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La réforme économique entreprise par l'Ouganda attire
l'investissement étranger et contribue à la croissance économique
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L'Ouganda
met en œuvre depuis une quinzaine d'années une importante réforme
économique, comportant notamment une libéralisation de son régime
commercial. Cette réforme a attiré des investissements étrangers
directs, surtout dans le secteur manufacturier, ce qui a contribué à
une croissance économique régulière. En effet, au cours des six
dernières années, le PIB réel du pays a progressé d'environ
6 pour cent par an en moyenne, et l'on s'attend à une croissance
d'environ 7 pour cent par an à moyen terme. Voilà quelques-unes
des observations qui ont été formulées dans un rapport de l'OMC sur
les politiques et pratiques commerciales de l'Ouganda.
Ce
rapport indique que, grâce à la rigueur financière, le déficit
budgétaire (y compris les dons) a été ramené au-dessous de
3 pour cent du PIB et l'inflation a chuté, ce qui a amélioré
l'environnement économique. La politique budgétaire de l'Ouganda
devrait en principe rester essentiellement inchangée, bien que le
pays compte accroître les dépenses destinées à promouvoir les
exportations de produits agricoles et qu'il lui faille poursuivre la
restructuration de son administration fiscale pour accroître les
recettes publiques.
L'agriculture
représente environ 42 pour cent du PIB réel et 80 pour
cent de l'emploi; le principal produit d'exportation est le café
(plus de 50 pour cent du total des exportations de marchandises
en valeur). Grâce aux efforts de diversification, la part du secteur
industriel (qui comprend le secteur manufacturier, les industries
extractives, les services publics et la construction) dans le PIB
réel est passée d'environ 17 pour cent en 1996 à environ
20 pour cent en 2000. La part des services est restée assez
stable, autour de 38 pour cent, depuis 1996. L'insuffisance des
infrastructures, conjuguée à l'absence de littoral, a entravé la
croissance des exportations et le progrès économique du pays.
Les
principaux produits importés par l'Ouganda sont les machines et le
matériel de transport, les denrées alimentaires, les combustibles et
les produits chimiques. Le principal partenaire commercial de
l'Ouganda est l'Union européenne. Du fait de l'intégration
régionale, le commerce entre l'Ouganda et les autres pays de
l'Afrique subsaharienne a progressé. Le plus gros fournisseur de
l'Ouganda est le Kenya avec près du quart des importations totales de
marchandises.
Depuis
le dernier examen de la politique commerciale en 1995, l'Ouganda a
supprimé l'ensemble de ses restrictions quantitatives; la plupart des
restrictions non tarifaires qui subsistent sont destinées à
protéger la moralité, la santé, la sécurité et l'environnement.
Les droits de douane sont devenus le principal instrument de politique
commerciale. Ce pays applique depuis juillet 2000 la méthode
d'évaluation en douane fondée sur la valeur transactionnelle.
Outre
les droits de douane, les importations peuvent être assujetties à
une commission de 2 pour cent pour la licence d'importation et à
une retenue à la source de 4 pour cent, ainsi qu'à des taxes
intérieures telles que le droit d'accise, qui est de 10 pour
cent, sauf pour les cigarettes (130 pour cent), les boissons
alcooliques (70 pour cent) et les boissons non alcoolisées
(15 pour cent), et la taxe à la valeur ajoutée (TVA) de
17 pour cent, qui s'applique aussi bien aux produits importés
qu'aux produits nationaux. En 1999/2000, 52 pour cent des
recettes de la TVA ont été dus aux importations.
L'Ouganda
a considérablement simplifié la structure de son tarif douanier. La
moyenne simple des droits NPF effectivement appliqués en 2000/01 est
de 9 pour cent. Toutefois, la commission sur la licence
d'importation et la retenue à la source font monter le taux moyen à
15 pour cent. Il y a une certaine progressivité des droits. En
outre, les industries du sucre et des textiles bénéficient d'une
protection spéciale.
Qui
plus est, tout en ayant consolidé à zéro d'autres droits et
impositions sur les importations, l'Ouganda impose une commission sur
les licences d'importation et une retenue à la source qui amènent à
s'interroger sur le respect de ses consolidations tarifaires. En
supprimant ces deux impositions, en élargissant la couverture de ses
engagements contraignants pour les marchandises et les services et en
resserrant l'écart entre les taux appliqués et les taux consolidés,
il rendrait son régime commercial plus transparent et plus
prévisible. De tels ajustements l'aideraient à exploiter pleinement
ses avantages comparatifs et à attirer les investissements.
L'agriculture,
essentiellement vivrière, fournit le gros des matières premières
destinées à un secteur industriel qui repose en grande partie sur
elle. Le café continue de dominer le secteur agricole; il influe sur
le niveau de vie d'une grande partie de la population. La deuxième
culture de rapport est le coton, qui offre des grandes possibilités.
Le troisième produit d'exportation important est le poisson et les
produits de la pêche. La progression récente des exportations de
fruits, légumes et fleurs est due aux réformes agricoles, et
notamment à la diversification vers des cultures non traditionnelles.
Depuis le dernier examen, le gouvernement a continué à libéraliser
le secteur; la commercialisation des intrants et des produits a été
libéralisée, les taxes à l'exportation ont été supprimées, sauf
sur le café, les obstacles au commerce ont été fortement réduits,
et les prix sont déterminés par le marché. Il faut des réserves
stratégiques de certains produits pour garantir la sécurité
alimentaire.
Le
secteur manufacturier est caractérisé par la production de biens de
consommation élémentaires. Les industries productrices de biens
d'équipement sont encore peu nombreuses tandis que la production de
textiles et de vêtements et l'agro-industrie sont jugées
prometteuses. Les services sont également un secteur d'avenir pour
l'Ouganda. L'État se désengage des services financiers, qui ne sont
soumis actuellement à aucune restriction de nationalité en ce qui
concerne la propriété. Les réformes entreprises dans le domaine des
télécommunications ont contribué à la croissance du sous-secteur.
Comme
le montre le taux de croissance de l'économie depuis six ans,
les réformes mises en place par l'Ouganda ont commencé à porter
leurs fruits. Toutefois, l'effet de cette croissance sur la pauvreté
a été limité par la lenteur de l'intégration du commerce au cadre
de développement. Diverses initiatives, nationales et internationales,
sont en cours pour remédier à cette lacune.
Note à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice, prescrit dans
les Accords de l'OMC, au cours duquel les politiques commerciales et
les politiques connexes des pays Membres sont examinées et évaluées
périodiquement. Les faits nouveaux importants qui peuvent avoir une
incidence sur le système commercial mondial font aussi l'objet d'un
suivi. Pour chaque examen, deux documents sont établis: une
déclaration de politique générale présentée par le gouvernement
du Membre soumis à examen et un rapport détaillé rédigé de
manière indépendante par le Secrétariat de l'OMC. Ces deux
documents sont ensuite examinés par l'ensemble des Membres de l'OMC
dans le cadre de l'Organe d'examen des politiques commerciales (OEPC).
Ces documents et les comptes rendus des réunions de l'OEPC sont
publiés peu de temps après. Depuis 1995, c'est-à-dire depuis
l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'OMC, les services et les
aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce sont également traités.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC et une
déclaration de politique générale élaborée par le gouvernement
ougandais seront examinés par l'Organe d'examen des politiques
commerciales les 19 et 21 décembre 2001. Le rapport du Secrétariat
concerne l'évolution de tous les aspects de la politique commerciale
de l'Ouganda depuis l'examen précédent, y compris les lois et
réglementations intérieures, le cadre institutionnel et la politique
commerciale par mesure, ainsi que l'évolution de certains secteurs.
Au
présent communiqué de presse sont jointes les observations
récapitulatives du rapport du Secrétariat et certaines parties de la
déclaration de politique générale du gouvernement. Les rapports du
Secrétariat et du gouvernement peuvent être consultés, sous le nom
du pays, dans la
liste complète des rapports sur
l'examen des politiques commerciales figurant sur le site
Internet. Ces deux documents, le compte rendu des débats de l'OEPC et
les remarques finales formulées par le Président seront regroupés
en temps opportun dans une publication brochée qui pourra être
obtenue auprès du Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard,
154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la politique
commerciale des pays ou groupes de pays suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999), Australie (1989, 1994
et 1998), Autriche (1992), Bahreïn (2000), Bangladesh (1992 et 2000),
Bénin (1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana (1998), Brésil (1992,
1996 et 2000), Brunéi Darussalam (2001), Burkina Faso (1998),
Cameroun (1995 et 2001), Canada (1990, 1992, 1994, 1996, 1998 et
2000), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996),
Communautés européennes (1991, 1993, 1995, 1997 et 2000), Corée,
Rép. de (1992, 1996 et 2001), Costa Rica (1995 et 2001),
Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992 et 1999), El Salvador
(1996), États-Unis (1989, 1992, 1994, 1996, 1999 et 2001), Fidji
(1997), Finlande (1992), Gabon (2001), Ghana (1992 et 2001),
Guinée (1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie (1991 et
1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993 et 1998), Indonésie (1991,
1994 et 1998), Islande (1994 et 2000), Israël (1994 et 1999),
Jamaïque (1998), Japon (1990, 1992, 1995, 1998 et 2000), Kenya (1993
et 2000), Lesotho (1998), Macao (1994 et 2001), Madagascar (2001),
Malaisie (1993, 1997 et 2001), Mali (1998), Maroc (1989 et 1996),
Maurice (1995 et 2001), Mexique (1993 et 1997), Mozambique (2001),
Namibie (1998), Nicaragua (1999), Nigéria (1991 et 1998), Norvège
(1991, 1996 et 2000), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), OECO (2001),
Ouganda (1995 et 2001), Pakistan (1995), Papouasie-Nouvelle-Guinée
(1999), Paraguay (1997), Pérou (1994 et 2000), Philippines (1993 et
1999), Pologne (1993 et 2000), République dominicaine (1996),
République slovaque (1995 et 2001), République tchèque (1996 et
2001), Roumanie (1992 et 1999), Sénégal (1994), Singapour (1992,
1996 et 2000), Sri Lanka (1995), Suède (1990 et 1994), Suisse (1991,
1996 et 2000 (conjointement avec le Liechtenstein)), Swaziland (1998),
Tanzanie (2000), Thaïlande (1991, 1995 et 1999), Togo (1999),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994 et 1998),
Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996), Zambie (1996) et Zimbabwe
(1994).
Rapport
du Secrétariat haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
OUGANDA
Rapport du Secrétariat — Observations récapitulatives
Environnement
économique
L'Ouganda
met en œuvre depuis une quinzaine d'années une importante réforme
économique, comportant notamment une libéralisation de son régime
commercial. Cette réforme a attiré des investissements étrangers
directs, surtout dans le secteur manufacturier, ce qui a contribué à
une croissance économique régulière. En effet, au cours des six
dernières années, le PIB réel du pays a progressé d'environ
6 pour cent par an en moyenne, et l'on s'attend à une croissance
d'environ 7 pour cent par an à moyen terme.
Grâce
à la rigueur financière, le déficit budgétaire (y compris les
dons) a été ramené au-dessous de 3 pour cent du PIB, et
l'inflation a chuté, ce qui a amélioré l'environnement économique.
La politique budgétaire devrait en principe rester essentiellement
inchangée, bien que le pays compte accroître les dépenses
destinées à promouvoir les exportations de produits agricoles et
qu'il lui faille poursuivre la restructuration de son administration
fiscale pour accroître les recettes publiques. S'associant à ces
efforts accrus de libéralisation économique, la Banque d'Ouganda a
continué à formuler et mettre en œuvre une politique monétaire
rigoureuse, destinée avant tout à stabiliser les prix.
Le
gouvernement s'est engagé à poursuivre ses efforts pour rationaliser
et libéraliser le régime commercial, en mettant vigoureusement
l'accent sur le développement du secteur privé comme moteur
essentiel de la croissance économique. Le Plan d'action pour
l'éradication de la pauvreté (PEAP), révisé récemment, a ajouté
une dimension sociale aux réformes. Il vise à transformer
l'économie ougandaise en une économie moderne d'ici à 2017; il
répond à la nécessité d'intégrer la compétitivité des
exportations et la libéralisation des échanges dans un large effort
d'allégement de la pauvreté. L'Ouganda est l'un des principaux
bénéficiaires de l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés mise en œuvre par le FMI et la Banque mondiale.
L'agriculture
représente environ 42 pour cent du PIB réel et 80 pour
cent de l'emploi; le principal produit d'exportation est le café.
Grâce aux efforts de diversification, la part du secteur industriel
(qui comprend le secteur manufacturier, les industries extractives,
les services publics et la construction) dans le PIB réel est passée
d'environ 17 pour cent en 1996 à environ 20 pour cent en
2000. La part des services est restée assez stable, autour de
38 pour cent, depuis 1996.
L'insuffisance
des infrastructures, conjuguée à l'absence de littoral, a entravé
la croissance des exportations et le progrès économique du pays. Les
coûts de production se révèlent élevés dans tous les secteurs.
Les obstacles non tarifaires rencontrés sur les principaux marchés
d'exportation, la sécheresse, la maladie du caféier et les
problèmes de sécurité (dus à la guerre et au conflit civil) ont
aussi eu des effets néfastes sur l'économie.
L'Ouganda
affiche généralement un déficit de ses opérations courantes. La
baisse des prix mondiaux de la plupart de ses produits d'exportation
traditionnels (café, coton, thé et tabac) survenue au cours des
dernières années a contribué à faire baisser les recettes
d'exportation, malgré une tendance à l'accroissement de la part des
exportations non traditionnelles (par exemple, les produits de la
floriculture, les fruits, les légumes, le poisson et les produits de
la pêche), due aux efforts de diversification. Dans l'ensemble,
l'agriculture représente encore l'essentiel des exportations (environ
90 pour cent de la valeur des exportations totales de
marchandises), avec une part croissante pour les produits autres que
le café.
Les
principaux produits importés par l'Ouganda sont les machines et le
matériel de transport, les denrées alimentaires, les combustibles et
les produits chimiques. La tendance à l'accroissement de la part des
combustibles dans les importations totales de marchandises tient à la
hausse des prix mondiaux de ces produits survenue au cours des
dernières années, tandis que la même tendance pour les produits
chimiques tient en partie à l'augmentation des importations de
médicaments.
Le
principal partenaire commercial de l'Ouganda est l'Union européenne.
Du fait de l'intégration régionale, le commerce entre l'Ouganda et
les autres pays de l'Afrique subsaharienne a progressé. Le plus gros
fournisseur de l'Ouganda est le Kenya avec près du quart des
importations totales de marchandises.
Cadre
institutionnel
La
politique commerciale est formulée et mise en œuvre sous la
responsabilité du Ministère du tourisme, du commerce et de
l'industrie. Toutefois, d'autres ministères, notamment ceux des
finances et de l'agriculture, participent à sa formulation aussi bien
qu'à sa mise en œuvre. Le Forum présidentiel de politique
économique procède, avec d'autres institutions publiques, à des
examens et à des évaluations périodiques des politiques liées au
commerce au sein du gouvernement. Des comités de session du Parlement
examinent aussi les politiques, notamment commerciales; ces examens
donnent au secteur privé l'occasion d'apporter périodiquement sa
contribution.
L'Ouganda
encourage l'investissement étranger. L'Office de l'investissement
ougandais a été conçu comme un “guichet unique” pour promouvoir
et faciliter les investissements dans le pays. L'engagement de
poursuivre la libéralisation de l'économie et la stabilité macro-économique
sont des éléments importants de l'atmosphère dont l'Ouganda espère
qu'elle attirera les investisseurs étrangers, qui ont le droit de
détenir 100 pour cent du capital des sociétés. L'Ouganda offre
divers avantages fiscaux, dont des concessions en matière de droits
d'importation, un amortissement accéléré pour les installations et
équipements, et le report du paiement de la TVA. Les prescriptions en
matière de licences d'investissement comprennent un capital minimal
de 100 000 dollars EU pour les étrangers et de
50 000 dollars EU pour les Ougandais.
L'Ouganda
considère le commerce extérieur comme un important stimulant de la
croissance économique, et ses politiques commerciales visent à
favoriser l'allégement de la pauvreté et l'emploi ainsi que la
diversification et la promotion des exportations, notamment pour les
produits non traditionnels. Il poursuit ces objectifs en continuant
ses actions de libéralisation, de déréglementation et de
privatisation et en participant à des accords régionaux, notamment
le Marché commun d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe (COMESA) et
la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC).
L'Ouganda,
Membre originaire de l'OMC, accorde au moins le traitement NPF à tous
ses partenaires commerciaux. Il n'a signé aucun des accords
commerciaux plurilatéraux. Il bénéficie de l'assistance technique
ordinaire dispensée par l'OMC au titre du Programme intégré
conjoint d'assistance technique et du Cadre intégré. Plusieurs
réunions ont eu lieu avec des donateurs depuis 1996 pour évaluer ses
besoins en matière d'assistance technique liée au commerce, que l'on
peut classer en deux catégories: adoption de lois et réglementations
concernant l'OMC et les accords commerciaux régionaux et renforcement
des capacités humaines et institutionnelles en vue de participer
effectivement à ces accords; et besoins liés aux contraintes du
côté de l'offre, dues notamment à de médiocres infrastructures
matérielles, à des services publics aléatoires, à un cadre
institutionnel faible en ce qui concerne les exportations et à des
difficultés d'accès aux marchés.
L'Ouganda
est en train d'intégrer lentement le commerce à son cadre de
développement. Toutefois, les diverses entités qui s'occupent de la
politique commerciale, notamment le Ministère du tourisme, du
commerce et de l'industrie, n'ont pas assez de moyens pour gérer
efficacement les arrangements commerciaux et mettre en œuvre de façon
complète les réformes nécessaires. Dans le même temps, la
coordination entre les partenaires de développement est loin d'être
idéale, ce qui tient au moins partiellement à la structure
fragmentée des entités publiques chargées des questions
commerciales.
Instruments
de politique commerciale
Depuis
le dernier examen de la politique commerciale en 1995, l'Ouganda a
supprimé l'ensemble de ses restrictions quantitatives; la plupart des
restrictions non tarifaires qui subsistent sont destinées à
protéger la moralité, la santé, la sécurité et l'environnement.
Les droits de douane sont devenus le principal instrument de politique
commerciale. Le pays applique depuis juillet 2000 la méthode
d'évaluation en douane fondée sur la valeur transactionnelle. La
structure tarifaire a été simplifiée grâce à la réduction du
nombre de fourchettes, qui a été ramené de cinq en 1995 à trois (zéro,
7 et 15 pour cent) et à l'abaissement des taux ad valorem
maximaux, qui ont été ramenés de 60 à 15 pour cent. Tous les
droits de douane sont ad valorem, sauf sur les combustibles. Environ
16,4 pour cent des lignes tarifaires sont exemptes de droits,
tandis que 39,3 pour cent sont assujetties au taux maximal de
15 pour cent.
Outre
les droits de douane, les importations peuvent être assujetties à
une commission de 2 pour cent pour la licence d'importation et à
une retenue à la source de 4 pour cent, ainsi qu'à des taxes
intérieures telles que le droit d'accise, qui est de 10 pour
cent, sauf pour les cigarettes (130 pour cent), les boissons
alcooliques (70 pour cent) et les boissons non alcoolisées
(15 pour cent), et la taxe à la valeur ajoutée (TVA) de
17 pour cent, qui s'applique aussi bien aux produits importés
qu'aux produits nationaux. En 1999-2000, 52 pour cent des
recettes de la TVA ont été dues aux importations.
La
moyenne simple des droits NPF effectivement appliqués en 2000/01 est
de 9 pour cent. Il y a une certaine progressivité des droits. La
commission sur la licence d'importation et la retenue à la source
font monter le taux moyen à 15 pour cent. Les industries du
sucre et des textiles bénéficient en outre d'une protection
spéciale. L'agriculture (Branche 1 de la CITI/Rev.2) est le secteur
le plus protégé, avec un taux moyen de 11,2 pour cent, suivie
par le secteur manufacturier (8,9 pour cent) et les industries
extractives (8,8 pour cent). L'Ouganda accorde le traitement
tarifaire préférentiel aux autres membres du COMESA: les fourchettes
préférentielles sont de zéro, 4 et 6 pour cent.
Les
droits de douane sont consolidés pour 15,4 pour cent des lignes
tarifaires, y compris toutes celles qui concernent les produits
agricoles (définition de l'OMC) et 2,7 pour cent des lignes
relatives aux produits non agricoles. Les consolidations sont au taux
plafond de 80 pour cent pour la plupart des produits agricoles,
sauf 60 lignes pour lesquelles elles varient de 40 à 70 pour
cent, et à des taux compris entre 40 et 80 pour cent pour les
produits non agricoles. Les autres droits et impositions sur tous ces
produits sont consolidés au niveau zéro, bien que la commission de
2 pour cent pour la licence d'importation et la retenue à la
source de 4 pour cent s'appliquent à toutes les importations. Le
régime tarifaire ougandais serait plus prévisible si les
consolidations étaient plus nombreuses et si l'écart entre les taux
consolidés et les taux appliqués se resserrait.
Le
seul droit à l'exportation est une taxe parafiscale de 1 pour
cent perçue par l'Office ougandais de promotion du café. Les
sociétés à vocation exportatrice peuvent bénéficier actuellement
des deux principaux programmes d'incitation, le Programme de ristourne
de droits fixes et le Programme de transformation sous douane. Il y a
aussi des mesures d'incitation qui permettent d'obtenir le
remboursement des droits d'importation sur certaines matières
premières. Les exportateurs ont le droit d'exporter tous les
articles, sauf ceux qui figurent sur une liste négative et ceux qui
exigent une autorisation des organismes réglementaires. Sur la liste
négative figurent notamment le bois d'œuvre, le charbon de bois et
les poissons frais entiers.
En
septembre 2000, l'Ouganda a revu sa réglementation sur les marchés
publics, afin de favoriser la transparence et la décentralisation;
les procédures d'appel d'offres ouvertes sont généralement
préférées. Malgré la pénurie de fonds destinés à la
normalisation, le nombre de normes ougandaises a sensiblement
augmenté depuis le dernier examen de la politique commerciale en 1995
(il y en avait 253 en septembre 2001).
Le
programme de privatisations qui se poursuit actuellement a contribué
au désengagement de l'État dans 108 des 148 entreprises publiques.
Les nouveaux propriétaires sont aussi bien des Ougandais que des
étrangers. L'Ouganda n'a pas encore de législation sur les
sauvegardes et la concurrence. Il est en train de revoir sa
législation sur les mesures antidumping, les mesures compensatoires,
les mesures sanitaires et phytosanitaires et la propriété
intellectuelle, afin de la rendre conforme aux Accords de l'OMC.
Politiques
commerciales sectorielles
L'agriculture,
essentiellement vivrière, fournit le gros des matières premières
destinées à un secteur industriel qui repose en grande partie sur
elle. Le café continue de dominer le secteur agricole; il influe sur
le niveau de vie d'une grande partie de la population. La deuxième
culture de rapport est le coton, qui offre des grandes possibilités.
Le troisième produit d'exportation important est le poisson et les
produits de la pêche. La progression récente des exportations de
fruits, légumes et fleurs est due aux réformes agricoles, et
notamment à la diversification vers des cultures non traditionnelles.
Depuis le dernier examen, le gouvernement a continué à libéraliser
le secteur; la commercialisation des intrants et des produits a été
libéralisée, les taxes à l'exportation ont été supprimées, sauf
sur le café, les obstacles au commerce ont été fortement réduits,
et les prix sont déterminés par le marché. Il faut des réserves
stratégiques de certains produits pour garantir la sécurité
alimentaire. Le Plan de modernisation agricole (PMA) 2000, formulé
dans le cadre du PEAP, vise à réorienter les activités de
subsistance vers le marché. Le taux de droit maximal de 15 pour
cent s'applique aux importations de fruits et de certains produits
animaux et produits de la pêche.
Le
secteur manufacturier est caractérisé par la production de biens de
consommation élémentaires. Les industries productrices de biens
d'équipement sont encore peu nombreuses. Le faible taux d'utilisation
des capacités dans la plupart des secteurs nuit à la compétitivité
des produits manufacturés ougandais, déjà handicapés par la
position enclavée du pays et par le prix élevé des services
publics. Des programmes d'incitation ont été mis en place pour
attirer l'investissement. La production de textiles et de vêtements
et l'agro-industrie sont jugées prometteuses. Le taux de droit
maximal de 15 pour cent s'applique, entre autres, aux
importations de boissons, de tabac fabriqué, de tapis, de certains
vêtements et de certains articles en cuir.
Le
secteur minier est sous-développé, mais les services constituent un
secteur prometteur. L'État se désengage des services financiers, qui
ne sont soumis actuellement à aucune restriction de nationalité en
ce qui concerne la propriété, sauf que le capital minimal exigé
pour obtenir une licence d'assurance est différent pour les Ougandais
et les étrangers. Les réformes entreprises dans le domaine des
télécommunications, y compris la vente de 51 pour cent des
parts de Uganda Telecom Limited (UTL) à un consortium allemand, ont
contribué à la croissance du sous-secteur. Toutefois, les services
de téléphonie fixe restent le monopole d'UTL, qui fixe les tarifs,
sous réserve de l'agrément de l'organisme réglementaire, la
Commission ougandaise des communications. L'exploitation du potentiel
touristique considérable du pays a été limitée par le manque de
coordination avec le Kenya et la Tanzanie voisins et par l'absence
d'une politique nationale. Les transports ferroviaires sont le
monopole de l'Uganda Railways Corporation, une entreprise publique, et
la fourniture de certains services de transport aérien est soumise à
des limitations. Les autres services de transport sont essentiellement
libéralisés. L'Ouganda a contracté des engagements spécifiques au
titre de l'AGCS pour les services relatifs au tourisme et aux voyages
et les services de télécommunications.
Politique
commerciale et partenaires commerciaux
Comme
le montre le taux de croissance de l'économie depuis six ans, les
réformes mises en œuvre par l'Ouganda ont commencé à porter leurs
fruits. Toutefois, l'effet de cette croissance sur la pauvreté a
été limité par la lenteur de l'intégration du commerce au cadre de
développement. Diverses initiatives, nationales et internationales,
sont en cours pour remédier à cette lacune.
L'Ouganda
a grandement simplifié sa structure tarifaire. Toutefois, tout en
ayant consolidé à zéro d'autres droits et impositions sur les
importations, il impose une commission sur les licences d'importation
et une retenue à la source qui amènent à s'interroger sur le
respect de ses consolidations tarifaires. En supprimant ces deux
impositions, en élargissant la couverture de ses engagements
contraignants pour les marchandises et les services et en resserrant
l'écart entre les taux appliqués et les taux consolidés, il
rendrait son régime commercial plus transparent et plus prévisible.
De tels ajustements l'aideraient à exploiter pleinement ses avantages
comparatifs et à attirer les investissements.
Il
est essentiel que les exportations ougandaises (de produits non
traditionnels en particulier) ne se heurtent pas à de nouveaux
obstacles non tarifaires et que le système multilatéral soutienne
les efforts du pays.
Rapport
du gouvernement haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
OUGANDA
Rapport du gouvernement Partie V
La
politique commerciale de l'Ouganda vise à réduire la pauvreté, à
promouvoir l'emploi et à favoriser la croissance économique ainsi
qu'à diversifier et promouvoir les exportations (en particulier non
traditionnelles), et la diversification verticale sera réalisée
grâce à une transformation accrue des produits primaires destinés
à l'exportation.
L'Ouganda
cherche à promouvoir les échanges grâce à l'intégration
régionale, en participant notamment au Marché commun de l'Afrique de
l'Est et de l'Afrique australe (COMESA), à la Communauté de
l'Afrique de l'Est (EAC) et à des arrangements multilatéraux tels
que l'OMC. Le gouvernement met actuellement en place des moyens pour
tirer pleinement parti du traitement préférentiel non réciproque
offert aux pays en développement dans le cadre de la Loi sur la
croissance et les perspectives économiques de l'Afrique (AGOA) et de
l'Accord de Cotonou entre l'UE et les pays ACP.
Un
programme de déréglementation a été lancé pour supprimer les
procédures réglementaires “inutiles” susceptibles d'entraver les
échanges. Le gouvernement a entrepris une réforme du droit
commercial pour rendre toutes les lois, réglementations et
procédures liées au commerce conformes aux prescriptions de l'OMC.
Des
efforts sont en cours pour améliorer les capacités gouvernementales
en matière de commerce grâce à l'intégration des questions
commerciales dans la stratégie de planification nationale. Pour cela,
le gouvernement collabore à travers le Cadre intégré et avec les
bailleurs de fonds, afin de bénéficier d'une assistance technique
liée au commerce.
Depuis
1987, le gouvernement met en œuvre des réformes commerciales et
structurelles qui ont libéralisé les marchés des intrants et de la
production, ainsi que les régimes du commerce, de l'investissement et
de la fiscalité. Ces réformes ont notamment consisté à
libéraliser la commercialisation et la transformation des produits
destinés à la consommation intérieure et à l'exportation, à
éliminer les obstacles tarifaires et non tarifaires et à supprimer
les taxes sur les exportations.
En
août 2000, le gouvernement a publié son Plan de modernisation
agricole (PMA) (l'agriculture est la pierre angulaire de l'économie
ougandaise), dont les objectifs principaux sont les suivants:
accroître les revenus et améliorer la qualité de vie des
agriculteurs pauvres qui pratiquent l'agriculture de subsistance,
améliorer la sécurité alimentaire des foyers, offrir des emplois
rémunérateurs et encourager l'utilisation et la gestion durables des
ressources naturelles.
Formulation et mise en œuvre de la politique commerciale
En
Ouganda, la politique commerciale, conçue dans le cadre de l'objectif
global de la politique économique, a essentiellement pour but de
favoriser la croissance économique et le développement en cherchant
à diversifier les exportations et à attirer l'investissement, en
améliorant la productivité et en accroissant les exportations et le
commerce local.
La
politique commerciale est formulée à l'issue de consultations entre
le gouvernement et le secteur privé. L'entité principalement
responsable de cette formulation est le Ministère du tourisme, du
commerce et de l'industrie.
La
mise en œuvre de la politique commerciale incombe aux organismes
publics, selon la nature de la mesure ou de la politique à mettre en
œuvre.
Accords
commerciaux multilatéraux, régionaux ou préférentiels
La
politique commerciale ougandaise est destinée à créer un contexte
propice à l'intégration dans l'économie internationale, afin
d'assurer des débouchés suffisamment larges pour les produits du
pays et de favoriser le développement de son industrie. Pour
atteindre cet objectif, l'Ouganda participe à des accords commerciaux
multilatéraux, régionaux et préférentiels qui sont les suivants:
OMC, Marché commun de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe (COMESA),
Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC), Autorité
intergouvernementale pour la lutte contre la sécheresse et pour le
développement (IGAD), Loi sur la croissance et les perspectives
économiques de l'Afrique (AGOA) et Accord de Cotonou entre l'UE et
les pays ACP.
Accords
bilatéraux
L'Ouganda
a des accords commerciaux bilatéraux avec de nombreux pays. Dans le
cadre de ces accords, les deux partenaires s'accordent réciproquement
le traitement de la nation la plus favorisée dans tous les domaines
qui se rapportent à leurs relations commerciales mutuelles.
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