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Les
21 et 22 octobre 1996, l'Organe d'examen des politiques
commerciales (OEPC) de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) a procédé au deuxième examen de la
politique commerciale de la Nouvelle-Zélande. On
trouvera ci-joint le texte des conclusions de la
Présidente, résumant les points essentiels qui se sont
dégagés des deux jours de débats.
L'examen
permet à l'OEPC d'évaluer collectivement, de manière
régulière, toute la gamme des politiques et pratiques
commerciales de chacun des pays Membres de l'OMC en vue
de suivre les tendances et faits nouveaux importants qui
peuvent avoir une incidence sur le système de commerce
mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur.
Un
compte rendu des débats et les conclusions exposées par
la Présidente formeront avec ces deux rapports l'examen
complet de la politique commerciale de la
Nouvelle-Zélande qui sera publié en temps voulu et
pourra être obtenu auprès du Secrétariat de l'OMC,
Centre William Rappard, 154 rue de Lausanne, 1211 Genève
21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993), Argentine (1992), Australie (1989 et
1994), Autriche (1992), Bangladesh (1992), Bolivie
(1993), Brésil (1992), Cameroun (1995), Canada (1990,
1992 et 1994), Chili (1991), Colombie (1990 et 1996),
Communautés européennes (1991, 1993 et 1995), Corée,
Rép de (1992 et 1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire
(1995), Egypte (1992), Etats-Unis (1989, 1992 et 1994),
Finlande (1992), Ghana (1992), Hong Kong (1990 et 1994),
Hongrie (1991), Inde (1993), Indonésie (1991 et 1994),
Islande (1994), Israël (1994), Japon (1990, 1992 et
1995), Kenya (1993), Macao (1994), Malaisie (1993), Maroc
(1989 et 1996), Maurice (1995), Mexique (1993), Nigéria
(1991), Norvège (1991 et 1996), Nouvelle-Zélande (1990
et 1996), Ouganda (1995), Pakistan (1995), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992), Sénégal
(1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996), Thaïlande
(1991 et 1995), Tunisie (1994), Turquie (1994), Uruguay
(1992), Venezuela (1996), Zambie (1996) et Zimbabwe
(1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: NOUVELLE-ZELANDE
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
L'Organe
d'examen des politiques commerciales a examiné pour la
deuxième fois la politique et les pratiques commerciales
de la Nouvelle-Zélande. Les remarques qui suivent et
dont j'assume seule la responsabilité résument les
points essentiels des débats. Elles ne sauraient se
substituer à l'évaluation collective des politiques et
pratiques commerciales de la Nouvelle-Zélande. Le débat
sera relaté en détail dans le compte rendu de la
réunion.
La
discussion a porté sur quatre thèmes principaux: i)
environnement macro-économique et structurel; ii)
questions régionales et multilatérales; iii) questions
générales concernant le commerce; et iv) questions
sectorielles.
Environnement
macro-économique et structurel
Les
participants ont félicité la Nouvelle-Zélande de ses
audacieuses transformations économiques, lesquelles,
décidées en grande partie unilatéralement, ont fait de
son économie l'une des plus ouvertes du monde. Les
réformes micro-économiques, couplées à une stabilité
macro-économique, ont étayé les très bons résultats
économiques du pays ces dernières années, tout en
assurant une base qui permettra dans l'avenir de soutenir
une croissance économique accrue. Il a été reconnu que
les réformes de la politique commerciale étaient au
centre de l'ensemble des efforts consentis en faveur de
la libéralisation, pour importantes que soient par
ailleurs la privatisation, la constitution de sociétés,
la politique financière, la politique fiscale, la
politique en matière d'investissements étrangers, etc.
Les
membres ont éprouvé de l'intérêt pour le rôle de la
réforme du marché du travail dans l'amélioration de la
productivité. Cette amélioration permet aux
exportateurs néo-zélandais de préserver le volume de
leurs exportations malgré une appréciation de la devise
nationale. Les investissements, dont les investissements
étrangers directs, ont progressé rapidement et, malgré
les réserves substantielles de l'Etat, devancent
l'épargne, le déséquilibre correspondant se traduisant
par un déficit de la balance des opérations courantes.
La constatation de ce phénomène a donné lieu à des
questions sur l'échelonnement des réductions d'impôts
et les mesures d'encouragement de l'épargne. Les
participants, relevant que le succès des réformes avait
renforcé les pressions en faveur de la libéralisation
du commerce, ont demandé dans quels secteurs celles-ci
se faisaient sentir le plus vigoureusement. La
Nouvelle-Zélande a été priée d'apporter des
précisions sur la façon dont évoluerait selon elle sa
politique dans les quelques domaines où subsistaient
sectoriellement des restrictions aux investissements
étrangers directs.
Les
Membres ont demandé si les bénéfices de la réforme
avaient fait l'objet d'études préalables, et si ces
études avaient stimulé la réforme économique; ils ont
demandé en outre des précisions sur les retombées,
perçues ou attendues, qu'ont eues les réformes
consécutives aux négociations d'Uruguay sur les prix
payés aux facteurs de production néo-zélandais tels
que les terrains agricoles. Enfin, les participants
souhaitaient savoir ce qu'on prévoit de l'évolution de
la politique économique néo-zélandaise.
Le
représentant de la Nouvelle-Zélande a répondu que
l'existence d'une relation entre les résultats
médiocres de l'économie nationale avant 1984 et la
politique de fermeture économique telle que pratiquée
alors avait été admise sans réserve, tandis que
maintes études avaient démontré combien le
protectionnisme était coûteux. Les effets de la
libéralisation sur l'économie s'étaient clairement
manifestés ces dernières années. La productivité
totale des facteurs avait progressé plus vite
qu'auparavant. Pour l'heure, suite à une période de
compression des dépenses, on procédait à des
investissements visant à augmenter la productivité du
travail par le biais d'une formation plus poussée et de
l'acquisition de compétences multiples. Les gains de
productivité ne pouvaient être attribués seulement aux
réformes dans le domaine de la main-d'uvre, encore
que celles-ci aient joué un rôle de premier plan et
accéléré l'ajustement de l'économie. Le représentant
a relevé qu'on ne tient pas actuellement le déficit de
la balance des opérations courantes pour un problème,
vu le niveau élevé des investissements privés, la
croissance et la diversification des exportations et
l'excédent fiscal. En outre, la simplification de la
structure fiscale néo-zélandaise, combinée avec la
stabilité des prix, encourage l'épargne nationale.
Les
décisions relatives à la privatisation et à la
constitution de sociétés s'étaient prises
ponctuellement. Quant aux investissements étrangers
directs, les autorités, s'agissant de déterminer les
engagements financiers de ceux qui déposaient des
demandes, cherchaient à s'assurer qu'ils ne servaient
pas de prête-nom et qu'ils investissaient des capitaux
leur appartenant vraiment. Dans les pêcheries, les
restrictions aux investissements n'avaient trait qu'à la
propriété de contingents de prises, tandis que, pour
l'optométrie, où elles s'appliquaient aux entreprises
aussi bien étrangères que nationales, elles se
bornaient à limiter la participation de capitaux
étrangers à 45 pour cent - cette dernière disposition
étant d'ailleurs alors l'objet d'un réexamen.
Questions
régionales et multilatérales
Il
a été noté que la politique commerciale
néo-zélandaise suit quatre voies, à savoir le
multilatéralisme, l'unilatéralisme, le bilatéralisme
et le régionalisme. Les participants souhaitaient savoir
quels rapports celles-ci contractaient entre elles et si
la Nouvelle-Zélande privilégiait l'approche
multilatérale. La délégation néo-zélandaise a été
invitée à préciser la fonction du système
multilatéral pour ce qui concerne le soutien des
réformes commerciales et nationales dans son pays.
Les
Membres ont relevé qu'on prévoyait pour la mise en
uvre des Accords de l'OMC des retombées positives
substantielles sur l'économie de la Nouvelle-Zélande,
pays qui, estimait-on, serait l'un des grands
bénéficiaires de la réforme du commerce multilatéral.
Ils se sont enquis du mécanisme prévu par la
législation nationale pour donner suite aux engagements
multilatéraux tels que ceux relatifs à l'Organe de
règlement des différends de l'OMC.
L'Accord
commercial de rapprochement économique
australo-néo-zélandais (ACREANZ) est l'un des
dispositifs commerciaux les plus complets du monde. Les
participants ont souhaité savoir ce qu'avait fait la
Nouvelle-Zélande pour mettre fin aux mesures antidumping
touchant le commerce entre l'Australie et elle et pour
étendre à celui-ci la législation nationale sur la
concurrence. La Nouvelle-Zélande a été invitée à
faire part de son point de vue sur les implications de
l'article XXIV du GATT sur un arrangement de ce genre. Il
lui a également été demandé dans quelle mesure
d'autres pays pourraient se joindre à l'ACREANZ. Sans
considération de l'accord en question, elle a été
invitée à dire si elle envisageait des mesures
quelconques au sujet de l'accord conclu entre les
syndicats des gens de mer des deux pays, cet accord
paraissant de facto barrer la route à la
concurrence d'un pays tiers dans le commerce maritime
australo-néo-zélandais.
Plusieurs
participants, notant que la Nouvelle-Zélande est un
membre actif du CEAP et que son commerce avec la région
s'intensifie, se sont enquis de ses projets à ce propos.
Le
représentant de la Nouvelle-Zélande a répondu que,
selon une étude commandée par son gouvernement, les
négociations d'Uruguay rapporteraient à la
Nouvelle-Zélande l'équivalent de 2,3 pour cent de son
PNB d'ici à l'an 2000 et susciteraient la création de
20 000 à 30 000 nouveaux emplois. Le renchérissement
des denrées agricoles résultant du Cycle tendait à
amener une augmentation du prix des terrains agricoles,
celle-ci ayant atteint un tiers en 1994-1995; encore que,
a-t-il souligné, les négociations n'eussent été qu'un
des facteurs intervenant dans ce phénomène.
Alors
qu'on prévoyait que certains secteurs seraient dans un
premier temps sensibles à la libéralisation
consécutive à l'ACREANZ, il s'est révélé possible
dès 1988 d'avancer à 1990 la libéralisation totale des
échanges bilatéraux de biens (prévue à l'origine pour
1995). Récemment, le dispositif de l'ACREANZ a été
étendu aux services d'aviation, et la Nouvelle-Zélande
espère que les dernières restrictions touchant les
services pourront être levées ces prochaines années.
Les deux parties sont naguère convenues d'entreprendre
l'examen d'un protocole ACREANZ pour les investissements.
L'ACREANZ ménage la possibilité d'adhésion de pays
tiers; les demandes y relatives seront soigneusement
considérées, et celles émanant de pays Membres de
l'OMC sont bienvenues. Les deux parties ont été d'avis
qu'il serait logique de modifier les règles originales
de l'ACREANZ dans le sens d'une modification des
critères de nomenclature tarifaire, et d'étudier les
conséquences d'une telle modification notamment pour ce
qui a trait aux denrées alimentaires élaborées, aux
produits forestiers, à l'acier et à la chaussure. Les
modifications n'entreraient toutefois en effet qu'après
achèvement du processus OMC. L'accord bilatéral avec le
Canada a pour sa part consacré les préférences
tarifaires remontant au système préférentiel du
Commonwealth. En 1995, le Canada et la Nouvelle-Zélande
sont convenus de conserver les marges préférentielles,
pour autant que celles-ci ne perturbent pas la
libéralisation unilatérale des droits de douane. Pour
la Nouvelle-Zélande, le principal objectif reste la
liberté totale du commerce multilatéral, à la
réalisation duquel doivent concourir les quatre
approches retenues. La Nouvelle-Zélande estime qu'il
faudrait à cet égard que l'OMC arrête un ambitieux
calendrier.
Questions
générales concernant le commerce
Les
participants se sont félicités de ce que la seule forme
de protection commerciale encore pratiquée par la
Nouvelle-Zélande est l'application de droits de douane
sur les importations, quasiment toutes les mesures non
tarifaires ayant été d'autre part abolies. Ces dix
dernières années, les droits de douane ont largement
diminué, ce mouvement devant se poursuivre entre 1997 et
l'an 2000. Les participants ont exprimé l'espoir que la
protection dont continuent à jouir certains secteurs
tels que le textile et le vêtement se trouverait ainsi
substantiellement réduite à l'avenir, et qu'il en irait
de même de l'augmentation des droits et des marges
préférentielles régionales. La diminution des droits
de douane pourrait également amortir les effets qu'a le
système néo-zélandais d'exonérations sur
l'hétérogénéité des droits. Suite aux négociations
d'Uruguay, la Nouvelle-Zélande a aligné une part plus
importante de ses positions tarifaires consolidées dans
le cadre de l'OMC; certaines délégations ont toutefois
relevé que les taux effectivement appliqués sont
d'ordinaire inférieurs aux taux consolidés et qu'il
existe des perspectives substantielles de réduction de
ces derniers.
Les
participants ont fait savoir leur intérêt pour les
points communs entre les mesures correctives des
échanges et la politique en matière de concurrence. Une
question précise a été posée sur la procédure suivie
dans les affaires d'antidumping, et il a été demandé
si les normes correspondantes sont assimilables à celles
appliquées dans le cadre de la politique
néo-zélandaise sur la concurrence. La Nouvelle-Zélande
a été priée de fournir des renseignements
supplémentaires sur les normes, notamment celles ayant
trait à l'accès aux télécommunications, aux mesures
sanitaires et phytosanitaires - en particulier celles en
rapport avec les importations de fromage - et sur l'état
d'avancement des accords de reconnaissance mutuelle avec
certains autres Membres.
Des
participants ont estimé que certaines prescriptions
intéressant les possibilités d'approvisionnement local
pour les marchés publics reviennent à favoriser les
producteurs nationaux; ils ont demandé à la
Nouvelle-Zélande d'envisager à nouveau une adhésion à
l'Accord plurilatéral sur les marchés publics. Des
éclaircissements lui ont été demandés quant à
l'application de certaines dispositions sur la
propriété intellectuelle, y compris au sujet de la
durée de validité des brevets et de l'application aux
fournisseurs étrangers des dispositions de la Loi sur
les indications géographiques.
La
Nouvelle-Zélande estime pour sa part qu'il faut
comprendre les tarifs consolidés en tenant compte du
contexte. Les réductions tarifaires pondérées
consenties lors des négociations d'Uruguay sont en
moyenne d'environ 50 pour cent, soit bien supérieures à
l'objectif d'un tiers; les niveaux consolidés
qu'applique actuellement la Nouvelle-Zélande offrent une
sécurité substantielle. Quant aux exonérations, elles
garantissent que les droits de douane n'occasionnent pas
de surcoûts aux firmes utilisant des intrants produits
à l'étranger. Transparent, le système d'exonération
fait l'objet d'une ample documentation; une fois
accordées, les exonérations sont rarement abrogées.
Pour ce qui est du textile et du vêtement, une
libéralisation substantielle a été entreprise, les
importations de ces catégories de produits par la
Nouvelle-Zélande ayant progressé de quelque 30 pour
cent pendant les cinq années précédentes.
Le
représentant a indiqué que la législation sur la
concurrence n'est pas considérée comme une solution de
rechange généralisée aux enquêtes antidumping. Des
circonstances particulières ont rendu possible
l'élimination des mesures antidumping pour le commerce
entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande. S'agissant
d'examiner s'il y a lieu d'accorder plus de poids à la
notion d'intérêt national dans les mesures antidumping,
les autorités envisagent de porter le débat devant le
public. La Nouvelle-Zélande a fait savoir qu'elle est
prête à des discussions informelles avec l'Union
européenne sur les droits compensateurs qu'elle a
récemment décidé d'appliquer aux spaghetti en boîte
provenant d'Italie.
Au
sujet des marché publics, le représentant a déclaré
que le système pratiqué en Nouvelle-Zélande,
pleinement conforme aux principes OMC de
non-discrimination, de traitement national et de
transparence, va bien au-delà des disciplines énoncées
dans l'Accord OMC sur les marchés publics - lequel est
perçu comme vicié parce qu'il prévoit des dérogations
bilatérales et sectorielles. Les exportateurs
néo-zélandais n'auraient guère à gagner si la
Nouvelle-Zélande adhérait audit accord, pour lequel
l'instauration d'une réglementation entraînerait par
ailleurs pour elle des dépenses compensées par peu
d'avantages, si ce n'est aucun.
La
Nouvelle-Zélande juge que la politique commerciale est
étroitement liée aux politiques économiques
générales, notamment à celles qui concernent la
concurrence et visent à encourager l'efficience. La
suppression des obstacles tarifaires complète la
déréglementation spécifique à certains secteurs et
encourage la concurrence dans l'ensemble de l'économie.
La concurrence influence à son tour la politique
commerciale en permettant au pays d'appuyer la
continuation de la libéralisation commerciale mondiale
et régionale.
La
suppression, dès janvier 1995, du système
néo-zélandais d'extension des brevets n'est pas
ressentie comme une régression. La Loi sur les
indications géographiques sauvegarde les indications
géographiques étrangères par rapport aux accords
multilatéraux, quels qu'ils soient, auxquels la
Nouvelle-Zélande pourrait souscrire. A ce jour, aucun
accord de ce genre n'a été conclu. La Loi
néo-zélandaise sur le commerce, bien que ne prohibant
aucun arrangement particulier en fait d'exclusivité,
permet aux tribunaux et aux services de surveillance
compétents de décider si certains comportements
desservent la concurrence.
Questions
sectorielles
La
Nouvelle-Zélande a été félicitée d'avoir mis fin aux
subventions aux exportations agricoles. Toutefois, le
fait que les offices de commercialisation contrôlent
encore les exportations agricoles constitue une exception
par rapport à l'environnement commercial par ailleurs
ouvert et suscite des préoccupations. Les participants
ont demandé à savoir quels effets particuliers les
négociations d'Uruguay ont exercé sur l'accès aux
marchés agricoles néo-zélandais.
Les
membres ont relevé que la politique en matière de
concurrence, couplée avec la libéralisation du commerce
et la politique économique, a donné de bons résultats
dans maintes branches des services. Ils ont exprimé le
souhait que la Nouvelle-Zélande fasse part de son
expérience dans ce domaine. Il lui a aussi été
demandé si elle pourrait consolider ses politiques de
libéralisation par le truchement d'engagements
supplémentaires au titre de l'Accord général sur le
commerce des services (AGCS). En outre, les participants
se sont déclarés intéressés à savoir si la
Nouvelle-Zélande envisage de faciliter ou d'élargir
l'accès des prestataires de services étrangers à son
marché et de prendre des engagements dans le sens de
l'AGCS pour ce qui sera du mouvement des personnes
physiques à l'avenir.
Les
questions sectorielles ont également porté sur le
textile et le vêtement: il a été rendu hommage à la
Nouvelle-Zélande pour ne pas contingenter les
importations de ces produits et pour avoir renoncé à
faire peut-être usage de sauvegardes spéciales. On a
également parlé de l'aluminium et de l'acier. Quant aux
produits pharmaceutiques, certains participants ont
estimé que, concrètement, le système de remboursement
des frais de médicaments aux patients recevant des soins
ambulatoires restreignait l'accès au marché.
Le
représentant de la Nouvelle-Zélande a maintenu que les
activités des offices de commercialisation des
exportations sont parfaitement conformes aux dispositions
de l'OMC, lesquelles prévoient en substance que les
critères commerciaux priment. La production de produits
laitiers néo-zélandais représente moins de 2 pour cent
de la production mondiale; en fait, la consommation de
ces produits sur les grands marchés est faible, ce qui
témoigne des limitations d'accès notables persistant
dans nombre de cas. En Nouvelle-Zélande, aucun office de
commerce ne jouit d'un monopole sur les importations;
l'Etat ne fournit aucun appui auxdits offices, bien que
les produits concernés soient au bénéfice d'un soutien
"catégorie verte". Actuellement, la valeur de
la mesure globale du soutien (MGS) pour la
Nouvelle-Zélande aux termes de l'Accord sur
l'agriculture est nulle.
En
Nouvelle-Zélande, les dispositions relatives aux
services internationaux de télécommunication sont
appliquées sur une base NPF; le représentant a
toutefois reconnu que des prestataires concurrents
peuvent être vulnérables aux actions d'opérateurs
étrangers qui, par diverses manuvres, peuvent
utiliser certains fournisseurs contre d'autres, au
détriment des usagers néo-zélandais. Epaulé par la
législation sur la concurrence, l'environnement
concurrentiel présent en Nouvelle-Zélande permet de
négocier librement des accords d'interconnexion locaux.
La Nouvelle-Zélande a maintenu cinq exemptions de
l'obligation NPF pour les services; récemment, elle a
néanmoins envisagé de renoncer à l'une d'elles dans le
cadre des négociations sur le transport maritime,
cependant qu'elle envisage de reconsidérer l'ensemble du
problème lors de l'examen des exemptions de l'obligation
NPF prévu pour avant l'an 2000. Les engagements en
matière de services qu'a contractés la
Nouvelle-Zélande lors des négociations d'Uruguay sont
parmi les plus vastes à avoir été adoptés alors; ils
reflètent la manière dont la Nouvelle-Zélande
apprécie l'équilibre des résultats négociés tant
pour les services que pour d'autres secteurs.
Le
représentant néo-zélandais a esquissé la structure et
la politique de fixation des prix de PHARMAC, en
insistant sur le fait que ce système n'intervient ni
pour spécifier quels médicaments délivrés sur
ordonnance peuvent être vendus ni, dans une large
mesure, pour en déterminer les prix. L'exemption des
dispositions de la législation en matière de
concurrence est destinée à permettre aux autorités de
santé régionales de poursuivre les négociations
nationales sur les subventions aux médicaments. Diverses
réponses ont par ailleurs été données au sujet de
l'acier et de l'aluminium.
*
* * * *
Dans
l'ensemble, les membres ont commenté en termes très
favorables la libéralisation et l'ouverture de
l'économie néo-zélandaise. Ils ont notamment remarqué
le panachage des approches multilatérales, régionales
et unilatérales. Certains points relevant de domaines
particuliers sont restés en suspens, telle la
pérennité du rôle des offices de commerce vis-à-vis
de l'agriculture ou la position de la Nouvelle-Zélande
par rapport à l'Accord sur les marchés publics.
Néanmoins, globalement, la profondeur et la vigueur du
processus de réforme ont été perçues très
positivement, et l'on a estimé que d'autres Membres de
l'OMC pouvaient en tirer un enseignement utile pour leur
propre économie.
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