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Les 25
et 26 novembre 1997, l'Organe d'examen des
politiques commerciales (OEPC) de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) a procédé au deuxième examen de la
politique commerciale de l'Union européenne. On trouvera
ci-joint le texte des remarques finales du Président,
résumant les points essentiels qui se sont dégagés du
débat.
L'examen
permet à l'OEPC d'évaluer collectivement, de manière
régulière, toute la gamme des politiques et pratiques
commerciales de chacun des pays Membres de l'OMC en vue
de suivre les tendances et faits nouveaux importants qui
peuvent avoir une incidence sur le système de commerce
mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur.
Un
compte rendu des débats et les conclusions exposées par
le Président formeront avec ces deux rapports l'examen
complet de la politique commerciale de l'Union
européenne qui sera publié en temps voulu et pourra
être obtenu auprès du Secrétariat de l'OMC, Centre
William Rappard, 154 rue de Lausanne, 1211
Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993), Argentine (1992), Australie (1989 et
1994), Autriche (1992), Bangladesh (1992), Bénin (1997),
Bolivie (1993), Brésil (1992 et 1996), Cameroun (1995),
Canada (1990, 1992, 1994 et 1996), Chili (1991 et 1997),
Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996), Communautés
européennes (1991, 1993, 1995 et 1997), Corée, Rép. de
(1992 et 1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995),
Egypte (1992), El Salvador (1996), Etats-Unis (1989,
1992, 1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie (1991),
Inde (1993), Indonésie (1991 et 1994), Islande (1994),
Israël (1994), Japon (1990, 1992 et 1995), Kenya (1993),
Macao (1994), Malaisie (1993), Maroc (1989 et 1996),
Maurice (1995), Mexique (1993 et 1997), Nigéria (1991),
Norvège (1991 et 1996), Nouvelle-Zélande (1990 et
1996), Ouganda (1995), Pakistan (1995), Paraguay (1997),
Pérou (1994), Philippines (1993), Pologne (1993),
République dominicaine (1996), République slovaque
(1995), République tchèque (1996), Roumanie (1992),
Sénégal (1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka
(1995), Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996),
Thaïlande (1991 et 1995), Tunisie (1994), Turquie
(1994), Uruguay (1992), Venezuela (1996), Zambie (1996)
et Zimbabwe (1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: UNION EUROPEENNE
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
Ces
deux derniers jours, l'Organe d'examen des politiques
commerciales (OEPC) a procédé au quatrième examen
- le deuxième dans le cadre de l'OMC - de la
politique et des pratiques commerciales de l'Union
européenne (UE). Il s'agissait du premier "examen
intérimaire" effectué comme convenu en 1996 par
l'OEPC pour les examens biennaux; à ce titre, il a donc
principalement porté sur l'évolution de la politique
commerciale au cours des deux dernières années et sur
certaines questions sectorielles, au lieu d'englober tous
les sujets.
Les
débats se sont articulés autour des cinq thèmes
principaux ci-après: i) l'interface entre le
marché unique et la libéralisation multilatérale;
ii) l'élargissement de l'UE et le réseau d'accords
régionaux ou préférentiels; iii) les questions
systémiques de politique commerciale; iv) les
questions sectorielles; et v) l'UE et l'avenir du
système multilatéral.
Les
participants ont posé un grand nombre de questions par
écrit. Le représentant de l'Union européenne a fourni
des réponses écrites pendant la réunion et s'est
engagé à donner d'autres précisions si nécessaires.
Les
Membres ont accueilli favorablement les déclarations du
représentant de l'UE au sujet de la participation et de
l'attachement de celle-ci au système commercial
multilatéral fondé sur les règles de l'OMC. Ils ont
toutefois posé de nombreuses questions sur certains
aspects de la politique et des pratiques commerciales de
l'UE qui les concernaient. Toute mesure prise par la plus
grande entité commerciale du monde avait nécessairement
une forte incidence sur le système commercial et
c'était là un sujet de préoccupation majeur pour
beaucoup de participants.
Interface
entre le marché unique et la libéralisation
multilatérale: questions institutionnelles
Les
Membres ont noté avec satisfaction que, dans un nombre
croissant de domaines, le marché unique et la
libéralisation extérieure s'étaient mutuellement
renforcés, entraînant une amélioration de l'accès aux
marchés pour les fournisseurs extérieurs et exposant
davantage l'économie de l'UE à la concurrence. Par
exemple, certains aspects de la participation de l'UE aux
récentes négociations multilatérales sur les services
étaient dictés par des réformes internes.
Toutefois,
les Membres ont noté qu'il restait des obstacles non
négligeables au commerce et à la répartition efficace
des ressources, obstacles qui pouvaient être
préjudiciables aux fournisseurs extérieurs. Ils ont
mentionné le niveau élevé de l'aide publique et sa
concentration sur un nombre de secteurs relativement
faible, ainsi que les limites restreignant l'ouverture
des marchés publics. Tout en reconnaissant que les
règles de l'OMC servaient de plus en plus de référence
lors de l'élaboration des politiques de l'UE, les
Membres ont demandé instamment que de nouveaux efforts
soient déployés pour faire en sorte que toutes les
réglementations de l'UE respectent les principes de
transparence et de non-discrimination, et soient dûment
notifiées à l'OMC. Quelques-uns ont posé des questions
au sujet de la "compétence de la Communauté"
en matière de négociations commerciales. Les
initiatives prises récemment en vue de renforcer les
mesures concernant la santé, la sécurité et la
protection de l'environnement ont suscité certaines
inquiétudes. Des Membres craignaient que, s'agissant du
commerce des produits manufacturés, les échanges
intra-UE aient augmenté ces dernières années au
détriment des échanges extra-UE.
En
réponse, le représentant de l'Union européenne a
souligné que le processus interne d'harmonisation
pouvait être assimilé à une libéralisation. Les
fournisseurs des pays tiers bénéficiaient pleinement
des mesures visant à supprimer les obstacles au commerce
intracommunautaire. L'expansion de ce commerce ne
s'était pas faite au détriment des pays non membres de
l'UE, dont la part dans les importations totales de l'UE
restait stable (40 pour cent) et la part dans la
demande intérieure de produits manufacturés
progressait. L'intervenant a donné des détails sur le
Plan d'action visant à supprimer les obstacles
sectoriels à l'intégration des marchés qui
subsistaient, et s'est engagé à fournir des
renseignements sur les propositions de simplification de
la législation de l'UE.
Le
représentant a indiqué que le nouvel article 133
du Traité de Rome clarifierait la question de la
compétence de la Communauté. Il a rappelé que la
Communauté était seule compétente en ce qui concernait
le commerce des marchandises, et que les Etats membres
n'avaient pas de "domaine réservé" pour ce
qui était des services et des ADPIC.
Elargissement
de l'UE et réseau d'accords préférentiels
Les
Membres ont pris note des propositions concernant la
poursuite de l'élargissement de l'UE et de l'expansion
de son réseau d'accords préférentiels, régionaux et
autres. Ils ont demandé quelles étaient les
conséquences de ces arrangements pour le commerce des
pays tiers. Certains craignaient un éventuel
détournement de trafic et ont mentionné à cet égard
les obstacles tarifaires et non tarifaires en vigueur
dans des secteurs tels que les textiles, l'agriculture et
l'industrie automobile. Des Membres ont souligné que
l'intégration régionale devait rester conforme aux
règles pertinentes de l'OMC. A ce propos, un
présentateur a fait remarquer qu'il fallait faire en
sorte que ces règles soient adaptées à la
multiplication et à la nouvelle structure des accords
préférentiels et régionaux. Les Membres ont pris note
de l'appel lancé récemment par les Ministres de l'UE
pour que la conformité des accords préférentiels avec
l'OMC soit examinée plus soigneusement et que les
règles de l'OMC sur les accords commerciaux régionaux
soient précisées. Des questions ont également été
posées sur l'harmonisation des règles d'origine
préférentielles de l'UE et les dispositions en matière
de cumul qu'elles contiennent.
Certains
Membres ont indiqué que les négociations en matière de
compensation engagées au titre de l'article XXIV:6
avec l'UE à la suite de l'adhésion de l'Autriche, de la
Finlande et de la Suède à la Communauté s'étaient
terminées de manière satisfaisante, mais d'autres ont
dit qu'elles n'avaient toujours pas été achevées et
ont souhaité qu'elles le soient rapidement. Un Membre a
souligné que, lors des futurs élargissements, les
négociations devraient être engagées à l'avance.
Plusieurs
participants ont exprimé des préoccupations
systémiques concernant certains aspects nouveaux du
schéma de préférences de l'UE, et en particulier des
critères d'admissibilité subordonnant l'octroi des
avantages à la protection de l'environnement ou aux
conditions de travail; les liens établis avec la lutte
antidrogue ont également suscité des inquiétudes. Ces
aspects étaient contraires aux principes fondamentaux du
SGP. Par ailleurs, des précisions ont été demandées
quant aux critères régissant la gradation appliquée
aux secteurs ou aux pays.
Le
représentant de l'Union européenne a répondu que les
accords préférentiels n'allaient pas à l'encontre de
l'objectif de libéralisation multilatérale progressive
poursuivi par l'OMC. Il a fait remarquer que le
libre-échange n'était qu'un élément des accords
conclus par l'UE, qui portaient également sur des
aspects tels que la démocratie, la coopération
économique, les relations politiques et les relations en
matière de sécurité, le rapprochement des
législations, la migration, l'aide financière pour les
réformes structurelles, etc. L'UE avait soigneusement
veillé à ce que ces accords soient compatibles avec
l'OMC. L'intervenant a apporté des précisions sur les
négociations relatives à des accords préférentiels et
des accords de partenariat et de coopération qui
venaient de s'achever ou étaient en cours. Il a
également donné quelques détails sur les négociations
au titre de l'article XXIV:6 et a fait observer
qu'il n'était pas nécessaire qu'elles soient achevées
avant l'élargissement.
L'UE
a reconnu que les divergences entre les règles d'origine
pouvaient poser des problèmes aux négociants et aux
autorités douanières. Des règles d'origine uniformes,
intégrant le "cumul diagonal", avaient donc
été établies dans les Accords européens, et il était
envisagé de les introduire dans la "nouvelle
génération" d'Accords méditerranéens. L'UE
estimait que ces règles d'origine étaient conformes aux
Accords de l'OMC.
Le
schéma de préférences de l'UE, bien qu'étant autonome
et ne créant pas de droits absolus, était le plus
complet de tous. Il encourageait l'introduction de
politiques pour la protection des droits des travailleurs
et de l'environnement. Le programme d'incitations
spécial était facultatif et visait à soutenir les
efforts déployés par les pays pour lutter contre le
commerce de la drogue, ou à introduire des politiques
environnementales ou sociales prospectives.
Questions
systémiques de politique commerciale
D'une
manière générale, les Membres ont reconnu l'avancée
régulière de l'UE vers un régime de commerce
extérieur plus libéral au cours des deux dernières
années, en particulier grâce à la mise en oeuvre des
engagements tarifaires pris dans le cadre de l'OMC et à
l'élimination progressive des contingents et de
l'autolimitation des exportations. Ils ont admis que l'UE
avait joué un rôle clé dans les négociations sur les
télécommunications de base et les produits des
technologies de l'information, et était un élément
moteur des négociations en cours sur les services
financiers.
Toutefois,
les Membres ont noté que la protection contre les
importations, diverses formes d'aide et le recours aux
mesures d'urgence gardaient de l'importance dans des
secteurs sensibles, dont certains présentaient un
intérêt particulier pour les pays en développement.
Les droits de douane applicables aux produits industriels
étaient, en moyenne, inférieurs à 5 pour cent
actuellement et devaient être ramenés au-dessous de
3 pour cent en l'an 2000, mais des crêtes
importantes subsistaient pour les textiles et les
vêtements, les véhicules automobiles et certains
produits électroniques grand public. Dans le secteur
agricole, des taux de droits très élevés frappaient
encore des produits importants tels que les céréales,
la viande, les produits laitiers, la volaille, le sucre
et le tabac. En outre, la structure tarifaire de l'UE
comportait encore une certaine progressivité. Le
problème des effets restrictifs de la reclassification
tarifaire sur les échanges a également été soulevé.
Certains
participants ont déploré la grande fréquence des
procédures antidumping, la récente concentration des
mesures sur les produits textiles et le recours aux
dispositions anticontournement; dans ce secteur, la
protection tarifaire élevée et le contingentement,
combinés au recours intensif à des mesures antidumping,
ajoutaient à l'incertitude concernant l'accès à un
marché déjà protégé. Des questions ont été posées
quant à la compatibilité de certaines dispositions de
législation antidumping de l'UE avec l'Accord pertinent
de l'OMC.
Les
Membres ont relevé l'incidence de plus en plus grande
des mesures "internes", telles que l'aide
publique, sur le commerce extérieur et ont insisté sur
la nécessité d'imposer aux Etats Membres des
disciplines plus strictes en matière de subventions.
Certains ont fait part de leur préoccupation quant au
faible degré d'ouverture des marchés publics et au
respect de l'Accord de l'OMC sur ce sujet. Par ailleurs,
les Membres ont souligné que les directives de l'UE en
matière de santé, de sécurité et d'environnement ne
devaient pas constituer des obstacles non nécessaires au
commerce. A cet égard, certains participants ont fait
part de leurs préoccupations systémiques à propos de
l'approche du "risque zéro" qui semblait avoir
été adoptée pour certaines prohibitions frappant tant
les pays membres de l'UE que les pays non membres et
portant notamment sur la viande et les produits animaux
dérivés qui étaient réputés être porteurs des
agents de l'ESB, ainsi que pour les nouvelles mesures sur
les "matériels à risques spécifiés" devant
entrer en vigueur le 1er janvier 1998. D'autres
Membres ont demandé que le système d'écolabels de l'UE
soit administré de manière plus transparente.
Le
représentant de l'Union européenne a donné des
précisions sur la nomenclature tarifaire de l'UE, ainsi
que sur l'administration tarifaire et douanière et les
procédures judiciaires nationales et communautaires y
afférentes. Il a également apporté des réponses
détaillées aux questions sur les règles et procédures
antidumping de l'UE. Selon lui, celles-ci visaient à
rétablir un commerce loyal et étaient conformes aux
règles de l'OMC; par ailleurs, le nombre de procédures
engagées était en baisse. Il a assuré que ces
procédures étaient ouvertes et transparentes, et
qu'aucun secteur ou exportateur n'était visé en
particulier. Une attention spéciale était accordée aux
pays en développement mais la Commission ne pouvait
accepter que des solutions constructives permettant de
remédier au dumping qui causait le dommage. S'agissant
du commerce intracommunautaire, les mesures antidumping
étaient interdites sur le marché intégré, mais des
règles en matière de concurrence avaient été
instituées pour résoudre des problèmes tels que la
fixation de prix d'éviction. La clause "antiprise
en charge" permettait la réévaluation des prix
d'exportation ou des "valeurs normales" dans
les cas où il n'y avait pas eu de modification des prix
permettant de remédier au dommage. La règle du
"droit inférieur" était appliquée
systématiquement et avait souvent permis d'abaisser le
niveau des droits antidumping. L'OMC reconnaissait la
nécessité de lutter contre un contournement délibéré
des mesures antidumping.
Le
représentant a souligné que l'UE avait notifié ses
aides d'Etat à l'OMC. Il était heureux que les efforts
déployés par l'UE pour instaurer la transparence aux
niveaux communautaire, national et sous-national soient
reconnus, et il a fourni des précisions sur le
fonctionnement des fonds structurels, notamment dans des
secteurs spécifiques. Les aides d'Etat devaient être
utilisées avec modération et être transparentes. Des
études avaient montré que le recours à ces aides
diminuait à long terme dans l'UE, et celle-ci pensait
que cette tendance devait se maintenir.
Par
ailleurs, le représentant a fourni des renseignements
sur le fonctionnement de la politique de concurrence de
l'UE, la base de données sur la stratégie en matière
d'accès aux marchés, l'application du Règlement
relatif aux obstacles au commerce au "conhaque"
brésilien, et le programme de promotion des exportations
de l'UE. Il a également répondu à des questions sur
les normes environnementales et l'éco-étiquetage; ce
dernier programme était non discriminatoire et des
mesures étaient prises pour prendre en compte les
intérêts de tous les producteurs. L'utilisation
exclusive du système métrique pour l'étiquetage était
conforme aux normes de l'ISO et avait pour objet de
simplifier les procédures. L'intervenant a précisé que
l'ARM conclu entre l'UE et les Etats-Unis ne contenait
aucune disposition en matière de règles d'origine. L'UE
avait l'intention d'étendre la portée des ARM à
d'autres fournisseurs.
Le
représentant a souligné que l'UE s'appuyait sur des
droits de propriété intellectuelle et industrielle
solidement établis et bien protégés. Il a donné des
exemples de législations en vigueur ou à l'examen, et a
répondu à des questions spécifiques sur des domaines
tels que le commerce électronique, la protection des
bases de données et le traitement national. L'Accord sur
les marchés publics avait force de loi communautaire. En
juillet 1996, 140 des 155 mesures nationales
portant mise en oeuvre des directives européennes
avaient été notifiées à la Commission européenne.
L'absence d'harmonisation ne signifiait pas forcément
qu'elles s'écartaient des règles européennes ou des
prescriptions de l'Accord sur les marchés publics,
notamment dans les cas où il y avait déjà
compatibilité. Il n'était pas nécessaire de publier un
avis pour les marchés dont la valeur était inférieure
aux seuils fixés par la Communauté européenne et
l'Accord sur les marchés publics. De plus amples
renseignements sur la mise en oeuvre de l'Accord sur les
marchés publics ont été fournis; une notification
serait présentée à l'OMC d'ici au
31 décembre 1997.
Questions
sectorielles
Dans
le secteur agricole, la mise en oeuvre de la réforme de
la PAC et des engagements pris à l'OMC, facilitée dans
une large mesure par les tendances favorables du marché,
a été perçue comme étant un pas dans la bonne
direction. La moyenne des droits de douane avait été
abaissée mais des droits hors contingent élevés
continuaient à protéger les produits sensibles; les
équivalents subventions à la production avaient
augmenté. Les arrangements relatifs à l'importation de
viande, de produits laitiers, de riz, de fruits et de
légumes demeuraient un sujet de préoccupation. Les
Membres ont invité l'UE à poursuivre les réformes de
sa politique dans ce secteur, en recourant plus aux
paiements directs et moins au soutien des prix et aux
subventions à l'exportation. A cet égard, la récente
proposition de la Commission, Agenda 2000, a été
accueillie avec intérêt, même si quelques Membres se
sont demandé si elle allait assez loin en ce qui
concernait l'amélioration de la répartition des
ressources et l'accès aux marchés; d'aucuns
souhaitaient savoir quelles avaient été les premières
réactions des Etats membres face à cette proposition.
Les
Membres ont relevé que l'accès aux marchés avait été
amélioré dans le secteur manufacturier sous l'effet
combiné des dispositions relatives au Marché unique, de
la réduction des mesures tarifaires et non tarifaires et
des nouveaux engagements souscrits dans le cadre de
l'Accord sur les technologies de l'information.
Toutefois, plusieurs participants ont fait part de leur
déception face à la lenteur de la libéralisation des
importations de textiles et de vêtements et au report de
l'intégration des articles frappés de restrictions aux
dernières étapes prévues par l'ATV. En outre, les
Membres ont observé que des secteurs qui, comme celui de
l'automobile, avaient des difficultés à s'adapter aux
nouvelles tendances du marché et aux conditions de
coût, bénéficiaient aussi d'une protection tarifaire
élevée et d'une aide financière importante. Certains
participants ont souligné que l'industrie de l'UE était
fortement spécialisée dans les produits de moyenne
technologie.
La
plupart des Membres se sont félicités des efforts
déployés par l'UE pour libéraliser tant au plan
intérieur qu'extérieur le commerce des services,
télécommunications et services financiers notamment.
Quelques-uns ont demandé à l'UE si, étant donné que
la libéralisation des services générait des
bénéfices substantiels pour les pays développés, elle
appuierait l'idée d'associer les négociations sur les
services à d'autres domaines présentant un intérêt
pour les pays en développement lors de la prochaine
phase de négociations de l'OMC.
Le
représentant de l'Union européenne a fait observer que
le secteur des textiles et des vêtements était en cours
de réintégration dans le cadre du GATT. La liste de
l'UE était pleinement conforme à ses obligations de
libéralisation. Toutefois, l'UE réexaminerait sa
première étape de l'intégration au regard des
recommandations de l'OSpT. L'intervenant a expliqué les
dispositions en matière d'accès figurant dans les
Accords européens et a fait observer que les droits de
douane appliqués n'excédaient pas les taux consolidés
et que les taux les plus élevés ne pouvaient pas être
considérés comme des "crêtes". L'UE n'avait
pas encore établi le programme de la troisième étape
de l'intégration au titre de l'ATV.
Le
représentant a apporté quelques réponses
préliminaires à une série de questions sur
l'agriculture et la pêche, en promettant d'en
communiquer d'autres par écrit ultérieurement. Ces
réponses portaient principalement sur les mesures SPS,
les mesures prises pour remédier à la crise de la vache
folle, la poursuite de la réforme de la PAC et le
régime applicable aux fruits et légumes. Dans certains
cas, les Membres ont été invités à se reporter aux
renseignements fournis à d'autres Comités de l'OMC,
notamment en ce qui concernait l'administration des
contingents tarifaires. L'UE respectait ses obligations
au regard de l'OMC, y compris celles qui touchaient au
soutien interne. Elle ne considérait pas ses organismes
d'intervention comme des entreprises commerciales d'Etat.
La réforme du secteur vinicole était en cours d'examen.
Le
représentant a fait remarquer que certaines questions
sur la réforme en cours du secteur des services allaient
au-delà des obligations découlant de l'OMC, et que les
réformes internes n'avaient pas nécessairement une
incidence sur les obligations externes. L'UE demandait à
ses partenaires commerciaux de procéder à une
libéralisation comparable à celle qu'elle-même
offrait, mais elle reconnaissait également l'effet
bénéfique des engagements internationaux sur le
programme de travail interne. Des précisions ont été
données sur certains aspects du programme relatif au
Marché unique, ainsi que sur l'ouverture des marchés
des services financiers et des transports, la directive
sur la TVA applicable aux fournisseurs de services de
télécommunication ne faisant pas partie de l'UE, et la
propriété des moyens de diffusion et la Directive
"Télévision sans frontières" dans le secteur
des services audiovisuels. Les règles relatives au
commerce électronique étaient en cours d'examen.
L'UE
et l'avenir du système commercial multilatéral
Les
Membres ont souligné que l'examen avait eu lieu alors
que l'UE connaissait de grands changements politiques.
Ils se sont beaucoup souciés des éventuelles
conséquences du passage à l'Union économique et
monétaire et des nouveaux élargissements de l'UE à des
pays tiers. Certains Membres ont souligné que la monnaie
unique pourrait avoir des effets bénéfiques sur la
transparence et sur la sécurité et la prévisibilité
des échanges commerciaux dans la zone euro. Il a
toutefois été demandé à l'UE de fournir une analyse
plus poussée sur les conséquences de l'UEM pour les
pays européens qui ne faisaient pas partie de cette
zone.
En
règle générale, les Membres ont reconnu que le
renforcement de l'intégration européenne, avec
l'achèvement du Marché unique, les préparatifs en vue
de l'introduction de la monnaie unique et la réforme des
institutions communautaires, n'avait pas freiné la
participation de l'UE au système multilatéral. Ils ont
au contraire constaté que l'UE avait contribué au
succès des négociations postérieures au Cycle
d'Uruguay, favorisé le recours aux procédures de
règlement des différends, notamment en acceptant les
rapports de groupes spéciaux qui lui étaient
défavorables, et encouragé l'inscription de nouvelles
questions au programme de travail de l'OMC. Certains
Membres ont accueilli avec satisfaction les déclarations
du représentant de l'UE sur la nécessité d'engager des
négociations globales, plutôt que sectorielles, lors
d'un éventuel futur cycle sous les auspices de l'OMC.
Le
représentant de l'Union européenne a rappelé sa
déclaration préliminaire, dans laquelle il réaffirmait
l'attachement de l'UE au système multilatéral. Il a
évoqué les programmes qui avaient été ou seraient
établis dans le cadre de l'"Agenda 2000"
à des fins de réforme interne, ainsi que les
négociations qui avaient été engagées avec les pays
candidats en vue de leur adhésion. L'UE honorerait ses
obligations au titre des dispositions pertinentes du GATT
de 1994 et de l'AGCS. Son élargissement entraînerait
également l'établissement d'un Marché unique plus
vaste. Comme par le passé, l'intégration interne et la
libéralisation externe seraient menées en parallèle.
Il
était trop tôt pour évaluer précisément les effets
de la création de l'euro sur le commerce. L'objectif
était évidemment d'avoir une monnaie stable. Il restait
encore à résoudre un grand nombre de problèmes
techniques.
***************
Conclusion
Il
ressort de cet examen que les Membres sont tout à fait
convaincus de l'influence de l'UE sur le système
commercial multilatéral et son évolution. Cela a deux
conséquences: les Membres attachent une très grande
valeur aux effets positifs d'activités de
libéralisation telles que la mise en place du Marché
unique, et ils sont très sensibles aux politiques ou
mesures commerciales de l'UE qui pourraient, selon eux,
fausser le commerce. Par ailleurs, les Membres se sont
dits préoccupés par les effets systémiques de
l'expansion de l'UE, la naissance d'une nouvelle
génération d'accords commerciaux avec les pays voisins
ou autres, et de nombreuses questions spécifiques ou
sectorielles. Il est bien évident que les politiques et
mesures commerciales de l'UE ne laissent aucun Membre de
l'OMC indifférent, comme l'ont prouvé le grand nombre
de questions qui ont été présentées à l'avance sur
une multitude de points et le niveau du débat au cours
de la réunion.
Bien
qu'il s'agisse d'un examen "intérimaire", il
survient à un moment important de l'évolution des
politiques commerciales de l'UE. De nombreux événements
importants se préparent, parmi lesquels, et non des
moindres, le passage à l'Union économique et monétaire
(qui renforcera l'intégration et la libéralisation du
Marché unique), la révision de la Convention de Lomé,
et la progression vers un nouvel élargissement de l'UE.
Nous espérons que les observations présentées au cours
des deux derniers jours seront prises en compte par les
organes compétents de l'Union européenne - la
Commission et les Etats membres - lorsqu'ils
définiront leurs relations extérieures dans le cadre du
système commercial multilatéral et élaboreront les
politiques internes de l'UE qui ont une incidence directe
ou indirecte sur ledit système.
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: AR
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
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