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Les 17
et 18 octobre 1995, l'Organe d'examen des politiques commerciales (OEPC) de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) a effectué son premier examen conformément aux procédures de
l'OMC concernant la politique commerciale de Maurice. On trouvera ci-joint le texte des
conclusions du Président, qui résume les points essentiels se dégageant des deux jours
de débat.
L'examen
permet à l'OEPC d'évaluer collectivement, de manière régulière, toute la gamme des
politiques et pratiques commerciales de chacun des pays Membres de l'OMC en vue de suivre
les tendances et faits nouveaux importants qui peuvent avoir une incidence sur le système
de commerce mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le Secrétariat de l'OMC, l'autre par le
gouvernement intéressé, qui portent sur tous les aspects de la politique commerciale du
pays, y compris les lois et réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords préférentiels, les besoins
généraux de l'économie et l'environnement extérieur.
Un
compte rendu des débats et les conclusions exposées par le Président formeront avec ces
deux rapports l'examen complet de la politique commerciale de Maurice, qui sera publié en
temps voulu et pourra être obtenu auprès du Secrétariat de l'OMC, Centre
William Rappard, 154, rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, le GATT a examiné la politique commerciale des pays ou groupes de
pays suivants: Afrique du Sud
(1993), Argentine (1992), Australie (1989 et 1994), Autriche (1992), Bangladesh (1992),
Bolivie (1993), Brésil (1992), Cameroun (1995), Canada (1990, 1992 et 1994), Chili
(1991), Colombie (1990), Communautés européennes (1991, 1993 et 1995), Corée, Rép. de
(1992), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995), Egypte (1992), Etats-Unis (1989,
1992 et 1994), Finlande (1992), Ghana (1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie
(1991), Inde (1993), Indonésie (1991 et 1994), Islande (1994), Israël (1994),
Japon (1990, 1992 et 1995), Kenya (1993), Macao (1994), Malaisie (1993), Maroc
(1989), Maurice (1995), Mexique (1993), Nigéria (1991), Norvège (1991),
Nouvelle-Zélande (1990), Ouganda (1995), Pakistan (1995), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), Roumanie (1992), Sénégal (1994), Singapour
(1992), Suède (1990 et 1994), Suisse (1991), Thaïlande (1991), Tunisie (1994), Turquie
(1994), Uruguay (1992) et Zimbabwe (1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: MAURICE
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
L'OEPC
a examiné pour la première fois la politique et les pratiques commerciales de Maurice.
Les remarques qui suivent visent à résumer les points essentiels qui se sont dégagés
de l'examen. Comme de coutume, elles sont faites sous ma seule responsabilité et ne
sauraient se substituer à l'évaluation collective de l'OEPC.
La
discussion a porté sur quatre thèmes:
Orientation
générale de l'action des pouvoirs publics
Les
Membres ont reconnu que les programmes d'ajustement structurel entrepris par Maurice dans
les années 80 avaient posé les fondements d'une décennie de forte croissance et
avaient permis à Maurice de tirer pleinement parti des possibilités d'accès aux
marchés offertes à ses exportations, en particulier grâce aux préférences
commerciales sur le marché de l'UE. Toutefois, une économie à double face s'était
développée, l'Etat continuant à protéger la production nationale. Les Membres ont
instamment demandé aux autorités de tenir particulièrement compte de cette situation et
de prendre les mesures correctives appropriées.
Maurice
s'efforçait actuellement d'intégrer son économie en adoptant une politique davantage
tournée vers l'extérieur, avec notamment la libéralisation du commerce. Le gouvernement
avait réagi positivement au Cycle d'Uruguay et était fortement déterminé à observer
les principes du système commercial multilatéral. Par ailleurs, la diversification
économique se poursuivait avec le développement du port franc et des services offshore.
Certains Membres ont toutefois noté que la progressivité des droits et les taux
effectifs de protection semblaient encore élevés, malgré la notable libéralisation du
commerce; l'abondance des mesures d'incitation tendait à nuire à la transparence du
système et accentuait quelque peu le pouvoir d'appréciation de l'Etat.
La
réforme du régime de commerce s'était traduite notamment par la suppression des
restrictions quantitatives, l'abaissement des taux de droits maximaux et moyens, et
l'élimination du prélèvement à l'importation et de la taxe à l'exportation sur le
sucre. La plupart des contrôles des prix avaient été supprimés, mais des
préoccupations ont été exprimées concernant ceux qui subsistaient. Certains Membres
ont estimé que l'importance considérable des recettes douanières dans le budget pouvait
empêcher une réduction et une simplification plus poussées des droits de douane. Il a
également été noté qu'il serait nécessaire de prendre des mesures visant le
développement des ressources humaines et la mobilité de la main-d'oeuvre, dans le but de
procéder à une réforme du marché des facteurs et d'accroître ainsi la productivité.
En
réponse, le représentant de Maurice a souligné que la politique de son gouvernement
privilégiait l'amélioration de la productivité et de la compétitivité dans tous les
secteurs, tout en cherchant à réduire au minimum les coûts de la transition vers le
libre-échange. Un élément important de cette stratégie était l'investissement dans la
formation, l'enseignement et l'amélioration des compétences afin de rendre l'économie
plus compétitive. L'accent était mis également sur le développement des
télécommunications et la promotion des transferts de technologies. A cet égard,
l'intervenant a insisté sur la nécessité de maintenir un cadre macroéconomique solide
qui contribuerait à accroître l'efficience du marché des facteurs; en particulier, la
politique monétaire avait visé à réduire l'inflation et à encourager l'épargne. La
part du secteur tertiaire dans le PIB avait régulièrement augmenté ces dernières
années, le tourisme ayant enregistré la plus rapide croissance. Les activités du
marché des titres étaient encouragées. La progression du secteur des services offshore
avait été importante et les mesures mises en place tendaient à intégrer le secteur
offshore au secteur intérieur, tandis que la Régie du port franc constituait le foyer
des activités de transbordement et de réexportation. Sur la question spécifique des
droits de la femme, une nouvelle législation avait été adoptée pour assurer
l'égalité de traitement et l'égalité des chances en matière d'emploi.
Instruments
spécifiques de la politique commerciale
Les
Membres ont félicité Maurice d'être l'un des Membres fondateurs de l'OMC et ont salué
les engagements pris par ce pays en cette qualité. Ils ont souligné que Maurice devait
adapter rapidement ses lois commerciales aux dispositions de l'OMC et ont approuvé la
demande d'assistance technique présentée par Maurice dans ce contexte. Les lois
nouvelles ou modifiées devraient être dûment notifiées.
Les
Membres ont pris note avec satisfaction de la réforme tarifaire, mais se sont inquiétés
du faible niveau des consolidations dans le secteur industriel. Malgré la consolidation
des droits de douane appliqués aux produits agricoles, les taux plafonds étaient
considérablement supérieurs aux taux appliqués, d'où le risque d'irrégularités en
matière douanière. Le gouvernement mauricien a été encouragé à harmoniser les taux
consolidés et les taux appliqués.
Les
Membres ont discuté de la discrimination opérée en matière de droits de douane entre
les fournisseurs déclarés et les fournisseurs non déclarés, ainsi que de l'application
différente des droits d'accise selon qu'il s'agissait de produits nationaux ou importés.
Il a été instamment demandé à Maurice de supprimer ces éléments discriminatoires et
d'appliquer le principe NPF et le principe du traitement national.
Les
Membres ont reconnu les efforts déployés par Maurice pour adapter et améliorer les
normes et réglementations en conformité avec les instruments pertinents de l'OMC.
Certains ont fait observer que le maintien en activité des entreprises commerciales
d'Etat, conjointement avec les licences d'importation, le contrôle des prix et les
subventions à la consommation, remettait en question le fonctionnement du mécanisme du
marché et allait à l'encontre de la libéralisation du commerce. Des questions ont
également été posées sur les procédures en vigueur concernant les mesures correctives
appliquées en matière de commerce, par exemple les mesures antidumping, et l'éventuelle
introduction d'une législation dans ce domaine.
Les
Membres ont noté que Maurice avait déjà une législation et des procédures de mise en
oeuvre pour lutter contre les atteintes aux droits de propriété intellectuelle, mais ont
demandé des précisions sur certains aspects particuliers de la législation existante et
sur les modifications qu'il serait nécessaire d'adopter pour en assurer la compatibilité
avec les dispositions de l'OMC. Par ailleurs, une question a été soulevée à propos de
la conformité des mesures commerciales liées à l'environnement avec les dispositions de
l'OMC.
En
réponse, le représentant de Maurice a évoqué les mesures actuellement prises par son
gouvernement pour intégrer la législation nationale au système de l'OMC. Maurice avait
déjà notifié à l'OMC un grand nombre des lois et procédures existantes; un
sous-comité étudiait les autres prescriptions en matière de notification. Maurice
souhaitait recevoir une assistance technique pour l'intégration de certains autres
domaines, notamment celui de l'évaluation en douane. L'interdiction des exportations de
corail et de coquillages pour des raisons de protection de l'environnement avait été
notifiée au titre de l'article X et justifiée au titre de l'article XX du
GATT.
Les
droits de douane constituaient le principal instrument de la politique commerciale. Le
niveau des consolidations offertes par Maurice correspondait au niveau de son
développement; dans un grand nombre de cas, les taux appliqués étaient bien inférieurs
aux taux consolidés. Ces derniers avaient été négociés dans le cadre du Cycle
d'Uruguay et, pour l'instant, il n'était pas possible de prévoir un autre calendrier
pour l'harmonisation des taux consolidés et des taux appliqués, bien que cette question
puisse être rattachée à l'introduction d'une législation en matière de droits
antidumping ou de droits compensateurs. La distinction opérée au niveau des droits de
douane entre les territoires déclarés et les territoires non déclarés avait une
origine historique. Il n'était pas dans l'intention du gouvernement mauricien de
favoriser la discrimination; les différences de traitement avaient été atténuées avec
le temps. Maurice reconnaissait que des mesures correctives devraient être prises pour
aligner le système tarifaire avec les principes NPF.
Les
entreprises commerciales d'Etat étaient maintenues pour assurer un approvisionnement
régulier en produits de base à des prix raisonnables pour la population; le contrôle
des prix était lié à leur fonctionnement, mais le gouvernement entendait libéraliser
les prix dès que des conditions de concurrence appropriées apparaîtraient sur le
marché. Il avait l'intention d'aller plus loin en matière de privatisation, tout en
évitant les abus et la création de monopoles privés. Il étudiait le rapport d'un
comité concernant l'Accord sur les marchés publics en vue d'une possible adhésion.
Maurice avait utilisé les services du Centre du commerce international dans de nombreux
domaines du développement commercial.
Politiques
sectorielles
Les
Membres ont noté les efforts déployés par Maurice pour promouvoir la diversification
industrielle, en particulier pour procéder à une transition en douceur dans le processus
de démantèlement progressif de l'Arrangement multifibres. Ils ont insisté sur le fait
que la structure des incitations devait être claire, non discrétionnaire et
transparente.
Les
Membres ont pris note avec satisfaction de la suppression du droit d'exportation sur le
sucre. D'importantes initiatives semblaient avoir été prises en matière
d'investissements dans le secteur du sucre, mais on ne voyait pas clairement ce qui était
entrepris pour accroître les autres productions vivrières et permettre l'intégration de
l'économie rurale. Compte tenu des préoccupations exprimées par Maurice et d'autres
pays importateurs nets de produits alimentaires, la diversification semblait être
pertinente pour ce qui est de l'incidence de la hausse des cours mondiaux sur la facture
des importations. Certains participants ont fait observer que les interdictions d'importer
et le régime de licences étaient appliqués pour assurer la sécurité alimentaire et
l'auto-approvisionnement. Les Membres ont noté que Maurice devrait mettre ses pratiques
agricoles en conformité avec ses obligations dans le cadre de l'OMC et que son objectif
ultime devrait être de libéraliser les importations et permettre le fonctionnement du
mécanisme du marché. Ils se sont également interrogés sur la nécessité de
réintroduire des subventions à la consommation pour les denrées alimentaires de base.
Pour
ce qui est des services, les Membres se sont félicités du fait que Maurice avait pris
des engagements dans les secteurs du tourisme et des télécommunications. Toutefois, son
régime réglementaire ne prévoyait pas l'application du traitement national aux
fournisseurs étrangers dans tous les domaines figurant sur la liste et le gouvernement
mauricien a été encouragé à accentuer la libéralisation en améliorant ses
engagements dans le cadre de l'AGCS. Les services financiers avaient été largement
libéralisés et un secteur offshore avait été créé, lequel connaissait déjà une
croissance exceptionnelle.
En
réponse, le représentant de Maurice a signalé que la Loi de 1993 sur l'expansion
industrielle avait regroupé toutes les incitations, rendant ainsi le système à la fois
plus transparent et moins assujetti à l'appréciation des pouvoirs publics. Il a ajouté
qu'il fallait considérer la diversification du secteur agricole en tenant compte de
l'importance du secteur du sucre pour l'écosystème de l'île. Maurice était consciente
des limites des productions vivrières, qui ne pourraient pas se substituer aux
importations; ainsi, l'auto-approvisionnement serait impossible à atteindre pour des
produits tels que la viande et le lait. Malgré le niveau élevé de certains droits
consolidés dans le secteur agricole, les droits appliqués aux produits alimentaires
importés étaient systématiquement très faibles ou nuls. Maurice avait de bons
antécédents en matière de conformité aux normes sanitaires et phytosanitaires, mais
elle envisageait néanmoins une révision de ses réglementations afin de les rendre
entièrement compatibles avec les obligations imposées par l'OMC à cet égard. Une
attention particulière était accordée aux aspects écologiques de l'évolution du
secteur agricole.
En
ce qui concerne le secteur des services, le représentant de Maurice a répondu qu'aucune
modification de la liste de son pays dans le cadre de l'AGCS n'était pour le moment
envisagée.
Environnement
extérieur
Il
était probable que les résultats du Cycle d'Uruguay entraîneraient une certaine
érosion des préférences tarifaires, notamment dans les secteurs des textiles, des
vêtements et du sucre. A cet égard, certains Membres ont instamment demandé que soient
rapidement levées les restrictions sur les exportations mauriciennes de vêtements. Ils
ont également avancé l'idée que les petits pays insulaires en développement
méritaient une attention spéciale au sein du système de l'OMC.
Quelques
Membres ont noté la participation croissante de Maurice à des arrangements régionaux;
ils ont reconnu qu'une telle adhésion pouvait aider à l'effort de libéralisation
commerciale et ont instamment demandé à Maurice d'observer les règles et disciplines du
système multilatéral.
Le
représentant de Maurice a répondu que la politique commerciale de son pays restait
ouverte sur l'extérieur. Dans ce cadre, son pays participait activement à divers
groupements économiques régionaux, notamment le COMAOA, le SAC et la Commission de
l'Océan indien, ce qui, selon lui, était complémentaire à sa participation au système
multilatéral. L'intervenant estimait que de telles initiatives, qui n'étaient pas, de
par leur nature, tournées vers l'intérieur, étaient conformes à l'article XXIV
du GATT et pouvaient être considérées comme un pas initial vers une plus grande
intégration économique multilatérale. |
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