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Une
plus grande participation au système commercial multilatéral peut
faciliter le developpement économique du Cameroun haut
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Une
plus grande participation du Cameroun au système commercial
multilatéral pourrait contribuer à favoriser son développement
économique et lui permettre de créer un environnement plus sûr pour
attirer l'investissement étranger. Toutefois, selon un rapport de
l'OMC sur la politique et les pratiques commerciales du Cameroun,
celui-ci doit également améliorer ses infrastructures et diversifier
ses exportations.
Selon
le rapport, l'économie camerounaise se redresse lentement après une
dépression prolongée qui a duré jusqu'en 1995. L'amélioration des
résultats est due principalement à la mise en œuvre de réformes
structurelles (libéralisation économique et privatisation) ainsi
qu'à des événements extérieurs favorables. Les réformes
structurelles ont essentiellement porté sur la privatisation des
monopoles d'État et la libéralisation des prix afin de permettre aux
forces du marché de répartir les ressources. Dans ce contexte, le
gouvernement estime que la libéralisation des échanges fait partie
intégrante des efforts qu'il déploie pour moderniser l'économie.
Les objectifs poursuivis en matière de politique commerciale visent
toujours à instaurer un régime commercial plus ouvert et à
accroître l'accès aux marchés pour les exportations.
Le
rapport indique que malgré la croissance accrue qu'il connaît depuis
peu, le Cameroun souffre encore d'une pauvreté généralisée, d'une
détérioration des systèmes d'éducation et de santé et de
faiblesses de la gouvernance. L'agriculture et la sylviculture sont
les principaux secteurs qui contribuent au PIB, le secteur pétrolier
étant également d'une importance considérable pour l'économie. Les
exportations sont dominées par le pétrole et les produits
pétroliers, suivis du cacao (fèves surtout), du café, de
l'aluminium et du bois d'œuvre. Les principaux produits importés
sont les produits manufacturés. L'Union européenne (UE) demeure le
principal débouché (66 pour cent environ des exportations de
marchandises en 1999/2000) et la principale source
d'approvisionnement (50 pour cent des importations totales).
Le
Cameroun est Membre fondateur de l'OMC et accorde au moins le
traitement NPF à tous ses partenaires commerciaux. Il a le
statut d'observateur en ce qui concerne l'Accord relatif au commerce
des aéronefs civils et obtiendra ce statut au milieu de 2001 pour ce
qui est de l'Accord sur les marchés publics. En tant que pays en
développement, il a appliqué une période de transition pour
l'exécution d'un certain nombre d'engagements pris dans le cadre de
divers Accords de l'OMC. Les autorités se sont déclarées
préoccupées par la mise en œuvre des Accords de l'OMC en raison
d'un manque d'information et de formation. Pour la plupart des
notifications annuelles à présenter au titre des Accords de l'OMC,
le Cameroun n'a pas encore satisfait à ses obligations. Une
assistance technique accrue de la part des Membres de l'OMC et du
Secrétariat pourrait faciliter considérablement une intégration
plus poussée du Cameroun dans le système commercial multilatéral.
La politique et les pratiques commerciales sont en grande partie
définies au niveau régional dans le cadre de la CEMAC (Communauté
économique et monétaire de l'Afrique centrale), dont sont également
membres la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée
équatoriale, le Gabon et la République du Congo.
Le
tarif douanier constitue le principal instrument de politique
commerciale. Tous les droits de douane appliqués sont des droits ad
valorem et il n'existe pas de taux saisonniers ou variables, ce
qui renforce la transparence du régime. La moyenne arithmétique des
taux NPF appliqués s'élevait à 18,3 pour cent en 2000, ce qui
est légèrement inférieur à la moyenne enregistrée lors du dernier
examen de la politique commerciale. Par suite des négociations du
Cycle d'Uruguay, le Cameroun a consolidé ses droits à un taux
plafond de 80 pour cent sur tous les produits agricoles (définition
de l'OMC) alors que, dans le cas des produits non agricoles, les
consolidations de droits se résument à trois seulement. Les taux
consolidés sont notablement supérieurs aux taux appliqués; la
réduction de cet écart améliorerait davantage la prévisibilité du
régime tarifaire.
Le
rapport indique également que l'agriculture et la sylviculture
demeurent les principales activités économiques du Cameroun,
représentant plus de 40 pour cent du PIB et occupant
60 pour cent environ de la population. Depuis 1994, le secteur
agricole fait l'objet d'une réforme complète: les restrictions
quantitatives à l'importation et à l'exportation ont été
supprimées et la plupart des entreprises paraétatiques ont été
privatisées. Des réformes ont également été appliquées au
secteur sylvicole; toutefois, il subsiste des restrictions et des
taxes à l'exportation pour certains produits forestiers. Les taxes à
l'exportation d'autres produits agricoles, y compris le cacao, le
café, le coton, le sucre et l'huile de palme, ont été récemment
supprimées.
Le
gouvernement considère le développement du secteur agricole comme le
meilleur moyen de réduire la pauvreté et de stimuler la croissance
économique. Il est résolu à pousser plus loin la libéralisation du
secteur, notamment par voie de privatisation. Sa stratégie est
d'accroître la compétitivité du secteur et la productivité des
facteurs en vue de renforcer l'expansion du secteur et d'augmenter les
revenus des agriculteurs. Il s'efforce par ailleurs de diversifier la
production intérieure et les exportations. Le taux NPF moyen
appliqué aux produits agricoles (définition de l'OMC) s'élève à
22,5 pour cent.
Le
secteur des services contribue pour 40 pour cent environ au PIB.
Le Cameroun a supprimé la plupart des restrictions qu'il appliquait
auparavant au commerce des services, sauf dans les secteurs
stratégiques que sont l'eau, l'électricité, les transports publics
et les télécommunications. Les résultats du secteur des services
ont été médiocres et l'absence d'efficacité a entravé l'expansion
des autres secteurs.
Les
autorités camerounaises sont résolues à poursuivre la réforme
structurelle afin de promouvoir l'investissement privé, renforcer la
concurrence et l'efficacité et réduire les coûts, ce qui
faciliterait une répartition efficace des ressources, ferait
ressortir les avantages comparatifs du pays et renforcerait la
croissance économique. Pour réduire durablement la pauvreté, le
Cameroun doit enregistrer des taux de croissance élevés, accroître
notablement l'efficacité dans le domaine des dépenses publiques et
améliorer la gouvernance. Il devra consentir d'autres efforts pour
continuer à développer l'infrastructure physique et l'infrastructure
des services, améliorer le capital humain, surmonter les contraintes
que font subir à l'effort de développement les faiblesses
enregistrées dans ces domaines. En améliorant le niveau de ses
engagements multilatéraux, le Cameroun pourrait restaurer la
confiance dans l'irréversibilité de ses réformes et leur donner
plus de crédibilité, ce qui améliorerait sa capacité d'attirer
l'investissement étranger si nécessaire. Ses partenaires commerciaux
peuvent l'aider dans les réformes qu'il met en œuvre en lui assurant
un accès stable et amélioré à leurs marchés, notamment pour les
produits d'exportation qui présentent un intérêt pour le Cameroun.
Notes
à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice, prescrit dans
les Accords de l'OMC, au cours duquel les politiques commerciales et
les politiques connexes des pays Membres sont examinées et évaluées
périodiquement. Les faits nouveaux importants qui peuvent avoir une
incidence sur le système commercial mondial font aussi l'objet d'un
suivi. Pour chaque examen, deux documents sont établis: une
déclaration de politique générale présentée par le gouvernement
du Membre soumis à examen et un rapport détaillé rédigé de
manière indépendante par le Secrétariat de l'OMC. Ces deux
documents sont ensuite examinés par l'ensemble des Membres de l'OMC
dans le cadre de l'Organe d'examen des politiques commerciales (OEPC).
Ces documents et les comptes rendus des réunions de l'OEPC sont
publiés peu de temps après. Depuis 1995, c'est-à-dire depuis
l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'OMC, les services et les
aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce sont également traités.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC et une
déclaration de politique générale élaborée par le gouvernement du
Cameroun seront examinés par l'Organe d'examen des politiques
commerciales les 18 et 20 juillet 2001. Le rapport du
Secrétariat concerne l'évolution de tous les aspects de la politique
commerciale du Cameroun, y compris les lois et réglementations
intérieures, le cadre institutionnel et la politique commerciale par
mesure et par secteur.
Au
présent communiqué de presse sont joints un résumé des
observations contenues dans le rapport du Secrétariat et certaines
parties de la déclaration de politique générale du gouvernement. Le
rapport du Secrétariat et la déclaration de politique générale du
gouvernement sont à la disposition des journalistes à la salle de
presse du site Internet de l'OMC (www.wto.org). Ces deux documents, le
compte rendu des débats de l'OEPC et les remarques finales formulées
par le Président seront regroupés en temps opportun dans une
publication brochée qui pourra être obtenue auprès du Secrétariat
de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la politique
commerciale des pays ou groupes de pays suivants:
Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999), Australie (1989, 1994
et 1998), Autriche (1992), Bahreïn (2000), Bangladesh (1992 et 2000),
Bénin (1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana (1998), Brésil (1992,
1996 et 2000), Brunéi Darussalam (2001), Burkina Faso (1998),
Cameroun (1995 et 2001), Canada (1990, 1992, 1994, 1996, 1998 et
2000), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996),
Communautés européennes (1991, 1993, 1995, 1997 et 2000), Corée,
Rép. de (1992, 1996 et 2000), Costa Rica (1995 et 2001),
Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992 et 1999), El Salvador
(1996), États-Unis (1989, 1992, 1994, 1996 et 1999), Fidji (1997),
Finlande (1992), Gabon (2001), Ghana (1992 et 2001), Guinée
(1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie (1991 et 1998),
Îles Salomon (1998), Inde (1993 et 1998), Indonésie (1991, 1994 et
1998), Islande (1994 et 2000), Israël (1994 et 1999), Jamaïque
(1998), Japon (1990, 1992, 1995, 1998 et 2000), Kenya (1993 et 2000),
Lesotho (1998), Macao (1994 et 2001), Madagascar (2001), Malaisie
(1993 et 1997), Mali (1998), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995),
Mexique (1993 et 1997), Mozambique (2001), Namibie (1998), Nicaragua
(1999), Nigéria (1991 et 1998), Norvège (1991, 1996 et 2000),
Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), OECO (2001), Ouganda (1995),
Pakistan (1995), Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999), Paraguay (1997),
Pérou (1994 et 2000), Philippines (1993 et 1999), Pologne (1993 et
2000), République dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992 et 1999), Sénégal
(1994), Singapour (1992, 1996 et 2000), Sri Lanka (1995), Suède (1990
et 1994), Suisse (1991, 1996 et 2000 (conjointement avec le
Liechtenstein)), Swaziland (1998), Tanzanie (2000), Thaïlande (1991,
1995 et 1999), Togo (1999), Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994),
Turquie (1994 et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
du Secrétariat haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
CAMEROUN
Rapport du Secrétariat — Observations récapitulatives
Depuis
1995, l'économie camerounaise a commencé à se redresser lentement
mais sûrement après la dépression prolongée précédemment
enregistrée. Les cinq derniers exercices budgétaires (1995/96 à 1999/2000)
auront été marqués par une croissance moyenne de 4,7 pour cent
par an. Sur la même période, l'inflation et le déficit budgétaire
sont restés faibles. L'amélioration des résultats est due
principalement à la mise en œuvre de réformes structurelles (libéralisation
économique et privatisation) ainsi qu'à des événements extérieurs
favorables. Les réformes structurelles ont essentiellement porté sur
la privatisation des monopoles d'État et la libéralisation des prix
afin de permettre aux forces du marché de répartir les ressources.
Dans ce contexte, le gouvernement estime que la libéralisation des
échanges fait partie intégrante des efforts qu'il déploie pour
moderniser l'économie. Les objectifs poursuivis en matière de
politique commerciale visent toujours à instaurer un régime
commercial plus ouvert et à accroître l'accès aux marchés pour les
exportations.
Malgré
la croissance accrue qu'il connaît depuis peu, le Cameroun souffre
encore d'une pauvreté généralisée, d'une détérioration des
systèmes d'éducation et de santé et de faiblesses de la gouvernance;
en 1999/2000, le PIB par habitant n'avait pas encore
retrouvé son niveau d'avant la dépression. Les autorités semblent
déterminées à poursuivre le processus de réforme (amélioration,
entre autres, de la transparence du système juridique), afin en
particulier de faire reculer la pauvreté. Dans le cadre du processus
de réforme continue, le FMI et la Banque mondiale ont accepté
à la fin de 2000 de financer, au titre de l'Initiative PPTE, un
plan global de réduction de la dette.
L'agriculture
et la sylviculture sont les principaux secteurs qui contribuent au PIB,
le secteur pétrolier étant également d'une importance considérable
pour l'économie. Les exportations sont dominées par le pétrole et
les produits pétroliers, suivis du cacao (fèves surtout), du café,
de l'aluminium et du bois d'œuvre. Les principaux produits importés
sont les produits manufacturés. La structure géographique des
échanges est restée à peu près inchangée depuis février 1995,
date du dernier examen de la politique commerciale du Cameroun.
L'Union européenne (UE) demeure le principal débouché (66 pour
cent environ des exportations de marchandises en 1999/2000) et la
principale source d'approvisionnement (50 pour cent des
importations totales); la France est le premier fournisseur du
Cameroun, à hauteur du quart environ des importations totales de
marchandises, mais elle a cédé sa place de premier client à
l'Italie. Hors de l'UE, le Tchad et les États-Unis sont d'importants
marchés d'exportation, le Nigéria, le Japon et les États-Unis
étant les principales sources d'approvisionnement.
Cadre
de la politique commerciale et de la politique en matière
d'investissement
L'orientation
et les objectifs généraux de la politique commerciale n'ont pas
beaucoup changé depuis le dernier examen de la politique commerciale.
Le gouvernement a continué à prendre des mesures importantes en vue
de libéraliser le régime de la politique commerciale, de promouvoir
la participation du secteur privé dans l'économie, de renforcer la
compétitivité du pays et de favoriser l'investissement. Pour
atteindre ces objectifs, il s'est surtout efforcé de relancer
l'intégration régionale dans le cadre de la CEMAC (Communauté
économique et monétaire de l'Afrique centrale), dont sont également
membres la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée
équatoriale, le Gabon et la République du Congo.
La
responsabilité de l'élaboration et de la mise en œuvre de la
politique commerciale n'a pas beaucoup changé au cours de la période
à l'examen. Le Ministère du développement industriel et commercial
et le Ministère de l'économie et des finances sont chargés de
l'élaboration de la politique commerciale. Il n'existe pas d'organe
officiel indépendant chargé d'examiner les politiques économiques
et commerciales ou de conseiller le gouvernement à ce sujet. Les
consultations avec le secteur privé sont menées de manière
ponctuelle.
Sachant
qu'il est important d'instaurer un cadre juridique plus clair pour
favoriser la réforme économique, les autorités s'efforcent
d'améliorer la transparence et l'application de la législation en
vigueur, ce qui devrait accroître la prévisibilité du système et
renforcer la confiance des investisseurs.
Le
Cameroun est Membre fondateur de l'OMC et accorde au moins le
traitement NPF à tous ses partenaires commerciaux. Ses engagements en
matière de consolidations tarifaires couvrent à peu près
15 pour cent des lignes tarifaires. Le Cameroun a le statut
d'observateur en ce qui concerne l'Accord relatif au commerce des
aéronefs civils et obtiendra ce statut au milieu de 2001 pour ce qui
est de l'Accord sur les marchés publics. En tant que pays en
développement, il a appliqué une période de transition pour
l'exécution d'un certain nombre d'engagements pris dans le cadre de
divers Accords de l'OMC. Les autorités se sont déclarées
préoccupées par la mise en œuvre des Accords de l'OMC en raison
d'un manque d'information et de formation. Pour la plupart des
notifications annuelles à présenter au titre des Accords de l'OMC,
le Cameroun n'a pas encore satisfait à ses obligations. Une
assistance technique accrue de la part des Membres de l'OMC et du
Secrétariat pourrait faciliter considérablement une intégration
plus poussée du Cameroun dans le système commercial multilatéral.
La
politique et les pratiques commerciales sont en grande partie
définies au niveau régional dans le cadre de la CEMAC. Certains
domaines, notamment celui du commerce des services, sont réglementés
par des textes supranationaux et des textes nationaux couvrant les
questions qui ne sont pas visées par les règles régionales
communes.
La
CEMAC est fondée sur une union économique et monétaire. L'un de ses
objectifs est de créer un marché unifié autorisant des échanges
ouverts et les mouvements de capitaux entre les États membres. Un
tarif extérieur commun (TEC) est appliqué au commerce avec les pays
tiers, alors que les échanges à l'intérieur de la Communauté se
font en franchise de droits depuis 1998. Le TEC comprend quatre
taux: 5 pour cent (pour les produits de première nécessité);
10 pour cent (pour les matières premières et les biens
d'équipement); 20 pour cent (pour les biens intermédiaires); et
30 pour cent (pour les biens de consommation). Une banque
centrale régionale commune (BEAC) établit et administre la politique
monétaire pour les membres de la CEMAC. L'évolution récente de la
situation témoigne des progrès réalisés dans la voie de l'union
économique au sein de la Communauté; des efforts sont également
déployés afin d'harmoniser le régime d'imposition interne, de
faciliter le mouvement des personnes et des capitaux (une charte
régionale de l'investissement a été adoptée en 1999) et la
libre circulation des services. Toutefois, les échanges entre le
Cameroun et ses partenaires de la CEMAC sont faibles par rapport à
ceux qu'il enregistre avec ses principaux partenaires commerciaux
européens.
Pour
le gouvernement, l'investissement étranger est un facteur essentiel
dans le développement économique du pays. Le Cameroun a pris
diverses initiatives pour attirer les investisseurs étrangers,
notamment simplification des procédures administratives, application
de mesures d'incitation particulières, mise en œuvre de lois sur la
concurrence, réforme judiciaire, privatisation et mise en œuvre du
Programme national de gouvernance destiné à lutter contre la
corruption. La législation adoptée en matière d'investissement
comporte tous les éléments essentiels pour offrir un climat
d'investissement libéral. Cependant, la mise en œuvre de ces
initiatives semble avoir été lente.
Politiques
et mesures commerciales et liées au commerce
Le
tarif douanier constitue le principal instrument de politique
commerciale. Tous les droits de douane appliqués sont des droits
ad valorem et il n'existe pas de taux saisonniers ou variables,
ce qui renforce la transparence du régime. La moyenne arithmétique
des taux NPF appliqués s'élevait à 18,3 pour cent
en 2000, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne
enregistrée lors du dernier examen de la politique commerciale. Par
suite des négociations du Cycle d'Uruguay, le Cameroun a consolidé
ses droits à un taux plafond de 80 pour cent sur tous les
produits agricoles (définition de l'OMC) alors que, dans le cas des
produits non agricoles, les consolidations de droit se résument à
trois seulement. Les taux consolidés sont notablement supérieurs aux
taux appliqués; la réduction de cet écart améliorerait davantage
la prévisibilité du régime tarifaire.
Les
importations, ainsi que les produits obtenus dans le pays, sont soumis
à une taxe sur la valeur ajoutée (18,7 pour cent) et certains
produits sont passibles d'un droit d'accise de 25 pour cent (boissons
alcooliques, cigarettes, produits cosmétiques et bijoux). Jusqu'en
juin 2000, une surtaxe temporaire à l'importation allant
jusqu'à 30 pour cent était perçue sur quelques produits. Les
restrictions à l'importation actuellement appliquées sont
relativement peu nombreuses et visent à assurer la sécurité et à
protéger la santé publique et l'environnement. Les formalités
douanières ont été simplifiées par l'ouverture d'un guichet
unique. En ce qui concerne l'évaluation en douane, le Cameroun
continue à appliquer la définition de la valeur de Bruxelles, mais
il devrait appliquer à partir de juillet 2001 l'Accord de l'OMC
sur l'évaluation en douane. Il existe une législation concernant les
mesures commerciales d'urgence (mesures antidumping, compensatoires et
de sauvegarde), mais celles-ci n'ont pas encore été appliquées à
ce jour. La normalisation est encore à un stade peu avancé.
Le
régime des exportations a été davantage libéralisé pendant la
période à l'examen. À l'heure actuelle, il n'y a de licences
d'exportation que pour les produits “sensibles” (or et
diamants par exemple), un certificat d'exportation garantissant la
qualité étant suffisant pour le café et le cacao. Des prohibitions
à l'exportation sont encore appliquées, notamment aux produits
dangereux, pour des raisons sanitaires et environnementales. Toutes
les taxes à l'exportation ont été supprimées, sauf sur les grumes,
dont les exportations sont en outre contingentées. Le Cameroun
n'accorde aucune aide spécifique aux exportateurs, en dehors des
incitations fiscales, qui peuvent aussi être offertes pour promouvoir
le développement industriel, encourager les exportations, accroître
la valeur ajoutée et créer des emplois. Ces incitations dépendent
des résultats à l'exportation et sont, dans certains cas,
subordonnées à l'utilisation d'intrants d'origine nationale.
Le
Cameroun a inauguré une nouvelle législation sur les marchés
publics, en particulier en vue d'accroître la transparence du
régime. En principe, les entreprises locales bénéficient d'une
marge de préférence de 20 pour cent en matière de prix pour
tous les marchés publics. Le gouvernement a pris des mesures pour
lutter contre la corruption et renforcer la transparence; il a établi
des prescriptions pour que les avis d'appel d'offres soient plus
largement diffusés, a créé des organismes indépendants chargés de
surveiller l'adjudication des marchés très importants et a institué
des systèmes d'audit plus réguliers.
La
législation applicable à la propriété intellectuelle a été
révisée au niveau régional (dans le cadre de l'Organisation
africaine de la propriété intellectuelle, OAPI) pour être rendue
conforme à l'Accord sur les ADPIC; la mise en œuvre de la législation
révisée doit encore être ratifiée par cinq des 15 Membres de
l'OAPI.
Commencé
en 1990, le processus de privatisation se poursuit, mais certains
services publics (eau et électricité) sont encore soumis à un
monopole d'État. En 1997, une nouvelle loi visant la politique
de la concurrence a été adoptée et s'applique à la fois aux
entreprises privées et aux entreprises publiques. Les services
assurés dans le cadre d'un monopole d'État, ainsi que certains
produits de base, font l'objet d'une réglementation des prix.
Questions
sectorielles
L'agriculture
et la sylviculture demeurent les principales activités économiques
du Cameroun, représentant plus de 40 pour cent du PIB et
occupant 60 pour cent environ de la population. Depuis 1994,
le secteur agricole fait l'objet d'une réforme complète: les
restrictions quantitatives à l'importation et à l'exportation ont
été supprimées et la plupart des entreprises paraétatiques ont
été privatisées. Des réformes ont également été appliquées au
secteur sylvicole; toutefois, il subsiste des restrictions et des
taxes à l'exportation pour certains produits forestiers. Les taxes à
l'exportation d'autres produits agricoles, y compris le cacao, le
café, le coton, le sucre et l'huile de palme, ont été récemment
supprimées.
Le
gouvernement considère le développement du secteur agricole comme le
meilleur moyen de réduire la pauvreté et de stimuler la croissance
économique. Il est résolu à pousser plus loin la libéralisation du
secteur, notamment par voie de privatisation. Sa stratégie est
d'accroître la compétitivité du secteur et la productivité des
facteurs en vue de renforcer l'expansion du secteur et d'augmenter les
revenus des agriculteurs. Il s'efforce par ailleurs de diversifier la
production intérieure et les exportations. Le taux NPF moyen
appliqué aux produits agricoles (définition de l'OMC) s'élève à
22,5 pour cent.
Les
activités liées au pétrole contribuent pour 5,5 pour cent
environ au PIB et pour 45 pour cent aux exportations; les autres
gisements minéraux demeurent en grande partie inexploités. La
politique gouvernementale vise à développer le potentiel des
secteurs du pétrole et des minéraux dans le cadre d'une
libéralisation plus poussée et de l'octroi de mesures d'incitation,
ainsi qu'à accroître l'efficacité et la transparence dans la
gestion du secteur pétrolier. Le gouvernement doit élaborer un cadre
législatif et réglementaire pour les industries extractives et pour
l'exploitation du gaz naturel et du pétrole, activités qui
permettront d'exploiter les réserves sous-marines, de développer et
d'exploiter le potentiel hydroélectrique et de promouvoir la
distribution des produits pétroliers.
Le
secteur manufacturier est relativement peu développé et représente
14 pour cent environ du PIB. Le Cameroun ne réserve pas
d'incitation particulière à l'industrie. L'objectif global fixé
pour le secteur consiste à soutenir les activités du secteur privé.
Une stratégie visant à promouvoir le développement du secteur
manufacturier doit être adoptée au milieu de 2001; le
gouvernement s'efforce de promouvoir l'investissement et les
exportations (à destination des marchés régionaux) et d'améliorer
la formation professionnelle et technique.
Le
secteur des services contribue pour 40 pour cent environ au PIB.
Le Cameroun a supprimé la plupart des restrictions qu'il appliquait
auparavant au commerce des services, sauf dans les secteurs
stratégiques que sont l'eau, l'électricité, les transports publics
et les télécommunications. Les résultats du secteur des services
ont été médiocres et l'absence d'efficacité a entravé l'expansion
des autres secteurs. Certains services ont été restructurés,
notamment par voie de privatisation et d'adoption d'un nouveau cadre
réglementaire visant à attirer d'autres opérateurs afin
d'améliorer la qualité et la fourniture des services. Ce régime
n'est cependant pas consolidé dans le cadre de l'AGCS. Les
engagements pris par le Cameroun au titre de cet accord ne visent que
quelques sous-secteurs tels que les services fournis aux entreprises,
les services touristiques et les services en rapport avec les voyages.
Des exemptions du traitement NPF sont appliquées en ce qui concerne
le transport maritime. Le Cameroun n'a participé ni aux négociations
de l'OMC sur les télécommunications de base ni aux négociations sur
les services financiers.
Le
secteur bancaire a été entièrement réformé. Depuis la fin des
années 80, les autorités ont mis en œuvre un programme de
privatisation, de liquidation et de recapitalisation des banques et
elles ont renforcé leurs moyens d'action réglementaires et leur
appareil de surveillance. En janvier 2000, le gouvernement a
vendu sa dernière banque d'État. La Banque des États de l'Afrique
centrale (BEAC) réglemente le secteur par le biais de sa commission
bancaire régionale (COBAC), qui partage ses attributions avec les
ministères nationaux des finances pour l'agrément de nouvelles
banques. Le Cameroun est l'un des 14 pays africains qui ont
ratifié le Traité de la Conférence internationale des marchés
d'assurance (CIMA) et adopté un code commun concernant le secteur des
assurances.
Le
Cameroun a consenti un effort important pour réformer son secteur des
télécommunications. Celui-ci est régi par la Loi de 1998 sur
les télécommunications, qui prévoit la privatisation du secteur et
porte création d'un organisme réglementaire chargé de garantir le
bon fonctionnement du secteur et la concurrence entre opérateurs.
Perspectives
Les
autorités camerounaises sont résolues à poursuivre la réforme
structurelle afin de promouvoir l'investissement privé, renforcer la
concurrence et l'efficacité et réduire les coûts, ce qui
faciliterait une répartition efficace des ressources, ferait
ressortir les avantages comparatifs du pays et renforcerait la
croissance économique. Pour réduire durablement la pauvreté, le
Cameroun doit enregistrer des taux de croissance élevés, accroître
notablement l'efficacité dans le domaine des dépenses publiques et
améliorer la gouvernance. Il devra consentir d'autres efforts pour
continuer à développer l'infrastructure physique et l'infrastructure
des services, améliorer le capital humain, surmonter les contraintes
que font subir à l'effort de développement les faiblesses
enregistrées dans ces domaines. En améliorant le niveau de ses
engagements multilatéraux, le Cameroun pourrait restaurer la
confiance dans l'irréversibilité de ses réformes et leur donner
plus de crédibilité, ce qui améliorerait sa capacité d'attirer
l'investissement étranger si nécessaire. Ses partenaires commerciaux
peuvent l'aider dans les réformes qu'il met en œuvre en lui assurant
un accès stable et amélioré à leurs marchés, notamment pour les
produits d'exportation qui présentent un intérêt pour le Cameroun.
Rapport
du gouvernement haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
CAMEROUN
Rapport du gouvernement Partie IV
Perspectives
de l'économie camerounaise — Politiques macro-économiques
Conforté
par les résultats encourageants de la mise en œuvre de son programme
triennal 1997/2000, le gouvernement a adopté un programme de
lutte contre la pauvreté pour la période 2001-2003. Ledit programme
renforce les réformes engagées depuis août 1997.
Il
a pour socle le Document intérimaire de Stratégie de réduction de
la pauvreté (DSRP-I), élaboré selon une approche participative et
adopté en août 2000. La mise en place d'un Cadre stratégique
définitif de réduction de la pauvreté devra intervenir en novembre
2001 au plus tard. Globalement, ce programme vise à créer les
conditions d'une croissance forte et durable, susceptible de faire
reculer la pauvreté qui touche plus de 50 pour cent de la population,
dont majoritairement les femmes. Le Cameroun entend relever quelques
défis majeurs qui sont notamment de: i) porter à terme la croissance
du PIB à un taux minimal de 7 pour cent par an, en termes réels,
pour espérer réduire de moitié le taux de pauvreté à l'horizon
2015; ii) trouver de nouveaux produits porteurs, hors pétrole, pour
l'exportation comme moteurs de la croissance; iii) renforcer le tissu
industriel national et améliorer la qualité des produits agricoles
vendus sur le marché extérieur et dont le volume connaît une baisse
tendancielle; iv) améliorer la gouvernance dans les domaines des
finances publiques et des affaires, en vue a) d'un meilleur contrôle
des dépenses; b) du renforcement des capacités de conception, de
programmation, d'exécution et de suivi des Programmes
d'investissements prioritaires (PIP) notamment; c) de l'amélioration
des procédures de passation des marchés publics et d'un meilleur
contrôle de leur exécution; et d) du renforcement de la transparence
et de la modernisation de l'appareil judiciaire, et de la lutte contre
la corruption. Ces préoccupations répondent aux exigences de
promotion d'un secteur privé dynamique et d'un développement social
et humain viable.
Politiques
sectorielles
Le
gouvernement entend faire élaborer pour chaque secteur, dans un
délai de trois ans, une stratégie sectorielle permettant une
meilleure lisibilité des priorités dans lesdits secteurs et qui
aboutira à l'élaboration d'un PIP pluriannuel glissant.
S'agissant
du développement des activités
rurales et industrielles, le
gouvernement entend élaborer, à partir de l'année 2001, une
stratégie intégrée de développement rural, ainsi qu'une stratégie
de développement industriel. En ce qui concerne la stratégie
intégrée de développement rural, il s'agira, dans un premier temps,
d'élaborer, pour chacun des sous-secteurs élevage et pêche, une
stratégie pertinente, à la hauteur des potentialités du secteur et
conforme aux ambitions de développement affichées par les autorités.
Dans
le cadre de son programme de lutte contre la pauvreté, le
gouvernement entreprendra des réformes dites de deuxième
génération dans les trois secteurs clés suivants: santé,
éducation et infrastructures rurales de base.
Dans
les domaines de l'éducation et de la santé, notamment, deux
stratégies sectorielles intérimaires ont déjà été adoptées.
La
stratégie de l'éducation vise
l'instauration du principe de l'éducation pour tous à travers
l'accroissement de l'offre de l'éducation, l'encouragement de la
scolarisation des filles, l'amélioration de la qualité de
l'enseignement, la professionnalisation de l'enseignement,
l'adéquation entre l'éducation, la formation et l'emploi. Les
autorités ont décidé de supprimer les contributions exigibles des
parents d'élèves dans les établissements publics de l'enseignement
primaire; cette mesure a pris effet à compter de l'année scolaire
2000/2001.
Un
programme d'investissement d'urgence, visant en priorité les
réfections et les constructions de nouvelles salles de classe, sera
mis en œuvre sur la base d'études préalables répondant au souci
d'effectivité et d'efficience de la dépense publique.
Dans
le domaine de la santé, la stratégie sectorielle vise
principalement à réduire la mortalité infantile et l'incidence des
maladies transmissibles, à ralentir la progression du VIH/sida, à
renforcer la médecine préventive, et à améliorer l'accès des
populations aux médicaments essentiels. Dans cette optique, le
gouvernement envisage d'intensifier rapidement les campagnes
d'information et de sensibilisation sur ce fléau, avec l'appui des
organisations internationales du secteur de la santé.
Dans
le domaine des structures rurales de base, le gouvernement a
renforcé l'enveloppe des ressources allouées à l'entretien du
réseau routier. La dotation du Fonds d'entretien routier, ainsi que
l'enveloppe des interventions relevant directement du Ministère des
travaux publics, ont été substantiellement relevées avec le budget
2000/2001. Des ressources humaines et techniques supplémentaires
seront mobilisées pour accroître la capacité de programmation des
travaux d'entretien routier et la passation des marchés y afférents.
Un appui sera par ailleurs apporté aux petites et moyennes
entreprises (PME) de ce secteur, en vue d'améliorer leur capacité à
exécuter dans les délais les marchés qui leur sont attribués.
Le
gouvernement est déterminé à accélérer et à élargir le champ
des réformes structurelles dans les secteurs de
l'agro-industrie, des services d'utilité publique, des transports et
du pétrole afin
de dynamiser l'investissement privé, d'accroître la compétitivité
et l'efficacité de l'économie, ainsi que sa capacité de production
et d'exportation.
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