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Les 15 et 16 septembre 1997, l'Organe
d'examen des politiques commerciales (OEPC) de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a procédé au
premier examen de la politique commerciale du Bénin. On
trouvera ci-joint le texte des remarques finales du
Président, résumant les points essentiels qui se sont
dégagés du débat.
L'examen
permet à l'OEPC d'évaluer collectivement, de manière
régulière, toute la gamme des politiques et pratiques
commerciales de chacun des pays Membres de l'OMC en vue
de suivre les tendances et faits nouveaux importants qui
peuvent avoir une incidence sur le système de commerce
mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur.
Un
compte rendu des débats et les conclusions exposées par
le Président formeront avec ces deux rapports l'examen
complet de la politique commerciale du Bénin qui sera
publié en temps voulu et pourra être obtenu auprès du
Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard,
154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993), Argentine (1992), Australie (1989 et
1994), Autriche (1992), Bangladesh (1992), Bénin (1997),
Bolivie (1993), Brésil (1992 et 1996), Cameroun (1995),
Canada (1990, 1992, 1994 et 1996), Chili (1991), Chypre
(1997), Colombie (1990 et 1996), Communautés
européennes (1991, 1993 et 1995), Corée, Rép. de (1992
et 1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995),
Egypte (1992), El Salvador (1996), Etats-Unis (1989,
1992, 1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie (1991),
Inde (1993), Indonésie (1991 et 1994), Islande (1994),
Israël (1994), Japon (1990, 1992 et 1995), Kenya (1993),
Macao (1994), Malaisie (1993), Maroc (1989 et 1996),
Maurice (1995), Mexique (1993), Nigéria (1991), Norvège
(1991 et 1996), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda
(1995), Pakistan (1995), Paraguay (1997), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992), Sénégal
(1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996), Thaïlande
(1991 et 1995), Tunisie (1994), Turquie (1994), Uruguay
(1992), Venezuela (1996), Zambie (1996) et Zimbabwe
(1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: BENIN
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
L'Organe
d'examen des politiques commerciales a procédéau
premier examen de la politiquecommerciale du Bénin les
15 et 16 septembre 1997. Les remarques qui suivent,
faitessous ma seuleresponsabilité, visent à résumer le
débat et ne constituent pas un rapportcomplet. Ce
rapport figureradans le compte rendu de la réunion. La
discussion a porté sur six thèmesprincipaux:
Progrès
et perspectives en matière de libéralisationéconomique
Le
Bénin a été félicité pour les réformes
institutionnelles et les résultats
macro-économiquespositifs qui se sont produits depuis
1990 et ont débouché sur une croissanceéconomique
solide, une situation des finances publiques améliorée
et un taux d'inflation modéré. Des membres se sont
déclaréspréoccupés par le fait que la structure du
commerce du Bénin était fortement tributaire des
exportationsde coton et qu'elle était sensible à
l'évolution de la politique commerciale du Nigéria. A
cet égard,ils ont demandé des précisions sur les
projets de diversification des produits et desmarchés
d'exportation. Les membres ont également fait des
observations sur l'importance du secteur informel; il
aété demandécomment ce secteur pourrait être
intégré dans l'économie formelle et si celapourrait
faciliter le processusde libéralisation.
S'agissant
du cadre juridique régissant le commerce
etl'investissement, les membres ont prisnote des travaux
en cours en vue de promulguer plusieurs nouvelles lois et
ont demandé desdétailssur les progrès réalisés. Il a
été pris note de l'adoption d'un nouveauCode des
investissements qui,toutefois, n'avait pas encore
entraîné des courants d'investissement importants. A
cetégard, desquestions ont été posées au sujet de la
possibilité de simplifier encore lesformalités
d'investissement,notamment d'instaurer une approbation
automatique et un "guichet unique".
En
réponse, le représentant du Bénin a dit que
songouvernement était depuis longtempspréoccupé par la
dépendance du pays à l'égard d'une seule culture
etqu'il poursuivait ses efforts pourdiversifier
l'économie, en particulier la production agricole. Il a
indiqué que les troisquarts de toutesles activités
économiques étaient réalisées dans le secteur
informelque le gouvernement considéraitcomme un
élément essentiel pour soutenir la croissance du pays.
Ainsi, un vasteprogramme étaiten place pour offrir un
cadre approprié aux activités informelles et finalement
lesincorporer à l'économieformelle.
Le
représentant du Bénin a reconnu la nécessitéde revoir
le Code des investissements de 1990. Le projet de
révision prévoyait la suppression de plusieurs
restrictions sectorielles etl'augmentationdu nombre des
avantages fiscaux et autres. Pour assurer la
compatibilité des approches dans lecadrede l'UEMOA, le
Bénin attendrait pour modifier sa législation actuelle
en matièred'investissement quel'Union ait arrêté un
code régional. Il a également étésouligné que pour
renforcer le cadre del'investissement, le Bénin avait
signé ou était en train de négocier diversaccords
d'investissementbilatéraux et multilatéraux. Le
gouvernement oeuvrait également en faveur de lamise en
place d'unCentre de promotion des investissements. Le
représentant a souligné que les
nouvellesinitiativesn'établissaient pas de
discrimination entre les investisseurs étrangers et les
investisseursnationaux.
Questions
relatives à la transparence
Les
membres se sont félicités de la clarté et de
lasimplicité de la structure tarifaire du Bénin.
Toutefois, des questions ont été posées sur la
possibilité d'accès dupublic au tarif douanier. Un
membrea demandé un exemplaire du tarif douanier. Des
préoccupations ont égalementété exprimées au sujetde
la complexité des procédures de dédouanement et
d'inspection avantexpédition, notamment dumécanisme
utilisé pour établir les prix à l'importation. A cet
égard,des questions ont été posées surles projets du
Bénin concernant la mise en oeuvre du Système
harmonisé declassification et de l'Accordsur
l'évaluation en douane de l'OMC. Il a été noté que le
Béninn'avait pas notifié qu'il appliqueraitl'Accord de
manière différée au titre de l'article 20 de ce
dernier.
Des
questions ont également été posées au sujetdes
procédures d'enregistrement des importateurs,concernant
en particulier le statut des importateurs
"occasionnels" en matièred'imposition à la
frontièreet d'imposition intérieure, la liste des
marchandises réservées aux importateursagréés ainsi
quel'obligation d'affiliation à la Chambre de commerce
et les règles appliquées auxmarchandises en transit.
Des membres ont noté l'absence d'un véritable
mécanisme de recours contre lesdécisions
administrativeset ont instamment demandé au Bénin
d'actualiser sa structure juridique à cetégard.
En
réponse, le représentant du Bénin abrièvement exposé
les conditions régissant l'enregistrementdes
importateurs, les marchandises en transit et le
fonctionnement du mécanisme
d'inspectionavantexpédition. Il a dit que son pays
utilisait la Définition de la valeur en douane
deBruxelles et que lepublic pouvait facilement avoir
accès au tarif douanier. Le Système harmoniséavait
déjà été adoptéet le nouveau code en cours
d'impression reprenait cette classification. Les
procéduresdouanièresétaient transparentes et ce
processus serait renforcé par la consolidation finale
des droitsde douaneau niveau de l'ensemble de l'UEMOA. La
législation intérieure visant à appliquerl'Accord
surl'évaluation en douane de l'OMC serait également
adoptée dans le cadre del'UEMOA. Les
importateurs"occasionnels" ne possédant pas
une carte d'importation étaient assujettisà une taxe
supplémentairede 1 pour cent de la
valeur c.a.f. des marchandises en plus des droits de
douane et taxesnormalementapplicables, en vue de les
encourager à intégrer le secteur formel. Les prix
fixéspar la sociétéd'inspection avant expédition
étaient généralement fondés sur ceuxqui étaient
pratiqués dans le paysexportateur. Le traité de l'Union
pour l'harmonisation des droits des
entreprisescomplétait lesmécanismes de recours contre
les décisions administratives existant auBénin.
Autres
mesures spécifiques
De
manière générale, les membres se sontfélicités des
mesures très importantes prises parle Bénin pour
libéraliser ses marchés d'importation et réduire les
restrictionsà l'exportation. Il a étéinstamment
demandé au pays de poursuivre sa libéralisation
commerciale dans le respectdes règleset des principes du
système commercial multilatéral en renforçant ses
engagementscontraignants.
Des
préoccupations ont été exprimées au sujetde l'absence
de directives législatives clairesconcernant les
marchés publics. A cet égard, des précisions ont
étédemandées sur l'état actuel duprojet de loi sur
les marchés publics.
Des
questions ont été posées au sujet dubien-fondé du
maintien de l'interdiction à l'exportationdes produits
vivriers et des projets concernant la libéralisation
future des monopoles d'Etatencore enplace. Des
précisions ont également été demandées sur
l'utilisationpar le Bénin des règles d'origineprévues
dans l'Accord sur l'UEMOA. Les membres souhaitaient avoir
la confirmation que leBéninne maintenait pas de régime
d'investissement devant faire l'objet d'une notification
au titre del'Accordsur les MIC. Ils ont également
demandé des renseignements sur le cadre juridique
etl'applicationpratique de la législation béninoise
relative à la propriétéintellectuelle.
En
réponse, le représentant du Bénin a indiquéque son
pays n'appliquait aucune prescriptionrelative à la
teneur en éléments d'origine locale en dehors de celles
quiétaient énoncées dans les règlesd'origine relevant
des Accords de l'UEMOA et de la CEDEAO en vue de l'octroi
du traitementpréférentiel. Il n'y avait pas
d'interdiction à l'exportation des produits vivriers.
Les exportations deteck avaient été réglementées pour
empêcher la destruction deforêts protégées. La Loi
sur les marchéspublics avait été votée et promulguée
en août 1997 et ledécret d'exécution serait sous
peu présentéau Parlement. La législation relative au
droit d'auteur était en révision pourassurer sa
conformitéavec l'Accord sur les ADPIC. A cet égard, le
représentant a demandé une aidepour assurer
lacoordination entre les douanes, le Bureau du droit
d'auteur (BUBEDRA) et le ministère encharge
destélécommunications.
Eléments
sectoriels
Les
participants ont souhaité avoir l'avis du Bénin sur
lerôle de l'investissement étranger directdans
l'économie, notamment dans l'industrie alimentaire et
dans le secteur minier. Certains ontsuggéréque le
Bénin pourrait tirer profit de la Décision de l'OMC en
faveur des pays les moinsavancés etdes pays en
développement importateurs nets de produits alimentaires
qui, entre autres,envisageaitl'octroi d'une assistance
pour permettre d'améliorer la productivité et
l'infrastructureagricoles.
Des
participants ont demandé des précisions sur lesprogrès
réalisés par le Bénin pour réformersa structure
juridique de manière à libéraliser les principales
industries de services,y compris les servicesfinanciers,
le transport maritime, le transport aérien et les
télécommunications. Ilsont noté que, entant
qu'élément essentiel du développement de
l'infrastructure, le secteur desservices
detélécommunication bénéficierait de l'investissement
étranger. Parailleurs, l'abandon du duopole
existantactuellement dans le transport aérien pourrait
entraîner une baisse des coûts dufret. Il a été
demandéau Bénin d'envisager de consolider le régime
financier libéralisé en vigueur,ainsi que
lestélécommunications mobiles, lors des négociations
en cours à l'OMC sur lesservices financiers et
lestélécommunications de base. Il a été demandé que
soitconfirmé le fait que l'investissement étrangerdans
l'hôtellerie était autorisé, conformément à ce que
le Béninavait consolidé dans le cadre de l'AGCS.
En
réponse, le représentant du Bénin a indiquéque la
plupart des activités productives etcommerciales avaient
été privatisées, y compris les banques, l'assurance
autre quel'assurance-vie,la production de pétrole et
l'hôtellerie. Le monopole sur les activités
portuairesavait également étésupprimé et la présence
d'opérateurs privés allait être autoriséedans la
téléphonie mobile; d'autresréformes dans le secteur
des télécommunications étaient àl'étude.
L'investissement privé était recherchédans les
secteurs de l'assurance-vie, de la distribution du
pétrole et de la production de cimentet desucre. Une
assistance technique était nécessaire pour consolider
la législation duBénin dans le cadredes négociations
sur les services en cours à l'OMC. Le représentant
aconfirmé qu'il n'y avait pasde restriction à
l'investissement étranger dans l'hôtellerie; le
tourisme étaitun secteur de développementprioritaire et
certains hôtels appartenant à l'Etat avaient déjà
étéprivatisés.
Intégration
régionale
Les
membres ont pris acte des efforts déployésrécemment
par le Bénin pour participer davantageà des accords
commerciaux régionaux, y compris l'union douanière
prévueentre les pays de l'UEMOA. A cet égard, de
nombreux participants ont demandé quelles étaient les
perspectivesconcernant l'Union,à quel moment elle serait
mise en place et si elle aboutirait à la suppression des
mesuresnon tarifaireset à la création d'un marché
interne dans le cadre de l'Union. Les membres
ontsouligné que laconvergence des droits de douane
exigée par une union douanière risquaitd'entraîner un
relèvementdes droits NPF au Bénin. Ils considéraient
que cela nuirait à l'économie dupays et ont suggéré
derecourir à des consolidations tarifaires dans le cadre
de l'OMC pour réduire ce risque. Des questions ont été
posées au sujet de l'état d'avancement de
lalibéralisation tarifaire et non tarifaire dans le
cadrede la CEDEAO et il a été demandé si cet accord
avait éténotifié à l'OMC.
En
réponse, le représentant du Bénin a dit que
lesobjectifs fondamentaux de l'UEMOA étaientd'assurer
une convergence rapide vers une union économique, avec
un marché communfondé sur lalibre circulation des
personnes, des biens, des services et des capitaux. Les
progrès importantsréalisésjusqu'ici comprenaient la
suppression de tous les obstacles non tarifaires au
commerce interne et uneréduction considérable des
droits sur le commerce interne de produits convenus.
Lamise en placed'un tarif extérieur commun était
prévue pour le 1er janvier 1998.
L'harmonisation de la législationétait également en
cours dans les domaines de l'imposition, des
procédurescomptables et del'investissement. Un certain
retard s'était produit dans la mise en place de l'Union.
Dansl'intervalle,le Bénin entendait maintenir le niveau
de ses droits de douane, lesquels étaient les plusbas
des droitsappliqués par les pays de l'UEMOA;
l'Assemblée nationale devrait ratifier toutemodification
desdroits de douane résultant des décisions prises par
l'Union.
Le
Bénin dans le système commercial multilatéral
Les
membres ont souligné le fait que le Bénin était undes
pays les moins avancés et qu'il avaiten conséquence une
position spéciale dans le système
commercialmultilatéral. Il a été suggéré quedes
moyens devraient être trouvés pour assurer une
participation plusrégulière du pays aux travauxde
l'OMC. A cet égard, il a été demandé au Bénin
d'indiquer cequ'il attendait de la Réunion de hautniveau
sur les pays les moins avancés qui allait se tenir
prochainement, notamment enmatière d'accèsaux marchés.
Les participants ont également invité le Bénin
àindiquer l'assistance technique dontil avait besoin
pour tirer le plus grand parti possible des Accords de
l'OMC.
En
réponse, le représentant du Bénin a exprimél'espoir
que la Réunion de haut niveau surles pays les moins
avancés aboutirait à des engagements visant à
améliorerl'accès aux marchés, àaccroître la
capacité concurrentielle des PMA grâce à des
activités deformation et d'information pourles
opérateurs des secteurs privé et public, et à créer
un système pourprotéger et encouragerl'investissement
dans les PMA. Il a souligné la nécessité de maintenir
untraitement différencié pourles pays en développement
pendant la période de transition et d'offrir une
assistanceefficace aux PMA. A son avis, la survie du
système commercial multilatéral dépendait de
sacapacité à réduire les inégalitéset à accroître
les échanges sur la base de l'avantage comparatif de
chaquemembre. Il a donc préconiséla mise en place d'un
programme concret d'aide et d'information des PMA pour
mettre en oeuvre lesAccords de l'OMC, participer aux
négociations futures, apprendre aux producteurs
àrespecter les normesinternationales en vigueur sur les
marchés d'exportation et élaborer des stratégiespour
le développementfutur du commerce, et il a donné une
liste de domaines spécifiques dans lesquels leBénin
aurait besoind'une telle assistance.
*
* * * * * *
Les
membres se sont félicités des mesures importantesprises
ces dernières années par le Béninpour ouvrir et
libéraliser davantage l'économie, par le biais de
réformesconstitutionnelles, législativeset
administratives, et de programmes de privatisation. Ils
ont souligné l'importance de ladiversificationde
l'économie et la nécessité de rechercher le
développement sur une basedurable. Les membres
ontégalement dit qu'il importait de prendre de nouvelles
mesures pour rendre les pratiquescommercialesdu Bénin
plus prévisibles, plus transparentes et plus sûres. Il
a été enparticulier fait état de la
nécessitéd'améliorer l'accès à divers secteurs de
services. Dans l'ensemble, les membresont vivement
encouragéle Bénin à poursuivre et à accélérer le
processus de réformedans tous les domaines économiques
etont accueilli de manière favorable les demandes du
pays en vue d'obtenir une aide dans lecadre desactivités
de l'OMC.
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