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Les 24 et 25 juin 1999, l'Organe d'examen des politiques
commerciales (OEPC) de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) a procédé au deuxième examen des
politiques commerciales de l'Égypte. On trouvera
ci-joint le texte des conclusions du Président,
résumant les points essentiels qui se sont dégagés des
débats. L'examen permet à l'OEPC d'évaluer
collectivement, de manière régulière, toute la gamme
des politiques et pratiques commerciales de chacun des
pays Membres de l'OMC en vue de suivre les tendances et
faits nouveaux importants qui peuvent avoir une incidence
sur le système de commerce mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur. Un compte rendu des débats
et les conclusions exposées par le Président formeront
avec les rapports l'examen complet des politiques
commerciales de l'Égypte qui sera publié en temps voulu
et pourra être obtenu auprès du Secrétariat de l'OMC,
Centre William Rappard, 154, rue de Lausanne, 1211
Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999),
Australie (1989, 1994 et 1998), Autriche (1992),
Bangladesh (1992), Bénin (1997), Bolivie (1993),
Botswana (1998), Brésil (1992 et 1996), Burkina Faso
(1998), Cameroun (1995), Canada (1990, 1992, 1994, 1996
et 1998), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997),
Colombie (1990 et 1996), Communautés européennes (1991,
1993, 1995 et 1997), Corée, Rép. de (1992 et 1996),
Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992
et 1999), El Salvador (1996), États-Unis (1989, 1992,
1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Guinée (1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998),
Hongrie (1991 et 1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993
et 1998), Indonésie (1991, 1994 et 1998), Islande
(1994), Israël (1994), Jamaïque (1998), Japon (1990,
1992, 1995 et 1998), Kenya (1993), Lesotho (1998), Macao
(1994), Malaisie (1993 et 1997), Mali (1998), Maroc (1989
et 1996), Maurice (1995), Mexique (1993 et 1997), Namibie
(1998), Nigéria (1991 et 1998), Norvège (1991 et 1996),
Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda (1995),
Pakistan (1995), Paraguay (1997), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992), Sénégal
(1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996), Swaziland
(1998), Thaïlande (1991 et 1995), Togo (1999),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994
et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: EGYPTE
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
Le
deuxième examen de la politique commerciale de l'Égypte
a eu lieu les 24 et 25 juin 1999. Les
présentes remarques, établies sous ma propre
responsabilité, résument les principaux points du
débat; elles ne constituent pas un rapport complet. On
trouvera de plus amples détails sur le débat dans le
compte rendu de la réunion.
Le
débat a porté sur trois grands thèmes: i) le
contexte économique; ii) la politique et les
pratiques commerciales; et iii) les politiques
sectorielles.
Le
contexte économique
Les
Membres ont félicité l'Égypte pour la réforme
économique qu'elle avait entreprise en 1990/91, dans
laquelle la libéralisation du commerce occupait une
place importante; les indicateurs macro-économiques et
la croissance s'étaient nettement améliorés et le PIB
par habitant avait pratiquement doublé. Pour atteindre
son objectif de croissance annuelle de 7-8 pour
cent, l'Égypte devait selon eux accroître et
diversifier ses exportations, attirer davantage
d'investissements étrangers et renforcer la confiance en
améliorant la transparence et la prévisibilité de son
contexte économique. Les Membres ont salué l'engagement
de l'Égypte envers le système commercial multilatéral
et noté l'importance de sa participation accrue à des
accords régionaux dans le respect des règles
multilatérales.
En
réponse, le représentant de l'Égypte a souligné que
la réforme se poursuivrait. Des efforts étaient
déployés en vue d'accroître et de diversifier les
exportations, y compris par la promotion des
exportations, mais celles-ci se heurtaient à des
difficultés d'accès aux marchés, notamment à des
mesures antidumping et à des prescriptions techniques.
Les investissements seraient encouragés en renforçant
les capacités nationales, en supprimant davantage de
restrictions et en améliorant la transparence et la
prévisibilité du régime commercial. La réforme
économique était axée sur la participation du secteur
privé et sur une concurrence obéissant aux lois du
marché; elle reposait sur un système de protection
sociale adéquat, de manière à ce que les avantages
soient répartis dans la population. L'Égypte maintenait
son engagement envers le système commercial
multilatéral tout en établissant des relations
régionales et d'autres liens tout à fait conformes à
ses obligations au regard de l'OMC, cela dans le but
d'accroître ses exportations.
Politique
et pratiques commerciales
Les
Membres ont félicité l'Égypte d'avoir entrepris une
vaste réforme de son régime commercial et observé
qu'elle avait supprimé la plupart des obstacles non
tarifaires tout en réduisant et simplifiant les taux des
droits malgré le maintien d'une certaine progressivité.
Le fait que 12 pour cent environ des droits
effectivement appliqués semblaient ne pas respecter les
consolidations établies dans le cadre de l'OMC les
préoccupait. Certains d'entre eux se sont enquis de
l'obligation d'expédier les marchandises directement
depuis leur pays d'origine et sur les changements
apportés récemment qui avaient pour effet de relever
les marges appliquées sur les lettres de crédit. Des
questions ont été posées également concernant les
formalités douanières, l'application des normes et les
contrôles de la qualité des importations.
Les
Membres ont félicité l'Égypte d'avoir supprimé les
contrôles à l'exportation et l'ont encouragée à
mettre sa législation en matière de droits de
propriété intellectuelle et de protection du commerce
en conformité avec les Accords de l'OMC. Certains
d'entre eux ont voulu savoir quand l'Égypte adhérerait
à l'Accord sur les marchés publics et ont fait valoir
que la préférence de 15 pour cent accordée aux
soumissionnaires égyptiens pouvait être source
d'inefficacité.
Le
représentant de l'Égypte a répondu que les
prescriptions spéciales en matière d'expédition
faisaient suite à une poussée soudaine des importations
de biens de consommation contrefaits et qu'elles seraient
réexaminées dans le cadre du programme d'harmonisation
des règles d'origine. L'Administration des douanes
veillait à ce que les droits effectivement appliqués ne
contreviennent pas aux consolidations établies dans le
cadre de l'OMC. L'Égypte avait l'intention de
s'acquitter en temps voulu de ses obligations au regard
de l'OMC concernant les aspects des droits de propriété
intellectuelle qui touchent au commerce, les textiles et
les vêtements ainsi que l'évaluation en douane. La
législation en matière de protection du commerce avait
été notifiée à l'OMC et était appliquée
conformément aux règles multilatérales.
Le
représentant de l'Égypte a expliqué en détail
l'application des prescriptions techniques, en soulignant
que la plupart des importations devaient être conformes
aux normes internationales, mais il a reconnu qu'il
était possible d'harmoniser davantage les normes
nationales avec les normes internationales. Il avait
été nécessaire d'effectuer des contrôles de la
qualité pour garantir le respect des normes. Le nombre
accru de recours contre les décisions de
l'Administration des douanes s'expliquait par le volume
élevé et la diversification des importations. Les
banques n'étaient assujetties à aucune restriction
concernant le financement des importations, même
lorsqu'elles avaient recours à des lettres de crédit.
Politiques
sectorielles
Les
Membres ont noté qu'il ne subsistait désormais
pratiquement aucun contrôle sur les échanges de
produits agricoles. Certains ont estimé que l'Égypte
possédait un avantage comparatif pour ce qui était de
l'exportation de produits horticoles, tout en
s'interrogeant sur les conditions d'accès dont
bénéficiaient ces produits. Les Membres étaient d'avis
que le secteur manufacturier offrait un potentiel de
croissance, en particulier dans les branches d'activité
telles que la transformation des produits alimentaires,
les textiles et les vêtements. D'aucuns ont demandé
pourquoi les textiles et les vêtements restaient soumis
à des restrictions quantitatives et on a remarqué qu'il
semblait y avoir des restrictions touchant le ciment et
la volaille. S'agissant du secteur automobile, certains
Membres se sont interrogés sur la décision prise
dernièrement de limiter les importations aux véhicules
automobiles de l'année.
Les
services étaient considérés comme une infrastructure
logistique essentielle et la poursuite de la réforme
dans ce secteur a été jugée vitale pour le maintien de
la croissance économique. Les services financiers et les
télécommunications étaient particulièrement
importants lorsqu'il s'agissait d'attirer des
investissements étrangers directs; un Membre a incité
l'Égypte à libéraliser davantage les transports
maritimes. Les Membres espéraient que l'Égypte
participerait aux négociations sur les services qui se
tiendraient dans le cadre de l'OMC.
Le
représentant de l'Égypte a répondu en faisant état
des diverses mesures en cours d'adoption afin
d'améliorer la productivité dans le secteur
manufacturier. Dans le domaine des textiles et des
vêtements, les restrictions seraient éliminées
progressivement d'ici l'an 2002. Toutes les
marchandises importées, y compris les automobiles,
devaient être à l'état neuf. Les importations de
ciment n'étaient frappées d'aucune restriction et les
volailles abattues conformément aux règles de l'Islam
pouvaient être importées librement. Dans le domaine des
services, l'intervenant a fait observer que la
libéralisation et la privatisation d'activités-clés
qui se poursuivaient permettaient
à l'Égypte d'espérer, dans le cadre des négociations
à venir, l'ouverture de marchés dans des secteurs où
elle jouissait d'un avantage compétitif. La
libéralisation et la privatisation du secteur agricole
avaient eu une portée considérable, la politique
cessant d'être axée sur l'auto-approvisionnement pour
être tournée vers la sécurité alimentaire et les
produits d'exportation concurrentiels. L'Égypte restait
cependant profondément préoccupée par le fait qu'on
n'avait pas répondu aux attentes des pays importateurs
nets de produits alimentaires à l'issue du Cycle
d'Uruguay.
*******
Conclusion
Pour
conclure, je crois pouvoir dire que les Membres ont été
particulièrement sensibles au programme de réforme
entrepris par l'Égypte, notamment dans le domaine du
commerce, qui a donné des fruits dans un délai
relativement court. Non seulement la croissance
économique a été vigoureuse, mais l'Égypte a su
résister aux effets des chocs extérieurs. Son souci de
mettre en place un solide système de protection sociale
pour soutenir la réforme a reçu un accueil
particulièrement favorable. Les Membres ont vivement
encouragé l'Égypte à tirer parti de ces réalisations
et à accélérer les réformes commerciales en
améliorant la prévisibilité et la transparence de son
environnement économique, ce qui pourrait permettre
d'améliorer les courants d'échanges et
d'investissements. J'ai également le sentiment que les
Membres ont apprécié l'attachement de l'Égypte au
système commercial multilatéral et que celui-ci devrait
soutenir la réforme menée par l'Égypte, notamment en
veillant à ce que les marchés restent ouverts.
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