

Une
politique gouvernementale bien conçue tire parti du fait que
la libéralisation des échanges contribue à la création
d’emplois
Il est
difficile de traiter cette question en quelques mots. Il y a de fortes
raisons de croire que le commerce stimule la croissance économique et
que la croissance économique crée des emplois. Il est également
vrai qu’il y a des pertes d’emplois même lorsque le commerce est
en expansion. Mais une analyse fiable de cette question pose au moins
deux problèmes.
- Premièrement,
d’autres facteurs entrent en jeu. Par exemple, les progrès
technologiques ont eu eux aussi une forte incidence sur l’emploi et la
productivité, bénéfique pour certains emplois, dommageable pour
d’autres.
-
- Deuxièmement,
s’il est clair que le commerce accroît le revenu national (et la
prospérité), cela ne se traduit pas toujours par un nouvel emploi pour
les travailleurs qui ont perdu le leur à cause de la concurrence des
importations.
La situation
n’est pas la même partout dans le monde. Un travailleur d’un pays
donné peut mettre en moyenne beaucoup plus longtemps à retrouver un
emploi que son homologue d’un autre pays.
En d’autres
termes, certains pays s’adaptent mieux que d’autres, en partie parce
qu’ils ont une politique d’ajustement plus efficace. Ceux qui n’en
ont pas laissent passer l’occasion qui se présente.
Dans
bien des cas, les faits montrent que l’occasion a été saisie: la
libéralisation des échanges a été bénéfique pour l’emploi. La
Commission européenne calcule que si le Marché unique n’existait
pas, il y aurait à peu près entre 300 000 et 900 000 emplois
de moins.
Souvent, les
perspectives d’emploi sont meilleures dans les entreprises qui
prennent part aux échanges internationaux. Aux États-Unis, 12 millions
de personnes doivent leur emploi aux exportations; 1.3 millions de
ces emplois ont été créés entre 1994 et 1998. Et ces emplois sont généralement
mieux payés et plus stables. Au Mexique, les meilleurs emplois se
trouvent dans les activités d’exportation. Dans les secteurs qui
exportent 60% ou plus de leur production, les salaires sont 39% plus élevés
que dans le reste de l’économie. Les maquiladoras (industries de
transformation en douane) payent 3,5 fois le salaire minimum mexicain.
Les
faits montrent aussi que le protectionnisme nuit à l’emploi.
L’exemple de l’industrie automobile américaine a déjà été
mentionné: les obstacles au commerce destinés à protéger les
emplois aux États-Unis en restreignant les importations en provenance
du Japon ont finalement provoqué une hausse du prix des voitures aux
États-Unis; celles‑ci se sont moins bien vendues et des emplois
ont été perdus.
En
d’autres termes, en tentant de résoudre un problème à court terme
par une restriction des échanges, on a donné naissance à un problème
plus grave à long terme.
Même
pour un pays qui a du mal à procéder à des ajustements, la solution
du protectionnisme ne ferait qu’aggraver les choses.
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