|

Dernière mise à jour: 3 décembre 2009
Le présent aperçu général
a été élaboré par la Division de l'information et des relations
extérieures du Secrétariat de l’OMC pour aider le public à comprendre les principales questions qui se posent. Il ne constitue pas une interprétation officielle des Accords de l’OMC ou des positions de ses Membres. De plus, la nécessité de simplifier et de résumer fait qu’il est impossible de restituer le débat dans ses moindres nuances ou détails. Pour cela, il convient de se reporter aux documents cités.
|
En principe, les différends portés devant l'OMC
reposent sur des allégations selon lesquelles un pays a violé un accord
ou rompu un engagement. Mais, dans certains cas, un gouvernement peut
s'adresser à l'Organe de règlement des différends même lorsqu'il n'y a
pas eu violation d'un accord. On parle dans ce cas de plainte en
situation de non violation. Ces plaintes sont autorisées si un
gouvernement peut démontrer qu'il a été privé d'un avantage escompté, en
raison d'une mesure prise par un autre gouvernement ou à cause d'une
autre situation existante.
L'objectif est de préserver l'équilibre des
avantages établi au cours des négociations multilatérales. Si, par
exemple, un pays a accepté de réduire ses droits de douane sur un
certain produit dans le cadre d'un accord concernant l'accès aux
marchés, mais qu'il a ensuite subventionné la production nationale de
telle manière que les conditions de concurrence sont identiques à ce
qu'elles étaient lorsque étaient appliqués les droits de douane
initiaux, une plainte en situation de non violation peut être déposée
contre lui pour rétablir les conditions de concurrence impliquées par
l'accord original.
Les plaintes en situation de non violation
peuvent concerner des marchandises ou des services (en vertu du GATT
pour les marchandises et des engagements sur l'ouverture des marchés
pour les services). Cependant, pour le moment, les Membres ont décidé de
ne pas y recourir dans le cadre de l'Accord sur les ADPIC. Selon
l'article 64:2 de l'Accord, ce “moratoire” (l'engagement de ne pas
déposer de plaintes en situation de non-violation au titre de l'Accord
sur les ADPIC) devait s'appliquer pendant les cinq premières années de
l'OMC (c'est à dire de 1995 à 1999). Il a été prolongé par la suite.
Parallèlement, le Conseil des ADPIC a examiné
la question de savoir si les plaintes en situation de non violation
devraient être permises dans le domaine de la propriété intellectuelle
et, dans l'affirmative, dans quelle mesure et de quelle manière (“portée
et modalités") elles pourraient faire l'objet de procédures de règlement
des différends à l'OMC.
Au moins deux pays (les États Unis et la
Suisse) ont dit que les plaintes en situation de non violation devraient
être autorisées pour dissuader les Membres de se livrer à une “activité
législative créatrice” en vue de contourner les engagements pris dans le
domaine des ADPIC. La plupart des pays voudraient que le moratoire soit
maintenu ou rendu permanent. Certains ont suggéré la mise en place de
sauvegardes additionnelles.
Le mandat de Doha haut de page
Conformément à la Décision de Doha sur les
questions et préoccupations liées à la mise en œuvre (paragraphe 11.1),
le Conseil des ADPIC était chargé de faire une recommandation à la
Conférence ministérielle de Cancún. Dans l'intervalle, les Membres
étaient convenus de ne pas déposer de plaintes en situation de non
violation au titre de l'Accord sur les ADPIC.
En mai 2003, le Président du Conseil des ADPIC a envisagé quatre
possibilités pour la recommandation à faire: 1) interdire
complètement les plaintes en situation de non violation au titre de
l'Accord sur les ADPIC, 2) autoriser le traitement des plaintes
dans le cadre des règles de l'OMC régissant le règlement des différends
telles qu'elles s'appliquent en ce qui concerne les marchandises et les
services, 3) autoriser les plaintes en situation de non
violation, mais en les soumettant à des “modalités” (d'examen)
spéciales, 4) proroger le moratoire.
En réponse, la plupart des Membres se sont dits favorables à
l'interdiction complète des plaintes en situation de non violation
(option 1) ou à la prorogation du moratoire (option 4).
Il n'a toutefois pas été possible de parvenir
à un consensus. Depuis lors, le moratoire a été prorogé d'une conférence
ministérielle à l'autre, et tout récemment de la Conférence
ministérielle de Genève 2011 à la réunion suivante, que les Ministres
sont convenus de tenir en 2013.
|

|