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Allocutions: Mike Moore
Allocutions: Renato Ruggiero
1995-1999
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"Comme les
délégations s'en souviennent, nous avons pris deux initiatives importantes à la
réunion du Conseil général des 7 et 8 février en vue d'orienter nos travaux pour les
mois à venir et de rétablir la confiance et la dynamique en ce qui concerne le programme
de travail dans le domaine commercial.En premier lieu, nous
avons engagé les négociations prescrites dans les domaines de l'agriculture et des
services. Comme vous le savez, la valeur et l'importance de ces négociations sont
considérables. Ensemble, elles couvrent toute la gamme des activités économiques de la
plus élémentaire à la plus évoluée, et elles offrent la possibilité d'améliorer les
perspectives économiques pour les populations du monde entier, aussi bien dans les pays
en développement que dans les pays développés.
La
première session extraordinaire du Conseil des services a eu lieu déjà à la fin du
mois de février dans un esprit ouvert et constructif. Pour s'acquitter de leur mandat de
négociation, les Membres ont décidé de tenir d'autres sessions extraordinaires, qui
coïncideront avec les réunions ordinaires du Conseil des services, à intervalles
d'environ six semaines.
Le
Comité de l'agriculture a tenu une réunion équivalente en fin de semaine dernière, et
a pris un bon départ dans le processus de négociation sur l'agriculture. Les Membres
sont convenus d'un programme de travail pour la première phase des négociations, y
compris des critères pour la présentation des propositions de négociation, qui
s'achèvera par une session de bilan devant avoir lieu en mars de l'année prochaine. Tout
cela est très encourageant. Force m'est de constater cependant que nous n'avons toujours
pas réussi à nous entendre sur la présidence et la vice-présidence de cet organe très
important. Je manquerais à mes devoirs si je ne soulignais pas combien il importe que les
Membres règlent au plus vite la question de ces désignations.
J'ai
relevé par ailleurs en février dernier qu'en plus des négociations dans ces deux
domaines les négociations prescrites et examens prévus dans le cadre de l'Accord sur les
ADPIC étaient en cours. Je suis heureux de voir que le Conseil des ADPIC, à sa réunion
du 21 mars, a eu un débat approfondi sur la poursuite de ses activités concernant chacun
des points du programme de travail incorporé qui le concernaient.
En
deuxième lieu, nous avons également lancé au mois de février un programme réaliste
mais décisif de consultations visant à arriver à un accord sur les points suivants:
mesures en faveur des pays les moins avancés, amélioration du financement et de la
planification des activités d'assistance technique de l'OMC, questions de mise en
uvre, y compris les périodes de transition, et enfin moyens d'améliorer la
transparence interne et d'assurer une participation plus complète de tous les Membres.
Concernant
ces aspects, je fais tout mon possible, en collaboration avec le Président, mes adjoints
ainsi que les délégations, pour tenter de bâtir un terrain d'entente, et être en
mesure de vous faire rapport de façon plus détaillée avant la pause de Pâques. La
situation d'ensemble est prometteuse jusqu'à présent, et nous commençons à réduire
les différences sur des questions fondamentales. J'ai bon espoir qu'après avoir
poursuivi les discussions sur une base élargie au cours des semaines à venir, nous
serons en mesure de prendre des décisions constructives concernant ces domaines à la
réunion du 3 mai du Conseil général.
En
particulier, les mesures en faveur des pays les moins avancés restent une priorité
absolue du point de vue des objectifs de l'OMC en matière de développement. Cela va sans
dire, il est décisif pour ces pays de bénéficier d'un meilleur accès aux marchés.
J'espère que nous recevrons très prochainement des principales nations commerçantes des
indications concrètes de ce qu'elles se proposent de faire à cet égard. Mais il n'est
pas moins évident que l'accès aux marchés n'est pas tout. C'est pourquoi nous nous
employons aussi, de manière urgente, à améliorer notre action avec d'autres
organisations au titre du programme du Cadre intégré afin d'aider les pays à renforcer
leurs capacités d'échanges. Je m'attacherai à améliorer le Cadre intégré en
rencontrant les chefs du secrétariat d'institutions de l'ONU la semaine prochaine, et le
Président de la Banque mondiale et le Directeur général du FMI en avril. Nous nous
consultons aussi en vue d'y ajouter tous les autres éléments possibles pour aider les
PMA à tirer pleinement parti des débouchés commerciaux.
De
la même manière, nous devons apporter une contribution plus substantielle et plus
durable au développement des pays Membres les plus pauvres de l'Organisation - dans les
limites de notre mandat - par notre programme d'assistance technique et de formation.
Comme chacun sait, les demandes relatives à ce type d'assistance dépassent de beaucoup
nos moyens budgétaires. J'étudie avec les délégations des moyens constructifs de faire
en sorte que la demande annuelle estimative actuelle de 10 millions de francs suisses
concernant ce type d'assistance puisse être financée sur des bases stables et
prévisibles pour nous permettre de planifier efficacement nos activités dans la durée.
Une
autre série importante de questions sur lesquelles nous avons des consultations concerne
la mise en uvre, en particulier les périodes de transition prévues par plusieurs
Accords de l'OMC qui ont expiré le 1er janvier. Cette question doit être
abordée de façon équilibrée et nuancée, car il s'agit à l'évidence d'une mesure
essentielle pour instaurer la confiance. Le Directeur général adjoint
Miguel Rodriguez m'a assisté dans ces consultations au cours des deux dernières
semaines, et il m'a indiqué que l'on commence à voir chez tous les intéressés
davantage de pragmatisme et de souplesse. Jusqu'à présent, nous avons surtout travaillé
avec certaines délégations, et il conviendra dans les semaines à venir d'élargir nos
discussions de façon que les Membres puissent uvrer ensemble à la définition des
éléments d'une solution multilatérale. Il ressort des discussions particulières
consacrées à la question des périodes de transition que le nombre d'Accords qu'il
conviendrait que nous examinions dans l'immédiat s'avère être relativement plus limité
que ce que nous avions pu envisager. En outre, les Membres se sont montrés disposés à
chercher à résoudre les questions spécifiques qui se posent dans le cadre
multilatéral, d'une manière qui à la fois satisfasse aux prescriptions juridiques et
tienne compte des nécessités politiques intérieures de toutes les parties. Sur les
questions de mise en uvre plus générales, un appui considérable semble se
dégager en faveur d'un processus qui serait engagé globalement sous les auspices du
Conseil général réuni en session extraordinaire pour examiner des questions liées à
la mise en uvre comme celles qui ont été soulevées par les pays au cours du
processus de préparation de la Conférence de Seattle.
Sur
le dernier élément, transparence et participation, j'espère que le débat que nous
avons eu aujourd'hui sur la base des communications que le Président a invité les
délégations à présenter nous permettra en fin de compte de nous entendre sur des
modalités de fonctionnement de l'Organisation qui reposent sur une participation plus
large et donnent davantage à tous les Membres le sentiment qu'ils sont partie prenante.
Mes
collègues et moi-même nous sommes également préoccupés de trouver des moyens
d'accroître la participation des petits pays Membres qui ne disposent pas d'une mission
résidente à Genève. L'une de mes premières initiatives en ma qualité de Directeur
général a été d'organiser une "semaine de Genève" à l'intention de ces
délégations. Nous programmons en ce moment la suivante. J'ai également désigné un
fonctionnaire du Secrétariat pour assurer la liaison avec les délégations non
résidentes, et nous coopérons étroitement avec elles pour leur permettre de participer
activement aux travaux de l'OMC dans la mesure des moyens très limités dont elles
disposent. J'aurai prochainement des propositions plus spécifiques à faire." |
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