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Depuis l’achèvement du Cycle d’Uruguay, deux questions ont été
au cœur des débats: le niveau élevé des tarifs hors contingent
(certains pays préconisant des réductions plus importantes des
tarifs les plus élevés) et les contingents en tant que tels — leur
volume, la manière dont ils étaient administrés et les tarifs
appliqués aux importations dans le cadre de ces contingents.
Les
tarifs haut de page
L’examen
concerne les tarifs appliqués tant dans le cadre des contingents que
hors contingents. Traditionnellement, les réductions tarifaires
obtenues lors des négociations commerciales étaient le résultat de
marchandages bilatéraux produit par produit, ou de formules
appliquées à une large gamme de produits, ou encore d’un mélange
des deux méthodes. À l’heure actuelle, on ne sait toujours pas
quelle méthode sera appliquée pour les réductions dans le cadre des
négociations en cours. Certains pays — comme le Canada et les
États-Unis — préconisent qu’en outre, une “libéralisation
sectorielle” soit négociée. Dans certains secteurs, lors de
négociations passées, cela s’est parfois traduit par des accords
“zéro pour zéro”. Cette négociation porterait notamment
sur l’élimination totale des tarifs (et éventuellement d’autres
mesures comme les subventions à l’exportation et les crédits à l’exportation
subventionnés) par au moins les principaux Membres de l’OMC dans
des secteurs spécifiques comme ceux des oléagineux, de l’orge et
du malt. D’autres pays — comme le Japon — ont dit qu’ils n’y
étaient pas favorables.
Un
pays, les États-Unis, a été jusqu’à faire valoir que, puisqu’un
si grand nombre de tarifs appliqués aux produits agricoles étaient
élevés, les négociations concernant la réduction devraient prendre
comme point de départ les “taux appliqués” (tarifs que les
gouvernements appliquent effectivement aux importations de produits
agricoles) et non les “taux consolidés” généralement plus
élevés (taux plafonds juridiquement contraignants acceptés à l’OMC
à la suite de négociations antérieures). Cela a soulevé une
controverse car, traditionnellement, les négociations prenaient comme
point de départ les taux consolidés. Plusieurs pays ont aussi fait
valoir qu’il faudrait reconnaître qu’ils appliquaient
unilatéralement des tarifs plus libéraux que les taux consolidés
négociés et ne pas les obliger à procéder à des réductions
encore plus fortes que les pays qui appliquaient des taux de droits
consolidés plus élevés. Certains pays qui ont récemment accédé
à l’OMC considèrent aussi qu’ils ont accepté des tarifs peu
élevés afin de devenir Membres et qu’ils ne devraient donc pas
être obligés de les réduire encore.
Plusieurs
pays en développement se sont aussi plaints de rencontrer des
difficultés lorsqu’ils essayaient d’accroître leurs revenus en
transformant les matières premières d’origine agricole qu’ils
produisaient, et ce parce que les pays qu’ils considéraient comme
des marchés d’exportation potentiels imposaient des droits d’importation
plus élevés sur les produits transformés que sur les matières
premières — c’est ce que l’on appelle la progressivité des
droits — afin de protéger leurs propres industries de
transformation.
Certains
pays considèrent les tarifs et les autres obstacles à l’importation
comme nécessaires pour protéger la production nationale et garantir
la sécurité alimentaire. C’est pourquoi ils établissent un lien
entre la réduction des obstacles à l’importation et les
disciplines applicables aux restrictions et taxes à l’exportation d’autres
pays — si les pays producteurs ne limitent pas leurs exportations,
alors les pays importateurs sont plus sûrs de pouvoir obtenir d’eux
des produits alimentaires. Certains pays en développement disent
avoir besoin de souplesse pour fixer le niveau des droits de douane qu’ils
perçoivent à l’importation afin de protéger leurs agriculteurs
contre la concurrence d’importations dont les prix sont bas à cause
de subventions à l’exportation.
Contingents
tarifaires haut de page
L’administration
des contingents est une affaire technique, mais qui a des incidences
réelles sur le commerce — et sur la possibilité pour un produit
exporté par un pays d’avoir accès au marché d’un autre pays par
suite de l’application du droit le plus faible prévu dans le cadre
du contingent.
Les
méthodes d’attribution des parts de contingents sont diverses. Il y
a la méthode dite “du premier arrivé, premier servi”, les
licences d’importation accordées en fonction des parts de marché
détenues précédemment et d’autres critères, l’administration
par l’intermédiaire d’entreprises commerciales d’État, par
voie d’accords bilatéraux et par adjudication. Il se peut aussi que
dans les conditions d’attribution soient spécifiés les délais d’utilisation
des contingents, par exemple les délais pour la présentation des
demandes de licences ou pour la livraison des produits aux pays
importateurs. Les exportateurs redoutent parfois que la manière dont
les contingents sont administrés n’entrave leur capacité de tirer
parti des contingents tarifaires. Ils se plaignent aussi parfois que
les délais relatifs aux licences les désavantagent lorsque la
production est saisonnière et que les produits doivent être
transportés sur de longues distances.
Chaque
méthode a ses avantages et ses inconvénients, et de nombreux Membres
de l’OMC reconnaissent qu’il est difficile de dire
catégoriquement si certaines doivent être préférées à d’autres.
Plusieurs pays souhaitent que la question des contingents tarifaires
soit abordée dans les négociations, afin de déterminer s’il y a
lieu de les remplacer par des tarifs moins élevés, d’en augmenter
le volume, d’éliminer les méthodes d’attribution qu’ils jugent
restrictives et dépourvues de transparence, ou d’établir quelles
méthodes sont licites ou illicites au regard des règles de l’OMC
afin de garantir la sécurité juridique.
Qui
applique des contingents tarifaires? haut de page
Actuellement,
43 Membres de l’OMC ont inscrit un total de
1 425 contingents tarifaires dans leurs listes
d’engagements. Le nombre de contingents tarifaires pour chaque pays
est indiqué entre parenthèses.
Afrique
du Sud (53)
Australie (2)
Barbade (36)
Brésil (2)
Bulgarie (73)
Canada (21)
Chili (1)
Chine (10)
Colombie (67)
Corée (67)
Costa Rica (27)
Croatie (9)
El Salvador (11)
Équateur (14)
États-Unis (54)
Guatemala (22) |
Hongrie (70)
Indonésie
(2)
Islande (90)
Israël (12)
Japon (20)
Lettonie (4)
Lituanie (4)
Malaisie (19)
Maroc (16)
Mexique (11)
Nicaragua (9)
Norvège (232)
Nouvelle-Zélande (3)
Panama (19)
Philippines (14) |
Pologne (109)
République
dominicaine (8)
République
slovaque (24)
République tchèque (24)
Roumanie (12)
Slovénie (20)
Suisse (28)
Taipei chinois (22)
Thaïlande (23)
Tunisie (13)
UE (87)
Venezuela (61) |
Pour plus de détails, voir la note d'information du Secrétariat de
l'OMC “Contingents tarifaires et autres” (TN/AG/S/5), téléchargeable
ici.
Propositions
incluant des positions sur l’accès aux marchés communiquées au
cours de la première phase haut de page
(voir aussi les propositions concernant les pays en développement
et les considérations autres que d’ordre commercial)
- Canada:
accès aux marchés G/AG/NG/W/12
- 11 pays
en développement: traitement spécial et différencié et
catégorie développement G/AG/NG/W/13
- États-Unis:
proposition globale G/AG/NG/W/15
- UE:
qualité des produits alimentaires — amélioration des
possibilités d’accès aux marchés G/AG/NG/W/18
- 12
pays en développement: accès aux marchés G/AG/NG/W/37
- Groupe
de Cairns: accès aux marchés G/AG/NG/W/54
- ANASE:
traitement spécial et différencié en faveur des pays en
développement dans le commerce mondial des produits agricoles
G/AG/NG/W/55
- 11
économies en transition: accès aux marchés G/AG/NG/W/57
- États-Unis:
réforme des contingents tarifaires G/AG/NG/W/58
- UE:
proposition globale de négociation G/AG/NG/W/90
- Japon:
proposition G/AG/NG/W/91
- Suisse:
proposition G/AG/NG/W/94
- Swaziland:
accès aux marchés dans le cadre du traitement spécial et
différencié pour les petits pays en développement G/AG/NG/W/95
- Maurice:
proposition G/AG/NG/W/96
- Petits
pays en développement insulaires: proposition G/AG/NG/W/97
- République
de Corée: proposition G/AG/NG/W/98
- Mali:
proposition G/AG/NG/W/99
- CARICOM:
proposition G/AG/NG/W/100
- Norvège:
proposition G/AG/NG/W/101
- Inde:
proposition G/AG/NG/W/102
- Pologne:
proposition G/AG/NG/W/103
- “MERCOSUR+”:
entreprises commerciales d’État G/AG/NG/W/104
- Maroc:
proposition G/AG/NG/W/105
- Turquie:
proposition G/AG/NG/W/106
- Égypte:
proposition G/AG/NG/W/107
- Nigéria:
proposition G/AG/NG/W/130
- Congo,
Rép. démocratique du: proposition G/AG/NG/W/135
- Kenya:
proposition G/AG/NG/W/136
- Sénégal:
positions préliminaires G/AG/NG/W/137
- Mexique:
proposition G/AG/NG/W/138
- Jordanie:
proposition G/AG/NG/W/140
- Groupe
africain: proposition conjointe G/AG/NG/W/142
- Namibie:
proposition G/AG/NG/W/143
- La
Croatie a mentionné l’accès aux marchés dans sa
communication G/AG/NG/W/141
Mesures
de sauvegarde spéciales pour l’agriculture haut de page
Les
mesures de sauvegarde sont des restrictions d’urgence appliquées
aux importations à titre temporaire pour faire face à des
circonstances spéciales, comme une augmentation soudaine des
importations. Elles relèvent normalement de l’Accord sur les
sauvegardes, mais l’Accord sur l’agriculture contient des
dispositions spéciales en la matière (article 5).
Les
dispositions spéciales relatives aux mesures de sauvegarde concernant
l’agriculture diffèrent de celles qui s’appliquent aux mesures de
sauvegarde normales (pour plus de détails, voir “Comprendre
l'OMC”). Dans le domaine de l’agriculture,
contrairement à ce qui se passe pour les sauvegardes normales:
- l’application
de droits de sauvegarde plus élevés peut être automatiquement
déclenchée lorsque le volume des importations excède un certain
niveau ou que les prix tombent en deçà d’un certain niveau; et
- il
n’est pas nécessaire de démontrer qu’un dommage grave est
causé à la branche de production nationale.
La
clause de sauvegarde spéciale pour l’agriculture peut être
invoquée uniquement pour des produits pour lesquels il a été
procédé à une tarification — soit moins de 20 pour cent de
tous les produits agricoles (définis par “ligne tarifaire”) —
et à condition que le gouvernement se soit réservé le droit de le
faire dans sa liste d’engagements relatifs à l’agriculture. Elle
ne peut pas être invoquée pour des importations entrant dans le
cadre de contingents tarifaires. Dans la pratique, la clause de
sauvegarde spéciale pour l’agriculture n’a été invoquée que
dans quelques cas.
Les
propositions vont du maintien de la disposition dans son libellé
actuel à sa suppression pure et simple, en passant par sa révision
afin d’empêcher qu’elle puisse être invoquée à l’égard de
produits en provenance de pays en développement. Certains de ces pays
ont proposé qu’eux seuls — à l’exclusion des pays développés
— soient autorisés à invoquer cette clause.
Le
Japon et la République de Corée ont proposé une nouvelle forme de
sauvegarde spéciale qui s’appliquerait aux denrées périssables et
aux produits saisonniers. Plusieurs pays ont rejeté cette idée.
Le
droit d’invoquer la clause de sauvegarde spéciale pour l’agriculture
deviendrait caduc si les négociations ne permettaient pas d’arriver
à un accord sur la poursuite du “processus de réforme” engagé
dans le cadre du Cycle d’Uruguay (voir les articles 5:9 et 20 de l’Accord
sur l’agriculture).
Clause
de sauvegarde spéciale: qui s’est réservé le droit de l’invoquer? haut de page
Actuellement,
39 Membres se sont réservé le droit d’appliquer un total de
6 156 mesures de sauvegarde spéciales sur des produits
agricoles. Le nombre de produits visés dans chaque cas est indiqué
entre parenthèses, mais la définition donnée pour un produit peut
varier.
Afrique
du Sud (166)
Australie (10)
Barbade (37)
Botswana (161)
Bulgarie (21)
Canada (150)
Colombie (56)
Corée (111)
Costa Rica (87)
El Salvador (84)
Équateur (7)
États-Unis (189)
Guatemala (107)
Hongrie (117) |
Indonésie
(13)
Islande (462)
Israël (41)
Japon (121)
Malaisie (72)
Maroc (374)
Mexique (293)
Namibie (166)
Nicaragua (21)
Norvège (581)
Nouvelle-Zélande (4)
Panama (6)
Philippines (118)
Pologne (144) |
République
slovaque (114)
République tchèque (236)
Roumanie (175)
Suisse-Liechtenstein (961)
Swaziland (166)
Taipei chinois (84)
Thaïlande (52)
Tunisie (32)
UE (539)
Uruguay (2)
Venezuela (76) |
Pour
plus de précisions, reportez-vous à la note d’information du
Secrétariat de l’OMC intitulée “Sauvegarde spéciale pour l’agriculture”
(G/AG/NG/S/9), Vous pouvez les télécharger ici
Propositions
incluant des positions sur la clause de sauvegarde spéciale
communiquées au cours de la première phase haut de page
(voir aussi les propositions concernant les pays en développement
et les considérations autres que d’ordre commercial)
- 11 pays
en développement: traitement spécial et différencié et
catégorie développement G/AG/NG/W/13
- États-Unis:
proposition globale G/AG/NG/W/15
- Groupe
de Cairns: accès aux marchés G/AG/NG/W/54
- ANASE:
traitement spécial et différencié en faveur des pays en
développement dans le commerce mondial des produits agricoles
G/AG/NG/W/55
- UE:
proposition globale de négociation G/AG/NG/W/90
- Japon:
proposition G/AG/NG/W/91
- Swaziland:
proposition sur l’accès aux marchés dans le cadre du
traitement spécial et différencié pour les petits pays en
développement G/AG/NG/W/95
- Maurice:
proposition G/AG/NG/W/96
- République
de Corée: proposition G/AG/NG/W/98
- Norvège:
proposition G/AG/NG/W/101
- Inde:
proposition G/AG/NG/W/102
- Pologne:
proposition G/AG/NG/W/103
- Maroc:
proposition G/AG/NG/W/105
- Turquie:
proposition G/AG/NG/W/106
- Égypte:
proposition G/AG/NG/W/107
- Congo,
Rép. démocratique du: proposition G/AG/NG/W/135
- Sénégal:
positions préliminaires G/AG/NG/W/137
- Jordanie:
proposition G/AG/NG/W/140
- Groupe
africain: proposition conjointe G/AG/NG/W/142
- La
Croatie a mentionné la clause de sauvegarde spéciale dans sa
communication G/AG/NG/W/141
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