
|

|
La
nouvelle série de négociations sur les services forcera les
pays Membres de l'OMC à ouvrir tous leurs secteurs de services
à la concurrence étrangère haut
de page
|

|
Cela
est archifaux. Il n'y a aucune obligation pour aucun Membre de
l'OMC d'autoriser des fournisseurs étrangers à fournir un service
quelconque—ni même de garantir la concurrence intérieure, puisqu'il
est possible de maintenir un monopole, public ou privé, pour la
fourniture de n'importe quel service.
Les
gouvernements sont libres de choisir les services pour lesquels ils
prendront des engagements garantissant l'accès pour les fournisseurs
étrangers. Chaque Membre doit avoir une liste d'engagements nationale
mais il n'y a aucune règle qui stipule quelle doit être son ampleur.
Quelques Membres moins avancés ont souscrit des engagements
uniquement pour le tourisme, par exemple, et, d'une manière
générale, le champ d'application des listes varie beaucoup, suivant
les objectifs des politiques nationales et les niveaux de
développement économique. Tous les gouvernements sont convenus que,
pendant la nouvelle série de négociations, la liberté de décider
de libéraliser ou non tel ou tel secteur de services ainsi que le
principe de la libéralisation progressive seront maintenus.
___________________
| Les
négociations sur les services signifient que tous les services
publics devront être ouverts à la concurrence étrangère
haut
de page |
 |
Un
grand nombre de services publics ne sont pas fournis sur une base
commerciale ou concurrentielle et ne sont pas assujettis à l'AGCS.
L'Accord exclut de son champ d'application tous les services fournis dans
l'exercice du pouvoir gouvernemental, définis à l'article I:3 c)
comme étant des services qui ne sont
fournis
ni sur une base commerciale ni en concurrence avec d'autres fournisseurs.
Comme ces services ne relèvent pas de l'Accord, ils ne sont pas visés
par les négociations, et les engagements concernant l'accès aux marchés
et le traitement national ne leur sont pas applicables. C'est un principe
auquel tous les gouvernements Membres attachent une grande importance et
qu'aucun d'entre eux n'a cherché à remettre en cause. J'usqu'à présent,
les Membres n'ont pas exprimé le besoin d'adopter une interprétation
faisant autorité du critère énoncé à l'article I:3 c). Il
est évident qu'ils pourraient le faire à tout moment s'ils le jugeaient
souhaitable ou opportun. Le problème pourrait également se poser si une
mesure spécifique qui a été contestée dans le cadre du règlement d'un
différend devait être défendue au motif qu'elle s'applique uniquement
aux services fournis dans l'exercice du pouvoir gouvernemental. Il n'y a
aucune obligation de notifier ces services.
Les
services qui sont fournis sur une base commerciale ou concurrentielle sont
visés par l'AGCS, mais il n'y a rien dans l'Accord qui exige qu'ils
soient privatisés ou libéralisés. Les gouvernements peuvent décider
librement de prendre ou non des engagements à leur sujet, comme pour tous
les autres services. S'ils ne prennent aucun engagement, l'incidence du
champ d'application de l'AGCS est minime: les monopoles, publics ou
privés, pour la fourniture d'un service peuvent être maintenus, établis
ou rétablis, par exemple; des limitations de tous autres types peuvent
être imposées aux fournisseurs étrangers. Si les gouvernements prennent
des engagements, ils peuvent en exclure toute activité pour laquelle la
concurrence étrangère n'est pas souhaitée et peuvent inscrire dans
leurs listes des limitations concernant le niveau d'accès aux marchés et
de traitement national visé par les engagements.
Dans
presque tous les pays, la fourniture par l'État de services tels que les
services d'éducation et de santé coexiste avec les activités du secteur
privé, et les gouvernements reconnaissent que la nécessité d'assurer
une accessibilité universelle et la qualité de ces services essentiels
figure parmi leurs premières responsabilités. Les gouvernements qui
prennent des engagements autorisant les fournisseurs étrangers à fournir
des services d'éducation ou de santé sur leurs marchés ne s'engagent
pas à privatiser les systèmes publics de soins de santé ou
d'enseignement. Ils ne portent pas non plus atteinte aux normes: ils
peuvent obliger aussi bien les fournisseurs étrangers que les nationaux
à respecter les mêmes normes pour la protection du public, et peuvent en
fait imposer, s'ils le souhaitent, des prescriptions additionnelles aux
étrangers.
En
février 2001, moins de 50 Membres de l'OMC ont souscrit des
engagements concernant l'éducation ou la santé, ce qui tient
certainement au fait que dans beaucoup de pays ces secteurs sont
considérés comme des fonctions essentielles de l'État. Dans leur
proposition de négociation relative aux services d'enseignement
supérieur, datée du 18 décembre 2000 et rendue publique, les
États-Unis reconnaissent que "l'enseignement constitue
essentiellement une tâche qui incombe à l'État, mais que la plupart des
pays autorisent une coexistence entre l'enseignement privé et
l'enseignement public. Cette proposition considère donc que
l'enseignement et la formation dispensés par le secteur privé
continueront à compléter, mais sans les remplacer, les systèmes
éducatifs publics."
___________________
| La
libéralisation dans le cadre de l'AGCS signifie la
déréglementation des services haut
de page |
 |
Le
droit de réglementer est l'un des principes fondamentaux de l'AGCS.
L'objectif de l'AGCS est de libéraliser le commerce des services, et
non de déréglementer les services, dont beaucoup sont étroitement
réglementés pour d'excellentes raisons. L'AGCS reconnaît
expressément "le droit des Membres de réglementer la fourniture
de services sur leur territoire et d'introduire de nouvelles
réglementations à cet égard afin de répondre à des objectifs de
politique nationale".
Beaucoup
des préoccupations exprimées au sujet de l'incidence de l'AGCS sur
la réglementation tiennent au fait que l'article VI de l'AGCS
prévoit des disciplines régissant les prescriptions et procédures
en matière de qualifications, les normes techniques et les
prescriptions en matière de licences afin de faire en sorte qu'elles
"ne constituent pas des obstacles non nécessaires au commerce
des services".
Des
disciplines de ce type ont été élaborées pour le secteur des
services comptables, et on peut en prendre connaissance sur le site
Web de l'OMC (www.wto.org). Elles offrent le meilleur moyen disponible
actuellement de se faire une idée des résultats auxquels aboutiront
probablement les travaux à venir dans ce domaine. Elles
n'énoncent pas de normes pour le secteur des services comptables ni
ne prévoient l'examen de normes nationales. Elles visent
principalement à accroître la transparence, c'est-à-dire l'accès
aux renseignements sur les réglementations, normes et procédures
concernant l'octroi de licences ou l'obtention de qualifications.
L'objectif est de faire en sorte que les requérants soient traités
de manière équitable et qu'ils aient une chance de se faire
concurrence sur un pied d'égalité. Il a été convenu que les
disciplines relatives aux services comptables—qui entreront en
vigueur à la fin de la série actuelle de négociations—ne
s'appliqueront qu'aux pays ayant pris des engagements concernant ces
services.
Les
disciplines régissant les services comptables ne contiennent aucune
disposition relative aux niveaux de qualifications professionnelles ou
aux normes applicables pour les comptables et prévoient simplement
que ces mesures ne devraient pas être plus restrictives pour le
commerce qu'il n'est nécessaire pour réaliser l'objectif légitime
visé. Cela signifie que s'il existe deux mesures ou davantage qui
peuvent permettre d'atteindre le
même
objectif,
il faudrait opter pour celle qui aurait le moins d'effet restrictif
sur le commerce. Cela ne signifie pas que les gouvernements soient
obligés de transiger sur les niveaux de qualité ou sur la protection
du consommateur qu'ils veulent assurer par le biais de la
réglementation en question. Les gouvernements Membres de l'OMC et les
groupes spéciaux chargés du règlement des différends ont
constamment affirmé qu'il appartenait aux gouvernements de choisir le
niveau de protection qu'ils souhaitaient assurer (par exemple lors de
l'adoption d'une réglementation pour la protection de la santé
publique ou de l'environnement) et que cette prérogative ne pouvait
pas être mise en question.
Il
est souvent allégué que l'OMC commencera à
"examiner"
les
normes et à "proscrire"
celles
qui sont considérées comme restreignant le commerce plus qu'il n'est
nécessaire. On a laissé entendre que les résultats de ces travaux
consisteraient, par exemple, à "examiner les qualifications que
nous exigeons des médecins, ingénieurs et autres professionnels pour
vérifier qu'elles ne sont pas trop élevées", voire que l'OMC
elle-même fixerait les normes. La question des qualifications
professionnelles ne sera pas examinée à l'OMC. L'AGCS ne prévoit
l'élaboration de normes dans aucun contexte et n'oblige les
gouvernements
Membres à soumettre aucune législation ou réglementation à leurs
partenaires commerciaux pour examen. Les seules circonstances dans
lesquelles un pays pourrait être invité à démontrer qu'une mesure
donnée n'est pas plus restrictive pour le commerce qu'il n'est
nécessaire seraient l'éventualité d'un différend avec un autre
Membre. C'est seulement alors que la nécessité d'une mesure ou son
caractère restrictif pour le commerce pourraient devenir un problème.
__________________
| Une
fois souscrits, les engagements au titre de l'AGCS sont
irréversibles haut
de page |
 |
Les
gouvernements sont à tout moment libres de prendre unilatéralement
des mesures de libéralisation sans prendre d'engagements dans le
cadre de l'AGCS. Cependant, ces engagements présentent l'avantage
certain d'offrir des conditions sûres et prévisibles d'accès aux
marchés, ce qui est bénéfique pour les commerçants, les
investisseurs et, en fin de compte, pour nous tous en tant que
consommateurs. C'est pourquoi les gouvernements ont été si nombreux
à décider de prendre des engagements contraignants dans le cadre de
l'AGCS, qui assurent à ceux-ci une sécurité juridique.
Néanmoins,
les engagements au titre de l'AGCS, comme les consolidations
tarifaires, ne sont pas irréversibles. Il y a quatre moyens pour un
pays de modifier, suspendre, voire retirer, un engagement s'il le juge
nécessaire.
-
Tout
engagement peut être retiré ou modifié après avoir été en
vigueur pendant trois ans. Sur demande, une
"compensation" devra peut-être être négociée avec
les Membres dont le commerce est affecté. Cela ne signifie pas
une compensation monétaire, comme certains l'ont prétendu, mais
simplement le remplacement de l'engagement retiré par un autre de
valeur équivalente. Ce processus est semblable à la
renégociation des consolidations tarifaires dans le cadre du
GATT, pratique en usage depuis 50 ans.
-
Deuxièmement,
s'il le faut, les exceptions générales prévues à l'article XIV
de l'AGCS peuvent être invoquées, lorsqu'il est nécessaire
d'intervenir pour protéger des intérêts publics majeurs,
notamment la sécurité, la santé et la vie des personnes et des
animaux ou la préservation des végétaux, la sécurité
nationale ou la moralité publique. Ces exceptions l'emportent sur
toutes les autres dispositions de l'Accord, et permettent à un
gouvernement de manquer à ses propres engagements ou de les
retirer, au besoin.
-
Troisièmement,
dans le cadre de l'Accord sur l'OMC, les gouvernements peuvent
solliciter une dérogation temporaire à toute obligation.
-
Un
gouvernement a aussi la possibilité de suspendre des engagements
en cas de difficulté grave de la balance des paiements.
En
outre, des négociations se poursuivent actuellement dans le cadre de
l'AGCS sur la question de l'élaboration d'une
mesure
de sauvegarde d'urgence, qui aurait pour objet d'autoriser la
suspension d'un engagement en cas de dommage ou de menace de dommage
causé à une branche de production nationale.
___________________
|
Les
négociations dans le cadre de l'AGCS sont entourées de secret
et antidémocratiques haut
de page
|
 |
Les
détracteurs de l'OMC disent souvent que l'Organisation n'est pas
démocratique et que les négociations sont menées dans le secret.
Il
est vrai que les négociations AGCS 2000, comme les autres
négociations à l'OMC, ont lieu entre des gouvernements et que les
réunions ne sont pas ouvertes à la presse, au public ou aux
entreprises. Cependant, les gouvernements sont les représentants
des intérêts de leur pays dans leur ensemble,
et
ils ont une légitimité que les porte-parole autoproclamés
d'intérêts particuliers ne pourront jamais avoir.
Par
ailleurs, de gros efforts sont déployés pour faire connaître au
public ce qui se passe lors des négociations. Chaque session de
négociation est suivie d'une séance d'information organisée à
l'intention des journalistes, et à travers eux, du monde entier. Les
représentants des organisations non gouvernementales reçoivent aussi
régulièrement des informations du Secrétariat de l'OMC. Surtout,
les comptes rendus de réunions, les textes de toutes les décisions
et les propositions présentées par les gouvernements sont mis à la
disposition du public. Elles sont affichées sur le site Web de l'OMC,
qui contient plus de 11 000 pages d'informations et reçoit
environ 250 000 visites par mois.
Il
existe une masse considérable de renseignements publics, qui
s'accroît constamment, sur les travaux de l'OMC et le Secrétariat
est toujours prêt à répondre aux demandes d'information. Un simple
coup de téléphone aurait suffi pour corriger les malentendus qui
sont à la base de la plupart des nouvelles alarmistes évoquées dans
cette brochure.
< Précédente Suivante
> |
|