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Dans son nouveau
rapportSee footnote 1,
intitulé Le commerce international - Tendances et statistiques, le
Secrétariat de l'OMC indique que, récemment, la croissance du commerce a continué de
dépasser largement celle de la production mondiale - en 1995, le commerce
progressera probablement trois fois plus vite que la production et l'année prochaine
près de deux fois plus vite. Cette tendance persistante est très étroitement liée à
la mondialisation de l'économie, processus qui, d'après le Secrétariat,
procure des avantages considérables et peut être favorisé par la poursuite du
développement du système commercial multilatéral. L'analyse statistique
détaillée figurant dans le rapport porte essentiellement sur 1994. Les tendances
récentes du commerce sont traitées par pays, par région et par grand groupe de produits
et secteur de services. Les principales tendances dégagées sont les suivantes:
- en hausse
de 13 pour cent, la valeur du commerce mondial des Goods a pour la première
fois passé la barre des 4 000 milliards de dollars pour s'établir à
4 090 milliards de dollars;
- la valeur
du commerce des services commerciaux a progressé de 8 pour cent, passant à
1 100 milliards de dollars, après avoir presque stagné en 1993;
- la valeur
en dollars du commerce des Goods a augmenté de 23 pour cent au cours des premiers
six mois de 1995 ce qui, compte tenu de la dépréciation du dollar EU, correspond à
une croissance annuelle de 8 pour cent en volume.
Le rapport
analyse l'évolution du rapport entre la croissance du commerce mondial et celle de la
production et cherche à tirer des conclusions au sujet de la nature de l'intégration
économique mondiale, ou mondialisation.
Pendant la
période allant de 1950 (moment où le processus de libéralisation du commerce a
commencé à la suite des premières séries de négociations du GATT) à 1994, le volume
du commerce mondial des Goods a augmenté à un taux annuel d'un peu plus de 6 pour
cent et celui de la production mondiale de près de 4 pour cent. Ainsi, pendant ces
45 années, le commerce mondial des Goods a été multiplié par 14 et la production
par 5,5. Néanmoins, l'écart entre la croissance du commerce mondial et celle de la
production a varié; il est allé d'un demi-point de pourcentage en moyenne entre 1974 et
1984 à près de 3,5 points de pourcentage ces dix dernières années. De fait, il
s'est encore beaucoup creusé à partir de 1990, mais il est encore trop tôt pour dire
s'il s'agit d'une accélération durable du ratio du commerce mondial à la production
mondiale.
Après avoir
analysé ces tendances du point de vue des régions et des produits, le Secrétariat fait
observer ce qui suit:
... la
progression du ratio - et d'une manière plus générale l'intégration à l'échelle
mondiale - est due à l'interaction des politiques gouvernementales (en particulier
la libéralisation des échanges et des flux de capitaux), aux innovations technologiques,
qui réduisent les coûts des communications et des transports, et à l'élaboration de
stratégies concernant les investissements des entreprises et des particuliers, lesquels
sont la force motrice des deux premiers facteurs et sont facilités par eux.
Le
Secrétariat examine en détail chacun de ces éléments puis pose deux questions
fondamentales. A celle de savoir pourquoi nous devrions nous soucier du rythme de la
mondialisation, il répond que les avantages qui découlent de l'innovation, de
l'élaboration de nouveaux produits et de la spécialisation de la production sont
multiples. En particulier, les pays en développement et en transition qui ont participé
à la mondialisation en ouvrant leurs propres marchés ont connu une croissance
économique plus rapide. Pour les pays de l'OCDE, il est prouvé que l'approfondissement
des liens commerciaux a contribué à atténuer les détériorations cycliques de la
conjoncture.
En réponse
à la question la mondialisation va-t-elle se poursuivre?, le Secrétariat
note que deux facteurs - le progrès technologique et l'évolution des stratégies
des entreprises et des investisseurs particuliers - donnent un élan naturel à
l'intégration mondiale. Ce sont les politiques suivies par les gouvernements qui peuvent
accélérer, ralentir, voire inverser la marche de l'intégration à l'échelle mondiale.
Dans ce contexte, le rapport traite du rôle de la non-discrimination - en
particulier de la clause de la nation la plus favorisée (NPF).
La clause NPF
a été l'élément central d'une multitude d'accords commerciaux bilatéraux conclus en
Europe pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, période où les droits de douane
étaient très faibles et où le commerce augmentait rapidement. En revanche, pendant les
années 20 et 30, des efforts ont été faits pour restaurer le libre-échange dans
le cadre de conférences internationales plutôt que par des traités commerciaux
juridiquement contraignants assortis d'une clause NPF. Le non-aboutissement de ces efforts
a contribué à plonger le monde dans la grande dépression et est en partie responsable
de la confrontation militaire de 1939. Ce n'est qu'après la guerre que des négociations
eurent lieu, dont est issu le GATT, contrat multilatéral fondé sur des règles et
disciplines et reposant fermement (article premier) sur le traitement NPF.
Pendant
l'après-guerre, le système du GATT a été un rempart contre le retour au chaos
commercial des années 30. Le Secrétariat estime que, dans les années 90, une
désintégration de l'économie internationale mondialisée de l'ampleur de celle que l'on
a connue pendant les années 30 est à peu près inimaginable. En revanche,
aujourd'hui, la menace qu'engendrerait une perte de crédibilité des règles
multilatérales (que représente maintenant l'OMC) serait le fractionnement de
l'économie mondiale en blocs commerciaux repliés sur eux-mêmes et peut-être
antagonistes.
Le
Secrétariat suggère deux sauvegardes contre une telle éventualité:
- il faut
rechercher les moyens de faire en sorte que les zones de libre-échange et les unions
douanières restent ouvertes sur l'extérieur, afin de compléter le système commercial
multilatéral plutôt que de lui faire concurrence; et
- il faut
chercher à traiter, au niveau multilatéral, les nouvelles questions qui sont directement
liées à l'évolution de l'économie mondiale. Ce sont, entre autres, les
télécommunications, les services financiers, l'environnement, la concurrence et les
politiques en matière d'investissement.
La conclusion
du Secrétariat est la suivante:
Les
progrès qui seront accomplis dans la résolution de ces questions et d'autres au plan
multilatéral auront une incidence significative sur le rythme futur de l'intégration à
l'échelle mondiale, directement et par leur incidence sur la crédibilité du système
multilatéral en tant que moyen permettant d'influer sur le large éventail des politiques
commerciales nationales.
Footnote: 1 Le
rapport intitulé Le commerce international - Tendances et statistiques
est actuellement disponible en français et en anglais; il peut être obtenu auprès du
Service des publications de l'OMC au prix de 40 FS (on peut aussi l'obtenir sur
disquette au prix de 40 FS, ou sur papier et disquette au prix de 70 FS). La
version espagnole sera disponible sous peu. |
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