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Allocutions: Renato Ruggiero
Allocutions: Mike Moore
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Par suite des
séries successives de négociations commerciales, il est devenu de plus en plus difficile
d'appliquer des mesures gouvernementales qui restreignent ou faussent la concurrence
internationale et l'attention s'est donc inévitablement tournée vers les mesures du
secteur privé qui ont des effets similaires mais ne sont pas soumises aux règles
internationales. L'OMC s'occupe davantage des politiques internes qui affectent les échanges. En
particulier, elle s'intéresse non plus seulement au traitement des Goods originaires des
territoires de ses Membres mais aussi du traitement des sociétés étrangères opérant
sur ces territoires. Si la communauté internationale cherche à négocier des règles
exigeant des pays qu'ils accordent des droits aux sociétés étrangères, la question
d'une action internationale concertée visant à ce que ces droits ne soient pas utilisés
de manière abusive se posera presque inévitablement. En effet, l'article 9 de
l'Accord de l'OMC sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce
établit expressément ce lien quand il prévoit qu'avant la fin du siècle on
déterminera s'il faut négocier des dispositions relatives à la politique en matière
d'investissement et à la politique en matière de concurrence.
De fait, le
lien entre la politique commerciale et la politique en matière de concurrence est déjà
examiné par les gouvernements Membres de l'OMC dans le cadre des négociations sur les
télécommunications de base. La question de savoir comment faire en sorte que les
fournisseurs dominants ne restreignent pas l'accès ni ne faussent les conditions de la
concurrence est un élément-clé de ces négociations. Elle concerne l'accès des
fournisseurs aux réseaux matériels, y compris le coût de cet accès et la communication
des renseignements nécessaires pour assurer la compatibilité technique et aussi les
sauvegardes en matière de concurrence face au risque que les fournisseurs dominants
procèdent à un subventionnement croisé et qu'ils subordonnent l'accès à d'autres
obligations. Ces questions sont déjà négociées activement. On se demande en
particulier si la meilleure approche pour les traiter est d'établir des règles
internationales applicables aux prescriptions réglementaires propres au secteur des
télécommunications ou d'appliquer les principes plus généraux de la législation en
matière de concurrence concernant les positions dominantes sur le marché.
M. Ruggiero
a donné des exemples de l'incidence que la politique en matière de concurrence peut
avoir sur le commerce, comme le traitement des cartels d'exportation, qui ne sont
généralement pas visés par la législation sur la concurrence dans la plupart des pays.
On suggère souvent que les nations se mettent d'accord pour appliquer pleinement
leurs lois en matière de concurrence aux cartels d'exportation afin d'éviter les effets
préjudiciables de ces cartels sur les intérêts commerciaux d'autres nations. Un autre
exemple de l'application possible de la politique en matière de concurrence à des fins
de politique industrielle est celui du contrôle des fusions. Du point de vue de la
politique commerciale, des préoccupations peuvent se faire jour, en particulier dans les
cas où le contrôle des fusions est utilisé pour renforcer la position concurrentielle
d'entreprises nationales ou transnationales sur les marchés internationaux au détriment
des partenaires commerciaux. Enfin, on peut aussi voir un lien entre la politique
industrielle et l'application de la politique en matière de concurrence aux coentreprises
de recherche et développement, en particulier lorsque celles-ci ne regroupent que des
entreprises locales et sont traitées de manière moins rigoureuse que les coentreprises
auxquelles participent des entreprises étrangères ou contrôlées par l'étranger.
M. Ruggiero
a fait valoir que si l'on ne procédait pas à un examen général des liens entre la
politique commerciale et la politique en matière de concurrence, ces questions risquaient
d'être traitées au cas par cas, de manière pragmatique, sans que soit nécessairement
définie une thèse cohérente sur les liens de complémentarité qui devraient exister
entre ces deux politiques.
Il est
donc urgent de procéder à une analyse objective, au plan multilatéral, des liens
généraux entre la politique en matière de concurrence et la politique commerciale,
notamment pour recenser les problèmes à résoudre et identifier les options qui
s'offrent dans ce domaine.
Pour
conclure, M. Ruggiero a dit qu'il était à la fois opportun et approprié de traiter
la politique en matière de concurrence dans le cadre du système multilatéral.
Mais il est tout aussi évident que des travaux préparatoires considérables
s'imposent, à la fois pour clarifier les questions et pour arriver au consensus
nécessaire pour permettre à l'OMC de s'en occuper. |
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