
VOIR
AUSSI:
Communiqués de
presse
Nouvelles
Allocutions: Renato Ruggiero
Allocutions: Mike Moore
|

Lors de la commémoration du cinquantième anniversaire du système commercial
multilatéral, qui a eu lieu à Genève en mai 1998, les chefs d'État et de gouvernement
et les Ministres de très nombreux Membres de l'OMC ont réaffirmé leur soutien au
système. Le Rapport annuel de l'OMC pour 1998, publié aujourd'hui (3 décembre 1998) met
clairement l'accent sur ces points.En 1998, la progression du
volume des échanges malgré un ralentissement prévu par rapport à l'année
précédente, restera plus forte que celle de la production globale. Pour 1999, la
croissance du commerce en volume devrait dépasser le niveau de 1998.
Le
chapitre premier du rapport indique que si les problèmes qui se posent actuellement à
l'économie mondiale ont manifestement leur origine dans le système financier, le
système commercial peut largement contribuer à les résoudre. L'OMC constitue un solide
rempart contre les pressions protectionnistes qui s'exercent en raison de modifications
importantes des courants d'échanges résultant de la crise. Elle peut aussi contribuer à
faire avancer les réformes liées à la politique commerciale et à les ancrer dans les
économies touchées. Son exemple du rôle utile qu'elle peut jouer est l'achèvement, en
décembre 1997, des négociations sur la libéralisation plus poussée du commerce
des services financiers. Soixante-dix Membres de l'OMC, représentant 95 pour cent du
marché mondial des services financiers, dont certaines des économies de l'Asie de l'Est
les plus touchées par la crise financière, sont convenus d'ouvrir leur secteur des
services financiers. L'accord conclu porte sur la libéralisation du commerce dans les
secteurs de la banque, de l'assurance et autres services financiers. Il ne couvre pas la
libéralisation des mouvements de capitaux des Membres de l'OMC.
Ce
message a été renforcé par les résultats de la deuxième Conférence ministérielle de
l'OMC, qui s'est aussi tenue à Genève en mai. Lors de cette réunion, les gouvernements
Membres ont fermement rejeté le protectionnisme et pris les décisions nécessaires pour
préparer la troisième Conférence ministérielle de l'OMC qui aura lieu aux États-Unis
du 30 novembre au 3 décembre 1999.
Le
chapitre II du rapport passe en revue l'évolution du commerce mondial en 1997 et pendant
le premier semestre de 1998 au niveau global, ainsi que par produit et par région. Des
données détaillées sur les courants d'échanges en 1997 figurent dans le volume sur les
statistiques du commerce international qui est publié en même temps que le rapport
annuel. Des renseignements additionnels plus récents sur les courants d'échanges sont
également fournis ci-après. Le taux de croissance des exportations en volume de
marchandises a atteint le niveau record de 10 pour cent en 1997, mais il devrait être
inférieur à la moitié de ce chiffre en 1998, se situant entre 4 et 5 pour cent. Il
convient de noter que ce taux est comparable au taux de croissance annuel moyen du volume
des exportations enregistré au cours des années 1990 à 1993. La croissance du commerce
reste plus forte que celle de l'économie en général, de sorte que la part du commerce
international dans l'activité économique mondiale ne cesse d'augmenter. Selon les
estimations du FMI, l'augmentation du PIB mondial a été de 4,1 pour cent en 1997 et
sera de 2 pour cent en 1998. Le ralentissement plus net que prévu de la croissance
du commerce en 1998 est imputable principalement à la situation économique en Asie. La
crise financière qui a débuté en Asie de l'Est au deuxième semestre de 1997 et
l'ampleur de la récession économique au Japon en 1998, conjuguées au ralentissement de
la croissance au Royaume-Uni et en Amérique latine, ont entraîné une diminution de
l'activité économique au niveau mondial. La tendance à la baisse a été toutefois
quelque peu atténuée par la reprise en Europe occidentale.
Le
chapitre III consacré à l'évolution de la politique commerciale souligne que malgré
une situation devenue plus difficile pour les décideurs après le début de la crise
financière et de la récession économique, la tendance à l'ouverture unilatérale,
régionale et multilatérale des marchés s'est poursuivie dans de nombreux pays. Il n'y a
pas eu de réorientation fondamentale de la politique commerciale, y compris dans les pays
les plus directement touchés par la crise. Il n'y a pas non plus de signe véritablement
inquiétant de fermeture des marchés dans le reste du monde, même si quelques Membres
ont renforcé ici ou là leurs mesures de protection du commerce en vue de se prémunir
contre des augmentations des importations jugées inéquitables. Les pressions exercées
dans ce sens peuvent s'intensifier à mesure que les exportations des pays les plus
touchés par la crise financière reprennent et il faudra suivre de près l'évolution de
la situation. Jusqu'ici, la croissance des exportations en valeur a été assez faible,
car les augmentations en volume ont été largement compensées par la baisse des prix.
Le
dossier spécial de cette année, figurant au chapitre IV, est consacré à un examen
du processus de mondialisation. Le rapport met l'accent sur la façon dont la
libéralisation du commerce a contribué au processus de mondialisation, et son incidence
vis-à-vis d'autres facteurs qui ont joué un rôle clé dans ce processus, comme les
progrès technologiques et l'internationalisation de l'activité économique. Les
principaux arguments en faveur du commerce ouvert comme moyen de renforcer la croissance
économique et de promouvoir le développement sont également examinés. Le rapport passe
brièvement en revue les principaux problèmes qui se posent aux gouvernements lorsqu'ils
gèrent des questions comme le coût de l'ajustement, les problèmes de répartition, la
marginalisation, l'environnement, le travail, la souveraineté et la gestion du système
financier.
Évolution récente des courants d'échanges internationaux
Le ralentissement plus net que
prévu de la production et du commerce au niveau mondial en 1998, dont le taux de
croissance tombera à environ 4-5 pour cent, est en grande partie imputable à la
sous-estimation de la récession sévissant au Japon et aux répercussions plus profondes
et plus étendues de la crise financière frappant les pays d'Asie de l'Est. Les
projections faites au début de 1998 concernant la croissance aux États-Unis et en
Europe occidentale sont toutefois globalement exactes. Les prévisions pour l'Amérique
latine ont été revues à la baisse, en raison principalement de la chute des prix des
produits de base et, dans une certaine mesure, parce que les marchés financiers
internationaux étaient plus pessimistes quant aux perspectives à court terme de la
région qui a donc enregistré une forte réduction des entrées nettes de capitaux à
partir du milieu de l'année. Les estimations relatives à la croissance du commerce pour
1998 sont moins sûres qu'à l'ordinaire et pour 1999 elles le sont encore moins. La
marge d'erreur est particulièrement importante en raison des renseignements incomplets
concernant de nombreux pays, même en Europe occidentale, des taux de croissance
différents selon les régions et des fortes variations des prix et des taux de change
enregistrées au cours de l'année.
Le
ralentissement de la croissance en Asie a été pour beaucoup dans le marasme des marchés
des produits de base et les prix du pétrole et des produits de base autres que les
combustibles ont chuté d'environ 30 et 15 pour cent respectivement en
moyenne annuelle. Les prix des produits manufacturés ont continué de fléchir en 1998,
mais la baisse est nettement moindre que dans le cas des produits primaires. En 1997,
les prix des produits primaires avaient moins diminué que ceux des produits
manufacturés. Cette année sera la troisième année consécutive au cours de laquelle
les prix en dollars des marchandises entrant dans le commerce international auront
baissé. Pour l'ensemble des exportations de marchandises, les prix moyens retombent au
niveau de 1991, c'est-à-dire à leur niveau le plus bas depuis le début des
années 90.
Les
prévisions concernant la croissance du commerce mondial en 1999 ont été revues à la
baisse ces derniers mois. La plupart des prévisionnistes considèrent une légère
accélération de la croissance en volume par rapport à 1998 comme le scénario le plus
probable. En valeur, la reprise devrait être plus sensible, car la tendance à la baisse
des prix des produits primaires s'est en partie inversée et le dollar ne devrait pas
s'apprécier. Les résultats effectifs dépendront dans une large mesure de l'évolution
des marchés financiers internationaux, du rythme de la reprise en Asie, en particulier au
Japon, et de la durabilité de la croissance en Europe occidentale et en Amérique
du Nord. Un rajustement brutal du niveau exceptionnellement élevé atteint par les
marchés boursiers en Europe occidentale et en Amérique du Nord ainsi qu'une nette
dépréciation du dollar vis-à-vis des autres grandes monnaies sont deux des principaux
facteurs qui risquent d'entraîner une révision à la baisse des projections actuelles
concernant le volume des échanges.
Évolution du commerce en 1998 par région
La valeur des importations et
des exportations de l'Asie a continué de fléchir au troisième trimestre de 1998
à peu près au même rythme qu'au deuxième trimestre. Le commerce intra-asiatique reste
le plus durement touché, diminuant d'environ un quart par rapport au niveau correspondant
de l'année précédente. Au cours des neuf premiers mois, les exportations de l'Asie ont
reculé d'environ 7 pour cent, alors que la baisse des importations atteignait
16 pour cent. Les importations des cinq pays asiatiques les plus touchés par la
crise financière (Indonésie, Corée, Malaisie, Philippines et Thaïlande) ont diminué
d'un tiers et leurs exportations de 3 pour cent. Il n'y a pas eu de reprise notable
de la valeur en dollars des exportations au cours du troisième trimestre, mais le
ralentissement des importations s'est plus ou moins stabilisé. Les exportations du Japon
ont régressé de 8,5 pour cent au cours des neuf premiers mois, alors que la baisse
des importations atteignait 19 pour cent, ce qui a entraîné une nette augmentation
de l'excédent commercial du pays. En raison de la hausse récente du yen vis-à-vis du
dollar, la contraction de la valeur des exportations et des importations sera probablement
un peu plus faible sur l'ensemble de l'année que pour les trois premiers trimestres.
L'Amérique
latine qui a été la région la plus dynamique dans le domaine du commerce au cours
de l'année écoulée et même au début de 1998, a enregistré un très net
ralentissement de ses échanges au cours de 1998. Les exportations ont augmenté de plus
de 10 pour cent en 1997, mais sont tombées
au-dessous
du niveau de l'année précédente au troisième trimestre de 1998. La croissance des
importations, qui dépassait 15 pour cent en 1997 et était encore proche de ce
niveau au premier trimestre de 1998, est tombée à environ 5 pour cent au troisième
trimestre de 1998. Le ralentissement de la croissance des importations a concerné la
plupart des pays, le Brésil principale économie et deuxième importateur de la
région étant le plus touché. Pendant les neuf premiers mois de 1998, les
importations brésiliennes ont fléchi de près de 5 pour cent alors qu'elles avaient
progressé de 15 pour cent en 1997.
Les
exportations de l'Amérique du Nord ont accusé un net fléchissement en 1998.
Après avoir augmenté de près de 10 pour cent en 1997, leur valeur a diminué de
5 pour cent au troisième trimestre de l'année en cours en raison de la baisse des
prix et du ralentissement de la croissance en volume. La progression des importations
s'est elle aussi ralentie au cours de 1998, mais beaucoup moins que celle des
exportations. Pour les États-Unis, les données concernant les neuf premiers mois font
apparaître un taux de croissance de la valeur des importations de 4 pour cent, alors
que les exportations ont légèrement baissé. Les prix à l'importation ayant diminué
d'environ 6 pour cent et les prix à l'exportation de 3 pour cent pendant cette
période, la différence entre la croissance des importations et celle des exportations
est encore plus grande en termes réels (c'est-à-dire compte non tenu des variations de
prix) qu'en dollars. Avec une croissance des importations en volume proche de 10 pour
cent plus de deux fois le taux d'accroissement du commerce au niveau mondial
et une croissance des exportations en volume plus élevée d'environ 3 pour cent par
rapport à l'année dernière, les États-Unis ont très largement contribué à
l'expansion du commerce mondial au cours des neuf premiers mois de 1998.
Les
importations comme les exportations de l'Europe occidentale, mesurées en dollars,
ont augmenté d'environ 2 pour cent au cours des neuf premiers mois de l'année en
cours, après avoir légèrement fléchi en 1997. Les exportations de l'UE vers les pays
tiers se sont ralenties, alors que les importations en provenance de ces pays se sont
accrues. Les importations de l'UE ont progressé de 5 pour cent au premier semestre
de 1998, alors que les exportations n'augmentaient que de 0,3 pour cent. En
conséquence, l'excédent commercial de l'UE vis-à-vis des pays tiers a été fortement
réduit. Le commerce entre pays de l'UE a progressé d'environ 3,5 pour cent, mais ce
chiffre est resté inférieur au taux de croissance des importations en provenance des
pays tiers. La croissance plus soutenue de la valeur du commerce de l'Europe occidentale
est due en grande partie aux variations des taux de change. L'écu s'est déprécié
vis-à-vis du dollar EU de 10 pour cent en moyenne en 1997, mais de 3 pour
cent seulement au cours des neuf premiers mois de 1998. Étant donné que l'écu s'est
considérablement renforcé par rapport au dollar EU à partir d'août 1998, le
taux de change annuel moyen entre les deux monnaies pourrait ne guère varier par rapport
à l'année précédente. Il en résulte qu'il n'y aura pas en 1998 de réduction de la
valeur en dollars du commerce de l'Europe occidentale imputable aux fluctuations du taux
de change comme ce fut le cas en 1997.
L'Afrique
et le Moyen-Orient sont les deux régions dont les flux commerciaux sont les plus
touchés par la baisse spectaculaire des prix des produits de base. En 1997, les produits
primaires ont représenté les deux tiers des exportations de marchandises de l'Afrique et
les trois quarts de celles du Moyen-Orient. (Les statistiques des partenaires commerciaux
disponibles pour les trois premiers trimestres peuvent donner quelques indications sur
l'évolution en 1998: les importations des États-Unis en provenance des pays de l'OPEP et
les importations du Japon en provenance du Moyen-Orient ont diminué de plus de
30 pour cent.) Comme il est indiqué plus haut, les prix des produits de base autres
que les combustibles ont baissé de 15 pour cent sur les marchés du disponible et
ceux du pétrole brut d'environ 30 pour cent. Les deux régions qui n'ont pas suivi
la tendance à la hausse du commerce mondial observée depuis 1990 jusqu'à 1997 se
laisseront sûrement encore plus distancer en 1998. Ce sera particulièrement le cas des
pays où la part des produits manufacturés dans les exportations totales est faible. Les
exportateurs de produits manufacturés seront en mesure de profiter de l'expansion des
marchés en Amérique du Nord et en Europe occidentale qui s'est poursuivie en 1998. |