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release
11 April 2001
|
Outre les
exposés présentés par des experts conseils, juridiques et
académiques, l'atelier a recueilli les points de vue exprimés, au
cours des exposés et des débats, par des gouvernements, des
fabricants issus de l'industrie générique ou de la recherche, des
organisations non gouvernementales concernées par les questions de
santé et des organisations intergouvernementales. Deux thèmes ont
été abordés au cours de cet atelier: la fixation différenciée des
prix des médicaments essentiels et le financement de ces
derniers.
Bien que le
séminaire n'ait pas eu pour objectif de parvenir à un consensus
général, les participants semblaient être largement d'accord sur
deux points importants :
- En premier
lieu, la fixation différenciée des prix pourrait et devrait
jouer un rôle important dans l'accès aux médicaments essentiels
à des prix abordables, surtout dans les pays pauvres, tout en
permettant au système de brevets de jouer son rôle dans
l'incitation à la recherche et la mise au point de nouveaux
médicaments.
- Ensuite, bien
que les prix abordables soient un facteur important,
l'approvisionnement en médicaments brevetés ou génériques,
auprès des personnes qui en ont besoin dans les pays pauvres,
exigera un effort financier important, à la fois pour acheter les
médicaments mais aussi pour renforcer les systèmes de santé,
sans oublier que pour ces pays, la majorité du financement
supplémentaire devra provenir de la communauté internationale.
Accès
aux médicaments essentiels haut
de page
Il a été
reconnu qu'un large éventail d'obstacles entravaient l'accès aux
médicaments essentiels dans les pays pauvres, y compris le
financement, les prix, l'approvisionnement, la sélection et la
distribution. Le prix des médicaments à lui seul ne dicte pas qui a
accès aux soins. Néanmoins, il a été noté que les dépenses de
santé des pauvres dans le monde entier, passaient surtout dans les
achats de médicaments, bien souvent dans des points de vente privés.
Donc, le prix des médicaments essentiels est important pour les
pauvres et les pays pauvres. Cependant, il a été aussi noté que,
souvent, les médicaments à bas prix, ou même ceux qui étaient
gratuits, n'étaient pas utilisés suffisamment. Parmi les autres
facteurs qui influencent l'accès aux médicaments sur la base des
besoins médicaux figurent: les services de santé locaux
adéquatement dotés en personnel, bien équipés, gérés, financés
et centrés sur les priorités et les besoins locaux; des systèmes de
distribution efficaces; et l'exemption de tarifs douaniers et de taxes
pour les médicaments. Les participants ont attribué une importance
différente à chacun de ces facteurs qui influencent l'accès aux
soins, mais tous ont reconnu la complexité du problème de l'accès,
et sa variabilité d'une situation à l'autre.
Financement
des soins de santé et des médicaments essentiels haut
de page
Il a été
souligné qu'en dépit des prix bas, une augmentation sensible de
l'accès aux médicaments essentiels exigerait un financement national
et international supplémentaire pour l'achat des médicaments
essentiels et pour l'élaboration de systèmes de santé et
d'approvisionnement efficaces. Ceci est un fait important non
seulement pour les nouveaux médicaments, comme les produits
antirétroviraux, mais aussi pour les médicaments génériques
essentiels, comme ceux qui traitent la tuberculose, la malaria, la
maladie diarrhéique et les infections respiratoires. La mobilisation
de ressources nationales dans les pays en développement à revenu
intermédiaire est une manière importante d'améliorer l'accès, mais
les besoins de financement des pays pauvres devront être pris en
charge par la communauté internationale. Le séminaire n'avait pas
pour objectif d'évaluer ces besoins ou d'examiner les modalités les
mieux adaptées, mais les participants étaient d'accord sur le fait
qu'il serait nécessaire d'augmenter sensiblement le niveau d'aide
internationale.
La
fixation différenciée des prix est à la fois nécessaire et
réalisable haut
de page
Par
différenciation des prix, on entend l'adaptation des prix imposés
par le vendeur sur le pouvoir d'achat des gouvernements et des
ménages dans divers pays. Il a été dit à l'atelier qu'il était
possible de pratiquer, de manière plus étendue et durable, le
système de fixation différenciée des prix, à condition de pouvoir
assurer le bon environnement politique, technique et juridique.
Faisabilité
économique
Des
explications ont été données sur la faisabilité de la fixation
différenciée des prix là où il existe des coûts fixes importants,
et lorsque les coûts marginaux ou variables de production sont
relativement bas. Bien que les possibilités soient plus importantes
en ce qui concerne les produits brevetés, à cause du niveau élevé
de coûts engloutis dans la recherche et le développement, la
fixation différenciée des prix peut être aussi réalisable pour les
produits non brevetés. Certains grands économistes ont expliqué
comment la différenciation des prix peut être intéressante pour les
consommateurs dans les pays pauvres et pour les fabricants, sans
affecter les consommateurs des pays plus riches, à condition que les
marchés puissent être bien segmentés. Ceci exige la prévention du
détournement des produits à prix bas vers les marchés à revenu
élevé (une question technique) et la volonté de la part des
consommateurs de ces marchés à accepter des différences de prix
sensibles (une question politique). Ils ont aussi démontré, en
appuyant le partage des coûts de R&D selon la capacité de payer,
comment la fixation différenciée des prix peut aider à réconcilier
le double objectif d'accès à des prix abordables aux médicaments
essentiels existants et d'incitation à la recherche et à la mise au
point de nouveaux médicaments.
La
fixation différenciée des prix est déjà pratiquée, mais d'une
façon limitée
Plusieurs
fabricants, indépendamment les uns des autres, offrent déjà des
prix fortement réduits et font des dons à certains pays pauvres pour
certains médicaments. L'expérience décrite avec les vaccins, les
contraceptifs et les médicaments pour le traitement de la tuberculose
au cours du séminaire, prouve qu'il est possible d'offrir des prix
bas aux pays pauvres, aussi bien pour les produits brevetés que non
brevetés. Il a été possible d'offrir des réductions de 90 pour
cent ou plus par rapport aux prix des pays développés grâce aux
achats en gros, aux offres compétitives et aux négociations habiles.
D'aucuns ont fait valoir le point de vue que la concurrence
générique a aussi permis de faire baisser les prix.
Façons
d'appliquer la fixation différenciée des prix
Plusieurs
options concernant l'application de la fixation différenciée des
prix ont été proposées, parmi lesquelles la mise en place de
conditions favorables permettant alors de laisser jouer les règles du
marché; la négociation bilatérale des réductions entre les
compagnies et les gouvernements; les achats en gros au niveau
régional ou global; l'impact de la persuasion morale; le rôle des
licences volontaires ou, le cas échéant, des licences obligatoires;
et la mise en place d'un système flexible et global de fixation
différenciée des prix. Le rôle des dons a été également
examiné. Les avantages et les inconvénients de ces approches ont
été débattus. Selon certains participants, un mécanisme global
serait difficile à gérer et aurait des conséquences indésirables
et imprévues, tandis que pour d'autres, il ne suffirait pas de se
reposer sur les initiatives individuelles qui se concentreraient sur
un nombre limité de médicaments et de pays. Selon certains
participants, un système de fixation différenciée des prix
exigerait une coopération internationale plus importante.
En dépit des
divergences, les participants semblent s'accorder à penser qu'il
faudrait sans doute utiliser plusieurs de ces modalités en fonction
des circonstances. L'atelier a aussi porté sur d'autres questions,
comme le rôle de la concurrence dans la réduction des prix, par
exemple par le biais de la licence volontaire, et la relation avec les
régimes de propriété intellectuelle, la possibilité d'incitations
chez les pays développés pour la fixation différenciée des prix et
pour les dons, et les contraintes que le droit de la concurrence dans
de nombreux pays impose sur les arrangements qui impliquent une action
concertée entre plusieurs compagnies sur la façon dont elles
exercent la concurrence entre elles.
Etablir
des prix favorables
Bien qu'il y
ait un large appui en faveur de l'idée que les médicaments
essentiels devraient être accessibles par les pays pauvres au prix le
plus bas possible (diversement défini comme étant le coût marginal
ou un prix non lucratif), diverses opinions ont été exprimées sur
la manière dont ce prix devrait être déterminé. Cette question a
été jugée comme importante non seulement par les acheteurs des pays
en développement mais aussi par les donateurs des pays développés
qui s'inquiétaient du fait que, si des sommes importantes de
financement pour le développement devaient être affectées au
financement de l'achat des médicaments essentiels, les produits
seraient achetés au prix le plus bas possible. Parmi les approches
suggérées figurent: la négociation, peut-être soutenue par le
calcul des coûts locaux de production et les achats en grandes
quantités; une concurrence accrue par les licences volontaires ou, le
cas échéant, les licences obligatoires ou par la seule possibilité
de ces dernières; et le développement de prix cibles en relation
avec la valeur thérapeutique, par le biais de l'analyse
économique.
Maintenir
des marchés séparés et empêcher le détournement
Les
participants ont accepté le fait que les marchés des médicaments à
prix différencié doivent être bien segmentés, pour empêcher les
fuites de ces médicaments vers les marchés à revenu plus élevé.
Les participants ont discuté d'un éventail de mécanismes qui
peuvent servir à cet effet, y compris les stratégies de marketing
des fabricants qui impliqueraient l'utilisation de marques
différentes et la présentation des produits, une gestion plus
sévère du processus d'approvisionnement par les entités
responsables des achats, le rôle des autorités de réglementation
pharmaceutique dans les pays à revenu élevé et le contrôle des
exportations dans les pays pauvres, ainsi que les droits fondés sur
la propriété intellectuelle pour empêcher les importations
parallèles dans les pays à revenu élevé. Bien que ces questions
exigent d'être approfondies, d'aucuns sont d'avis qu'un mélange des
techniques actuelles, avec une responsabilité partagée entre le
côté revenu élevé et le côté revenu faible, pourrait garantir le
niveau de séparation nécessaire pour rendre la fixation
différenciée des prix possible.
Faisabilité
politique
Les
participants semblent partager l'idée que les prix préférentiels
dans les pays en développement ne devraient pas influencer la
détermination des prix dans les pays développés. Les politiques de
fixation différenciée des prix s'articulent fondamentalement sur
l'acceptabilité politique de prix inférieurs dans les pays pauvres.
Il a été suggéré que, dans un climat d'examen international accru
des prix et des principes de fixation des prix directeurs directs et
indirects, les pays industrialisés doivent peut-être prendre
l'engagement de ne pas utiliser les prix différentiels destinés
uniquement aux pays pauvres comme point de repère pour leurs propres
politiques ou systèmes de réglementation des prix. Une question plus
difficile est la manière d'empêcher l'utilisation des prix
différentiels dans le processus politique de ces pays. Certains
participants ont eu l'impression que ceci exigerait un leadership
politique, des efforts de persuasion et une éducation du public. Dans
le cadre de cet effort, il faudra rassurer l'opinion publique en
confirmant que les prix bas exercés dans les pays pauvres ne
signifient pas des prix élevés dans les pays plus riches ou une
charge plus importante sur les budgets nationaux pour la santé. Il
faut aussi examiner la question de savoir si les produits aux prix
différenciés peuvent être perçus comme étant une forme de
concurrence déloyale par les industries locales dans les pays en
développement et pouvant faire l'objet de mesures anti-dumping.
Et
qu'advient-il des pays aux revenus intermédiaires et les populations
aisées des pays pauvres
La discussion
a permis de reconnaître, mais sans offrir de solution, les problèmes
des pays aux revenus intermédiaires qui paient des prix
proportionnels à leurs niveaux de revenus et la prohibition du
commerce parallèle entre les pays à faible revenu et les pays aux
revenus intermédiaires. Une autre question soulevée est celle de
savoir si l'admissibilité des segments aisés des pays pauvres pour
les prix différentiels pourrait affecter sensiblement sa
probabilité. Dans ce cas, serait-il possible de séparer leurs
marchés de ceux des pauvres dans ces pays? Certains ont proposé que
les prix différentiels ne soient pas limités au secteur public, mais
qu'ils couvrent aussi les gros employeurs et les fournisseurs sans but
lucratif.
Le
rôle des droits de propriété intellectuelle haut
de page
D'aucuns ont
fait remarquer que la fixation différenciée des prix des
médicaments essentiels est tout à fait compatible avec l'accord sur
les ADPIC et ne devrait pas obliger les pays à renoncer à toute
flexibilité qui est contenue dans cet accord. La nécessité de
trouver un bon équilibre dans les systèmes des droits de propriété
intellectuelle entre l'incitation au développement de nouveaux
médicaments et la facilitation de l'accès aux médicaments existants
a été aussi largement soulignée. A ce sujet, de nombreux
participants ont insisté sur l'importance de respecter l'équilibre
qui a été trouvé dans la négociation de l'accord sur les ADPIC et
les droits des pays en développement à utiliser la flexibilité
qu'il renferme, y compris en ce qui concerne les licences obligatoires
et les importations parallèles pour répondre aux préoccupations de
santé. Il a été fait observer que l'expérience était, dans
l'état actuel des choses, plutôt insuffisante à propos de
l'utilisation de ces mécanismes de sauvegarde. D'aucuns sont
préoccupés par la pression externe exercée sur des pays en vue de
limiter le recours à ces mécanismes. Des assurances importantes ont
été réitérées à cet égard. Il a également été noté que
l'accord sur les ADPIC n'interdisait pas aux pays de faciliter la
segmentation des marchés par le biais de la prohibition des
importations parallèles, par exemple des pays pauvres vers les pays
à revenu élevé. Selon une opinion qui semble être largement
acceptée, le système de brevets, bien qu'il soit une condition
nécessaire de la R&D, n'est pas suffisant pour garantir une
R&D appropriée pour les maladies négligées des pauvres, et des
mesures de soutien supplémentaires sont nécessaires. Certains
participants ont formulé une mise en garde contre les effets
négatifs pour l'innovation locale et globale de l'utilisation
excessive des dispositions de sauvegarde de l'accord ADPIC.
Financement
international accru et plus grand recours à la fixation
différenciée des prix: questions à examiner haut
de page
Bien que
l'atelier ait largement contribué à une meilleure compréhension de
plusieurs problèmes importants, il a été reconnu que de nombreuses
questions devraient faire l'objet d'analyses et de discussions
approfondies. Il s'agit notamment des questions suivantes:
- Le
financement international requis pour garantir l'accès efficace
aux médicaments essentiels dans les pays pauvres, et les
mécanismes les mieux adaptés à la mobilisation et à la
distribution de ces fonds.
- Les méthodes
les plus appropriées pour mettre en oeuvre le système de
fixation différenciée des prix. A cet égard se posent diverses
questions: la manière de déterminer le prix différentiel auquel
les produits seront vendus dans les pays les plus pauvres, y
compris la manière dont les négociations et la concurrence
devraient contribuer, par des mesures conformes aux accords
internationaux, à obtenir les prix les plus favorables; les
contraintes imposées par le droit de la concurrence; et la
manière de développer les encouragements à la fixation
différenciée des prix.
- Comment
séparer, en termes politiques, la détermination des prix dans
les pays développés et la fixation différenciée des prix dans
les pays pauvres, y compris en relation avec l'utilisation des
systèmes de prix directeurs? Quelles sont les meilleures façons
de garantir une séparation efficace des marchés et d'empêcher
le détournement des échanges, tout en tenant compte des règles
commerciales internationales?
- Comment
traiter les pays aux revenus intermédiaires et les populations
aisées des pays pauvres dans le cadre de la fixation
différenciée des prix?
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Note:
Les
documents de base qui ont été préparés pour l'atelier sont
disponibles auprès de l'Organisation
Mondiale de la Santé et de l'Organisation
Mondiale du Commerce. Le rapport complet de l'atelier et les
documents présentés lors de cet atelier seront bientôt disponibles.
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