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Les 18 et 20 novembre 1998, l'Organe d'examen
des politiques commerciales (OEPC) de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) a procédé au premier examen
des politiques commerciales du Burkina Faso et du
Mali. On trouvera ci-joint le texte des conclusions du
Président, résumant les points essentiels qui se sont
dégagés des débats. L'examen permet à l'OEPC
d'évaluer collectivement, de manière régulière, toute
la gamme des politiques et pratiques commerciales de
chacun des pays Membres de l'OMC en vue de suivre les
tendances et faits nouveaux importants qui peuvent avoir
une incidence sur le système de commerce mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports (par pays) établis, l'un par
le Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur. Un compte rendu des débats
et les conclusions exposées par le Président formeront
avec les rapports l'examen complet des politiques
commerciales du Burkina Faso et du Mali qui sera
publié en temps voulu et pourra être obtenu auprès du
Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue de
Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992), Australie (1989,
1994 et 1998), Autriche (1992), Bangladesh (1992), Bénin
(1997), Bolivie (1993), Botswana (1998), Brésil (1992 et
1996), Burkina Faso (1998), Cameroun (1995), Canada
(1990, 1992, 1994 et 1996), Chili (1991 et 1997), Chypre
(1997), Colombie (1990 et 1996), Communautés
européennes (1991, 1993, 1995 et 1997), Corée, Rép. de
(1992 et 1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995),
Égypte (1992), El Salvador (1996), États-Unis (1989,
1992, 1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie (1991 et 1998),
Îles Salomon (1998), Inde (1993 et 1998), Indonésie
(1991 et 1994), Islande (1994), Israël (1994), Jamaïque
(1998), Japon (1990, 1992, 1995 et 1998), Kenya (1993),
Lesotho (1998), Macao (1994), Malaisie (1993 et 1997),
Mali (1998), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995),
Mexique (1993 et 1997), Namibie (1998), Nigéria (1991 et
1998), Norvège (1991 et 1996), Nouvelle-Zélande (1990
et 1996), Ouganda (1995), Pakistan (1995), Paraguay
(1997), Pérou (1994), Philippines (1993), Pologne
(1993), République dominicaine (1996), République
slovaque (1995), République tchèque (1996), Roumanie
(1992), Sénégal (1994), Singapour (1992 et 1996), Sri
Lanka (1995), Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et
1996), Swaziland (1998), Thaïlande (1991 et 1995),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994
et 1998), Uruguay (1992), Venezuela (1996), Zambie (1996)
et Zimbabwe (1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: BURKINA FASO ET
MALI
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
L'OEPC
a procédé au premier examen des politiques commerciales
du Burkina Faso et du Mali les 18 et
20 novembre 1998. Les remarques suivantes, qui
sont faites sous ma seule responsabilité, visent à
résumer les points essentiels du débat; elles n'ont pas
pour objet de constituer un rapport complet. Le débat
sera relaté en détail dans le compte rendu de la
réunion.
La
discussion a porté sur trois thèmes principaux:
i) environnement macro-économique et structurel;
ii) accords multilatéraux et régionaux; et
iii) mesures commerciales et politiques
sectorielles.
Environnement
macro-économique et structurel
Les
membres ont félicité le Burkina Faso et le Mali pour la
libéralisation et les réformes économiques qu'ils
avaient entreprises. Associées à la dévaluation du
franc CFA en 1994, elles avaient entraîné une
croissance économique régulière, une faible inflation
et une amélioration de la compétitivité internationale
de certains produits. Cependant, le rétablissement de
l'équilibre des finances publiques et des comptes
courants avait peu progressé et, d'une manière
générale, la compétitivité des exportations
pâtissait des coûts élevés des services fournis par
les entreprises publiques. En outre, la dette extérieure
était élevée. Relevant que les exportations, qui
continuaient de se limiter principalement au coton, aux
productions animales et à l'or, couvraient à peine
50 pour cent des importations, les membres ont
demandé des éclaircissements sur les mesures visant à
diversifier les deux économies, tout en limitant les
effets défavorables de la sécheresse chronique. Des
questions ont été posées sur les retards dans la mise
en uvre des programmes de privatisation et les
régimes concernant l'investissement étranger direct
(IED), l'accent étant mis sur le traitement
discriminatoire des investisseurs non régionaux dans le
cadre du projet de code communautaire des investissements
de l'UEMOA.
Les
membres ont posé des questions sur la mise en uvre
de la politique de la concurrence et sur les effets
qu'aurait le Tarif extérieur commun (TEC) de l'UEMOA sur
les recettes fiscales étant donné que le Burkina Faso
comme le Mali étaient largement tributaires des taxes
sur les échanges. Des questions ont été posées sur
les droits de propriété intellectuelle et sur les
mesures prises pour mettre l'Accord de Bangui en
conformité avec l'Accord sur les ADPIC.
Certaines
préoccupations ont été exprimées au sujet du
contrôle des prix qui continuait de s'appliquer à
certaines marchandises au Burkina Faso et des
dispositions de la loi sur l'investissement de ce pays
qui accordait la préférence en matière d'emploi aux
ressortissants et aux fournisseurs de services nationaux.
Relevant
que le niveau de l'IED au Mali était relativement bas,
les membres ont demandé quelles étaient les mesures
envisagées par le gouvernement pour attirer les capitaux
étrangers.
Le
représentant du Mali a dit que le Code communautaire des
investissements n'établirait pas de discrimination
vis-à-vis des investisseurs non régionaux. Le Code,
conjugué à d'autres mesures prises pour établir
l'union douanière de l'UEMOA, contribuerait à attirer
les capitaux étrangers. En outre, le Traité de l'UEMOA
prévoyait des fonds structurels et la mise en uvre
de projets sectoriels communs pour contrebalancer
l'impact défavorable de la participation à l'union
douanière.
Le
représentant a également indiqué que le Mali avait
recours aux taxes sur les échanges tant parce que le
niveau de la production intérieure était faible que
parce qu'elles étaient relativement faciles à
percevoir; cependant, le pays envisageait de diversifier
la production et d'améliorer la perception des taxes
intérieures afin d'être moins tributaire des taxes sur
les échanges. Le gouvernement s'en remettait au secteur
privé pour diversifier la production et les
exportations. L'absence de marché des capitaux au Mali
était un obstacle majeur à la mise en uvre du
programme de privatisation, qui couvrirait également le
secteur des services. Depuis mars 1998, le Mali
pouvait prétendre à bénéficier de l'Initiative du
FMI/de la Banque mondiale en faveur des pays pauvres
très endettés. Le représentant a ajouté que des
données mises à jour concernant l'IED au Mali seraient
communiquées au Secrétariat. La législation nationale
relative à la concurrence était en cours de
modification en vue de sa mise en conformité avec les
dispositions de l'UEMOA dans ce domaine. L'Accord de
Bangui sur la propriété intellectuelle faisait l'objet
d'une révision pour être mis en conformité avec
l'Accord sur les ADPIC. Des mesures environnementales
étaient mises en uvre pour remédier aux
conséquences de la sécheresse.
Confirmant
que le TEC pouvait réduire les recettes fiscales, le
représentant du Burkina Faso a fait observer que
l'élargissement de l'assiette fiscale et l'amélioration
de la perception des impôts contribueraient à compenser
les pertes. Il a indiqué certains des produits qui
bénéficieraient d'un soutien à des fins de
diversification, dont le coton, les céréales et les
légumes. Le manque d'investisseurs et la nécessité
d'améliorer la transparence avaient retardé la mise en
oeuvre des programmes de privatisation. La
libéralisation concernerait également les services
publics. Le Burkina Faso mettait en uvre sa
politique de la concurrence depuis janvier 1998.
Cependant, le contrôle des prix était maintenu pour les
produits pétroliers car il s'agissait de produits
sensibles. Au sujet de la dette extérieure, le
représentant a fait observer que des mesures
appropriées seraient prises dans le cadre de
l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés.
En outre, les programmes d'ajustement structurel et le
passage au TEC préparaient les économies membres de
l'UEMOA à un accroissement de la concurrence; le soutien
de la communauté internationale était nécessaire. Pour
remédier à la sécheresse, des mesures
environnementales étaient prises.
Accords
multilatéraux et régionaux
Les
membres ont constaté que le Burkina Faso et le Mali
étaient déterminés à fonder leurs relations
commerciales sur les principes du système commercial
multilatéral. Dans ce contexte, certains d'entre eux ont
demandé quelle assistance l'OMC pourrait fournir pour
dissiper les craintes de marginalisation. Des questions
ont été posées au sujet de la cohérence et de la
coordination des accords régionaux, notamment l'UEMOA et
la CEDEAO auxquelles étaient parties le Burkina Faso et
le Mali. On a relevé que le Burkina Faso et le Mali
auraient à améliorer la compétitivité intrarégionale
de leurs produits pour répondre à l'intensification de
la concurrence qui résulterait de la mise en uvre
du TEC.
Les
membres se sont enquis des effets du traitement
préférentiel accordé au Burkina Faso et au Mali dans
le cadre de la Convention de Lomé et du Système
généralisé de préférences, et des mesures
envisagées par ces pays pour s'adapter à une
éventuelle diminution des préférences qui pourrait
résulter de la libéralisation multilatérale.
Rappelant
le Programme intégré en faveur des pays les moins
avancés, les représentants du Mali et du Burkina Faso
ont indiqué qu'ils attendaient avec intérêt sa mise en
uvre à l'égard de leurs pays. S'agissant du
traitement préférentiel, les débats entre les pays ACP
africains avaient souligné que les membres du Groupe ACP
devaient maintenir leur position commerciale.
La
coordination entre le secrétariat de la CEDEAO et la
Commission de l'UEMOA contribuait à éviter les
incompatibilités entre ces deux accords régionaux. Les
membres de la CEDEAO convenaient qu'à long terme, cet
accord serait le seul accord régional de l'Afrique
de l'Ouest.
Mesures
commerciales et politiques sectorielles
Les
membres ont constaté avec satisfaction les progrès
considérables accomplis par le Burkina Faso et le
Mali dans la libéralisation de leur régime commercial.
Cependant, les participants ont exprimé des
préoccupations au sujet de la complexité de leur
structure tarifaire et du faible niveau des
consolidations opérées dans le cadre de l'OMC pour les
produits non agricoles. Les membres ont demandé des
éclaircissements sur les mesures prises pour mettre en
uvre le TEC en janvier 2000. Relevant qu'aucun
des deux pays ne disposait d'une législation sur les
mesures correctives commerciales d'exception, les membres
ont demandé s'il était prévu d'en adopter une. Des
questions ont également été posées au sujet de la
compatibilité des restrictions sur certains produits
d'exportation avec les objectifs des deux pays en
matière de renforcement des exportations. On a fait
observer que la libéralisation unilatérale entreprise
par ces pays dans le secteur des services ne se
traduisait pas dans leurs engagements contractés dans le
cadre de l'OMC, et que les restrictions sur l'IED dans
les services financiers ainsi que les monopoles des
télécommunications étaient maintenus.
Les
membres ont pris acte du fait que le Burkina Faso
appliquait, à titre de sauvegarde, des prix de
référence pour le sucre. Certaines questions ont été
posées au sujet des dispositifs concernant la teneur en
éléments d'origine nationale, les autres droits et
impositions, les licences d'importation et les
entreprises publiques dans les services de base,
notamment les services financiers.
Le
Mali a été encouragé à signer l'Accord plurilatéral
sur les marchés publics. Les membres ont relevé que
l'impôt intérieur spécial sur certains produits (ISCP)
était inclus dans l'assiette de la TVA, et que la
contribution pour prestation de services (CPS) était
appliquée bien qu'elle ne figure pas dans la liste des
autres droits et impositions consolidés par le Mali. Des
préoccupations ont été exprimées au sujet des
dispositions relatives à la participation de l'État au
capital des sociétés minières.
Le
représentant du Mali a indiqué que la rationalisation
tarifaire entreprise depuis 1991 avait préparé le pays
à la mise en uvre du TEC. Cependant, cette
dernière augmenterait les droits sur les biens
d'équipement et les intrants, qui passeraient du niveau
zéro actuel à 5 pour cent. L'application future
d'autres droits et impositions serait conforme aux
engagements pris dans le cadre de l'OMC. Il était prévu
d'introduire une législation commune dans le contexte de
l'UEMOA. Au sujet de l'évaluation en douane, le
représentant a indiqué que le Mali appliquerait le
critère de la valeur transactionnelle à compter de l'an
2000. Une assistance technique était toutefois
nécessaire pour familiariser les fonctionnaires des
douanes avec le système. Une augmentation du taux de la
TVA atténuerait la baisse des recettes fiscales qui
pourrait résulter de la suppression prévue de la CPS.
Le représentant a ajouté que l'ISCP était une taxe
intérieure non discriminatoire, et que la taxe à
l'exportation de 3 pour cent était la principale
taxe appliquée aux activités minières. La
privatisation des entreprises publiques, y compris la
SOTELMA, la société des télécommunications,
améliorerait la compétitivité.
Le
représentant du Burkina Faso a fait observer que le
tarif douanier de son pays avait été simplifié en
juillet 1998, ce qui constituait la première étape
du passage au TEC. Il a ajouté que la mesure de
sauvegarde concernant le sucre était destinée à
préparer la société sucrière d'État à la
privatisation. L'interdiction frappant les peaux et cuirs
avait pour objet de protéger un secteur naissant; une
révision de l'interdiction était à l'examen. Le
représentant a indiqué que, d'une manière générale,
le secteur des services était libéralisé. Il a
poursuivi en faisant observer que la Contribution
spéciale du secteur élevage était perçue à des fins
de développement de l'élevage, tandis que
l'autorisation spéciale exigée pour exporter des
céréales et des amandes de karité répondait à des
besoins statistiques.
En
conclusion, les membres ont, me semble-t-il, accueilli
avec satisfaction la participation commune du Burkina
Faso et du Mali au processus d'examen et les mesures
importantes prises par les autorités de ces pays pour
ouvrir et déréglementer davantage leur régime
économique et commercial. Ils ont reconnu les
difficultés que posait une adaptation aussi importante,
notamment au vu des défis auxquels étaient confrontés
le Burkina Faso et le Mali, deux pays sans littoral parmi
les moins avancés, disposant d'une petite base de
ressources. Ils ont vivement encouragé ces deux pays à
consolider et à mettre à profit les acquis de ces
dernières années. Il m'a également semblé que les
membres étaient conscients du fait que, si l'on voulait
que les politiques suivies au plan intérieur produisent
les résultats désirés, il était important qu'elles
bénéficient d'un soutien au niveau régional et dans le
cadre du système commercial multilatéral.
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