyons tous, il n'y a pas encore eu de signes de mouvement plus
tangibles. Mais je comprends bien les réalités des négociations et il
semble bien que ce qui semble parfois être une nécessité évidente ne
peut tout simplement pas se réaliser. Que faire en pareil cas? De
toute évidence, c'est vous, les Membres, qui maîtrisez ce processus.
Je pourrais simplement me croiser les bras, ne pas brusquer les choses
et attendre que se produise ce qui manifestement ne s'est pas produit.
Les promesses, venant de tous côtés, que cela “se produira réellement”
cette fois n'ont jamais fait défaut.
Je l'espère. Et si c'est le cas, tant mieux. Je n'ai aucune illusion
quant à ce qu'un président peut faire si la volonté est absente. Et je
n'ai aucune prétention quant à la capacité d'un président de déceler
des solutions. Même si celles ci résistent à l'analyse, elles doivent
résister à l'épreuve de la politique et cela, un président ne peut pas
l'inventer.
Cependant, au bout du compte, c'est vous les Membres qui m'ont donné
clairement à comprendre que vous vouliez que le Président intervienne
pour axer le processus sur l'approche multilatérale. Il me semble que
cela doit être fait d'une manière qui favorise un engagement sérieux
et intensifie le souhait d'arriver à une décision. Je ne vois pas
d'utilité à prétendre jouer ce rôle tout en s'abritant dans la
pratique derrière une confusion bureaucratique et la langue de bois.
J'ai donc essayé de procéder de manière directe. Je l'ai fait de cette
manière pour deux raisons (qui sont, bien entendu, étroitement liées).
Premièrement, il faut en venir aux faits et arrêter de tourner autour
du pot. Ce point doit être souligné. Deuxièmement, vous avez le droit
de savoir où vont mes propres pensées à mesure que nous nous
approchons de plus en plus du point de non retour. Si nous voulons
progresser vers le stade de la prise de décisions, je dois vous dire
ce que, selon moi, vous avez besoin de savoir et vous devez me dire où
je me suis trompé, dans l'espoir que, ensemble, nous pourrons faire en
sorte que les choses soient plus proches de ce qu'elles devraient être
quand nous essayerons de conclure.
Qu'ai je essayé de faire, en gros?
Dans un certain nombre de domaines, j'ai essayé de dire où se trouve,
selon moi, le principal centre de gravité. Non pas avec une précision
absolue car il est rare d'avoir les derniers éléments, mais les
paramètres. Certains d'entre eux sont plus clairement présentés que
d'autres comme étant proches d'une suggestion finale. Je suis le
Président. Je m'efforce d'être impartial. Il ne s'agit pas de mon
opinion sur ce qui est juste ou équitable, ou même ce qui est admis
par la majorité. C'est une vision plus rigoureuse de ce qui, selon
moi, relève du possible. Je peux bien sûr me tromper. Mais ce que je
voudrais vous exhorter à faire, ce n'est pas réitérer vos préférences
mais dire, sur les points où je me suis peut être trompé, quelle
option est meilleure pour arriver à un accord. Je sais très bien
quelles sont les préférences. Mais ce que nous devons savoir
aujourd'hui c'est à quoi nous pouvons raisonnablement aboutir.
Dans certains autres domaines, j'ai formulé quelques suggestions afin
d'essayer de nous préparer à nous rapprocher du but. Ces suggestions
pourraient ne pas passer pour telles — et elles ne sont certainement
pas quelque chose de fini, mais j'espère qu'elles faciliteront du
moins une approche plus pragmatique de la part des Membres. J'ai même
pensé qu'il était utile d'examiner une dernière fois certaines
questions car nous n'aurons vraiment plus beaucoup de temps si nous ne
le faisons pas.
Dans ces domaines et dans d'autres, je peux bien imaginer qu'il n'y a
guère de Membres qui approuveront ce que j'ai suggéré. Je serais tenté
de dire que cela en soi est peut être la meilleure recommandation que
je puisse espérer.
Il ne s'agit donc pas d'un constat passif ni d'une série de “questions
idiotes”. Le moment pour cela est bien loin derrière nous. Nous avons
besoin de passer à un texte révisé pour travailler sur cette base. Le
présent document est le précurseur d'un tel texte révisé. Vous avez, à
tout le moins, le droit de connaître d'abord mon opinion exacte sur ce
qui progresse (ou ne progresse pas) au moment où je me prépare à
établir ce texte révisé. Je veux espérer que d'une manière ou d'une
autre ce travail contribue à clarifier les choses pour votre prise de
décisions. J'espère aussi tirer parti de vos réactions à ce texte.
Comme je vous l'ai dit à la dernière réunion informelle sur
l'agriculture, ce que je souhaite entendre maintenant, ce sont les
raisons effectives pour lesquelles des suggestions ou propositions
formulées dans le présent document ne seront pas réalisables et,
surtout, ce qui pourrait mieux l'être. Dire simplement que l'on est
d'accord ou pas ne fera pas avancer les choses non plus.
Pour conclure, je formulerai deux remarques. Premièrement, ceci est
une première tranche. Je n'ai tout simplement pas encore eu le temps
de traiter de cette manière toutes les questions du cadre. Je suis
déterminé à les traiter toutes. Bien entendu, cela devra être fait et
nous n'aurons pas une image cohérente si elles n'y sont pas toutes.
Les questions omises seront traitées dans la prochaine tranche, d'ici
une semaine environ. Deuxièmement, ceci n'est que le texte du
Président. C'est vous qui avez le dernier mot. S'il y a des choses qui
vous plaisent ou du moins que vous jugez éventuellement proches de ce
qui devrait être, même si elles ne vous enchantent pas
particulièrement, c'est très bien. S'il y a des choses qui ne vous
plaisent pas, c'est très bien aussi. Je ne peux dire les choses que
comme je les vois. Dans tous les cas, c'est toujours vous qui avez
toutes les cartes en main. Même lorsque je passerai au stade de
l'élaboration d'un projet de texte, je proposerai mais c'est vous qui
disposerez. C'est à la fois votre garantie ultime et votre
responsabilité ultime. Ma responsabilité est bien moindre, mais non
moins sérieuse. Je dois être honnête et franc et vous donner le
meilleur avis que je puisse formuler, sans crainte ni complaisance.
J'espère que vous penserez que j'ai au moins fait cela.
Crawford Falconer
Président
A Abaissement global
1. Sur la base de la Déclaration
ministérielle de Hong Kong, je pars de l'idée que les seuils ci après
sont applicables.
Fourchettes |
Seuils (milliards de dollars EU) |
1 |
0-10 et tous les pays en développement |
2 |
10-60 |
3 |
> 60 |
2. La plage de réductions ci-après, qui figure dans le premier projet
de texte, demeure le champ dans lequel nous devons régler cette
question.
Fourchettes |
Seuils (milliards de dollars EU) |
Abaissements |
1 |
0-10 et tous les pays en développement |
31%-70% |
2 |
10-60 |
53%-75% |
3 |
> 60 |
70%-80% |
3. Laissez-moi indiquer tout d'abord comment j'entends procéder ici et
dans les sections qui suivent. Honnêtement, je ne pense pas que je
rendrais service à quiconque en m'abritant derrière des détails
techniques et en disant que la position de chacun pourrait prévaloir.
Ce serait prudent et bureaucratique. Nous avons largement dépassé le
stade de la nécessité de prudence bureaucratique. Il faut appeler les
choses par leur nom et non parler par circonlocutions.
4. Nous devons arriver à des “abaissements
effectifs du soutien ayant des effets de distorsion des échanges”. Il
reste difficile de concevoir comment un chiffre quelconque qui conduit
à une augmentation effective du soutien global pourrait
raisonnablement être décrit comme étant un “abaissement effectif”.
C'est pourquoi je pense qu'il est juste de dire que, quel que soit le
point où nous aboutirons, ce ne sera pas à 53 dans la deuxième
fourchette, ni en deçà de 70 dans la troisième. Ces chiffres devront
tout simplement être plus élevés que cela.
5. Je commencerai par les États-Unis. Il est
franchement inconcevable que les États-Unis sortent de ces
négociations avec le droit de dépenser davantage pour le soutien
interne global ayant des effets de distorsion des échanges qu'au
moment où ils s'y sont engagés. Il est vrai que cela peut sembler une
déclaration hardie, mais probablement pas pour les raisons qui
viendraient immédiatement à l'esprit. Elle est hardie parce que le
bilan des travaux des Membres — votre bilan collectif — pourrait en
fait laisser entendre autre chose. Après tout, le fait avéré est que
c'est l'ensemble des Membres qui a donné aux États-Unis — dans le
Cadre de juillet 2004 — le droit qu'ils n'avaient pas auparavant, de
dépenser potentiellement encore plus que 22 milliards. Peut être ai je
donc tort de supposer que vous seriez tous disposés à refaire quelque
chose de ce genre!
6. Mais je ne le pense pas. Aussi, quelles
qu'aient pu être les raisons à l'époque, en tant qu'observateur de ce
processus qui s'efforce d'être objectif, je ne crois pas qu'il y ait
la moindre chance que les Membres l'acceptent maintenant.
7. Ainsi, s'agissant des États-Unis, le
chiffre pour le soutien global ayant des effets de distorsion des
échanges devra tout simplement être inférieur à 22 milliards. Je
suppose que, au cas où nous aboutirions effectivement à un accord
cette année, le chiffre se situera entre 13 et 19. La marge que cela
représente est assez grande, mais je crois qu'elle est déjà
implicitement bien plus étroite que cela.
8. Je sais que certains plaident en faveur
d'un chiffre très proche de 13. En tant que Président, je pense que
cela n'est pas inconcevable mais ce serait une véritable gageure en
termes de négociations. Je ne peux pas l'exclure mais je dois dire que
j'ai clairement l'impression que, indépendamment de tout le reste,
cela exigerait un engagement politique en matière d'accès aux marchés,
de la part aussi bien des pays développés que des pays en
développement, que l'on pourrait difficilement envisager compte tenu
de ce que j'entends en ce moment même.
9. Si je regarde les choses du point de vue
opposé, je reste d'avis que, tout comme il me paraît une gageure de
considérer réalisable un chiffre très proche de 13, il est aussi une
gageure de penser que le chiffre global sera finalement aussi élevé
que celui auquel les États-Unis se sont engagés dans le cadre du Cycle
d'Uruguay, à savoir 19 milliards, même eu égard au fait indéniable que
les États Unis envisagent actuellement un déplacement important — dans
le cadre de leur engagement global — de la MGS à la catégorie bleue.
Mais cela traduit aussi l'idée qu'il reste encore en jeu une
possibilité en matière d'accès aux marchés et un résultat concernant
les subventions à l'exportation qui rendraient crédible l'idée de
descendre en deçà de ce chiffre.
10. J'ai fait référence à une certaine
opinion sur ce qui est réalisable compte tenu de l'accès et du
soutien. Il est fort probable que certains (ou peut être même
beaucoup) s'empresseront de dire qu'il n'y a pas de rapport — ou qu'il
ne devrait y avoir aucun rapport — entre ces questions. Je ne vais pas
discuter de quelque manière que ce soit sur les détails techniques de
cette question comme s'il s'agissait d'un point juridique du Cadre. Ce
n'est certainement plus le moment, depuis longtemps, de se livrer à ce
genre d'ergotage. Je ne peux m'empêcher de souligner qu'il y a en
réalité un rapport politique évident dans son sens le plus large
(c'est-à-dire qu'il ne s'applique pas littéralement, avec une
précision mathématique, à chaque détail de chaque engagement des
Membres; et qu'il ne s'agit évidemment pas d'une équation dollar
contre dollar), et que chacun le sait et agit en conséquence dans les
débats privés, même s'il se sent tenu de le nier en public. Je
voudrais simplement souligner que, bien entendu, cela marche dans les
deux sens.
11. Cela dit, il serait simpliste d'affirmer
que seul l'accès est concerné. Il s'agit aussi de savoir quel sera
l'équilibre entre le chiffre global et ce que l'on est venu à appeler
les “disciplines” concernant le soutien interne (mais qui sont aussi,
à toutes fins pratiques, des chiffres, principalement en ce qui
concerne le soutien par produit). Mais vous verrez plus loin quels
sont les différents centres de gravité que je me suis efforcé de mon
mieux de déceler dans ces deux principaux domaines. J'ai utilisé cette
notion de “centre de gravité” pour désigner au mieux l'endroit où il
me semble exister, du moins de facto, une zone d'engagement effective
ou implicite. Ce n'est donc pas (encore) un point défini et précis
dans la zone particulière concernée: il y a des paramètres qui peuvent
être ajustés à la “hausse” ou à la “baisse”. Parce qu'il existe des
possibilités de varier à la “hausse” ou à la “baisse”, et parce que je
pense qu'il existe des liens de négociation connexes associés à ces
possibilités “en jeu”, mon opinion est que, s'agissant du soutien
interne global ayant des effets de distorsion des échanges, le centre
de gravité pour ce qui est effectivement en jeu ici pour les
États-Unis se situe certainement en deçà de 19, et quelque part
au-dessus d'un chiffre très proche de 13.
12. Je crois comprendre que l'UE a déjà
signalé qu'elle pourrait être disposée à aller jusqu'à un abaissement
de 75 pour cent qui, s'il était appliqué, ramènerait à environ 27,5
milliards d'euros le chiffre du soutien interne global ayant des
effets de distorsion des échanges de l'UE. Mais je crois qu'il a été
dit que cela était subordonné, en fait, au maintien par l'UE d'une
marge de 10 pour cent uniquement avec les États-Unis. J'ai vu des
analyses indiquant que l'UE était, au moins “techniquement”, en mesure
de dépasser même 80 pour cent, étant donné que ses réformes internes
sembleraient lui laisser une marge de manœuvre suffisante pour
atteindre de tels niveaux. Mais cela me semble une gageure improbable,
non pas tant pour des raisons techniques, mais parce qu'elle reflète
une opinion politique, sur ce que serait l“équilibre” du résultat.
Cependant, lorsque je me suis efforcé de deviner, sur la base de ce
que je sais, quels seraient ces types de considérations, et en tenant
compte des différentes positions de négociation adoptées, j'aurais
pensé que nous devrons aboutir, au minimum, à un abaissement supérieur
à 70 pour cent de la part de l'UE, et qu'un abaissement se situant aux
alentours de 75 à 80 pour cent, ou par là, reste jouable, du moins en
théorie, compte tenu bien sûr de ce qui est en fin de compte
réalisable dans ce domaine et pour les autres piliers des négociations
.
13. S'agissant du Japon, qui se situe dans
la deuxième fourchette, je pense que, quel que soit le résultat en ce
qui concerne les abaissements pour les deuxième et troisième
fourchettes, qui représentera les limites extrêmes pour les États-Unis
et l'UE (à supposer que pour ceux-ci, comme pour tous les autres, il y
ait un équilibre global suffisant des négociations), le Japon sera au
moins en mesure d'égaler confortablement ce résultat.
14. Il ressort clairement de la Déclaration
de Hong Kong que les pays en développement Membres qui n'ont pas
d'engagements concernant la MGS doivent être exemptés de l'abaissement
global du soutien interne ayant des effets de distorsion des échanges.
Cela est un acquis. Il reste à résoudre aussi explicitement la
question de savoir ce que devrait être l'abaissement pour les pays en
développement Membres d'une manière plus générale. Il me semble que la
spécificité de la conditionnalité dont est assortie une exemption
totale pour ce groupe de pays en développement Membres (c'est-à-dire
ceux qui n'ont pas de MGS) reflète un raisonnement manifeste, à savoir
que l'absence complète de MGS est une spécificité qui justifie à elle
seule ce cas limite de déviation par rapport à la norme. Mais nous
avons aussi une instruction claire du Cadre selon laquelle, s'agissant
du soutien interne et du traitement spécial et différencié d'une façon
plus générale, “les modalités à élaborer incluront … des coefficients
de réduction plus faibles”. Ainsi, compte tenu de ce libellé et de la
spécificité de la Déclaration de Hong Kong, j'en déduirais qu'une
exemption complète est uniquement applicable conformément à la
Déclaration de Hong Kong, mais il est indéniable que, pour les pays en
développement, le taux de réduction devrait néanmoins être plus bas
que pour les pays développés. Jusqu'à quel point plus bas? À mon avis,
il faudrait que ce soit de deux-tiers environ. Mentionnons aussi le
droit à une plus longue période de mise en œuvre. Ces deux éléments
pris ensemble permettraient, à mon avis, de régler la question. Si,
toutefois, cela pouvait malgré tout incommoder de façon
disproportionnée un pays en développement Membre quelconque, on
trouverait une flexibilité appropriée.
B De minimis
15. Pour les pays développés, nous avons un
engagement concernant les seuils, qui est un abaissement d'au moins 50
pour cent. Je considère désormais cela comme une hypothèse de travail
minimale ferme à ce stade. Nous pourrions essayer d'élever ce chiffre
et le porter à un pourcentage clair convenu (le chiffre de 80 pour
cent a été mentionné). Mais je pense en fait qu'il est plus utile de
dire qu'il devrait y avoir un abaissement d'au moins 50 pour cent avec
un montant additionnel suffisant pour faire en sorte que l'engagement
en matière de soutien interne global ayant des effets de distorsion
des échanges qui sera obtenu soit net des engagements concernant la
catégorie bleue et la MGS. Je pense que c'est une meilleure façon de
l'exprimer car elle reflète mieux selon moi les réalités des
négociations. Le fait est que, techniquement, il y a une marge de
manœuvre inutilisée dans ce domaine et qu'il est très difficile de
voir, d'un point de vue analytique, comment ces éléments autorisés
seront un jour utilisés de toute façon. Il y a donc une marge pour
parvenir à un chiffre global quel qu'il soit et qui puisse être
politiquement acceptable, une fois que les décisions politiques clés
relatives aux chiffres et aux disciplines concernant la MGS et la
catégorie bleue auront été prises.
16. Il est clairement indiqué dans le Cadre
que les pays en développement qui consacrent presque tout le soutien
de minimis aux agriculteurs pratiquant une agriculture de subsistance
et dotés de ressources limitées seront exemptés des réductions. Sur la
base de la Déclaration de Hong Kong, nous sommes allés plus loin en
précisant que, d'une manière générale, les pays en développement qui
n'ont pas d'engagements concernant la MGS doivent être exemptés des
réductions du de minimis. Il est concevable qu'il y ait quelques
autres pays en développement qui ne remplissent aucun de ces critères,
mais, dans ce cas, le mandat spécifie en fait que les réductions pour
les pays en développement (non précisés) devront tenir compte du
principe du traitement spécial et différencié. Je pense que l'on ne
peut pas concilier le fait de ne rien faire pour ces pays avec les
termes exprès du Cadre (il faut donner un sens à ces termes), mais
qu'une exemption complète des réductions est quelque chose qui a été
expressément réservé aux pays qui sont dans une position très
spécifique (sinon il aurait simplement été question de tous les pays
en développement pour commencer, ce qui n'est pas le cas). La réponse
est donc quelque part au milieu. À ce sujet, je suis d'avis qu'un
engagement de deux tiers serait à peu près approprié — c'est à dire 30
pour cent avec un montant supplémentaire (si nécessaire) pour faire en
sorte que l'engagement global concernant le soutien interne global
ayant des effets de distorsion des échanges auquel on sera parvenu
soit respecté.
C Mesure globale du soutien
totale consolidée finale
Seuils et abaissements
17. Mon hypothèse de travail est que les CE
se situent dans l'étage supérieur, les États Unis et le Japon dans le
deuxième étage et tous les autres Membres dans l'étage inférieur.
J'utilise aussi, pour travailler, une version modifiée des
abaissements dans les deux fourchettes supérieures par rapport à mon
résumé de Hong Kong parce que je pense qu'elle indique plus fidèlement
où nous en sommes effectivement pour le moment (1).
Tant qu'il n'y aura pas une quelconque détermination finale, cela
restera mon hypothèse de travail.
Étages |
Abaissements |
1 |
37-60% |
2 |
60 |
3 |
70 |
Effort additionnel
18. Sur la base de cette hypothèse de
travail (il est évident bien sûr que les choses devraient changer si
l'hypothèse de travail change), je pense que l'“effort additionnel”
possible dans le deuxième étage permettrait au moins d'arriver tout
près d'un résultat équivalent de fait à l'abaissement prévu pour le
troisième étage.
19. Pour les pays en développement, je crois
comprendre qu'on se situera aux alentours des deux tiers des
abaissements pour les pays développés. Il y aura en outre un
échelonnement sur une période plus longue. Si on estime tout de même,
pour tel ou tel Membre, que cela aboutit à un résultat manifestement
disproportionné, un degré de modération approprié pourrait être
appliqué. Le maintien de l'accès aux dispositions de l'article 6:2 de
l'Accord sur l'agriculture est une réalité qu'il faut accepter.
Plafonds de la MGS par produit
20. Il y a un soutien massif en faveur de
l'idée que la MGS pour les pays développés devrait être plafonnée aux
niveaux par produit pour 1995 2000. Les États Unis l'ont rejeté,
optant pour 1999 2001. La différence que cela donne pour les dépenses
autorisées est énorme dans le cas de certains produits.
21. Il n'y a pas encore d'accord et cela est
fondamental. D'un point de vue conceptuel, cependant, je souhaiterais
préciser cet élément en proposant trois options avant d'envisager un
quelconque jugement à la Salomon.
22. La première option est la plus simple, à
savoir que les États Unis devraient se décider à accepter dès le
départ ce que chaque autre Membre serait, en général, capable
d'accepter, c'est à dire la période de base 1995 2000. Il existe une
variante: les États Unis seraient autorisés à commencer à partir des
résultats que 1999 2001 donnerait par produit, mais, à la fin d'une
période de mise en œuvre fixée, auraient accepté les niveaux que 1995
2000 donnerait.
23. Une deuxième option consiste à faire une
sorte de compromis sur le fond s'inscrivant dans la durée mais
présentant au moins une certaine logique. Une possibilité serait, par
exemple, d'utiliser les parts relatives des produits qui existaient
dans la période (de dépense relativement élevée) 1999 2001, mais
d'appliquer ces parts à la période de dépense globale 1995 2000. Cela
tendrait à donner des résultats par produit se situant vers le milieu
des deux fourchettes.
24. Une troisième option consisterait
essentiellement à choisir la période 1995-2000 mais en étant disposé à
la modifier avec une forme d'ajustement ad hoc limité pour ménager un
léger degré de flexibilité. Cela pourrait par exemple consister à
permettre un dépassement de 10 pour cent, par exemple, pour deux
produits au maximum sur la durée de la période de mise en œuvre, étant
entendu que pour l'un de ces produits, il ne pourrait y être recouru
plus d'une fois par cycle de trois ans.
25. Cela laisse tout de même d'autres
questions (quoique comparativement d'importance secondaire) à
résoudre. Il a été souligné, d'une manière plus générale, que le
“plafonnement” par produit est censé être précisément cela,
c'est-à-dire qu'il n'est pas censé être le principal moteur des
réductions de la MGS (bien que celles-ci soient clairement censées
avoir lieu aussi par produit, surtout parce qu'il est dit expressément
dans le cadre qu'il en sera au moins en partie ainsi). La réduction se
fait principalement via la modalité de réduction de la MGS. Des
plafonds sont des plafonds. À partir de là, la logique de la période
de base procède essentiellement de l'équité: on ne veut pas avoir un
quelconque trucage du résultat — que ce soit à la hausse ou à la
baisse. Il s'agit essentiellement d'obtenir une base équitable et
raisonnable (rien n'est jamais parfait) sur laquelle établir les
plafonds.
26. À cet égard, on a dit que le fait
d'appliquer de manière inflexible telle ou telle période de base
pourrait fort bien créer certaines anomalies. À la limite, un Membre
pourrait avoir un “droit” théorique pour la MGS mais ne rien avoir
dépensé pendant la période finalement sélectionnée. Par conséquent, il
serait de fait complètement privé de son “droit” en matière de MGS
même s'il conserve formellement ce droit. Maintenant, certains
pourraient dire “tant pis”, mais en fait on est censé y remédier par
des abaissements directs et formels de la MGS, non par un effet
indirect. Naturellement, c'est un cas extrême qui ne surviendra pas en
ces termes je pense, mais il me semble bien qu'il y a certaines
situations plus circonscrites où des anomalies pourraient survenir.
27. Nous ne pouvons pas prévoir chaque
variation concevable sans fragiliser le but premier des disciplines
mais je peux voir deux situations qui pourraient présenter un intérêt,
et je pense que si nous les prévoyions ce ne serait pas la fin du
monde. Première situation: un Membre dépense moins que le niveau de
minimis par produit pendant la période de base. Dans des circonstances
“normales” le chiffre aurait pu fluctuer à la hausse au-delà de ce
seuil. Je suis enclin à suggérer une ébauche de règle selon laquelle
il pourrait encore avoir un droit continu en matière de MGS mais pas
plus élevé que l'“ancien” de minimis (c'est-à-dire 5 pour cent de la
valeur de la production).
28. Seconde situation: il y a eu un soutien
par produit supérieur au niveau de minimis après la période de base,
quelle que soit la période qui sera finalement retenue (et nous
envisageons sérieusement une période qui se terminera en 2001 au plus
tard). Une option consiste, là encore, à prendre l'approche “et bien
tant pis”: une période de base est une période de base. D'un autre
côté, la période de base n'est pas censée être davantage qu'une
méthodologie — si son application crée un degré d'artificialité ou
d'anomalie dans le résultat elle ne remplit pas sa fonction même.
C'est pourquoi je suggère grosso modo que si une telle situation
survient effectivement, la moyenne des deux plus récentes années
postérieures à la période de base notifiées pourrait servir de base
pour ces produits quels qu'ils soient.
29. Pour les pays en développement, il
devrait y avoir, pour être conforme aux modalités du cadre, un
traitement spécial et différencié. Appliqué à un exercice de
“plafonnement”, ce traitement se traduirait selon moi par une
flexibilité proportionnée. Je ne vois rien dans cela, franchement, qui
puisse avoir une influence décisive. Si, par exemple, nous devions
finir par choisir une période de six ans 1995-2000 pour les pays
développés, les pays en développement devraient certainement avoir la
possibilité de l'adopter, s'ils choisissent de le faire. Mais je pense
qu'on devrait certainement aussi autoriser deux options. Le fait
d'avoir aussi l'option de choisir une période un peu plus longue (par
exemple 1995-2004) me semble être un inducteur. Je ne pousserai pas
l'analogie trop loin mais cela nous donne quelque chose comme un tiers
de “plus” en termes de flexibilité temporelle. L'autre option est
qu'un Membre en développement pourrait choisir un plafond qui
représente un certain pourcentage de son droit de minimis par produit
— par exemple une fois et demi ou deux fois ce montant.
D Catégorie bleue
30. Je travaille sur l'hypothèse que nous
finirons par convenir de ramener le plafond global autorisé
actuellement pour les pays développés de 5 à 2,5 pour cent. Il reste à
déterminer si cela doit s'appliquer dès le départ ou si c'est quelque
chose qui sera obtenu uniquement à la fin de la période de mise en
œuvre. Je ne vois aucune raison d'avoir des options compliquées pour
cela. Nous prenons une décision claire et nette dans un sens ou dans
l'autre.
Exception pour un Membre par rapport au
plafond global
31. Il est entendu depuis longtemps que,
pour un Membre qui aurait placé un pourcentage exagérément élevé de
son soutien ayant des effets de distorsion des échanges dans la
catégorie bleue (il convient de souligner qu'il s'agit de l'“ancienne”
catégorie bleue uniquement), cela pourrait avoir pour conséquence
pratique involontaire (et perverse) de décourager ce Membre de passer
de la catégorie orange à la catégorie bleue.
32. Je vois deux options pour ce Membre —
qui pourrait être défini (si besoin est) comme ayant un montant
supérieur à 40 pour cent de son soutien ayant des effets de distorsion
des échanges pendant la période de base dans la catégorie bleue. Il ne
serait pas lié par ce plafond de 2,5 pour cent. À titre d'engagement
“compensatoire”, toutefois, il accepterait soit un abaissement de son
engagement au titre de la catégorie bleue équivalant à l'abaissement
global du soutien ayant des effets de distorsion des échanges pour les
pays développés, soit un abaissement dans la catégorie bleue identique
à l'abaissement pour la MGS.
Autres disciplines
33. Je ne vois pas l'utilité de compliquer
outre mesure les choix politiques à ce sujet. Après des mois et des
mois de discussions tous azimuts sur la question, il s'agit en fait de
prendre une décision fondamentale: va-t-on aussi effectivement —
directement ou indirectement — poser des limites par produit. Je dis
que là est toute la question parce que toutes les raisons “pour” se
résument à éviter “trop” de dépenses au titre des subventions pour un
produit donné ou des produits donnés, et toutes les raisons “contre”
se résument à l'opinion selon laquelle cela est trop
“interventionniste”, c'est-à-dire trop limitatif au niveau de chaque
produit.
34. Ici, je pense que nous devons nous
concentrer sur ce que j'appellerai des options plus sérieuses et
éviter les prétentions ou propositions exagérées qui compliquent plus
qu'elles n'éclairent les choix auxquels nous sommes confrontés.
35. Une option claire, d'un point de vue
analytique, est que nous avons des plafonds parallèles par produit sur
le même modèle que ce qui est envisagé pour la catégorie orange (MGS).
Il devrait naturellement y avoir quelques variations dans
l'application de cette approche, étant donné l'existence de dépenses
antérieures au titre de l'ancienne catégorie bleue et l'absence de
dépenses antérieures pour la nouvelle catégorie bleue. L'UE serait
prête à se fonder à cet égard sur la structure de ses dépenses
antérieures au titre de l'ancienne catégorie bleue. Donc, il s'agirait
de plafonds à des niveaux de soutien moyens pour la période de mise en
œuvre du Cycle d'Uruguay (1995-2000).
36. Cela ne pourrait pas être applicable aux
États-Unis d'un point de vue purement technique car ils n'ont pas de
structure antérieure de ce type. Mais il y a une variante qui pourrait
être envisagée en remplacement d'un point de vue purement technique.
Par exemple, les plafonds pourraient être établis en multipliant la
part de la dépense maximale prévue dans la législation nationale pour
chaque culture (exprimée en pourcentage) par la dépense totale
réalisable au titre de la catégorie bleue. On pourrait même y
appliquer une marge de tolérance, par exemple 10 pour cent. Mais
jusqu'ici, les États-Unis ne se sont pas montrés disposés à envisager
une telle approche spécifique au motif qu'elle est trop
interventionniste.
37. Si une spécificité par produit de ce
type est, de fait, une zone à éviter, il ne nous reste semble t il
plus qu'une autre catégorie de discipline de la catégorie bleue
proprement dite: une version quelconque de ce que l'on est venu à
appeler “l'anticoncentration”. Une option qui a été suggérée est que
l'on a un pourcentage maximal du plafond global pour la catégorie
bleue qui ne peut être dépassé pour aucun produit.
38. Mais, comme on l'a vu plus haut, la
question dans tout cela est encore de savoir combien d'argent peut ou
devrait être dépensé pour tel ou tel produit. Il s'agit d'essayer
d'empêcher que le montant global soit déplacé vers un ou deux
produits. En fait, il y a toutes sortes de permutations et de
combinaisons que l'on peut inventer dans cette rubrique de l'“anticoncentration”.
Mais, si les montants par produit n'ont aucune chance, alors toutes
les variantes dites d'“anticoncentration” qui sont, en fait,
uniquement des moyens d'extraire un plafond par produit en l'appelant
autrement n'ont aucune chance non plus, car aucune ne sera prise en
compte. Il n'est donc guère utile d'essayer de compliquer les choses
outre mesure. Y a-t-il une véritable volonté d'amener une limite dans
un sens ou dans un autre ou pas?
E Plafonds par produit combinés
catégorie orange et catégorie bleue
39. C'est probablement la raison pour
laquelle on a récemment envisagé de court circuiter tout cela. D'où
l'idée d'opter pour la voie dite des plafonds par produit fusionnés
pour les catégories bleue et orange.
40. Si cela devait se faire, il faudrait
incorporer certaines sauvegardes. Surtout, ce ne pourrait pas être un
moyen de contourner simplement ce qui serait autrement les plafonds de
la MGS par produit requis. Comment pourrait on procéder?
41. Bien qu'il s'agisse d'un plafond
“combiné”, il devrait tout de même être composé des éléments MGS et
catégorie bleue. Vous auriez donc encore (au moins d'un point de vue
analytique) besoin de trouver les éléments constitutifs pour composer
le plafond combiné. Ainsi, les éléments purement analytiques n'en
devront pas moins refléter les jugements concernant vos éléments MGS
et catégorie bleue mentionnés ci-dessus. Je ne vais pas répéter tout
cela ici.
42. En outre, personne n'a jamais laissé
entendre que cela pourrait un jour l'emporter sur l'engagement par
produit concernant la MGS (quoi que l'on décide d'en faire). Ainsi,
cela fonctionnerait toujours comme un cliquet à l'intérieur de tout
engagement “global”. En d'autres termes, un Membre pourrait dépenser
jusqu'à la totalité du montant autorisé au titre de la MGS, mais il ne
serait jamais autorisé à dépasser ce niveau en utilisant ce à quoi il
a droit implicitement dans la catégorie bleue aux fins de la MGS.
43. Mais cela pourrait (et c'est d'ailleurs
précisément le but) fonctionner dans l'autre sens. En d'autres termes,
le Membre pourrait “dépenser” le montant autorisé au titre de la MGS
dans la catégorie bleue. Sur ce modèle, la seule vraie question serait
de savoir jusqu'où cette autorisation de dépenser irait. Quelles
limites seraient appliquées à la transférabilité de ce montant
autorisé au titre de la MGS?
44. On a présumé que le plafond global pour
la catégorie bleue est encore contraignant. Ainsi, même si un Membre
était formellement autorisé à dépenser jusqu'à la totalité de sa
limite MGS pour tous les produits dans la catégorie bleue au lieu de
la MGS, il ne pourrait pas le faire dans la pratique. Cette
autorisation formelle ne pourrait jamais être utilisée de manière
générale parce que le plafond global pour la catégorie bleue entrerait
en jeu et empêcherait que cela se passe.
45. Cela permettrait toutefois quand même
une concentration des produits dans la catégorie bleue. De fait, à
première vue, la probabilité que cela se produise serait plus grande
qu'avec un engagement indépendant pour la catégorie bleue. Ce n'est
pas difficile à comprendre étant donné que, dans ce schéma, vous avez
la possibilité de mettre toutes vos dépenses au titre de la MGS dans
la catégorie bleue, ainsi que tout ce que vous auriez autrement été
autorisés à faire au titre de la catégorie bleue proprement dite. Il y
a une certaine logique à cela car la catégorie orange crée davantage
de distorsions que la catégorie bleue, mais, si cela était encore jugé
problématique, le seul moyen d'y remédier serait d'avoir d'autres
conditions concernant l'autorisation combinée.
II. Coton
haut de page
46. Il était clair à Hong Kong que les
subventions internes à la production cotonnière qui ont des effets de
distorsion des échanges doivent être réduites de manière “plus
ambitieuse” que dans le cadre de “toute formule générale” qui sera
convenue, et que ce résultat devrait être mis en œuvre au cours d'une
période plus courte que celle qui sera généralement applicable.
47. Je note que la déclaration ne dit pas
simplement “plus” que dans le cadre de la formule générale. Elle dit
“de manière plus ambitieuse”. Donc, quelle que soit la décision qui
sera prise au bout du compte au sujet de ce “plus”, ce ne doit pas
être, d'après ce libellé, un engagement additionnel mineur, modeste ou
marginal. Cet engagement doit lui-même avoir la qualité d'un
engagement ambitieux en soi et cette “ambition” doit être mesurée à
partir du “généralement applicable” et non à partir de zéro. En
d'autres termes, son degré d'ambition se mesurera à l'aulne de la
formule générale et non dans l'absolu.
48. Naturellement, ce qui est crucial ici
c'est ce qui pourrait être décrit comme la “formule générale”. Ce qui
est en jeu essentiellement c'est la MGS et la catégorie bleue. L'autre
chiffre général est, bien sûr, celui du soutien global ayant des
effets de distorsion des échanges. Aucune de ces données n'est
déterminée, donc ce n'est pas comme si nous avions un point fixe, dès
maintenant. Mais, ce qui est clair, c'est que l'on ne peut pas donner
un sens concret à ce que le Cadre ou la Déclaration de Hong Kong
disent s'il n'y a pas des réductions par produit pour le coton,
indépendamment de ce qui sera finalement déterminé pour les autres
produits.
49. Pour la MGS, nous sommes généralement
censés procéder à un “plafonnement” plutôt qu'à des réductions par
produit proprement dites (bien que le Cadre lui-même envisage
“certaines” réductions). Ainsi, à proprement parler, la seule façon
d'interpréter raisonnablement le libellé de la Déclaration de Hong
Kong est par rapport à la seule chose qui est en fait “générale” en ce
qui concerne la MGS à réduire, c'est-à-dire la formule générale
elle-même. Comme vous le verrez d'après ce qui précède, j'ai
l'impression que, quel que soit notre résultat, le chiffre de 60 pour
cent est au moins à envisager en tant que chiffre “général” pour un
pays du deuxième étage et 70 pour cent pour un pays du premier étage.
50. Pour la catégorie bleue, nous ne savons
même pas encore si nous procéderons par produit dans un sens ou un
autre de l'expression. En attendant, nous pouvons nous orienter
uniquement au moyen de la réduction générale pour la catégorie bleue
qui semble envisagée, laquelle serait d'environ 50 pour cent. S'il y
avait toutefois une quelconque discipline anticoncentration, cela
pourrait nous donner un autre critère général sur lequel se baser
potentiellement.
51. Pour ce qui est du soutien global ayant
des effets de distorsions des échanges, nous devons encore négocier et
selon moi, ce qui est formellement sur la table devra en fin de compte
être amélioré.
52. Concrètement, nous avons la proposition
des proposants. Elle reste d'actualité car elle est clairement capable
d'aboutir au résultat requis d'après la Déclaration de Hong Kong. Je
n'ai rien de nouveau à ajouter à ce stade, si ce n'est l'observation
évidente selon laquelle les Membres obtiennent rarement exactement
tout ce qu'ils demandent. Mais si les points de référence “généraux”
sont bien ceux qui sont indiqués ci-dessus — et je ne peux tout
simplement rien trouver d'autre qui corresponde d'une manière
plausible au sens de ce terme — nous avons en réalité une zone
d'approximation qui est effectivement en jeu: là où se situent les
suggestions concrètes des proposants, et là où, au-delà du chiffre
général (qui pour la MGS semble être d'au moins 60 pour cent et pour
le soutien global sera quelque part aux environs de 53 pour cent pour
un pays du deuxième étage), une majoration pourrait raisonnablement
encore être qualifiée d'“ambitieuse”.
53. Naturellement, si nous devions opter
pour des plafonds combinés pour la catégorie bleue et la MGS, nous
aurions un autre point de référence potentiel pour le chiffre
“général”.
III
Concurrence à l’exportation
haut de page
A Subventions à l'exportation
54. Je pense qu'il est désormais certain que
l'entrée en vigueur de cet accord ne pourra pas avoir lieu avant le
1er janvier 2009. Cet aspect du projet de texte devrait donc être
modifié, y compris le milieu de la période qui tombera désormais à la
mi 2011. Cela signifie que nous avons, dans les faits, une période de
mise en œuvre de cinq ans si nous maintenons telle quelle la date de
2013. Une “partie substantielle” devra être réalisée pour la fin de la
première moitié de la période de mise en œuvre. J'ai la vague
impression qu'en fin de compte, entre 50 pour cent et les deux tiers
seront achevés pour le milieu de la période. Mais le fait, insolite,
que le milieu de la période tombe au milieu d'une année, vous
ménageant deux intervalles de deux ans et demi, peut aussi nous amener
à l'issue logique suivante: réaliser 50 pour cent d'ici à la fin de la
deuxième année (c'est-à-dire à la fin de 2010), en laissant 50 pour
cent pour les trois dernières années.
55. Selon moi, ce qui précède vaudrait
essentiellement pour ce qui est de valeur. Nos positions sont très
éloignées s'agissant des engagements concernant la valeur par rapport
au volume. S'agissant du volume, la question reste à régler, les vues
étant carrément opposées. Je pense que cette négociation doit encore
progresser et n'est pas sans lien avec d'autres éléments relevant de
ce pilier. La seule observation que je ferais à ce stade est que
l'Accord sur l'agriculture existant comporte des engagements
spécifiques concernant le volume ainsi que des engagements concernant
la valeur. Il ne s'agit pas là d'un point de principe général mais
d'un fait concret qui a une incidence sur notre futur point de départ
effectif. Il m'est difficile de croire que, que l'on se place sur un
plan systémique ou dans une toute autre optique de négociation, il va
s'avérer réaliste de penser que, dans le cadre de cette négociation,
nous finirons par revenir (au sens d'assouplir) sur les engagements
concrets antérieurs. J'ai donc du mal à imaginer que, du moins, les
engagements existants concernant le volume ne continuent pas à
constituer un plancher effectif même si l'avis selon lequel il ne
devrait pas y avoir à l'avenir d'autres réductions des quantités doit
en fin de compte prévaloir.
B Aide alimentaire
56. Bien que les nouvelles disciplines
possibles sur l'aide alimentaire reproduites à l'Annexe K du projet de
modalités possibles comportent un bon nombre de crochets, ces derniers
soit représentent des différences relativement mineures, soit
appellent des décisions relativement claires. Il est temps de les
prendre.
57. Il faudrait certaines dispositions
générales qui s'appliqueraient à la totalité de l'aide alimentaire
dans toutes les circonstances. Elle devrait être: déterminée par les
besoins; sans lien avec les exportations commerciales de biens ou de
services; et ne devrait pas être liée aux objectifs de développement
des marchés des Membres donateurs. Il y a eu des divergences sur le
point de savoir si l'aide alimentaire devrait être exclusivement sous
forme de dons. Toutefois, l'idée que l'aide alimentaire devrait être
accordée à des conditions favorables n'a guère de partisans. En outre,
il existe des dispositions concernant les crédits à l'exportation qui
prévoient quoi qu'il en soit des circonstances exceptionnelles. Je
pense donc que la seule position générale qui est désormais valable
est que l'aide alimentaire doit être fournie intégralement sous forme
de dons.
58. Certains étaient favorables à
l'inclusion d'une définition d'une situation d'urgence dans les règles
de l'OMC sur l'aide alimentaire, mais il me semble pour le moins clair
que ce n'est pas à l'OMC d'essayer de s'ériger en autorité compétente
pour porter un jugement sur ces choses. Elle n'est tout simplement pas
crédible car elle n'a pas les compétences pour ce faire; ce n'est pas
non plus son rôle de devenir en quelque sorte juge et partie en la
matière dans le système international. La définition qui a été
considérée est celle du Programme alimentaire mondial (figurant dans
les documents WFP/EB.1/2005/13 et WFP/EB.1/2005/4-A/Rev.1). Il serait
peut être bon en outre d'indiquer que ce n'est pas la première
définition utilisée par le PAM et que d'autres organisations
internationales utilisent des définitions légèrement différentes. Par
conséquent, en l'absence d'une raison impérieuse de ne pas tenir
compte des définitions utilisées par les organismes chargés
d'administrer et de délivrer l'aide alimentaire, il me semblerait
raisonnable, en matière de définition, de ne pas aller au-delà de
l'inclusion de la définition du PAM en tant que référence.
59. Quant à l'entité qui devrait avoir le
droit de déclarer une situation d'urgence, le droit international
actuel semble très clair — il s'agit d'un gouvernement souverain ou,
dans des circonstances exceptionnelles, du Secrétaire général des
Nations Unies. Je suppose que nous n'avons pas l'intention d'essayer
de manière absurde de revenir là-dessus, de sorte que les règles que
nous élaborerons devront respecter cet état de fait.
60. Mais la question plus concrète qui se
pose est de savoir comment parvenir à l'opérationnalisation de ce que
cela impliquerait en quelque sorte du point de vue du déclenchement de
l'accès à un régime de protection. Les principales étapes du processus
se rapportant aux situations d'urgence sont les évaluations des
besoins et le processus d'appels d'urgence. Pour nous, la question qui
s'est posée a été de savoir quelles entités seraient habilitées à ces
fins.
61. Je n'ai entendu aucun argument crédible
qui remette en cause le fait qu'il devrait s'agir des institutions des
Nations Unies pertinentes (y compris le Programme alimentaire mondial
et le Processus d'appels consolidés des Nations Unies), du Comité
international de la Croix-Rouge et de la Fédération internationale des
sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Elles sont donc
clairement déterminées. Elles constitueraient les “déclencheurs”
traditionnels a priori reconnus. Je ne vois pas très bien quel
problème il y aurait avec une “organisation intergouvernementale
internationale pertinente” à supposer qu'elle ait un caractère
véritablement international.
62. Les points qui ont suscité le plus de
doutes ou de questions ont été les suivants: le pays où la situation
d'urgence existe; les organisations humanitaires régionales, les
organisations humanitaires non gouvernementales ou les organismes
caritatifs privés pertinents.
63. Il serait peut être plus simple
d'élaborer des règles de l'OMC sur la Catégorie sûre si toutes les
situations d'urgence respectaient l'enchaînement des étapes, à savoir
l'événement causant la situation d'urgence, la déclaration d'une
situation d'urgence, l'évaluation des besoins et l'appel émanant d'une
institution reconnue. Mais le monde réel n'est pas aussi bien ordonné.
Dans la réalité, il y aura des cas où il ne sera ni faisable ni
humainement concevable de surseoir à une action en attendant que le
processus idéal suive son cours. Je n'ai entendu aucun argument
convaincant qui démente cela et des cas concrets indiscutables ont été
mentionnés. Il serait absurde de croire que nous faisons du bon
travail en établissant en fin de compte des règles qui auraient pour
effet dans la pratique d'empêcher que des réponses humanitaires
légitimes soient apportées aux situations d'urgence.
64. Ainsi, nous ne pouvons nier qu'il y a
eu, et qu'il peut y avoir, des situations dans lesquelles il est
nécessaire de répondre à une situation d'urgence avant qu'une
déclaration/une évaluation des besoins, etc., soit effectuée par une
institution des Nations Unies. Normalement, cela serait déclenché par
un appel du gouvernement concerné. Mais il peut y avoir des cas où le
gouvernement concerné ne le fait pas alors même qu'il existe
indéniablement une situation humanitaire d'urgence de son ressort. Et
il se pourrait parfaitement que la communauté internationale soit
avertie par une organisation non gouvernementale. Par conséquent, il
est nécessaire de prendre ces situations en compte dans la Catégorie
sûre. On peut supposer qu'elles ne constitueront de toute façon pas la
norme, de sorte que l'approche logique consiste à indiquer clairement
que nous prévoyons des critères de notification additionnels pour ces
situations, ainsi qu'une déclaration d'appel ex post émanant de l'une
des organisations ou institutions reconnues ci dessus comme ayant
qualité pour effectuer les évaluations des besoins et les appels
d'urgence.
65. En ce qui concerne les organisations
intergouvernementales régionales, la question ne peut être réglée dans
l'abstrait. Il nous faut une liste. À moins que quelqu'un n'avance une
raison de bonne foi pour rejeter une organisation candidate, elle est
inscrite sur la liste. Nous pouvons toujours demander leur avis aux
spécialistes si nous ne connaissons pas nous mêmes la réponse. Nous
obtenons un avis consultatif et elles sont ou non inscrites sur la
liste.
66. Il me semble que vous êtes
raisonnablement satisfaits du concept d'organisation “non
gouvernementale”, si ce n'est que cette expression peut être
relativement imprécise (de même que l'expression “organisme caritatif
privé”). D'aucuns craignent que nous ne laissions la porte ouverte,
par exemple, à des organisations qui sont effectivement (même si elles
ne le sont pas sur le plan technique) des organisations commerciales.
Je suggérerais que cela soit réglé au moyen d'une formulation
judicieuse. Les organisations non gouvernementales ou les organismes
caritatifs devraient être définis comme ayant un rôle, un statut et
des antécédents qui soient démontrables et reconnus par les
organisations humanitaires internationales. Aucune entité
effectivement régie ou influencée par des considérations commerciales
n'aurait ce statut à moins qu'elle ne figure sur une liste positive
entérinée en tant que telle par l'institution pertinente des États
Unis, etc. Et il ne nous est assurément pas impossible de leur
demander conseil si nous avons des problèmes pour le déterminer nous
mêmes.
67. Enfin, dans le cadre de la Catégorie
sûre, la question se pose de savoir quelle serait la durée de la
situation d'urgence ou, plus exactement, pendant combien de temps une
aide alimentaire pourrait être fournie dans le cadre de cette
catégorie. Bien que certains restent favorables à un laps de temps
prédéfini, je reste logiquement convaincu que, si nous ne sommes pas
compétents pour déterminer s'il existe une situation d'urgence, nous
ne sommes pas plus compétents pour déterminer à quel moment elle prend
fin. C'est une chose qui devrait être déterminée par les institutions
reconnues qui sont déjà chargées de l'évaluation des besoins et de
l'appel d'urgence. Ce qui pourrait être judicieux, ce serait de
prévoir qu'un Membre reste libre à tout moment de demander à
l'institution des Nations Unies/l'organisation humanitaire
internationale pertinentes son avis sur une telle question au cas où
on ne dispose pas d'un avis indépendant. Si tel était le cas, l'OMC
serait liée par cet avis.
68. S'agissant de l'aide alimentaire en
nature fournie dans des situations autres que d'urgence, je sais bien
que beaucoup sont fermement d'avis qu'elle devrait tout simplement
être éliminée et remplacée par une aide alimentaire intégralement en
espèces. Cependant, je n'ai constaté aucun progrès sur cette question
et j'ai le sentiment que ce n'est tout simplement pas le résultat qui
sera obtenu dans les quelques semaines et mois à venir. Je vois par
conséquent deux grandes approches. Premièrement, il existe une
approche fondée sur des disciplines rigoureuses concernant l'aide
alimentaire en nature. Les disciplines qui, selon moi, pourraient être
appliquées à l'aide en nature seraient les suivantes: l'aide sera
fondée sur une évaluation des besoins conduite par une institution
reconnue (telle que les Nations Unies ou la Croix-Rouge); elle sera
ciblée sur une population vulnérable identifiée; et elle sera fournie
pour répondre à des objectifs de développement ou à des besoins
nutritionnels spécifiques. D'autres organisations ayant une
responsabilité directe dans ce domaine, telles que le Sous-Comité
consultatif de l'écoulement des excédents de la FAO, peuvent avoir des
règles additionnelles ou pourraient en élaborer prochainement. Nous
devrions prévoir que tout ce qui sera réalisé là en termes de progrès
pourra être applicable ici. Deuxièmement, on pourrait reconnaître
qu'il est souhaitable de passer à une aide en espèces. Cela pourrait
aller de pair avec l'engagement de réfléchir aux moyens d'atteindre
cet objectif à l'aide d'un réexamen de ces disciplines dans, par
exemple, quatre ans. En outre, on pourrait maintenant prendre
l'engagement — sans aller jusqu'à l'élimination totale — d'avoir
atteint au moins un certain pourcentage d'aide en espèces d'ici à
cette phase de réexamen dans quatre ans.
69. S'agissant des réexportations d'aide
alimentaire, je pense que nous sommes effectivement arrivés à quelque
chose. Ce qu'il faut empêcher, c'est la vente commerciale dans le pays
A de produits alimentaires qui étaient destinés en tant qu'aide
alimentaire au pays B. Toutefois, nous n'entendons pas entraver le
transfert de l'aide alimentaire du pays B au pays C lorsqu'il
s'inscrit dans le cadre d'un programme des Nations Unies.
70. Je n'ai pas le sentiment que, dans le
laps de temps dont nous disposons, nous parviendrons à un accord en
vue de l'élimination pure et simple de la monétisation. La voie des
disciplines semble être la seule option, conformément à ce qui suit:
uniquement dans des circonstances exceptionnelles; pour financer des
activités qui sont directement liées à la livraison de l'aide
alimentaire aux bénéficiaires finals ou à la facilitation de l'achat
d'intrants agricoles, en cas de besoin, par les bénéficiaires finals.
En outre, on pourrait prévoir que la monétisation aura lieu sous les
auspices de la principale institution humanitaire des Nations Unies et
de l'autorité gouvernementale bénéficiaire, ou à tout le moins fera
l'objet d'un réexamen et d'observations par cette institution et cette
autorité, afin de faire en sorte que le risque de détournement
commercial et de découragement de la production locale soit minime.
Nous pourrions aussi procéder à un réexamen de la monétisation dans
quatre ans avec pour instruction d'actualiser les disciplines à la
lumière des avis fournis par ces organismes.
71. Pour garantir la conformité de l'aide
alimentaire avec les règles, il est essentiel que nous élaborions des
dispositions appropriées en matière de suivi et de surveillance, en
particulier pour l'aide alimentaire dans les situations autres que
d'urgence et pour l'aide alimentaire d'urgence fournie avant qu'un
appel ne soit lancé. De telles prescriptions en matière de
notification devraient viser à la fois les notifications ex ante et ex
post, et un moyen de garantir le respect de ces prescriptions serait
également nécessaire.
C. Entreprises commerciales d'État
exportatrices
72. J'envisagerai le maintien d'un bref
paragraphe d'introduction suivi de dispositions de fond sur: la
définition d'une entreprise commerciale d'État; les disciplines
concernant les subventions à l'exportation, le financement par les
pouvoirs publics, la garantie contre les pertes et les pouvoirs de
monopole; le traitement spécial et différencié; et le suivi et la
surveillance. En ce qui concerne le paragraphe introductif, c'était
l'une des rares parties du projet de modalités proposé qui ne
comportait pas de crochets et je ne vois donc aucune raison de le
modifier.
73. S'agissant de la définition d'une
entreprise commerciale d'État exportatrice, le choix est vraiment très
simple: nous utilisons la définition actuelle telle qu'elle figure
dans le Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article XVII et
la modifions légèrement afin qu'elle fasse référence aux entreprises
commerciales d'État qui vendent des produits agricoles à
l'exportation; ou nous nous risquons à élargir cette définition afin
d'inclure les entreprises auxquelles ont été accordés des avantages en
ce qui concerne les exportations de produits agricoles et les
entreprises qui ont de facto des droits, privilèges ou avantages
exclusifs ou spéciaux, ou autre chose de ce genre. Franchement, je
doute qu'il soit sage de choisir d'apporter des modifications de fond
à une définition qui est déjà bien établie, d'autant plus que je n'ai
pas vraiment l'impression que quiconque sache vraiment où conduira
effectivement un libellé davantage modifié sur le fond, et il est
certainement très difficile d'expliquer ce qui est “bon” et ce qui est
“mauvais” dans les définitions plus larges qui ont été proposées à
divers moments, et à fortiori s'il y a un moyen fiable sur le plan
opérationnel de distinguer les entreprises commerciales d'État des
entreprises “privées” au lieu de rendre involontairement cette
distinction inintelligible. Par conséquent, à moins que j'entende des
arguments convaincants à l'effet contraire, j'opterai pour la
prudence.
74. Il n'y a pas eu d'objection au libellé
proposé dans le projet de modalités possibles en ce qui concernait
l'élimination des subventions à l'exportation, de sorte que mon
hypothèse de travail est que nous le garderons.
75. S'agissant du financement par les
pouvoirs publics et de la garantie contre les pertes, des désaccords
subsistent sur le point de savoir si la liste de mesures visées par ce
financement et cette garantie devrait être exhaustive ou indicative.
Si ce dont il s'agit, c'est le financement par les pouvoirs publics ou
la garantie des pouvoirs publics contre les pertes, c'est là où se
situe la principale obligation. On peut supposer que les formes qui
viendront ensuite, et seront spécifiées, feront apparaître sans le
moindre doute qu'elles sont ce qu'elles sont censées être, afin qu'il
ne puisse pas y avoir d'argument à priori les concernant. Je ne sais
pas s'il existe d'autres formes, mais le fait est assurément que la
catégorie principale est applicable et qu'il pourrait fort bien y
avoir autre chose même si nous cela ne nous vient pas à l'esprit
maintenant. Ce serait, en principe, quelque chose qui pourrait être
évalué par un groupe d'experts sur la base des faits. Par conséquent,
la meilleure solution est que la liste des pratiques relevant du
financement par les pouvoirs publics et de la garantie contre les
pertes soit indicative et non exhaustive.
76. Une décision est également requise sur
le point de savoir si les entreprises commerciales d'État
exportatrices devraient être autorisées à avoir des pouvoirs de
monopole. Certains croyaient très fermement que l'utilisation des
pouvoirs de monopole devrait être interdite, et d'autres croyaient
tout aussi fermement que ces pouvoirs ne devraient pas être interdits.
Bien que le libellé de la Déclaration de Hong Kong ne fasse pas
référence à une interdiction mais à des disciplines applicables à
l'utilisation future des pouvoirs de monopole, il fait également
référence à l'élimination de toutes les formes de subventions à
l'exportation. Je ne vois aucune raison pour laquelle la première
option figurant dans le premier projet de texte ne serait pas
compatible avec le cadre et la Déclaration de Hong Kong, et mon
hypothèse de travail est que nous nous en tiendrons, au moins pour le
moment, à cela. Je pense aussi qu'en fin de compte, nous irons plus
loin que cela. Le point qui me paraît moins clair, c'est celui de
savoir si nous aurons une proscription globale des pouvoirs de
monopole à l'exportation pour les entreprises visées ou une liste de
pouvoirs par entité. Cependant, selon moi, nous aurons l'une ou
l'autre d'ici à l'échéance de 2013.
77. Le mandat prescrit que nous accordions
une attention spéciale en vue du maintien du statut de monopole pour
les entreprises commerciales d'État des pays en développement Membres
qui jouissent de privilèges spéciaux pour préserver la stabilité des
prix à la consommation intérieure et assurer la sécurité alimentaire.
Dans une certaine mesure, cela pourrait se faire si tous les Membres
étaient autorisés à avoir des entreprises commerciales d'État
disposant d'un statut de monopole. Toutefois, si, comme je le suggère,
le statut de monopole des entreprises commerciales d'État
exportatrices prend fin, au moins jusqu'à un certain point, il nous
faudra examiner quelle attention spéciale devrait être accordée au
maintien d'un tel statut pour les entreprises commerciales d'État des
pays en développement.
78. Les règles qui ont été examinées
auparavant envisageaient une double approche: permettre explicitement
les pouvoirs de monopole pour les entreprises commerciales d'État
s'occupant des produits agricoles dans les pays en développement dans
le cas de celles qui jouissaient de privilèges spéciaux pour préserver
la stabilité des prix à la consommation intérieure et assurer la
sécurité alimentaire; et, en outre, appliquer cette exception aux
entreprises commerciales d'État qui détenaient une part limitée du
commerce mondial. Cela semble être une approche raisonnable car elle
respecte le mandat et exempte les entités qui n'auraient pratiquement
aucune influence sur les marchés mondiaux.
D. Crédits à l'exportation, garanties de
crédit à l'exportation ou programmes d'assurance
79. Le mandat des négociations est
d'assurer l'élimination, pour la fin de 2013, des crédits à
l'exportation, des garanties de crédit à l'exportation et des
programmes d'assurance ayant des périodes de remboursement supérieures
à 180 jours, qui ne sont pas conformes aux disciplines à convenir. Ces
disciplines sont censées porter, entre autres, sur le paiement
d'intérêts, les taux d'intérêt minimaux, les prescriptions en matière
de primes minimales et d'autres éléments pouvant constituer des
subventions ou avoir autrement des effets de distorsion des échanges.
De plus, de tels programmes devraient s'autofinancer, reflétant la
compatibilité avec le marché, et la période devrait être d'une durée
suffisamment courte pour qu'une réelle discipline axée sur les
conditions commerciales ne soit pas effectivement contournée.
Crédits à l'exportation,
garanties de crédit à l'exportation ou programmes d'assurance ayant
des périodes de remboursement supérieures à 180 jours
80. Bien que le mandat soit très clair en ce
qui concerne l'élimination des crédits à l'exportation pour la fin de
2013, nous devons examiner le calendrier de leur élimination. Je ne
pense pas encore que la solution la plus simple soit effectivement
hors de portée: à savoir, éliminer les crédits à l'exportation
immédiatement, dès le début de la mise en œuvre. À mon avis, il s'agit
de choisir entre cette solution et la décision d'éliminer
immédiatement les crédits d'une durée de plus de 180 jours pour tout
produit pour lequel aucun engagement de réduction n'a été inscrit dans
la liste d'un Membre, et de retirer progressivement les crédits à
l'exportation pour les autres produits parallèlement au retrait
progressif des subventions directes à l'exportation. À l'évidence, un
tel programme d'élimination ne pourrait pas être interprété comme
impliquant la création d'un quelconque droit d'accorder des
subventions à l'exportation excédant les engagements en matière de
quantités et de dépenses budgétaires inscrits dans les listes des
Membres.
Crédits à l'exportation,
garanties de crédit à l'exportation ou programmes d'assurance ayant
des périodes de remboursement de 180 jours ou moins
Formes et fournisseurs de soutien au
financement à l'exportation soumis à discipline
81. Deux approches principales pour examiner
la question des crédits à l'exportation sont apparues au cours des
négociations de l'an dernier. L'une d'elles mettait l'accent sur une
période d'autofinancement de courte durée et une gamme étroite
d'instruments de financement à l'exportation autorisés comme moyen
simple d'assurer la compatibilité avec le marché. Selon cette
approche, le seul instrument financier serait une couverture du risque
pur.
82. L'autre approche est plus générale et
davantage axée sur des règles et elle semblerait recevoir un plus
large soutien parmi les Membres. Elle autoriserait une gamme
d'instruments financiers toujours limitée mais plus large que la
simple couverture du risque pur.
83. La proposition de limiter les
instruments financiers autorisés à la couverture du risque empêcherait
de fait un Membre d'accorder des crédits à l'exportation — bien qu'il
soit expressément indiqué dans le mandat que les disciplines à
élaborer doivent couvrir les programmes d'exportation, de garanties et
d'assurance. Bien que le fait de chercher à restreindre les programmes
autorisés à la seule couverture du risque soit une position de
négociation valable, cela ne correspond pas au mandat et, à mon avis,
la prescription plus générale d'éliminer les subventions à
l'exportation dans ce domaine peut être appliquée au moyen de
disciplines concernant les crédits à l'exportation, y compris le
soutien financier direct et les accords de crédit de gouvernement à
gouvernement.
84. Par conséquent, je ne vois pas la
nécessité de modifier quoi que ce soit dans la section sur les formes
et fournisseurs de soutien au financement à l'exportation, à l'Annexe
I du Projet de modalités possibles, hormis la suppression des
crochets, ce qui signifie que le soutien du financement à
l'exportation accordé par l'intermédiaire d'entreprises commerciales
d'État serait aussi expressément visé par ces règles. Je sais qu'il
existe un autre ensemble de règles concernant les entreprises
commerciales d'État exportatrices mais, sans arguments contraires
convaincants, je ne vois aucune raison d'exclure de la liste des
fournisseurs de soutien au financement à l'exportation une entité
d'État susceptible de fournir un tel soutien.
Autofinancement
85. Il y a des vues extrêmes sur ce que
devrait être la période d'autofinancement qui serait d'une durée
suffisamment courte pour qu'une réelle discipline axée sur les
conditions commerciales ne soit pas effectivement contournée. Les deux
extrêmes qui ont été proposés sont de un an et de 15 ans. Une année
est une durée trop courte, même pour des cycles de crédit de 180
jours. Quinze ans est une durée beaucoup trop longue. En fait, ces
deux positions simplifient la question à l'excès. Il apparaîtrait plus
raisonnable de poursuivre une idée qui a été avancée au cours des
consultations de l'année dernière et qui consisterait à appliquer un
processus en deux étapes pour évaluer l'autofinancement: a) une
période d'évaluation initiale, de deux ans par exemple, à la fin de
laquelle, si le programme de crédit à l'exportation ne s'est pas
autofinancé, le Membre serait obligé de prendre des mesures pour
remédier à la situation; et b) une période plus longue, de cinq ans
par exemple, à la fin de laquelle le Membre devrait montrer que le
programme s'est effectivement autofinancé.
Délai de remboursement maximal
86. À la différence de certains autres
domaines du Cadre, la section sur la durée maximale des crédits à
l'exportation est très claire: 180 jours sans exception. Bien que cela
ne soit probablement pas approprié pour certains produits agricoles,
comme les animaux reproducteurs et le matériel de reproduction des
végétaux, le Cadre ne laisse guère de doute. Aussi, sauf accord
général, cela devra rester comme convenu — 180 jours pour tous les
produits agricoles. Évidemment une période maximale de 180 jours n'a
guère de sens si l'on ne sait pas quand elle doit commencer. Bien que
plusieurs propositions aient été faites, il me semble que, d'après la
grande majorité des avis, cela devrait être la date d'arrivée ou la
date moyenne pondérée d'arrivée dans le cas des crédits couvrant plus
d'une livraison.
Autres disciplines
87. Outre l'autofinancement et le délai de
remboursement maximal, il est nécessaire d'établir des disciplines
concernant le paiement d'intérêts, les taux d'intérêts minimaux, les
primes de risque, le partage des risques et le risque de change. Bien
qu'il y ait eu quelques divergences de vues sur ces sections du projet
de modalités possibles, celles-ci ne semblaient pas insurmontables. Je
n'ai pas l'intention de traiter de l'élaboration de disciplines
concernant les calculs du financement, comme certains l'avaient
suggéré. Toutefois, des disciplines pourraient être nécessaires pour
ce qui est des mesures de prévention des pertes, en particulier dans
la mesure où cela est lié à la période d'autofinancement.
Traitement spécial et différencié
88. Il y a deux éléments du traitement
spécial et différencié que nous devons examiner. Le premier concerne
les pays en développement qui accordent des crédits à l'exportation et
le second, les pays en développement qui reçoivent des crédits à
l'exportation.
Pays les moins avancés et pays en
développement importateurs nets de produits alimentaires
89. Le mandat exige que les disciplines
concernant les crédits à l'exportation prévoient de manière appropriée
un traitement différencié en faveur des pays les moins avancés et des
pays en développement importateurs nets de produits alimentaires. À
cela est liée la question de savoir quelles règles, s'il y a lieu,
devraient s'appliquer dans des circonstances exceptionnelles
auxquelles il n'est pas possible de répondre de façon adéquate par une
aide alimentaire, des crédits à l'exportation commerciaux ou des
facilités de financement préférentielles.
90. Le fait est que les situations en
question se sont produites dans le passé et se produiront probablement
dans l'avenir; aussi faudrait-il prévoir des conditions plus flexibles
applicables dans ces situations. À mon avis, la manière de procéder la
plus pratique serait d'autoriser des arrangements de financement à
l'exportation si le pays en développement importateur en fait la
demande et de le notifier à tous les Membres pour que tous les
exportateurs aient la possibilité de répondre. Les détails de toutes
mesures de financement à l'exportation prises pour répondre à cette
demande devraient être notifiés au Comité de l'agriculture.
91. En ce qui concerne les crédits à
l'exportation accordés par les pays en développement exportateurs, il
y aura une période de mise en œuvre plus longue mais rien n'indique
dans le mandat que, à la fin de cette période, la période de
remboursement des crédits à l'exportation devrait être supérieure à
180 jours. Toutefois, en ce qui concerne les autres disciplines, je
suggérerais que des conditions plus souples s'appliquent à la période
d'autofinancement, aux taux d'intérêts minimaux, aux primes et aux
dispositions relatives au partage des risques.
IV.
Accès aux marchés
haut de page
A. Formule étagée
92. Je me base sur l'hypothèse de travail
selon laquelle nous avons maintenant quatre fourchettes pour les pays
développés et les seuils pour ces fourchettes sont ceux qui sont
indiqués dans la proposition du G 20. Je travaille aussi sur
l'hypothèse selon laquelle on adoptera une approche à base linéaire
claire pour les abaissements à l'intérieur de ces fourchettes.
93. Je ne pense pas avoir quoi que soit qui
puisse déjà être appelé une hypothèse de travail en ce qui concerne
les abaissements à l'intérieur des fourchettes. Mais les choses
deviennent plus claires
– du moins à mes yeux. Premièrement, je pense devoir dire (et je l'ai
déjà fait oralement, alors ce n'est pas nouveau) que je ne vois aucune
proposition inférieure à la proposition de l'UE qui suscite un
consensus en tant qu'approche générale. Par conséquent, selon moi, le
centre de gravité se situe, aux fins de l'approche générale, juste
entre la position des États-Unis et la position de l'UE sur les
abaissements pour les pays développés. J'ajouterai simplement que, à
ce stade tardif de la négociation, on peut raisonnablement penser
qu'aucune de ces positions ne l'emportera vraiment en définitive. Je
crois donc qu'un observateur impartial peut raisonnablement prédire
que le centre de gravité se situera effectivement à l'intérieur de ces
paramètres — ou pas du tout.
94. Deuxièmement, il me semble que la
question la plus essentielle dont tout le reste découlera est que
l'abaissement se fera dans la fourchette supérieure, où la plage reste
formellement comprise entre 60 pour cent (UE) et 85 pour cent (États
Unis). Je ne sais que trop que les Membres concernés sont fermement
résolus à ne jamais bouger de leurs positions sur ce point. Je ne peux
cependant m'empêcher d'observer — ce qui n'exige pas une grande
perspicacité — que cela se produira au bout du compte et je me hasarde
au moins à prédire que l'un devra bouger vers le haut et l'autre vers
le bas, sinon il n'y aura tout simplement pas d'accord. J'ai donc
tendance à penser, pour l'instant, que, lorsque nous aurons fixé
l'abaissement dans la fourchette supérieure, il y aura, à partir de
là, un abaissement étagé à peu près proportionnel dans chacune des
autres fourchettes. Il me semble aussi qu'il est vain de prétendre que
la question de l'abaissement dans la fourchette supérieure pourra ou
sera réglée indépendamment de la question de l'écart (voir plus loin)
s'agissant des produits sensibles.
95. Maintenant que j'ai dit où se situe,
selon moi, le centre de gravité pour une approche générale, je
n'écarte pas la possibilité d'avoir à aborder la question de la
disproportion qui pourrait se poser pour certains Membres. Je pense
que celle ci pourra être évaluée en grande partie en examinant la
situation des tarifs dans la fourchette supérieure. Certes, d'aucuns
pourraient penser que plus il y a de tarifs dans la fourchette
supérieure, plus il y a de raisons que la libéralisation soit plus
importante dans cette fourchette, mais il nous faut bien reconnaître
qu'il peut y avoir une incidence très différente, qui fait sortir les
choses de la norme. La plupart des pays développés ont moins de 10
pour cent de leurs tarifs dans la fourchette supérieure. Je
suggérerais qu'une disposition concernant la disproportion soit
applicable lorsqu'il existe une situation manifestement différente. Je
suggérerais aussi que l'on puisse recourir à cette disposition
lorsque, par exemple, plus de 25 à 30 pour cent des tarifs se situent
dans la fourchette supérieure (à supposer que le seuil de 75 pour cent
du G 20 soit applicable).
96. Il ne s'agirait en aucun cas d'un
avantage sans contrepartie. Ce serait un moyen d'offrir une
flexibilité minutieusement calibrée. Celle ci pourrait, selon moi,
s'exercer au moyen d'une approche du statut des produits sensibles
comme celle qui est décrite ci après.
97. Rien dans le cadre ne nous oblige à
spécifier un abaissement moyen global, mais je sens qu'il y a une
volonté croissante d'en parler, que cela aboutisse ou non à terme à un
chiffre précis (comme cela a été le cas dans le Cycle d'Uruguay). Cela
dépendra finalement des abaissements dans les fourchettes de sorte
qu'il n'est pas possible de le déterminer indépendamment de ce à quoi
nous aboutirons à cet égard. Bien entendu, dans ce domaine (peut être
encore plus que dans d'autres), vous faites très attention, en tant
que Membres, à la façon dont vos cartes sont jouées. Dans ce domaine,
sinon dans tous les autres ailleurs, tout ce que je dirai sera
contesté par tout le monde. Mais je pense qu'il faut le dire, ne
serait ce que parce que vous avez le droit de savoir quelle est ma
perception des choses (pour que vous puissiez la corriger, le cas
échéant).
98. Comme je viens de le dire, je pense que
le centre de gravité se situe, en gros, entre la position des États
Unis et celle de l'UE. Je ne peux pas traduire cela en un chiffre
unique de manière précise et mathématique, ne serait ce que parce que
cette zone peut varier légèrement en termes numériques et qu'il y a
toutes sortes d'aspects techniques qui brouillent l'image (est ce que
l'on prend en compte les produits sensibles, est ce que l'on se base
sur la ligne tarifaire ou non, etc.?). Mais il me semble important de
dire ce qui, selon moi, est au moins “encore en jeu”. Je pense que ce
qui est réellement “encore en jeu”, c'est un résultat qui assurerait
un abaissement global supérieur à 50 pour cent. Certes, il pourrait
fort bien être inférieur si certaines choses ne se produisent pas
(notamment dans les autres piliers et peut être aussi dans d'autres
domaines des négociations sur lesquels je n'ai pas vocation à parler).
Cela étant, je doute vraiment qu'il soit possible qu'il s'établisse à
un niveau qui soit très inférieur à ce chiffre. Mais il est encore
possible d'arriver à un niveau “supérieur”, sachant qu'à mon avis, ce
sera moins que ce que les États Unis cherchent à obtenir actuellement.
99. En ce qui concerne les abaissements pour
les pays en développement, je reste d'avis que le centre de gravité
correspond à ce que j'ai appelé dans le passé un abaissement de “deux
tiers”. Bien sûr, cela ne signifie pas la même chose pour tout le
monde. Mais tôt ou tard (et, à mon avis, il est déjà “tard”), nous
devrons nous prononcer. Je sais que certains pensent fermement qu'il
devrait y avoir un abaissement de deux tiers à l'intérieur des
fourchettes, mais que les seuils devraient être différents, ce qui
aurait pour conséquence, dans la pratique, de nous amener bien loin
d'un abaissement de deux tiers.
100. Une solution pratique pourrait être la
suivante. Premièrement, le résultat sera bien un chiffre global qui
constituera un objectif minimal: deux tiers de l'abaissement moyen
pour les pays développés. La meilleure façon d'atteindre cet objectif
est que les pays en développement Membres appliquent les mêmes seuils
et deux tiers des abaissements à l'intérieur des fourchettes. Mais, si
l'application de cette approche aboutit à un abaissement global
supérieur aux deux tiers de la moyenne pour les pays développés, les
pays en développement devraient encore appliquer deux tiers de
l'abaissement dans chaque fourchette mais pourraient modifier tous les
seuils selon un pourcentage fixe (celui ci devrait être fixé pour
éviter toute manipulation imprévisible) qui aboutirait à l'abaissement
global de deux tiers. En aucun cas, les seuils ne seraient supérieurs
à ce qui est envisagé dans la proposition du G 20.
101. Cela doit bien sûr être complété par
des observations sur diverses autres propositions concernant, par
exemple, les petites économies vulnérables, les Membres ayant accédé
récemment et un équivalent du concept de disproportion pour les pays
en développement, dont je parlerai par la suite.
B. Produits sensibles
Sélection
102. Dans mon rapport au CNC, j'ai noté que
les propositions variaient entre un minimum de 1 pour cent et un
maximum de 15 pour cent des lignes tarifaires. C'est toujours
formellement le cas, mais je pense sincèrement que le centre de
gravité général est désormais beaucoup plus convergent que cela. Je
l'évaluerais à certainement plus de 1 pour cent mais pas à plus de 5
pour cent. Cela étant, il reste à savoir s'il est gérable pour tous
les Membres développés, notamment ceux qui pourraient par ailleurs
subir un impact disproportionné en raison d'abaissements dans la
fourchette supérieure. Je pense que non et j'ai donc une proposition
plus concrète pour traiter cette possibilité.
Traitement
103. Pour commencer, en ce qui concerne la
question de l'écart par rapport à l'abaissement tarifaire pour les
produits sensibles, j'ai le sentiment que le centre de gravité se
situe quelque part entre un tiers et deux tiers de l'abaissement. À
l'évidence, un tiers de l'abaissement de 60 pour cent pour la
fourchette supérieure correspond à un abaissement de 20 pour cent. Je
ne suis pas sûr qu'un abaissement net qui soit inférieur à cela dans
la fourchette supérieure passe. Inversement, deux tiers d'un
abaissement de 85 pour cent donne 56,6 pour cent. Je ne suis pas sûr
qu'un abaissement net qui soit supérieur à cela dans la fourchette
supérieure passe.
104. Je suis enclin à penser que si cette
fourchette est proche de celle à laquelle nous allons aboutir, un
consensus commencera à se dégager aussi en faveur du principe selon
lequel le contingent tarifaire applicable devrait être plus grand/plus
petit en corrélation avec l'écart maximal/minimal.
105. En ce qui concerne la combinaison
abaissement tarifaire/écart et accroissement des contingents
tarifaires, il subsiste à l'évidence un manque d'ambition. Cependant,
pour ce qui est de l'abaissement/écart, il s'agit de se mettre
d'accord sur les chiffres — et si mes hypothèses concernant notre
situation actuelle ne s'avèrent pas totalement fausses, nous pouvons y
arriver. Ce qui toutefois a rendu les choses plus difficiles — et plus
difficiles en fait qu'elles ne devraient l'être — c'est que nous
n'avons même pas de structure commune sur l'élément contingent
tarifaire.
106. Je pense donc que ce qu'il nous faut
maintenant avant tout c'est une structure de ce type qui nous servira
de base pour travailler sur cet élément. Cela ne nous permettra pas
forcément de résoudre la question de l'ambition. Mais l'objectif
devrait être de trouver une structure qui puisse faciliter au moins
une négociation simple sur les chiffres lorsque le moment sera venu
d'arriver à un tel compromis.
107. Tout d'abord, je voudrais souligner que
je reconnais que les positions existantes sur l'accroissement des
contingents tarifaires restent le point de départ. Je souligne que les
suggestions que je fais ci après ne sont pas ce que vous appelleriez
votre modalité “opérationnelle”. Il y a manifestement des divergences
sur la question de savoir si cet accroissement devrait être fondé sur
la consommation, fondé sur les importations, au prorata ou encore
déterminé d'une autre façon. Je ne prends pas parti sur ce point et
les positions restent à l'examen. La décision finale dans ce domaine
peut encore rester en suspens pour le moment. Par contre, ce que je
suggère ici, c'est que nous ayons une structure de “description des
résultats” qui nous permette au moins de nous parler dans la même
langue. Une structure qui serve à “évaluer les résultats” mais qui ne
serait pas en soi la modalité permettant d'y parvenir. D'ailleurs, je
pense que vous pourrez toujours inclure n'importe lequel dans cette
approche en fonction des besoins.
108. Donc, s'agissant de savoir comment
“évaluer les résultats”, commençons avec ce que nous pourrions
appeler, théoriquement, le “cas limite”. Il s'agit de la situation
dans laquelle, malgré l'acceptation de l'abaissement tarifaire (avec
la flexibilité maximale autorisée), il n'y aurait pas de flux
commerciaux associés à cet abaissement tarifaire. En théorie, la
“logique” d'une situation dans laquelle un abaissement tarifaire
minimal est opéré est qu'il devrait y avoir une “compensation”
“maximale” par le biais du chiffre retenu pour l'accroissement des
contingents tarifaires. La raison en est simple: c'est la seule façon
d'obtenir que des échanges aient effectivement lieu. (2)
109. Théoriquement, cela nous donne notre
“situation un”; à savoir que l'effet net de l'abaissement tarifaire
général plus l'écart utilisé n'entraînera toujours pas des
importations avec le tarif ainsi obtenu
(3). Pour cette situation,
nous avons un accroissement des contingents tarifaires “par défaut”
(exprimé en pourcentage de la consommation nationale). Disons que
c'est x pour cent
(4).
110. Mais cela ne sera pas la seule
situation (ni d'ailleurs la plus fréquente) qu'il faudra traiter. Il y
aura des situations dans lesquelles il est probable que des
importations auront lieu suite à l'abaissement NPF, même si la
flexibilité maximale est utilisée. Cela signifierait qu'un Membre
offrirait le plein accès sous forme de contingents tarifaires (ce qui
correspond théoriquement à une situation dans laquelle il n'y aurait
autrement aucun échange) et devrait aussi faire face à des
importations au-dessus de la barrière tarifaire NPF.
111. Bien sûr, on pourrait dire: et bien
c'est ainsi. Mais, en partant de l'hypothèse que nous voulons négocier
et non pas seulement échanger des vues bien établies, nous devons
répondre à une question pratique: existe-t-il un moyen raisonnable
(mais pas trop complexe) d'établir une distinction entre ces deux
situations. La seule thèse plausible que j'ai entendue et qui peut
être expliquée en moins de cinq minutes est que l'on pourrait
identifier la situation en question comme une situation dans laquelle
des importations notables ont déjà lieu au taux NPF (par exemple
correspondant à plus de y pour cent de la consommation intérieure). Il
y a une certaine logique à cela: le fait qu'il y a déjà un volume
notable d'importations donne à penser — ceteris paribus (même si c'est
un grand ceteris paribus) — qu'un abaissement quel qu'il soit
augmentera encore la propension à importer.
112. Si l'on suit cette logique, on pourrait
envisager que, pour ces cas-là, le taux d'accroissement du contingent
tarifaire sera modéré en fonction du taux “par défaut”. Théoriquement,
cela nous donne notre “situation deux”; c'est-à-dire que lorsque les
importations sont déjà supérieures à (disons) y pour cent de la
consommation intérieure, l'accroissement requis du contingent
tarifaire serait réduit à (disons) deux tiers de l'engagement par
défaut. (5)
113. Une autre question a été soulevée,
celle de ce qu'on pourrait appeler, faute d'un meilleur terme,
l'“équité”. Certains Membres ont effectivement accordé un accès sous
forme de contingents tarifaires dans une certaine mesure pour certains
produits. Mais d'autres Membres semblent — pour telle ou telle raison
— ne pas être parvenus à un point de départ au moins équivalent. On
peut faire valoir qu'en ayant simplement pour les contingents
tarifaires un résultat normalisé sous forme de pourcentage fixe pour
tous les Membres développés, on perpétuerait cette “iniquité”.
114. S'il y a du vrai là-dedans — et il est
certain que les points de départ sont variables d'un point de vue
purement factuel — la solution n'est pas trop difficile à concevoir en
termes purement structurels. Selon moi, l'argument vaut
essentiellement pour des situations dans lesquelles il n'y a pas
d'importations notables ni au taux NPF (s'il y en avait, on se
trouverait dans la “situation deux” ci dessus et il n'y aurait donc
pas d'anomalie particulière) ni dans le cadre du contingent tarifaire
existant.
115. Cela nous donne la “situation trois”;
c'est-à-dire lorsque les importations sont particulièrement faibles.
Dans ce cas-là, lorsque les importations sont inférieures à un seuil
minimal (disons) de z pour cent, il faut soit se hisser jusqu'à ce
seuil soit accepter la formule par défaut, selon ce qui donnera le
résultat le plus élevé. (Sur la base des renseignements dont je
dispose, je ne m'attends pas à ce qu'il y ait beaucoup de cas où
arriver à ce seuil donnerait un résultat plus élevé qu'accepter la
formule par défaut.)
116. Certains font valoir que cela devrait
avoir une application équivalente dans les cas où les niveaux
d'importations dans le cadre du contingent tarifaire sont relativement
“élevés”. C'est là qu'intervient ce que j'ai décrit dans mes documents
de référence précédents comme une “méthode dégressive”. Là encore, la
solution n'a pas besoin d'être trop compliquée en termes purement
structurels ou techniques. On fixe un plafond (du point de vue de ce
que le “résultat” serait en termes de pourcentages de la consommation
intérieure) qui, une fois atteint, permet au Membre de diminuer le
montant de l'accroissement du contingent tarifaire qui serait
“autrement” requis pour ce produit. La logique voudrait peut-être que
ce seuil soit équivalent à la valeur de référence qui aura été fixée
pour des importations “notables” au taux NPF afin d'établir une
“situation deux”. Sur cette base, les importations dépassant ce même
pourcentage d'importations (cette fois, cependant, dans le cadre du
contingent tarifaire) constitueraient la valeur de référence.
117. Cela nous donne notre “situation
quatre”; c'est-à-dire que lorsque les importations dans le cadre des
contingents tarifaires sont déjà substantielles (supérieures, disons,
à y pour cent de la consommation intérieure), le contingent tarifaire
serait (disons) équivalent aux trois quarts du pourcentage par défaut.
118. On pourrait dire que tout cela pourrait
être relativement stable s'il était probable qu'un accord puisse
facilement être trouvé sur le nombre de produits spéciaux et l'ampleur
de l'abaissement tarifaire — ce dernier facteur étant particulièrement
important en ce qui concerne l'abaissement dans la fourchette
supérieure.
119. Mais, comme je l'ai laissé entendre
plus haut, on peut estimer que ce qui aboutirait normalement à un
résultat équilibré serait disproportionné dans le cas de certains
Membres développés. Il existe, me semble-t-il, deux options. L'une
d'elle consiste pour ces Membres à serrer les dents et à endurer.
120. Sinon, ce serait sans doute parce que
les Membres sont persuadés qu'il pourrait y avoir une question de
disproportionnalité à traiter. Dans ce cas, il faudrait voir quelle
structure pourrait potentiellement tenir compte de ce problème.
121. Pour y remédier, on pourrait donner
droit à un plus grand nombre de produits sensibles que ce qui serait
par ailleurs convenu. Mais le facteur déclenchant devrait être
l'existence d'un quelconque “critère” plausible de “disproportionnalité”.
Une option consisterait à déterminer si le Membre concerné aurait à
faire “disproportionnellement plus” que d'autres. Un critère simple
serait que ce Membre soit “touché” beaucoup plus durement que d'autres
là où l'abaissement tarifaire est le plus important, c'est-à-dire dans
la fourchette supérieure. On pourrait suggérer, par exemple, que cette
formule ne s'applique qu'aux Membres ayant plus de (par exemple) 25 à
30 pour cent de leurs tarifs dans la fourchette supérieure (voir la
section ci-dessus). (6)
122. Dans ce cas, le(s) Membre(s)
concerné(s) aurai(en)t droit à un nombre de produits sensibles un peu
plus grand. Mais, si la logique consiste à donner une plus grande
flexibilité pour faire face à leur situation particulière, il faudrait
un contrepoids de l'“autre côté”. Donc, ils auraient droit à un nombre
un peu plus grand de produits sensibles mais, en contrepartie, il
faudrait s'engager à prendre en matière de contingents tarifaires un
engagement un peu plus important que dans la situation par défaut.
123. Cela nous amène à la situation cinq; à
savoir que lorsqu'un Membre a plus de (disons) 25 à 30 pour cent de
ses tarifs dans la fourchette supérieure, il peut avoir (disons) un
tiers de produits sensibles en plus. Cependant, pour contrebalancer
cette flexibilité accrue, il serait tenu d'offrir (disons) un tiers de
plus que l'engagement par défaut pour ce qui est de l'accroissement
des contingents tarifaires.
C. Plafonnement tarifaire
124. Je n'ai rien à ajouter sur la question
du plafonnement tarifaire.
D. Produits spéciaux
125. Les positions existantes sont à mon
avis très éloignées les unes des autres et il ne sert à rien de
prétendre le contraire. Cela veut dire, selon moi, qu'il est d'autant
plus justifié d'essayer de s'aventurer dans des territoires
inexplorés. Les terres connues (c'est à dire les positions existantes
normalisées) ne sont que trop familières. Mais, pour être honnête, ces
positions ne donneront rien. Et tout le monde le sait. Ce n'est donc
pas comme si nous avions d'autres choix que de tenter quelque chose
qui pourrait marcher. Je vais être clair: je reste fondamentalement
d'avis que, objectivement, cette question n'est en fait pas au cœur du
problème. Il y a d'autres domaines qui objectivement sont beaucoup
plus importants dans ces négociations et qui sont à juste titre
décrits comme des questions décisives. Mais cela ne signifie pas que
l'ensemble des négociations ne pourrait pas aussi échouer à cause de
cette question. On risque de tout perdre à vouloir faire ce que l'on
appelle des économies de bouts de chandelles, et cela serait
franchement ridicule. Nous pouvons éviter de tout perdre. Nous nous
devons de le faire. Alors trouvons un moyen d'y arriver. Je n'ai pas
de réponse magique mais j'aimerais que nous renoncions aux positions
sur lesquelles nous campons. Pour cela, je propose les éléments ci
après comme thèmes de réflexion. Vous verrez également qu'il y a par
moments des références textuelles précises. Je n'aime pas procéder
ainsi, mais j'ai entendu tant de choses relevant de l'exégèse sur
cette question que j'ai le sentiment de devoir au moins entrer dans
l'esprit des choses et m'efforcer d'expliquer le pourquoi de mes
suggestions.
126. Premièrement, nous sommes condamnés à
nous intéresser aux chiffres. À ma connaissance, cela n'a pas été
sérieusement fait, même à ce stade tardif du processus. Mais cela peut
évidemment se faire. Et sur cette voie, nous pouvons continuer
d'attendre sans rien faire jusqu'à ce qu'une véritable convergence se
dégage sur un chiffre qui convient à tout le monde. J'espère que vous
me pardonnerez d'exprimer mon scepticisme quant aux chances que cela
se produise spontanément. Et ce, tout simplement, parce que je ne vois
aucune raison évidente de croire que ce qui ne s'est manifestement pas
produit jusqu'à maintenant va miraculeusement se produire demain ou
après demain alors que je ne vois aucun changement en ce qui concerne
les éléments fondamentaux. En d'autres termes, aucun signe sérieux
n'indique que le terrain est prêt.
127. Par conséquent, si nous pensons être
effectivement sur la bonne voie, il faut que quelque chose se passe
maintenant qui nous mette en position de parvenir à un compromis
final. De quoi pourrait il s'agir? Excusez moi, mais ici — comme
ailleurs — je ne vais pas encourager la politique de l'autruche. Vous
savez déjà, parce que je l'ai dit clairement il y a longtemps, que je
ne crois pas qu'une position préconisant “au moins” 20 pour cent de
lignes tarifaires l'emportera. Je ne crois pas davantage d'ailleurs
que la position contraire consistant à dire qu'il devrait y en avoir
“trois ou quatre” l'emportera non plus. La zone d'engagement de facto
en ce qui concerne les chiffres — pour autant qu'on décide de tenter
de parvenir à un chiffre — (ce qui, j'ajouterai, d'après ma lecture du
cadre de 2004, n'est pas une obligation a priori sans ambiguïté) est
manifestement beaucoup plus étroite pour quiconque n'est pas partie à
cet exercice. Mais je dis de facto pour une bonne raison: je n'ai
aucune preuve (bien que je ne sache pas ce qui se passe dans les
discussions purement bilatérales) que quiconque parle vraiment de la
question.
128. Vous aurez compris d'après ce qui
précède que je pense savoir moi même au moins où se trouve
approximativement le centre de gravité pour les produits sensibles des
pays développés (par défaut), c'est à dire quelque part entre 1 et 5
pour cent. À strictement parler, il n'y a AUCUN rapport en termes
numériques entre les produits sensibles et les produits spéciaux mais,
à mon sens, politiquement, le nombre des produits spéciaux devra tout
simplement être plus important que celui des produits sensibles. Cela
nous mène donc à plus de 5 pour cent. Mais jusqu'où aller? C'est peut
être encore plus ici qu'ailleurs le jeu des devinettes mais je dirais
entre 5 et 8 pour cent pour les produits spéciaux dans l'hypothèse
d'une fourchette de 1 à 5 pour cent pour les produits sensibles. Il se
pourrait, bien sûr, qu'on arrive à un quelconque chiffre brut unifié
pour les produits spéciaux et sensibles, sous certaines conditions,
par exemple que le non recours aux produits sensibles puisse être
ajouté aux produits spéciaux à un taux plus ou moins “réduit” de
manière à obtenir en quelque sorte une quantité globale brute. J'ai
entendu à titre informel certaines idées allant dans ce sens, mais
rien de très sérieux. Cela dit, il est à mon avis parfaitement
concevable que, pour certains Membres, le chiffre puisse devoir
légitimement être plus élevé et que de fait, dans la pratique, cela ne
soit pas un problème pour les Membres. Nous nous heurtons ici au
problème fondamental qui consiste à tenter de parvenir à une approche
qui convienne à tous. Mais il est certain que s'il nous faut en passer
par cet exercice (et c'est vous qui en déciderez) j'ai dans l'idée que
ce chiffre devrait se situer quelque part dans cette fourchette.
129. Maintenant, vous êtes tous parfaitement
en droit de n'être pas d'accord avec moi. Mais vous devrez aussi
m'expliquer comment, en termes de négociations, nous allons jamais
parvenir à une conclusion si ce n'est en se rapprochant de ce type de
paramètres. Si le fait même de pénétrer dans ces zones provoque des
hurlements outragés, alors tout ce que je dirai et que ce qui est
actuellement sur la table sous forme d'extrêmes ne pourra
manifestement jamais servir de base à un accord. Et s'il est vrai que
nous n'avons que quelques mois ou semaines — au mieux — pour parvenir
à des modalités, il serait contraire à toute logique de négociation
que nous le fassions à partir d'une position figée. Il nous faudra
avancer, et par avancer j'entends un mouvement perceptible sur les
chiffres. Si même cela ne fait rien bouger, alors il nous faut du
moins être honnêtes avec nous-mêmes: soit nous n'allons en fait JAMAIS
négocier un chiffre spécifique pour les produits spéciaux (parce qu'en
réalité, N'IMPORTE QUEL chiffre est soit “trop haut” pour les uns ou
“trop bas” pour les autres, ce qui est exactement la situation dans
laquelle nous nous trouvons maintenant), soit nous ne parviendrons
jamais à un accord à ce sujet.
130. Donc, faute d'avancer sur les chiffres,
nous devrons compter encore plus sur d'autres éléments. Je suis tout à
fait conscient que des efforts sont faits au plan bilatéral à cet
égard, même si je ne dispose pas de base fiable pour juger de la
question de savoir si, et encore moins comment cela résoudra l'énigme
qui bloque la négociation. On peut présumer que, si un nombre
suffisant de parties intéressées parviennent à s'assurer par des
ententes bilatérales que leurs besoins respectifs sont satisfaits,
nous n'avons plus de problème. Si la question pouvait être réglée “en
coulisses”, alors celle plus générale des “chiffres” deviendrait sans
doute quelque peu théorique. Les participants prendront beaucoup moins
à cœur la question des “chiffres” en tant que proposition générale si
une solution est trouvée pour leurs produits. En ma qualité de
Président, je ne saurais rien dire qui décourage les processus
susceptibles d'arranger les choses de cette manière.
131. Mais je souhaiterais avant tout être
sûr qu'il ne s'agit pas ici de vœux pieux. Ou, pour dire les choses
autrement, il est essentiel de souligner qu'il faut aborder la
situation avec réalisme. Je souhaiterais insister sur quatre éléments.
Premièrement, comme les “vraies questions” auront été traitées au
niveau des produits, la logique de négociation dans la perspective de
l'approche générale voudra inévitablement que le choix tende vers
l'extrémité supérieure du spectre. Sur cette base, on peut concevoir
que le chiffre dépasse mes prévisions. Deuxièmement, tout processus de
ce type devra être transparent et non exclusif: il faudra que les
intérêts de tous ceux ayant un enjeu potentiel soient pris en
considération, faute de quoi les “laissés pour compte” finiront par
poser un problème majeur. Et je n'ai pas l'impression que les Membres
soient nombreux à s'être mobilisés ici. Cela me semble difficilement
conciliable. Troisièmement, tout résultat devra nécessairement être
sur une base NPF: il ressort clairement de mes consultations que les
Membres dans leur ensemble n'accepteront pas des accords spécifiques
par pays, tout à fait indépendamment de savoir s'ils sont ou non
compatibles avec les règles de l'OMC. Quatrièmement, le résultat de ce
qui serait accompli de cette façon devrait être présenté dans les
semaines à venir dans l'hypothèse que nous allons tout terminer dans
les délais que nous avons tous dit vouloir respecter. Donc, le
processus doit être bien avancé maintenant et, s'il ne l'est pas, il
est temps de reconnaître que nous n'aurons pas la base nécessaire pour
accomplir notre tâche.
132. La Déclaration de Hong Kong précise que
l'autodésignation doit être guidée par des indicateurs et que ces
indicateurs doivent être fondés sur les critères. Un guide (en
l'occurrence les “indicateurs”) doit être capable de vous dire où
aller: il doit être capable de montrer la voie à suivre. Un guide
digne de ce nom doit être intelligible et accessible au lecteur. Il
doit être transparent. Ce qui signifie, dans la pratique, qu'il doit
être objectivement et intrinsèquement intelligible: c'est l'indicateur
lui-même qui est le guide, et il n'en serait pas un s'il devait être
complété par une forme ou une autre d'interprétation additionnelle
venant d'ailleurs. Un ouvrage qui se voudrait un guide serait mis à la
poubelle si, en l'ouvrant, vous lisiez que: l'auteur sait comment se
diriger à Genève, mais n'a pas de carte à vous proposer et vous
suggère d'interroger un chauffeur de taxi si vous arrivez à en trouver
un. Dans le cas qui nous intéresse, nous devons aussi avoir un type
particulier de guide: il doit être fondé sur des critères. Être
“fondé” sur quelque chose veut dire être ancré sur ce quelque chose et
entretenir avec lui une relation de dépendance. Il ne s'agit pas juste
d'une “vague relation” ou d'un “rapport” ou “lien distendu”. On doit
pouvoir y discerner une raison d'être. Ou, pour résumer les choses et
parler plus prosaïquement, ces “indicateurs”, pour mériter leur nom,
devraient exprimer leur raison d'être de manière transparente,
objective et intelligible.
133. Cela me mène à la conclusion pratique
suivante: pour que quelque chose soit un indicateur, il devrait être
au moins susceptible d'observation empirique ou raisonnablement
capable de vérification. Il m'est difficile d'éviter la conclusion
que, de manière générale, nous devrions préférer la transparence et la
prévisibilité. En tout état de cause, cela semblerait particulièrement
recommandé dans cette situation particulière. Compte tenu de ce qui
précède, je suggérerai qu'il y ait au moins une forte présomption que
des indicateurs faisant appel à des données qui peuvent être vérifiées
d'une manière directe en utilisant des sources internationalement
reconnues aient leur raison d'être (à condition bien sûr que la
relation conceptuelle de fond soit justifiée). Il se pourrait bien
évidemment qu'il n'y ait pas de sources “internationalement
reconnues”. Mais le Membre concerné a lui accès à ces données
nationales même si elles ne sont pas “internationalement reconnues”.
Mais ces données devraient en principe pouvoir être échangées et donc
accessibles en soi au public. Un indicateur ne serait pas viable s'il
n'avait pas cette aptitude à la vérification ou à la transparence.
134. Vient ensuite la question du
traitement. Je dois revenir au cadre pour tenter de discerner ce qui
constituerait — si l'on essayait d'être objectif — une façon
raisonnable d'aborder la question. Je reviens au texte. Tout d'abord,
le libellé lui-même est à mon avis important: “ces produits seront
admis à bénéficier d'un traitement plus flexible.” (pas d'italique
dans l'original). Le texte ne dit pas — comme il aurait pu le faire —
“ces produits seront exemptés d'abaissements tarifaires”. D'ailleurs,
quatre paragraphes plus loin seulement il y a une déclaration en ce
sens qui fait qu'on ne peut douter que les Membres savaient très bien
comment exprimer cela s'ils l'avaient voulu. Vous vous souvenez
peut-être qu'ils ont dit — en ce qui concerne les pays les moins
avancés: [ils] “ne sont pas tenus de prendre des engagements de
réduction”. Ce n'est toutefois pas ce que dit le cadre pour les
produits spéciaux. Il ne dit pas que des engagements de réduction ne
seront pas requis. Pas plus qu'il ne dit que des engagements de
réduction ne seront pas requis pour certains produits. Au contraire,
le texte parle de “traitement” à leur endroit. Être exempté, c'est
être libre de tout engagement. Mais ces produits spéciaux doivent
faire l'objet d'un “traitement”. Interpréter ce texte comme disant en
fait que ces produits doivent être exclus de tout traitement est tout
simplement incompatible avec les termes mêmes du cadre. Le mot
“traitement” indique donc clairement que quelque chose doit arriver à
ces produits. Quel est donc ce “quelque chose” qui doit se produire et
qui est appelé “traitement”? C'est manifestement vu le contexte
l'application des mesures énoncées au paragraphe 39, c'est-à-dire
surtout: la formule de réduction tarifaire et la période de mise en
œuvre. Voilà donc ce que serait le “traitement” à accorder à ces
produits. S'il faut donner un sens au mot traitement, ces catégories
de mesures restent applicables à ces produits — on ne peut les en
dissocier complètement. Ce traitement doit même être “plus flexible” —
ce qui selon moi signifie que la réduction tarifaire et la période de
mise en œuvre doivent être appliquées avec flexibilité. On est bien
loin de l'idée qu'il ne faut PAS du tout les appliquer.
135. Maintenant, la question que je me pose
est de savoir comment déterminer raisonnablement la forme plus
concrète que pourrait prendre cette “flexibilité”? On ne peut
probablement la définir que par rapport à ce que serait la position
par défaut. Bien sûr, il nous faut encore préciser ce que nous
entendons par “défaut”. Mais, en l'occurrence, vous savez déjà — que
cela vous plaise ou non — où je situe quelques uns de ces centres de
gravité. Je tenterai donc simplement de m'orienter par rapport à ces
centres de gravité retenus à titre d'hypothèse.
136. Dans le cas où mon idée selon laquelle
le centre de gravité devrait grosso modo correspondre à des
abaissements des deux tiers pour les pays en développement (y compris
une marge adaptée pour tenir compte de toute conséquence
disproportionnée) ne serait pas complètement fausse, comment
pourrait-on arrêter approximativement les paramètres numériques de
cette flexibilité pour les produits “spéciaux”? Pour commencer, le
concept même de “flexibilité” comporte un élément de variabilité — il
ne s'agit pas simplement d'un concept rigide et universel. En même
temps, il ne peut être élastique au point d'être indéterminé. L'idée
qui me vient donc spontanément est que nous recherchons quelque chose
qui puisse intégrer une fourchette, c'est-à-dire qui comprend un
minimum et un maximum. Théoriquement, le “maximum” est déjà là: c'est
l'abaissement tarifaire, quel qu'il soit, qui serait “autrement”
requis si la formule étagée de base s'appliquait en l'occurrence. Quel
que soit le cas de figure, cela dépend de ce que seraient
l'abaissement et la fourchette. Toutes choses égales d'ailleurs, je ne
pense pas qu'il soit réalisable d'essayer de déterminer des “minima”
de référence différents pour chaque fourchette et chaque abaissement.
Quoi qu'il en soit, cette rigidité est aussi difficile à concilier
avec le concept de flexibilité. Cela étant, j'ai le sentiment que ce
qu'il faut c'est parvenir à un plancher à partir duquel établir les
paramètres extérieurs permettant de définir la flexibilité envisagée.
Quel pourrait être ce plancher?
137. Je ne peux pas être précis mais ma
première idée est que quels que soient les étages et les fourchettes
auxquels nous parviendrons précisément, les abaissements envisagés
sembleraient se situer dans des fourchettes partant des alentours de
25 pour cent au moins et augmentant de manière étagée jusqu'à 30 pour
cent et au-delà puis de manière indéterminée (c'est-à-dire en fonction
des fourchettes précises et en partant de l'hypothèse des deux tiers
comme principe de base applicable). J'imaginerais donc que si l'on
veut avoir un plancher qui soit véritablement relié de manière
flexible à ces abaissements par défaut tout en restant significatif en
tant que traitement, la fourchette devrait se situer autour de 10-20
pour cent.
138. Donc, mon idée de la fourchette serait
la suivante: vous auriez la latitude de fixer le taux effectif à un
niveau inférieur au taux d'abaissement quel qu'il soit qui
s'appliquerait autrement avec la formule étagée mais vous seriez tenus
à tout le moins de procéder à un abaissement minimal. Si je devais
donner un ordre d'idée, je dirai que la fourchette devrait être
d'environ 10 20 pour cent. Les Membres seraient bien sûr libres
d'aller au-delà de ce niveau (tout en restant à un niveau inférieur à
l'abaissement étagé autrement applicable).
E Sauvegarde spéciale pour
l'agriculture
139. Il me semble que, à tout le moins, le
champ d'application du mécanisme de sauvegarde spéciale sera très
considérablement réduit au cas où il serait convenu de le maintenir.
OBSERVATION FINALE AU SUJET DE L'ACCÈS AUX
MARCHÉS POUR LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT
140. Je sais fort bien que ce que j'ai dit plus haut montre combien
les décisions restent difficiles. Cela montre aussi que j'ai essayé du
mieux que j'ai pu de trouver dans tout cela une solution qui soit
conforme au cadre mais qui pourrait, en réalité, être négociable.
Comme je l'ai fait observer, si cela ne passe pas, nous savons que
rien d'autre ne passera. Par conséquent, vous devrez proposer quelque
chose de nouveau, sinon nous n'arriverons à aucun compromis — et cela
vaut aussi bien sûr pour d'autres aspects.
141. Je ferai malgré tout une observation.
Ce n'est pas là ce que je propose. Mais c'est simplement qu'il nous
reste si peu de temps que, si nous constatons qu'il nous faut revoir
certains éléments à la dernière minute, mieux vaut le faire dès à
présent. Ainsi, si nous pensons exclure la possibilité d'avoir à
revoir notre copie, faisons le tout de suite et acceptons
définitivement d'essayer de le faire franchement suivant les modalités
que nous nous sommes nous-mêmes fixées.
142. Mon observation est la suivante. J'ai
parfois le sentiment que, dans le cadre, nous nous sommes inutilement
compliqué les choses et que c'est là la raison fondamentale pour
laquelle nous avons dû reconnaître que nous nous trouvons maintenant
face à de telles difficultés. À l'époque, certains Membres avaient
tendance à vouloir maintenir l'“intégrité” de la formule étagée en ce
qu'elle serait aussi appliquée aux pays en développement. Mais la
rupture avec le passé était totale et, bien que l'accord se soit fait
au bout du compte, la contrepartie a été un ensemble correspondant de
dispositions incorporées dans le cadre qui toutes ont pour effet
pratique (et je dirai également pour objet, mais là n'est pas le
propos) de cet empressement apparent à vouloir qu'une formule étagée
soit applicable aux pays en développement. Chose assez intéressante,
la “formule étagée” en ce qu'elle se rapportait aux pays développés
était en fait un prix de consolation (si j'ose m'exprimer ainsi) que
ceux ci ont reçu pour n'avoir pas su se mettre d'accord entre eux sur
une formule suisse pure et simple. À mon avis, vouloir à tout prix
incorporer dans le cadre une formule étagée pour les pays en
développement relevait plus du désir psychologique d'avoir “au moins”
une formule étagée et de l'idée qu'il serait plus difficile d'arriver
à ce résultat à moins qu'elle ne soit appliquée, au moins en principe,
aux pays en développement eux aussi.
143. S'il apparaît que la formule étagée a
été une profession de foi, il est assez amusant de relever que, pour
les pays développés, elle n'était pas réellement aussi déterminante
que l'auraient voulu ceux qui en étaient les principaux partisans à
l'époque. Par là, je veux dire que les écarts se réduisent, qu'il est
bien plus admis que les produits sensibles ont un rôle décisif à jouer
et que l'abaissement global présente davantage d'intérêt
qu'auparavant. Comprenez-moi bien. La formule est là et c'est un
acquis. Elle sera, et doit être, respectée pour ce qui concerne les
pays développés.
144. Ce que je veux réellement ici, c'est
poser la question au sujet des pays en développement une dernière fois
avant qu'il ne soit trop tard. Est il vrai, vu là où nous en sommes,
qu'elle est si cruciale pour les pays en développement? Parce que
chaque fois qu'elle est inscrite dans la colonne actif,
inéluctablement il semble y avoir toutes sortes de complications qui
s'inscrivent dans la colonne passif. De sorte que nous en sommes
arrivés au point que je ne pense pas franchement qu'il y ait beaucoup
de Membres qui sachent concrètement ce qu'ils sont réellement censés
faire ou “donner”, d'un côté, ou “recevoir”, de l'autre. De nouveau,
comprenez moi bien. Étant donné la façon dont le cadre est rédigé,
c'est ce que nous devons faire. Et, sur cette base, je n'ai rien à
ajouter. Mais, pour la dernière fois, si cette formule ne marche pas,
quel que soit le scénario, y a t il une autre façon de procéder qui
fonctionne effectivement pour tout le monde et qui soit
fondamentalement conforme à l'orientation de ce que nous sommes
supposés réaliser sur la base de Doha? Après tout, une combinaison des
catégories orange et bleue pour le soutien interne est une idée à
l'étude et elle ne figure pas telle quelle dans le cadre.
145. Voici donc une idée radicale qu'il vous
appartient d'accepter ou de rejeter: de fait, ne vaudrait il pas mieux
recourir à une approche entièrement différente: abandonner la formule
étagée, abandonner les flexibilités compliquées, les proportions des
deux tiers, tout le débat sur les produits spéciaux, etc., etc.,
autant d'éléments qui risquent de ne donner lieu qu'à un exercice
toujours plus compliqué et s'accompagnant toujours de nouveaux
rebondissements dans une négociation au point mort avec son lot de
complications. Et se contenter de quelque chose de plus simple, de
plus direct, et surtout de plus clair: quelque chose qui permettrait à
chacun de savoir ce qu'il fait et, très franchement, que la plupart
des Membres en développement pourraient sans doute gérer assez bien
étant donné la réalité. Par exemple, oublier toutes les fourchettes et
les proportions et choisir un objectif simple d'abaissement moyen
global pour les pays en développement, qu'ils pourraient atteindre de
la façon qu'ils souhaitent, à condition qu'ils procèdent simplement à
un abaissement spécifique minimal (lequel serait bien sûr bien
inférieur à l'objectif moyen) pour chaque ligne. Cela a bien été
acceptable pour les pays développés dans le Cycle d'Uruguay. Est ce
que cela ne pourrait pas l'être pour les pays en développement dans
ces négociations? Et si, pour certains pays en développement, les
conséquences restent disproportionnées, vous avez une disposition qui
permet d'y remédier. Quant au libellé qui a été utilisé la dernière
fois dans le Cycle d'Uruguay, il ne me paraît pas mauvais et pourquoi
ne pas l'utiliser cette fois pour les pays en développement.
146. Comme je l'ai déjà dit, je dois tenter
quelque chose. Tout ce que vous avez à faire, c'est dire non. Auquel
cas nous reprendrons ce que nous avons fait jusqu'ici. Mais je veux
être sûr que c'est vraiment ce que vous souhaitez.
Notes:
1.-
Naturellement, il s'agit de
chiffres conditionnels. Par exemple, si les Communautés européennes
ont indiqué qu'elles pourraient être disposées à aller jusqu'à 70 pour
cent dans l'étage supérieur, elles précisent bien que cela n'est
acceptable que si les États Unis acceptent 60 pour cent dans le
deuxième étage. Les États Unis, pour leur part, ont toutefois
uniquement indiqué qu'ils étaient disposés à accepter ce pourcentage
de 60 pour cent si les Communautés européennes sont disposées à aller
jusqu'à 83 pour cent — et elles n'ont pas indiqué qu'elles étaient
prêtes à le faire.
retour au texte
2.-
Je sais qu'on peut dire que
c'est tant pis si l'abaissement n'est pas suffisant pour permettre des
échanges. Mais je n'ai encore entendu personne expliquer comment nous
nous acquitterions alors du mandat qui prescrit une amélioration
substantielle. Quoi qu'il en soit, je pense qu'il s'agit là de toute
manière d'un point purement théorique parce que, dans ce cas, ceux qui
voudraient garantir des échanges préconiseraient un abaissement
tarifaire plus élevé — auquel cas nous tournons en rond et finissons
par (re) discuter de l'abaissement tarifaire, ce qui ne nous amènera
nulle part.
retour au texte
3.-
Bien sûr, la question empirique
essentielle se pose de savoir comment cela sera établi dans la
pratique. Cela sera en fin de compte fonction de questions comme le
tarif initial, le prix intérieur, les élasticités et élasticités
croisées de l'offre et de la demande. On peut en débattre. Il existe
une proposition qui suggère une façon dont cela peut être modélisé ou
simulé. Pour l'instant, on ne se propose pas de fixer ici et
maintenant de méthodologie précise. Ce qui importe, c'est de fixer le
cadre conceptuel de base.
retour au texte
4.-
Ce pourcentage peut bien sûr être
ajusté à la hausse ou à la baisse si nous finissons par avoir une
échelle mobile, comme je soupçonne que ce sera le cas. C'est
applicable à d'autres endroits dans cette section mais, par souci de
clarté, je parle seulement d'une contingent tarifaire “unique”.
retour au texte
5.-
Le but ne serait bien sûr pas
d'en faire un simple procédé destiné à contourner la position “par
défaut”. Il y a diverses façons de se prémunir contre cela. Par
exemple, on pourrait également prévoir que si les importations
globales n'augmentent pas d'un montant net au moins équivalent à ce
qui aurait été requis avec la position “par défaut”, il y aura un
engagement minimal l'année suivante de garantir au moins un tel
accroissement par le biais d'un contingent tarifaire.
retour au texte
6.-
On pourrait aussi envisager une
situation dans laquelle un Membre pourrait être affecté de manière
disproportionnée du fait qu'il a une structure tarifaire assez
différente, par exemple à six chiffres plutôt qu'à huit, de sorte que
le chiffre absolu ne serait pas réellement différent.
retour au texte |
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