Selon
un récent rapport du Secrétariat de lOMC, lintégration et la croissance économiques internationales
rendent dautant plus nécessaire ladoption de politiques environnementales
rationnelles aux niveaux national et international. La coopération internationale est
particulièrement importante pour sattaquer aux problèmes environnementaux
transfrontières et mondiaux auxquels les nations ne peuvent faire face
seules. Cela
serait vrai même si les nations ne commerçaient pas les unes avec les autres
Commerce
et environnement dans le cadre de lOMC haut
de page
Le Comité du commerce
et de lenvironnement (CCE) a intégré les questions denvironnement et de
développement durable dans le programme de travail de lOMC. Plusieurs paramètres
importants ont guidé ses travaux.
- Le premier est que la
compétence de lOMC pour la coordination des politiques dans ce domaine se limite au
commerce et aux aspects des politiques environnementales qui touchent au commerce et qui
peuvent avoir des effets notables sur les échanges de ses Membres. En dautres
termes, il ne sagit pas de faire de lOMC un organisme à vocation
environnementale. LOMC ne doit pas non plus intervenir dans lexamen des
priorités nationales, la fixation de normes ou lélaboration de politiques globales
en matière denvironnement. Cela demeurera la tâche des gouvernements nationaux et
dautres organisations intergouvernementales mieux à même de sen acquitter.
- Le deuxième paramètre
est quun renforcement de la coordination nationale et de la coopération
multilatérale est nécessaire pour traiter les problèmes denvironnement.
- Et le troisième
paramètre est quil est indispensable de garantir des possibilités daccès
aux marchés pour aider les pays en développement à uvrer dans le sens dun
développement durable.
La contribution que
lOMC pourrait apporter à la question de la protection de lenvironnement a
été reconnue à la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le
développement (CNUED - Sommet Planète Terre) de 1992, lors de laquelle il a
été indiqué quun système commercial multilatéral ouvert, équitable et non
discriminatoire, avait un rôle essentiel à jouer dans les efforts nationaux et
internationaux visant à mieux protéger et conserver les ressources naturelles et à
promouvoir le développement durable. La mise en uvre des résultats du Cycle
dUruguay figurait parmi les recommandations les plus importantes que la CNUED
ait,
à lépoque, faites au GATT.
Dans son premier
rapport, en 1996, le CCE a reconnu que le commerce et lenvironnement étaient deux
domaines importants de lélaboration des politiques et quils devaient
sétayer mutuellement afin de promouvoir le développement durable. Il y est
également dit que le système commercial multilatéral a la capacité dintégrer
davantage les considérations environnementales et daccroître sa contribution à la
promotion du développement durable sans compromettre son caractère
ouvert, équitable et
non discriminatoire.
Afin de faire prendre
conscience des liens qui existent entre commerce, environnement et développement durable
et daméliorer le dialogue entre les responsables de lélaboration des
politiques des Ministères du commerce et des Ministères de lenvironnement des
gouvernements Membres de lOMC, le Secrétariat de lOMC a organisé une série
de séminaires régionaux sur le commerce et lenvironnement à lintention de
fonctionnaires des pays en développement, des pays les moins avancés et des pays en
transition.
À sa dernière
réunion, en octobre 1999, afin de sacquitter du mandat qui lui a été
confié, le
CCE est convenu de tenir trois réunions en 2000 et de continuer à approfondir
lanalyse de tous les points inscrits au programme de travail sur la base de deux
grands thèmes - laccès aux marchés et linterdépendance des activités
multilatérales concernant lenvironnement et des activités multilatérales
concernant le commerce.
Le programme de
travail du CCE porte notamment sur les points suivants:
Mesures
commerciales appliquées en vertu daccords environnementaux multilatéraux
(AEM) haut
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Tout au long des
discussions qui se sont tenues à lOMC sur cette question, il est apparu clairement
que, pour sattaquer aux problèmes environnementaux mondiaux ou
transfrontières,
lapproche que privilégiaient les gouvernements était laction coopérative et
multilatérale dans le cadre dun AEM. Certains accords environnementaux
multilatéraux contiennent des dispositions commerciales, mais les restrictions des
échanges ne sont pas lunique instrument ni nécessairement le plus efficace à
utiliser dans le cadre des AEM. Elles peuvent parfois jouer un rôle important. Il a
également été indiqué que lOMC offrait déjà de larges
possibilités, très appréciables, dappliquer des mesures commerciales dans le cadre dAEM
dune manière compatible avec les règles de lOMC.
Comme les années
précédentes, le CCE a tenu en juin 1999 une réunion dinformation avec les
secrétariats des accords environnementaux multilatéraux présentant un intérêt pour
ses travaux afin dexaminer les faits nouveaux en rapport avec le commerce intervenus
dans le cadre de ces accords. Des exposés et des notes ont été présentés par les
secrétariats de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de
flore sauvages menacées dextinction, du Protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche dozone, de la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques, du Forum intergouvernemental sur les forêts et de
lOrganisation internationale des bois tropicaux. Cette réunion a permis de montrer
comment fonctionnent les mesures liées au commerce dans les AEM et de mieux faire
comprendre les liens entre ces accords et le système commercial
multilatéral.
Règlement
des différends haut
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Une question connexe
concerne le cadre approprié pour le règlement des différends qui pourraient survenir au
sujet des mesures commerciales appliquées en vertu dAEM. Ces différends
devraient-ils être traités à lOMC ou au moyen des procédures de règlement des
différends prévues par les accords eux-mêmes? On saccorde généralement à
reconnaître que, en cas de différend entre des Membres de lOMC également
signataires dun AEM, les parties concernées devraient dans un premier temps
sefforcer de le régler en recourant aux mécanismes de règlement des différends
prévus par lAEM en question. En cas de différend avec un État non partie à un
AEM mais qui est Membre de lOMC, celle-ci constituerait le seul cadre possible pour
régler ce différend.
Le CCE estime
quune meilleure coordination des politiques entre les responsables de la politique
commerciale et les responsables de la politique environnementale au niveau national
pourrait aider à prévenir les situations dans lesquelles lapplication de mesures
commerciales en vertu des AEM pourrait donner lieu à des différends. Il est par ailleurs
peu probable que des problèmes surgissent à lOMC au sujet de mesures commerciales
convenues et appliquées entre les parties à un AEM. Toutefois, en cas de
différend, les
Membres de lOMC sont convaincus que le mécanisme de règlement des différends de
lOrganisation permettrait de traiter tous les types de problèmes qui se posent dans
ce domaine, y compris les affaires qui requièrent le concours dexperts en matière
denvironnement.
Éco-étiquetage
haut
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Les programmes
déco-étiquetage sont dimportants instruments de politique
environnementale.
La question de léco-étiquetage a fait lobjet de débats approfondis au GATT
et a servi de base, au CCE, à un examen détaillé de questions
connexes.
Lessentiel, selon lOMC, est que les mesures environnementales qui comprennent
des dispositions commerciales ou qui affectent notablement les échanges
nétablissent pas de discrimination entre les produits dorigine nationale et
les importations, pas plus quentre les partenaires commerciaux, à
limportation ou lexportation. La non-discrimination est fondamentale pour un
accès aux marchés sûr et prévisible et la libre concurrence: elle garantit aux
consommateurs un plus grand choix et aux producteurs un meilleur accès aux divers
débouchés commerciaux. Dès lors que ce principe est respecté, les règles de
lOMC ne limitent pratiquement en rien les choix qui soffrent à un pays pour
protéger son propre environnement contre les dommages causés par la production
intérieure ou par la consommation de produits dorigine nationale ou
importés.
Le CCE a reconnu que
des programmes déco-étiquetage bien conçus pouvaient être des instruments de
politique environnementale efficaces. Il fait observer que ces programmes ont parfois
suscité dimportantes préoccupations au sujet de leurs effets possibles sur les
échanges. Pour traiter certains de ces effets, il importe au départ dassurer une
transparence suffisante dans la préparation, ladoption et la mise en uvre des
programmes déco-étiquetage. Les parties intéressées dautres pays devraient
également pouvoir faire part de leurs préoccupations. Les débats se poursuivent sur la
manière dont lutilisation, dans les programmes déco-étiquetage, de
critères fondés sur des procédés et méthodes de production sans rapport avec les
caractéristiques des produits devrait être traitée au regard des règles de
lAccord de lOMC sur les obstacles techniques au commerce.
Dispositions
de lOMC en matière de transparence haut
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Les dispositions de
lOMC en matière de transparence jouent un rôle important pour ce qui est
dassurer le bon fonctionnement du système commercial
multilatéral. Elles
contribuent à empêcher les restrictions et les distorsions non nécessaires des
échanges et permettent dobtenir de la part des Membres de lOMC des
renseignements sur les modifications quils apportent à leurs
réglementations.
Elles peuvent également constituer un point de départ utile en vue de
lélaboration et de la mise en uvre de politiques commerciales et de
politiques environnementales qui soient complémentaires. Les mesures environnementales
liées au commerce ne devraient pas être soumises à des prescriptions en matière de
transparence plus rigoureuses que les autres mesures qui affectent les
échanges. Le CCE a
indiqué quil nétait pas nécessaire de modifier les règles de lOMC
pour assurer une transparence adéquate des mesures environnementales liées au commerce.
Par ailleurs, en 1998, il a établi une base de données de lOMC sur
lenvironnement à laquelle les Membres de lOrganisation peuvent accéder par
voie électronique. Le Secrétariat de lOMC actualisera cette base de données
chaque année en procédant à lexamen de toutes les notifications concernant
lenvironnement. La base de données sur lenvironnement est considérée comme
un pas important vers lamélioration de la transparence des mesures
environnementales liées au commerce qui sont notifiées par les Membres de lOMC.
Exportation
de produits interdits sur le marché intérieur haut
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Au milieu des années
80, plusieurs pays en développement qui étaient parties contractantes au GATT se sont
dits préoccupés par le fait quils importaient certains produits dangereux ou
toxiques sans connaître tous les dangers que ces produits pouvaient présenter pour
lenvironnement ou la santé publique. À la fin des années 80, un groupe de travail
du GATT sest penché sur les différentes manières de traiter le commerce des
produits dont la vente était interdite ou strictement réglementée sur le marché
intérieur dun pays exportateur. Un des éléments-clés à prendre en
considération était que le pays importateur devrait être pleinement informé au sujet
des produits quil recevait et devrait avoir le droit de les refuser sil
estimait quils posaient des problèmes pour lenvironnement ou la santé
publique.
Plusieurs AEM ont
été négociés ces dernières années pour traiter des problèmes du commerce des
produits dangereux pour lenvironnement (Convention de Bâle et Directives de
Londres, par exemple). LOMC na pas lintention de refaire ce qui a déjà
été fait ailleurs en ce qui concerne les produits interdits sur le marché
intérieur.
Les Membres de lOMC, dans le cadre du CCE, sont convenus de soutenir les efforts des
organisations intergouvernementales spécialisées à vocation environnementale qui
semploient à résoudre ces problèmes. Ils ont néanmoins indiqué que lOMC
pourrait avoir un rôle complémentaire à jouer dans ce domaine.
Libéralisation
des échanges et développement durable haut
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Une libéralisation
accrue du commerce international, tant des marchandises que des services, a un rôle-clé
à jouer pour ce qui est de la poursuite des objectifs de la politique économique des
pays Membres. À cet égard, les Membres de lOMC ont déjà apporté une
contribution importante au développement durable et à une meilleure protection de
lenvironnement à léchelle de la planète grâce à la conclusion des
négociations du Cycle dUruguay. Cette contribution ne cessera daugmenter à
mesure que lon sacheminera vers une mise en uvre complète des
résultats de ces négociations. La Conférence des Nations Unies sur lenvironnement
et le développement (Sommet Planète Terre) a par ailleurs reconnu quun
système commercial ouvert et non discriminatoire était une des conditions préalables à
une action efficace pour protéger lenvironnement et créer un développement
durable. Ce constat repose sur lidée que les pays, en particulier les pays en
développement, sont tributaires principalement des échanges commerciaux pour le maintien
de leur croissance et de leur prospérité.
Le CCE poursuit
lexamen de ce point de son programme de travail dans le cadre du programme
incorporé concernant les initiatives en vue dune libéralisation accrue du commerce
figurant dans les résultats des négociations du Cycle dUruguay. Il a indiqué que
la suppression des restrictions et des distorsions des échanges - en particulier les
droits de douane élevés, la progressivité des droits, les restrictions à
lexportation, les subventions et les obstacles non tarifaires - pouvait avoir des
effets bénéfiques tant pour le système commercial multilatéral que pour
lenvironnement. En 1999, les discussions ont porté sur les secteurs de
lagriculture et de la pêche, de lénergie, de la foresterie, des métaux non
ferreux, des textiles et des vêtements, du cuir et des services concernant
lenvironnement. Elles ont permis de faire ressortir les domaines dans lesquels la
suppression des restrictions et des distorsions des échanges pouvait profiter à la fois
à lenvironnement, au commerce et au développement, créant ainsi des circonstances
favorables sur les trois plans.
Commerce
des services et ADPIC haut
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Le CCE est également
chargé dexaminer le rôle de lOMC eu égard aux liens qui existent entre les
mesures environnementales et les nouveaux accords commerciaux qui ont été conclus au
cours des négociations du Cycle dUruguay sur les services et la propriété
intellectuelle. Les discussions sur ces deux points du programme de travail ont permis
davancer étant donné quon ne comprenait pas très bien comment les règles
du système commercial pourraient affecter les politiques environnementales dans ces
domaines ou être affectées par ces dernières.
En ce qui concerne
lAccord général sur le commerce des services (AGCS) et lenvironnement, le
CCE a indiqué que, jusquici, ses discussions navaient pas permis
didentifier la moindre mesure susceptible, selon les Membres, dêtre
appliquée au commerce des services à des fins environnementales qui ne soit pas déjà
dûment prise en compte par les dispositions de lAGCS. Dans le cas des droits de
propriété intellectuelle, les Membres de lOMC ont reconnu que lAccord sur
les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce
(ADPIC)
jouait un rôle essentiel pour ce qui est de faciliter laccès aux technologies et
produits respectueux de lenvironnement ainsi que leur transfert. Il est néanmoins
nécessaire de poursuivre les travaux dans ce domaine, afin notamment de clarifier les
rapports qui existent entre lAccord sur les ADPIC et la Convention sur la diversité
biologique. |