
|

Les 23 et 24 septembre 1997, l'Organe d'examen des
politiques commerciales (OEPC) de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) a procédé au deuxième examen de la
politique commerciale du Chili. On trouvera ci-joint le
texte des conclusions du Président, résumant les points
essentiels qui se sont dégagés des débats.
L'examen
permet à l'OEPC d'évaluer collectivement, de manière
régulière, toute la gamme des politiques et pratiques
commerciales de chacun des pays Membres de l'OMC en vue
de suivre les tendances et faits nouveaux importants qui
peuvent avoir une incidence sur le système de commerce
mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur.
Un
compte rendu des débats et les conclusions exposées par
le Président formeront avec ces deux rapports l'examen
complet de la politique commerciale du Chili qui sera
publié en temps voulu et pourra être obtenu auprès du
Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard,
154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993), Argentine (1992), Australie (1989 et
1994), Autriche (1992), Bangladesh (1992), Bénin (1997),
Bolivie (1993), Brésil (1992 et 1996), Cameroun (1995),
Canada (1990, 1992, 1994 et 1996), Chili (1991 et 1997),
Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996), Communautés
européennes (1991, 1993 et 1995), Corée, Rép. de (1992
et 1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995),
Egypte (1992), El Salvador (1996), Etats-Unis (1989,
1992, 1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie (1991),
Inde (1993), Indonésie (1991 et 1994), Islande (1994),
Israël (1994), Japon (1990, 1992 et 1995), Kenya (1993),
Macao (1994), Malaisie (1993), Maroc (1989 et 1996),
Maurice (1995), Mexique (1993), Nigéria (1991), Norvège
(1991 et 1996), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda
(1995), Pakistan (1995), Paraguay (1997), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992), Sénégal
(1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996), Thaïlande
(1991 et 1995), Tunisie (1994), Turquie (1994), Uruguay
(1992), Venezuela (1996), Zambie (1996) et Zimbabwe
(1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: CHILI
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
Le
deuxième examen de la politique commerciale du Chili a
eu lieu les 23 et 24 septembre 1997. Les
remarques suivantes, faites sous ma seule
responsabilité, visent à résumer les points essentiels
de la discussion et ne sauraient constituer un rapport
complet, lequel figurera dans le compte rendu de la
réunion.
La
discussion s'est articulée autour de quatre thèmes
principaux: questions macro-économiques; équilibre
entre les approches multilatérale, régionale et
bilatérale dans la politique commerciale du Chili;
examen de certaines mesures et politiques liées au
commerce; et éléments sectoriels de la politique
commerciale.
Certains
Membres ont constaté que, ces six dernières années, le
Chili avait davantage axé sa politique commerciale sur
le régionalisme, tout en maintenant son attachement
immuable au système multilatéral. Le Chili a été
félicité pour son système globalement ouvert et
libéral, et pour la libéralisation qui avait eu lieu
dans le commerce des services; des Membres ont toutefois
relevé que, dans certains secteurs du commerce des
marchandises, peu de changements s'étaient produits
depuis l'examen précédent.
Questions
macro-économiques
Les
Membres ont félicité le Chili pour les remarquables
résultats macro-économiques obtenus depuis 1990,
auxquels avaient contribué la libéralisation
progressive, le taux de croissance élevé allié à plus
grande justice sociale, ainsi que la diminution du
chômage et de l'inflation. Un Membre a demandé des
précisions sur l'utilisation des mécanismes
d'indexation dans l'économie et leur rapport avec
l'inflation.
Les
Membres ont relevé que, si depuis le dernier examen, il
y avait eu une certaine diversification des produits et
des marchés d'exportation, le Chili n'en demeurait pas
moins tributaire d'un petit nombre d'exportations, en
particulier le cuivre. A cet égard, l'efficacité du
Fonds de stabilisation du cuivre en tant que mécanisme
"tampon" a été mise en évidence; un Membre
s'est interrogé sur la possibilité de créer un fonds
offshore pour réduire les éventuels effets négatifs
d'une hausse du taux de change réel sur les
exportations. Il a été relevé que l'intervention de
l'Etat avait considérablement diminué dans l'ensemble
de l'économie; toutefois, la privatisation de la
Société chilienne du cuivre, la CODELCO n'était pas
envisagée.
Les
Membres se sont félicités de constater que le régime
d'investissement étranger direct du Chili était
généralement libéral et non discriminatoire. Des
questions ont été posées au sujet de l'utilisation
d'un système de dépôt obligatoire ("encaje")
pour les fonds d'investissement: alors que certains
Membres estimaient que cette mesure avait peut-être
contribué à la stabilité monétaire, d'autres se sont
déclarés préoccupés par ses éventuels effets
restrictifs.
En
réponse, le représentant du Chili a indiqué que les
autorités de son pays avaient mis l'accent sur la
croissance dans l'équité, comme en témoignaient
l'augmentation du revenu par habitant et la forte
réduction du nombre de personnes vivant en dessous du
seuil de pauvreté. Néanmoins, la répartition du revenu
demeurait relativement inchangée, ce qui constituait une
préoccupation majeure. Les taux d'épargne et
d'investissement élevés avaient largement contribué à
la croissance économique, et l'importance des facteurs
extérieurs avait diminué. Tout en ayant contribué à
la croissance, la libéralisation des échanges n'avait
pas eu les mêmes effets dans l'ensemble de l'économie,
d'où l'importance des programmes sociaux pour en
répandre les avantages. L'inflation avait été
maîtrisée essentiellement par le biais de la politique
monétaire, le respect scrupuleux des objectifs dans ce
domaine et les excédents budgétaires ayant créé un
climat général de confiance; le recours à l'indexation
- basée sur l'inflation antérieure - avait été
réduit. L'intervenant a confirmé que, ainsi qu'il
était indiqué dans la documentation, le rôle du Fonds
de stabilisation du cuivre était d'amortir les
fluctuations des cours mondiaux. Il a expliqué que le
système d'"encaje", élément clé de la
politique monétaire, constituait une réserve
obligatoire limitée aux investissements de portefeuille
qui visait à réduire au minimum les mouvements
spéculatifs; il profitait directement aux investisseurs
en diminuant le risque de fluctuations financières.
Multilatéralisme,
régionalisme et bilatéralisme
Des
questions ont été posées au sujet de l'équilibre,
dans la politique commerciale du Chili, entre les
approches multilatérale, régionale, et bilatérale, et
de l'accent mis à l'heure actuelle sur la conclusion
d'accords avec des entités régionales. A cet égard,
des questions précises ont été posées sur les
relations entre le Chili et l'ALENA, sur l'Accord de
libre-échange récemment conclu avec le Canada, sur
l'état d'avancement des négociations relatives à un
accord cadre avec l'Union européenne, sur le réseau des
accords passés avec les partenaires d'Amérique latine,
y compris la compatibilité avec les dispositions de
l'ALADI des accords de complémentarité conclus avec
certains Membres, ainsi que sur le nouvel accord passé
avec le MERCOSUR. Les Membres se sont interrogés sur les
effets que tous ces accords pouvaient avoir sur la
transparence et la prévisibilité de la politique
commerciale du Chili. D'une manière générale, la
participation du Chili à l'APEC a été accueillie avec
satisfaction; à ce propos, des précisions ont été
demandées concernant la définition qu'il donnait de la
notion de "régionalisme ouvert".
Un
Membre a demandé dans quelle mesure le Chili facilitait
les importations en provenance des pays les moins
avancés.
En
réponse, le représentant du Chili a dit que le
multilatéralisme était la priorité absolue de son
pays. Toutefois, le Chili considérait que les accords
bilatéraux et régionaux étaient essentiels pour
progresser dans l'ouverture de sa propre économie et
dans celle de nouveaux marchés d'exportation. Il
convenait également de rappeler la dimension politique
que revêtaient ces accords en Amérique latine, et en
particulier en Amérique du Sud, ainsi que le rapport
existant entre les économies ouvertes et le
développement de la démocratie.
L'intervenant
a souligné que la plupart des échanges seraient
libéralisés en l'espace de dix ans, quoiqu'un
délai plus long soit ménagé dans le cas de certains
produits sensibles. Il a indiqué que les accords conclus
en Amérique du Sud ainsi que celui qui avait été
passé avec le Mexique relevaient, dans le cadre de
l'ALADI, de la clause d'habilitation. Les contingents
tarifaires visaient les importations faisant l'objet de
taux préférentiels; aucune restriction n'était
imposée sur les importations en régime NPF.
Indiquant qu'il n'existait pas de règles d'origine non
préférentielles, l'intervenant a fourni des détails
sur le fonctionnement des règles préférentielles.
Examen
de certaines mesures et politiques liées au commerce
En
général, les Membres on félicité le Chili pour son
régime commercial ouvert et, en particulier, pour son
droit uniforme. Certains Membres ont demandé des
précisions sur la proposition concernant une réduction
du taux de l'ordre de 3 à 4 points de pourcentage.
Constatant les disparités existant entre les taux
consolidés à l'OMC et le taux NPF effectivement
appliqué, plusieurs Membres ont demandé s'il était
envisagé de mettre en oeuvre une consolidation plus
proche du taux appliqué.
Des
Membres ont demandé des précisions au sujet de la
différence manifeste entre le régime d'imposition
appliqué aux boissons alcooliques nationales et celui
qui s'appliquait aux boissons alcooliques importées. Des
renseignements ont aussi été demandés au sujet de
l'application par le Chili de l'Accord sur l'évaluation
en douane de l'OMC. Certains Membres ont également voulu
savoir pourquoi le Chili n'avait pas signé l'Accord
plurilatéral sur les marchés publics et ont incité les
autorités à le faire. Les Membres ont reconnu que les
prescriptions nationales du Chili en matière de normes
se fondaient généralement sur les dispositions
internationales; cependant, d'aucuns craignaient que les
prescriptions sanitaires ne fassent obstacle au commerce.
Des
précisions ont également été demandées concernant le
statut de l'Accord sur la mise en oeuvre de
l'article VI du GATT de 1994 dans la législation
chilienne, les progrès accomplis dans l'élaboration de
la nouvelle législation antidumping, et l'utilisation
des mesures antidumping à la lumière des dispositions
convenues dans l'Accord de libre-échange conclu avec le
Canada. Certains participants ont mis en évidence
l'absence de législation en matière de sauvegardes.
Des
Membres ont relevé l'existence de certaines subventions
à l'exportation et ont demandé si le Chili avait pris
des mesures pour les éliminer. En outre, ils ont voulu
en savoir plus sur les activités de promotion des
exportations mises en oeuvre par PROCHILE et sur le Fonds
agricole établi en 1995 pour promouvoir les exportations
de produits agricoles.
S'agissant
de la propriété intellectuelle, des Membres ont
demandé des renseignements sur les progrès accomplis
dans le cadre du processus visant à modifier la
législation chilienne pour la rendre conforme à
l'Accord sur les ADPIC. Les Membres ont salué
l'initiative prise par les autorités en vue d'élaborer
une nouvelle législation en matière de concurrence.
En
réponse, le représentant du Chili a dit que le droit
moyen consolidé de 25 pour cent applicable aux
produits industriels représentait l'équilibre atteint
lors du Cycle d'Uruguay. Un projet de loi avait
été établi pour ramener de 11 à 8 pour
cent le taux uniforme appliqué; le pouvoir exécutif
estimait qu'il faudrait compenser cette réduction pour
garantir la continuité des programmes sociaux. Quant à
l'imposition des boissons alcooliques, un projet de loi
avait été soumis au Congrès visant à assurer un
traitement fiscal égal, traitement qui ne varierait
qu'en fonction de la teneur en alcool. Le système
d'évaluation en douane du Chili était conforme à
l'Accord pertinent de l'OMC; les variations de la valeur
transactionnelle allaient dans le sens des dispositions
de l'Accord. L'intervenant a expliqué l'application des
valeurs en douane minimales; celles-ci disparaîtraient
lors de la mise en oeuvre complète de l'Accord de l'OMC.
Les dispositions des instruments de l'OMC étaient
appliquées dans les accords conclus par le Chili avec le
Canada et le MERCOSUR.
Le
représentant a confirmé qu'au Chili, l'Accord sur les
mesures antidumping et l'Accord sur les mesures
compensatoires de l'OMC avaient force de loi et
constituaient le fondement des procédures suivies dans
ces domaines. Un projet de loi avait été soumis au
Congrès pour donner concrètement effet à certaines
règles. Des surtaxes tarifaires pouvaient être
appliquées, pendant une année au maximum, dans le cadre
des consolidations du GATT; elles ne s'appliquaient pas
aux partenaires membres de l'ALE et ne constituaient pas
des "sauvegardes" au sens de l'article XIX du
GATT. Elles n'avaient pas été utilisées depuis 1993.
Le
représentant a donné des détails sur les procédures
chiliennes relatives aux marchés publics, lesquelles
reposaient sur les principes de la transparence, de la
non-discrimination, de la flexibilité et de la
décentralisation. Les mêmes procédures s'appliquaient
dans l'ensemble du secteur public. Les entreprises d'Etat
étaient tenues de s'autofinancer et d'opérer selon les
critères de l'entreprise privée. Le Chili jugeait
l'application de l'Accord sur les marchés publics
complexe, contraignante et onéreuse; qui plus est, elle
ne garantissait pas le traitement NPF au niveau
infrafédéral. Le Chili espérait donc qu'un accord
élargi inclurait non seulement les principes de la
transparence et de la non-discrimination, mais également
ceux de la flexibilité et de la décentralisation.
Le
représentant a donné des détails sur le fonctionnement
des normes et des mesures sanitaires et phytosanitaires
du Chili concernant le vin, les viandes bovine et ovine,
les volailles et le blé; il a donné l'assurance que le
traitement national était appliqué. Le seul régime
sectoriel préférentiel en vigueur était le programme
concernant l'industrie automobile, qui était en cours de
suppression. Les programmes en faveur des régions
éloignées du pays portaient sur l'imposition, la
facilitation des formalités douanières et les mesures
d'incitation à l'investissement, et n'établissaient pas
de discrimination à l'encontre des étrangers. Les
exportations bénéficiaient d'un système de ristourne
des droits acquittés sur les intrants importés,
système simplifié pour les produits d'exportation
mineurs. Le système simplifié ne portait pas sur des
secteurs déterminés; tout élément de subvention
était progressivement supprimé. Le système de paiement
différé des droits pour les biens d'équipement ne
comportait de subvention que dans les cas où une
exemption tarifaire était octroyée à la condition que
les biens d'équipement soient utilisés dans la
fabrication de produits d'exportation; le processus de
libéralisation réduirait l'importance de ce système.
L'intervenant a également expliqué le rôle de PROCHILE
concernant les services fournis aux exportateurs.
Le
représentant a également donné des renseignements sur
la législation et les pratiques du Chili, ainsi que sur
les progrès récemment accomplis dans le domaine de la
propriété intellectuelle. Les modifications
éventuellement requises pour rendre la législation
conforme à l'Accord sur les ADPIC de l'OMC étaient à
l'étude et seraient terminées pour le 1er
janvier 2000, conformément aux prescriptions
applicables aux pays en développement. Les affaires
relatives aux ADPIC étaient traitées par les tribunaux
ordinaires et ne faisaient pas l'objet de procédures
administratives. S'agissant de la politique de la
concurrence, le Chili, disposait d'une jurisprudence
abondante mais travaillait à l'élaboration d'une loi en
vue de moderniser le cadre institutionnel et juridique
compte tenu du contexte international.
Eléments
sectoriels
Des
Membres se sont interrogés sur le mécanisme de
fourchette de prix visant certains produits agricoles en
concurrence avec les importations; ils ont souligné que
ce système risquait d'aboutir à une protection élevée
et de compromettre l'affectation des ressources. Cette
politique contrastait avec le soutien actif
généralement apporté par le Chili à la
libéralisation des échanges de produits agricoles sur
le plan international, par le biais du Groupe de Cairns.
Des Membres ont demandé si la possibilité d'un soutien
direct des revenus était envisagée pour les
agriculteurs défavorisés.
Des
délégations ont posé des questions sur des mesures
destinées à promouvoir l'industrie automobile, à
savoir les prescriptions relatives à l'équilibrage des
exportations et à la teneur en produits d'origine
nationale, les subventions à l'exportation et
l'interdiction d'importer des véhicules automobiles
d'occasion. Un Membre a demandé des détails au sujet de
la proposition visant à imposer une redevance
d'exploitation dans les industries extractives. Un autre
Membre a fait part de ses préoccupations au sujet de
l'autorisation concernant le transbordement du poisson
dans les ports chiliens.
Plusieurs
Membres ont signalé que les efforts de libéralisation
déployés par le Chili dans le secteur des services
allaient au-delà des engagements pris par ce pays à
l'OMC et ont demandé si cela se traduirait par une
amélioration de ses consolidations dans le cadre de
l'AGCS. Des détails ont été demandés sur des points
précis, tels que l'élimination des restrictions
horizontales concernant la présence commerciale,
l'accord maritime conclu avec le Brésil, la poursuite de
la libéralisation du secteur des télécommunications,
la participation du Chili aux négociations en cours sur
les services financiers, la suppression de l'impôt
additionnel perçu sur les primes d'assurance lorsque
l'assurance était contractée à l'étranger, et les
règles prudentielles appliquées aux réassureurs
étrangers et nationaux.
En
réponse aux questions posées au sujet du mécanisme de
fourchette de prix, le représentant a déclaré que le
mécanisme (qui s'appliquait au blé, à la farine de
blé, aux huiles comestibles et au sucre) avait été
établi pour protéger les prix intérieurs contre les
fluctuations des prix internationaux. Le représentant a
indiqué que les importations des produits visés par ce
mécanisme étaient considérables, représentant dans le
cas des huiles comestibles 92 pour cent de la
consommation nationale. Il était peu probable que le
taux consolidé de 31,5 pour cent puisse être
affecté par le mécanisme. S'agissant des produits
laitiers, le représentant a répondu que le Chili
jugeait approprié le niveau consolidé de 31,5 pour
cent (par rapport à un taux appliqué de 11 pour
cent), et ce compte tenu de la sensibilité de ce secteur
pour l'agriculture chilienne. Il a également clarifié
la politique concernant les projets d'irrigation et le
Plan pour le rétablissement de la productivité du sol.
Le prix d'achat de la betterave sucrière était fixé
par l'IANSA, une entreprise privée, à l'issue de
négociations avec les producteurs et sans intervention
de l'Etat.
Le
représentant a expliqué le fonctionnement du programme
de développement de l'industrie automobile, qui datait
des années 80. A l'heure actuelle, seules trois
entreprises en bénéficiaient. Il a ajouté que le
programme serait éliminé d'ici à l'an 2000,
conformément aux engagements pris par le Chili au titre
de l'Accord sur les MIC. L'interdiction d'importer des
véhicules automobiles d'occasion obéissait à des
motifs d'ordre écologique et il n'était pas envisagé
de la supprimer.
Concernant
le secteur des services, le représentant a indiqué que,
ces sept dernières années, les télécommunications,
les services d'infrastructure, les transports et les
services financiers avaient fait l'objet d'un important
processus de réforme juridique. Dans le domaine des
télécommunications, la privatisation des compagnies de
téléphonie locale et internationale avait démarré en
1985, et la libre concurrence régnait dans le secteur.
Par suite de la réforme, les tarifs avaient diminué de
50 pour cent et le nombre de lignes avait
considérablement augmenté. Le secteur financier avait
également fait l'objet d'importantes réformes, y
compris l'approbation récente d'une nouvelle loi
bancaire portant sur les trois grands domaines suivants:
internationalisation du système bancaire chilien,
élargissement de l'étendue des activités bancaires et
adoption des règles de Bâle. Concernant les transports
maritimes, le délégué a expliqué que la législation
chilienne reposait sur le principe de la réciprocité.
Le Chili regrettait que les négociations sur les
transports maritimes n'aient pas pu avancer.
L'intervenant
a ajouté que le Chili avait participé activement aux
négociations de l'OMC sur les services. Lors des
négociations sur les services financiers de 1995, le
Chili avait présenté une offre améliorée et, dans le
contexte des négociations en cours, il préparait une
offre conditionnelle qu'il espérait présenter en
octobre. Le Chili avait pris des engagements sur une
base NPF en ce qui concernait la téléphonie
internationale et avait reflété le caractère ouvert de
sa politique dans sa Liste d'engagements à ce sujet.
L'intervenant a souligné que le Chili était disposé à
participer à toute négociation sur les services
destinée à assurer une libéralisation progressive de
ce secteur aux niveaux multilatéral, plurilatéral et
bilatéral.
Pour
conclure, je voudrais mettre en exergue certains points
importants. Tout d'abord, l'accent mis par le Chili,
depuis 1990, sur la croissance dans l'équité, témoigne
d'une combinaison exemplaire de politiques économiques
et sociales, qui vont maintenant bien au-delà de ce que
l'on appelle le "consensus de Washington". Je
suis certain que les Membres salueront aussi la constance
avec laquelle le Chili a oeuvré pour la stabilité
économique, et le succès qu'il a remporté en la
matière. Je remercie par ailleurs le Chili pour ses
explications claires sur le rapport entre les aspects
multilatéraux et régionaux de sa politique commerciale
ainsi que les réponses détaillées qu'il a données à
des questions précises, notamment sur les marchés
publics, les normes sanitaires, le soutien régional et
la promotion des exportations, la propriété
intellectuelle et les politiques sectorielles. Enfin, je
suis persuadé que les débats que nous avons tenus ces
deux derniers jours auront contribué à la transparence,
obligation importante sur laquelle j'ai insisté dans ma
déclaration liminaire.
|
|