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Nous célébrons cette année le jubilé du système commercial multilatéral. La
création de ce système est certainement l'une des plus grandes réalisations
économiques de l'après-guerre. Pour la communauté internationale déchirée par des
années d'hostilités, cette initiative marquait l'accomplissement d'un rêve commun -
établir un système commercial mondial équitable et ouvert. Plus que cela, elle a fait
voler en éclats les barrières qui existaient non seulement entre les pays mais aussi
entre les peuples. Le système est bâti sur un ensemble de règles bien structurées et
sur le principe de la non-discrimination.
Le
système commercial multilatéral continue de se développer et sa crédibilité se
renforce. Actuellement, l'OMC compte 132 gouvernements Membres, et 30 autres pays
négocient leur accession. On ne saurait trop insister sur la contribution que cette
organisation apporte à la croissance et au développement à l'échelle mondiale.
Le
20 mai 1998, une célébration solennelle aura lieu pour marquer le
cinquantenaire du système et appeler l'attention des citoyens du monde sur la
contribution du système à la paix et à la prospérité mondiales.
Note à l'intention des journalistes:
On trouvera ci-joint un bref
rappel des faits et réalisations qui ont le plus marqué les cinquante années
d'existence du système commercial multilatéral.
Les principales dates de l'histoire du GATT/OMC
1947
Naissance du GATT. Le 30 octobre 1947, l'Accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce (GATT) est signé par 23 nations - douze pays développés
et onze pays en développement - au Palais des Nations à Genève. Cet accord reprend les
concessions tarifaires convenues lors des premières négociations commerciales
multilatérales et énonce un ensemble de règles destinées à empêcher que ces
concessions ne soient vidées de leur contenu par des mesures de restriction au commerce.
Genèse du GATT. En 1946,
le Conseil économique et social des Nations Unies, nouvellement créé, organise une
Conférence pour examiner la question de la création de l'Organisation internationale du
commerce (OIC), qui doit être le dernier pilier d'une triade d'organismes à vocation
économique créés après guerre (les deux autres étant le Fonds monétaire
international et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement,
dénommée ultérieurement la Banque mondiale). Une Commission préparatoire est établie
pour rédiger la charte de l'OIC.
En
1946 et 1947, les membres de la Commission travaillent à un projet de charte. Toutefois,
à côté de la tâche officielle qui leur a été confiée sous le mandat de l'ONU, ils
mènent à bien des négociations multilatérales sur des abaissements tarifaires, sans
attendre la création de l'OIC. Ces négociations donnent lieu à quelque
45 000 concessions tarifaires portant sur des échanges internationaux d'environ
10 milliards de dollars.
Les
membres de la Commission décident également de protéger la valeur des concessions
tarifaires en acceptant à l'avance certaines des règles commerciales du projet de charte
de l'OIC. Les concessions tarifaires et les règles commerciales prennent donc le nom
d'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), qui est signé le
30 octobre 1947 par 23 pays à titre provisoire.
En
novembre 1947, les délégations de 56 pays se réunissent à La Havane (Cuba)
pour étudier l'ensemble du projet de Charte de l'OIC. En mars 1948, après de
longues et difficiles négociations, 53 pays signent l'Acte final authentifiant le
texte de la Charte de La Havane. Toutefois, les gouvernements ne s'étant pas engagés à
le ratifier, l'OIC est finalement mort-née; l'Accord général est ainsi devenu le seul
instrument international régissant le commerce mondial.
1948 Entrée en vigueur.
L'Accord général entre en vigueur le 1er janvier 1948. Les 23 membres
fondateurs sont les pays suivants: Afrique du Sud, Australie, Belgique, Birmanie, Brésil,
Canada, Ceylan, Chili, Chine, Cuba, Etats-Unis, France, Inde, Liban, Luxembourg, Norvège,
Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Rhodésie du Sud, Royaume Uni, Syrie et
Tchécoslovaquie.
C'est
avec la première session des Parties Contractantes, qui s'ouvre le
28 février 1948 et s'achève le 20 mars 1948 à La Havane (Cuba)
que le GATT entre véritablement en activité. Le secrétariat de la Commission
intérimaire de l'OIC, qui faisait fonction de secrétariat ad hoc du GATT,
est transféré de Lake Placid (New York) à Genève en 1948.
1949 Deuxième série de
négociations à Annecy. Au cours de la deuxième série de négociations commerciales
multilatérales, qui a lieu d'avril à août à Annecy (France), les parties contractantes
échangent quelque 5 000 concessions tarifaires. A leur troisième session, elles
traitent de l'accession de dix autres pays.
1950 Troisième série de
négociations à Torquay. De septembre 1950 à avril 1951, les parties
contractantes échangent dans cette ville anglaise environ 8 700 concessions
tarifaires, se traduisant par des abaissements tarifaires d'environ 25 pour cent
par rapport au niveau de 1948. Quatre autres pays accèdent à l'Accord général. Pendant
la cinquième session des Parties Contractantes, les Etats-Unis font savoir que la Charte
de l'OIT ne sera pas soumise de nouveau au Congrès des Etats-Unis; cela signifie, en
fait, que l'OIC n'entrera pas en activité.
1956 Quatrième série de
négociations à Genève. La quatrième série de négociations multilatérales, qui
s'achève en mai, aboutit à des abaissements tarifaires représentant
environ 2,5 milliards de dollars. Au début de l'année, le GATT inaugure son
premier cours de politique commerciale, destiné à des fonctionnaires de pays en
développement.
1960 Négociations Dillon.
La cinquième série de négociations qui s'ouvre en septembre, se déroule en deux
phases: la première comporte des négociations avec les Etats membres de la CEE en
vue de l'établissement d'une liste unique de concessions pour la Communauté, fondée sur
son Tarif extérieur commun; la seconde, une nouvelle série de négociations tarifaires
générales. Baptisées ainsi en l'honneur du Sous-Secrétaire d'Etat américain Douglas
Dillon qui en a proposé l'ouverture, ces négociations s'achèvent en juillet 1962
et aboutissent à environ 4 400 concessions tarifaires portant sur un
commerce d'environ 4,9 milliards de dollars.
1961 L'Accord à court terme
concernant les textiles de coton est conclu en dérogation aux règles du GATT. Il permet
la négociation de restrictions contingentaires frappant les exportations des pays
producteurs de coton. En 1962, l'Accord "à court terme" est remplacé par
l'Accord "à long terme", qui sera appliqué jusqu'en 1974, c'est-à-dire
jusqu'à l'entrée en vigueur de l'Arrangement multifibres.
1964 Négociations Kennedy.
Réuni à l'échelon ministériel, un Comité des négociations commerciales ouvre
officiellement les Négociations Kennedy, en mai. En juin 1967, l'Acte final des
négociations est signé par environ 50 pays participants qui, ensemble,
représentent 75 pour cent du commerce mondial. Pour la première fois, la méthode
de négociation produit par produit, qui a été utilisée lors des précédentes
négociations, est abandonnée au profit d'une méthode générale ou linéaire de
réduction tarifaire pour les produits industriels. L'objectif, qui est de réaliser une
réduction tarifaire de 50 pour cent, est atteint dans de nombreux domaines. Les
concessions portent sur des échanges d'une valeur totale estimée à environ
40 milliards de dollars. Des accords distincts sont conclus pour les céréales, les
produits chimiques et l'établissement d'un Code antidumping.
1965 Nouveau Chapitre. Le
début des années 60 est marqué par l'accession à l'Accord général de nombreux pays
en développement qui viennent d'acquérir leur indépendance. En février, les Parties
contractantes, réunies en session spéciale, adoptent le texte de la Partie IV
relative au commerce et au développement. Ce chapitre, qui vient s'ajouter à l'Accord
général, demande aux pays développés d'accorder une haute priorité à l'abaissement
des obstacles au commerce des produits des pays en développement. Un Comité du commerce
et du développement est institué pour veiller à l'application des nouvelles
dispositions de l'Accord général. L'année précédente, le GATT a créé le Centre du
commerce international (CCI), afin d'aider les pays en développement à promouvoir leur
commerce et à identifier des débouchés potentiels. Depuis 1968, le CCI est géré
conjointement par le GATT (puis l'OMC) et par la Conférence des Nations Unies sur le
commerce et le développement (CNUCED).
1973 Négociations du Tokyo
Round. La septième série de négociations multilatérales est lancée par les
Ministres en septembre, dans la capitale japonaise. Quatre-vingt-dix-neuf pays participent
à la négociation d'une vaste série d'accords, portant sur des questions tarifaires et
non tarifaires. A la fin des négociations, en novembre 1979, les participants
échangent des concessions sous la forme d'abaissements et de consolidations de droits,
portant sur des échanges commerciaux d'un montant supérieur à 300 milliards de
dollars. A la suite de ces réductions, la moyenne pondérée des droits de douane
frappant les produits manufacturés sur les neuf principaux marchés industriels du monde
tombe de 7 à 4,7 pour cent. Des accords sont conclus dans les domaines
ci-après: subventions et mesures compensatoires, obstacles techniques au commerce,
procédures en matière de licences d'importation, marchés publics, valeur en douane,
révision du Code antidumping, commerce de la viande bovine, commerce des produits
laitiers et commerce des aéronefs civils. Le premier résultat concret de ces
négociations est la réduction, par les pays industriels, des droits à l'importation et
autres obstacles au commerce frappant les produits tropicaux exportés par les pays en
développement.
1974 Le
1er janvier 1974, l'Arrangement concernant le commerce international des
textiles, connu sous le nom d'Arrangement multifibres (AMF) entre en
vigueur. Il remplace les arrangements qui régissent le commerce des textiles de coton
depuis 1961. L'AMF vise à promouvoir l'expansion et la libéralisation progressive
du commerce des produits textiles, tout en évitant une désorganisation des différents
marchés et secteurs de production. L'AMF sera prorogé en 1978, en 1982,
en 1986, en 1991 et en 1992.
1986 Cycle d'Uruguay. Le 20
septembre, les Ministres du commerce des pays Membres du GATT, réunis à Punta del Este
(Uruguay), lancent la huitième série de négociations commerciales multilatérales. Ces
négociations, qui doivent durer quatre ans, se tiennent à Genève (Suisse) et se
poursuivent en fait pendant sept ans et demi; jamais encore il n'y a eu de
négociations aussi ambitieuses, qui couvrent un nombre aussi important de thèmes.
1993 Aboutissement des
négociations du Cycle d'Uruguay le 15 décembre 1993 à Genève (Suisse).
1994
L'Acte final reprenant les résultats du Cycle d'Uruguay est signé par les Ministres le
15 avril 1994 à Marrakech (Maroc). Ces résultats sont les suivants, entre
autres: réductions tarifaires moyennes de 40 pour cent pour les produits
industriels, accroissement moyen du pourcentage des consolidations tarifaires, qui passe
de 21 à 73 pour cent (pour les pays en développement), de 78 à
99 pour cent pour les pays développés et de 73 à 98 pour cent
pour les économies en transition, programme global de réforme agricole, y compris des
engagements en matière de libéralisation concernant les tarifs, le soutien interne et
les subventions à l'exportation, ainsi que le remplacement de toutes les restrictions
quantitatives et autres mesures non tarifaires par des droits de douane, élimination
progressive des restrictions à l'exportation et amélioration de l'accès aux marchés
pour les textiles et les vêtements, et renforcement des Accords sur les sauvegardes, les
obstacles techniques, l'évaluation en douane, les régimes de licences à l'importation,
le commerce d'Etat, les subventions et les mesures antidumping et compensatoires. Par
ailleurs, de nouveaux Accords sont mis en place dans des domaines comme le commerce des
services, les droits de propriété intellectuelle, les mesures sanitaires et
phytosanitaires et les mesures concernant les investissements et liées au commerce. Le
Cycle d'Uruguay aboutit également à la transformation du système commercial
multilatéral provisoire qui a existé dans le cadre du GATT en une Organisation
mondiale du commerce permanente disposant d'un mécanisme juridique considérablement
renforcé pour le règlement multilatéral des différends commerciaux.
1995 Entrée en activité de
l'Organisation mondiale du commerce le 1er janvier.
Le 31 mai 1995, le Conseil
général de l'OMC approuve l'Accord de siège conclu avec la Confédération
suisse, y compris la décision d'établir l'OMC à Genève.
Un
accord sur les services financiers est conclu le 28 juillet 1995 et les
gouvernements conviennent de négocier de nouvelles mesures de libéralisation à la fin
de 1997.
1996 Les négociations
sur les télécommunications de base sont suspendues en mai 1996, malgré des
offres substantielles. Les gouvernements participants conviennent de préserver les offres
et de les réexaminer au cours d'une période de 30 jours commençant le
15 janvier 1997.
1996 Les négociations
sur les services de transport maritime sont suspendues en juillet 1996. Les
Membres participant aux négociations conviennent de suspendre les négociations et de les
reprendre, sur la base des offres existantes ou d'offres améliorées, au moment de la
nouvelle série de négociations globales sur le commerce des services, qui devrait
commencer en l'an 2000.
Première Conférence
ministérielle de l'OMC, à Singapour, du 9 au 13 décembre 1996. Parmi les
principales réalisations de la Conférence, on note l'établissement de trois groupes de
travail, respectivement sur le commerce et l'investissement, le commerce et la politique
de la concurrence et la transparence des pratiques de passation des marchés publics,
ainsi que la décision de faire réaliser une étude sur la facilitation des échanges.
1997 Aboutissement des
négociations sur les services de télécommunications de base, le
15 février. Soixante-neuf gouvernements acceptent des mesures de libéralisation de
vaste portée. Les recettes nationales et internationales générées dans le secteur des
télécommunications de base représentent environ 600 milliards de dollars EU
par an. L'accord entrera en vigueur le 5 février 1998.
1997 Le
26 mars 1997, 40 gouvernements conviennent de réduire les droits de douane
sur les produits des technologies de l'information, à compter du
1er juillet 1997, l'objectif étant d'éliminer tous les droits sur ces produits
pour l'an 2000. Le commerce international de ces produits représente
environ 600 milliards de dollars EU par an.
fin 1997 Aboutissement
des négociations sur les services financiers le 12 décembre. Soixante-dix
gouvernements concluent un accord multilatéral par lequel ils s'engagent à ouvrir leurs
secteurs des services financiers et qui couvre plus de 95 pour cent du marché
des banques, des assurances, des titres et de l'information financière. L'accord entrera
en vigueur le 1er mars 1999. |