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Excellence
Monsieur le Président de la République gabonaise,
Excellences Mesdames et Messieurs les Présidents
d'institutions,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et
Représentants des organisations interafricaines et
internationales,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,Vous
me permettrez, avant toute chose, d'exprimer à Son
Excellence El Hadj Omar Bongo, Président de la
République gabonaise, au gouvernement et au peuple
gabonais, ma profonde gratitude et mes sincères
remerciements pour l'accueil chaleureux et pour tous les
soins dont nous sommes l'objet depuis notre arrivée sur
cette terre africaine de Libreville.
Monsieur
le Président de la République,
Si
nous sommes aujourd'hui à Libreville pour nous concerter
sur les questions liées au développement du commerce,
c'est bien grâce à votre très haute vision politique
et à votre engagement personnel bien connus du monde
entier de toujours contribuer à l'émancipation de
l'Afrique, à son épanouissement, à son développement
et à son rayonnement sur la scène internationale. Votre
décision d'organiser cette réunion des Ministres
africains chargés du commerce, avec l'appui du
Secrétariat de l'Organisation mondiale du commerce
(OMC), est une démonstration renouvelée de votre
engagement de servir l'Afrique et de lui donner le
leadership nécessaire pour son affirmation et sa
participation active et effective à la gestion des
affaires du monde. Mais le contraire aurait été
difficile à comprendre, Monsieur le Président de la
République, quand on sait que vous assumez avec
enthousiasme et beaucoup de réussite votre rôle de
doyen des Chefs d'État en Afrique.
Je
voudrais aussi féliciter votre gouvernement, avec une
mention spéciale à l'endroit de Monsieur Alfred Mabika,
votre dynamique et dévoué Ministre du commerce, du
tourisme, du développement industriel et de l'artisanat,
et à travers lui toute son équipe avec en tête, et
tout particulièrement Madame le Ministre délégué
Ursule Ekié, pour l'énorme travail accompli pour
aboutir à la tenue de cette importante réunion
ministérielle, aujourd'hui à Libreville. Je voudrais
aussi exprimer ma reconnaissance à Son Excellence Madame
Yolande Biké, votre Ambassadeur à Genève et
Représentant permanent du Gabon auprès de
l'Organisation mondiale du commerce, de surcroît
Présidente du Comité Environnement et Commerce, sans la
disponibilité et les conseils pertinents et avisés de
laquelle nous aurions rencontré certainement des
obstacles insurmontables dans la préparation de cette
réunion ministérielle.
Monsieur
le Président,
Mesdames et Messieurs,
Si
cette réunion se tient aujourd'hui et avec la
participation de tous les pays les moins avancés
d'Afrique, c'est grâce au soutien financier de
donateurs, soucieux de voir votre continent s'intégrer
dans le système commercial multilatéral et devenir des
acteurs de la mondialisation, et surtout de pouvoir
participer activement et effectivement aux activités de
l'OMC. Je voudrais saisir cette occasion pour réitérer
mes remerciements aux gouvernements de l'Afrique du Sud,
de la Belgique, de l'Égypte, de la France, du Gabon, de
la Grande-Bretagne, de l'Irlande, du Japon, du
Luxembourg, du Maroc, de la Chine de Taiwan, de même
qu'aux responsables de l'Agence intergouvernementale de
la francophonie, du Groupe de la Banque africaine de
développement, du Centre de recherche pour le
développement international, de l'Organisation mondiale
de la propriété intellectuelle, du Programme des
Nations Unies pour le développement et de l'Union
européenne qui, de façon spontanée et dans un élan de
solidarité, ont accepté de mettre à la disposition du
Gabon et du Secrétariat de l'OMC les moyens financiers
et matériels nécessaires pour l'organisation réussie
de cette réunion de Libreville.
Je
voudrais aussi exprimer ma satisfaction aux organisations
internationales qui ont accepté de collaborer et de
participer avec leur expertise dans les travaux des 24
ateliers qui serviront d'épine dorsale à notre
réunion. Les ateliers, faut-il le rappeler, seront
organisés autour de dix thèmes couvrant les accords et
les règles du GATT/de l'OMC.
La
présente réunion, à Libreville, des Ministres
africains chargés du commerce, la toute première du
genre en Afrique dans l'histoire du GATT et de l'OMC,
vise essentiellement à sensibiliser les responsables et
décideurs des pays africains sur l'impérieuse
nécessité de prendre part et de participer activement
à la consolidation du système commercial multilatéral
et aux activités de l'OMC et à renforcer leurs
capacités et leurs compétences pour une utilisation
plus efficace des règles et des accords en vigueur, et
aussi pour une meilleure participation aux négociations
en cours à Genève de même qu'à celles qui se
tiendront par la suite.
La
réunion des Ministres africains chargés du commerce de
Libreville s'inscrit dans les engagements que je me suis
donnés en prenant mes fonctions de Directeur général
il y a un peu plus d'un an d'appuyer les efforts des pays
en développement dans le système commercial
multilatéral en faisant en sorte que la libéralisation
du commerce se poursuive dans le sens qu'elle soit
profitable à tous les pays, qu'ils soient riches ou
pauvres, grands ou petits.
Comme
je le disais au sommet des Chefs d'État et de
gouvernement du Marché commun de l'Afrique australe, le
COMESA, à Maurice en mai dernier, l'OMC doit faire plus
pour l'Afrique, mais l'Afrique doit pour sa part centrer
davantage son attention sur l'OMC. J'ai lu récemment que
la libéralisation du commerce des produits agricoles, à
elle seule, représenterait un gain équivalant au triple
du montant total de l'APD.
Force
est de reconnaître que depuis ma prise de fonctions, je
me suis déployé pour pouvoir être à l'écoute des
Africains et inclure dans les priorités de l'OMC leurs
préoccupations légitimes.
Au
titre de ces efforts, je citerai entre autres la
nomination du premier Africain au poste de Directeur
général adjoint en plus de 50 ans d'existence du
GATT/de l'OMC, en la personne de mon ami et dévoué
collègue Ablassé Ouedraogo, sans la vision politique,
le savoir-faire, le courage et la persévérance duquel
nous n'aurions sans doute pas tenu cette réunion
aujourd'hui à Libreville. Merci Ablassé pour
l'excellent travail que tu es en train de faire dans mon
équipe à l'OMC.
En
outre, j'ai essayé autant que mon calendrier me le
permettait de prendre part personnellement à plusieurs
rencontres d'importance sur le continent et de
m'imprégner des difficultés des pays africains pour
mieux les comprendre. C'est ainsi que j'ai été le tout
premier Directeur général du GATT/de l'OMC à
m'adresser à la Réunion ministérielle du Groupe des
77, c'était à Marrakech en septembre 1999, et à
participer à votre deuxième conférence organisée sous
l'égide de l'OUA à Alger aussi en septembre 1999. Je me
suis aussi rendu en Éthiopie et ai visité les sièges
de la Commission économique des Nations Unies pour
l'Afrique et de l'Organisation de l'unité africaine à
Addis-Abeba. J'ai participé, en outre, à Maurice en mai
2000 au Sommet des Chefs d'État du COMESA, avant de me
rendre en visite de travail au Lesotho, en Afrique du Sud
en juin dernier et au Togo pour le 37ème Sommet des
Chefs d'État et de gouvernement de l'OUA tenu en juillet
dernier à Lomé.
Au
nombre des activités et actions en cours à l'OMC pour
consolider le système commercial multilatéral, et qui
sont d'un intérêt tout particulier pour les pays
africains, sont entre autres: les négociations sur
l'agriculture et sur le commerce des services, la mise en
place d'un mécanisme approprié pour étudier les
problèmes liés à la mise en uvre, le
renforcement des capacités des pays en développement
par l'élargissement des programmes de coopération
technique. En outre, plus de 25 pays ont pris des
engagements en vue d'améliorer l'accès aux marchés. Je
tiens à féliciter l'UE, et en particulier M. Pascal
Lamy pour le leadership dont il fait montre, ainsi que
les États-Unis pour la Loi sur la croissance et les
perspectives économiques des pays africains, qui ouvrira
d'importants débouchés. Je suis sûr que M. Pascal Lamy
et Mme l'Ambassadeur Susan Esserman ne manqueront pas
d'évoquer ces actions. De plus, le Programme intégré
conjoint d'assistance technique à certains PMA (JITAP),
le Cadre intégré pour l'assistance technique liée au
commerce en faveur des pays les moins avancés,
l'installation de centres de référence dans tous les
pays et aux sièges des organisations régionales et
sous-régionales d'intégration, l'organisation de la
deuxième Semaine de Genève en octobre 2000 pour les
pays qui n'ont pas de missions résidentes à Genève
sont autant d'initiatives qui dénotent une confiance
accrue en l'Afrique et un engagement renouvelé à
l'égard de ce continent.
Toutes
ces initiatives prises pour permettre une intégration
des pays africains dans le système commercial
multilatéral ont permis en outre, au Secrétariat de
l'OMC et aux États Membres, de passer de la phase de
consolidation de confiance à la phase de création de
coalitions pragmatiques autour des intérêts vitaux de
chacun. Mais il convient d'admettre que le monde du
commerce a bien changé avec la globalisation et la
régionalisation qui impliquent de nouveaux efforts pour
améliorer la participation de chacun dans les échanges
internationaux.
L'Afrique
dispose en fait d'importants atouts pour corriger la
trajectoire en devenant un véritable acteur de la
mondialisation au lieu de continuer à assumer le rôle
d'objet. Je crois en l'Afrique et en ses capacités de
rejeter la marginalisation et de devenir beaucoup plus
dynamique dans le commerce mondial.
Il
y a beaucoup à gagner. Les dirigeants africains me
disent que l'Afrique refuse de rester marginalisée plus
longtemps. L'Afrique veut jouer un plus grand rôle! Des
travaux concrets ont été engagés pour tenter de
résoudre les difficultés rencontrées par de nombreux
pays dans la mise en uvre des résultats du Cycle
d'Uruguay. Ces travaux sont utiles et doivent aboutir.
Mais au fond de moi-même, je crois que pour éviter le
maintien de la marginalisation, il nous faut un nouveau
cycle de négociations commerciales, avec l'Afrique à la
table de négociation et les grandes préoccupations de
l'Afrique à l'ordre du jour. Aucun nouveau cycle de
négociations ne pourra démarrer ou s'achever sans que
les besoins légitimes de toutes les nations y soient
abordés. Un nouveau cycle serait bon pour l'Afrique. Il
serait bénéfique pour tout le monde.
Certes,
s'engager avec précipitation dans un nouveau cycle
comporte des risques. Un autre échec serait désastreux.
Si l'on doit lancer un nouveau cycle, il faut que tous
les gouvernements fassent preuve d'une plus grande
flexibilité et qu'ils trouvent la volonté politique de
confronter des intérêts particuliers bien enracinés,
au profit de tous. Les gouvernements des petits et des
grands pays doivent aller au-delà des positions
exprimées à Seattle. Seattle a échoué non pas en
raison des mouvements de protestation, mais parce que les
différences, d'un côté et de l'autre de l'Atlantique
et du Nord au Sud, étaient trop profondes, trop
marquées pour être surmontées.
Il
reste des différences importantes entre les positions
des divers pays, notamment en ce qui concerne les sujets
à inclure dans les négociations futures. Il faudra
établir des passerelles pour faire avancer le système
commercial sur la base d'un programme de libéralisation
vaste et équilibré comme nous le voulons tous. Le
travail que mes collègues du Secrétariat et moi-même
avons accompli au cours de l'année passée a, je crois,
amélioré le climat dans lequel ces questions sont
traitées. Nous avons uvré systématiquement pour
encourager le dialogue et la compréhension à tous les
niveaux, depuis les Ministres jusqu'aux experts
techniques. Nous poursuivrons et intensifierons ces
efforts.
Tout
le programme de travail existant de l'OMC très
étoffé doit être exécuté avec énergie de
façon à contribuer non seulement à susciter la
confiance mais aussi à créer une dynamique. Je ferai
tout ce qui est en mon pouvoir pour que les préparatifs
soient accomplis et que les conditions soient favorables
aux décisions politiques nécessaires pour lancer un
programme de négociation plus large. Cependant, seuls
les gouvernements Membres de l'OMC peuvent prendre ces
décisions. Personne ne peut décider à leur place.
Pour
parvenir à un consensus afin d'étendre le programme de
négociation, il faudra que toutes les parties fassent
preuve de flexibilité et d'une volonté de forger des
compromis, et cela, très franchement, plus que par le
passé. Il faudra être réaliste, faire des choix
difficiles parmi différentes priorités et montrer du
courage politique. Personne ne peut s'attendre à ce
qu'on atteigne l'ensemble des objectifs fixés. Mais tous
les participants ont intérêt à ce que nous
réussissions, et aussi difficile soit-il de parvenir à
un consensus, c'est la seule façon de convenir d'un
nouveau cycle en faveur duquel tous les Membres de l'OMC
puissent s'engager activement. Vous pouvez être sûrs
que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour
faciliter les efforts déployés par les Membres pour
parvenir au consensus.
Je
demande instamment à tous les gouvernements Membres de
l'OMC de tirer parti des progrès accomplis l'année
dernière, pour uvrer ensemble concrètement et de
façon pragmatique, sans jamais perdre de vue cette
vérité: il faut que ce système soit dynamique et en
constante évolution, et qu'il fonctionne dans
l'intérêt de tous les pays Membres et de toutes les
populations.
Pour
conclure, je voudrais réitérer à Mesdames et Messieurs
les Ministres chargés des questions relevant de la
compétence de l'Organisation mondiale du commerce mes
sincères remerciements et toute ma reconnaissance pour
le soutien permanent qu'ils n'ont cessé de m'apporter
dans l'accomplissement de ma mission. Je vous rappelle
une nouvelle fois que moi-même et le Secrétariat de
l'OMC sommes à votre entière disposition pour vous
appuyer dans toute action que vous entreprendrez au
niveau de vos pays respectifs, en vue d'une prise en
compte du commerce comme une priorité dans vos
programmes nationaux de développement. Pour ce faire, je
sais compter sur la bonne collaboration des agences
soeurs de l'OMC pour gagner ce pari.
Je
vous remercie.
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