 Les 16
et 17 avril 1998, l'Organe d'examen des
politiques commerciales (OEPC) de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) a procédé au deuxième examen de la
politique commerciale de l'Inde. On trouvera ci-joint le
texte des conclusions du Président, résumant les points
essentiels qui se sont dégagés des débats.
L'examen
permet à l'OEPC d'évaluer collectivement, de manière
régulière, toute la gamme des politiques et pratiques
commerciales de chacun des pays Membres de l'OMC en vue
de suivre les tendances et faits nouveaux importants qui
peuvent avoir une incidence sur le système de commerce
mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur.
Un
compte rendu des débats et les conclusions exposées par
le Président formeront avec ces deux rapports l'examen
complet de la politique commerciale de l'Inde qui sera
publié en temps voulu et pourra être obtenu auprès du
Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard,
154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de
la politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants:
Afrique
du Sud (1993), Argentine (1992), Australie (1989 et
1994), Autriche (1992), Bangladesh (1992),
Bénin (1997), Bolivie (1993), Brésil (1992 et
1996), Cameroun (1995), Canada (1990, 1992, 1994 et
1996), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997), Colombie
(1990 et 1996), Communautés européennes (1991,
1993, 1995 et 1997), Corée, Rép. de (1992 et
1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995),
Egypte (1992), El Salvador (1996), Etats-Unis (1989,
1992, 1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie (1991),
Inde (1993 et 1998), Indonésie (1991 et 1994),
Islande (1994), Israël (1994), Japon (1990, 1992, 1995
et 1998), Kenya (1993), Macao (1994), Malaisie (1993
et 1997), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995), Mexique
(1993 et 1997), Nigéria (1991), Norvège (1991 et
1996), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda (1995),
Pakistan (1995), Paraguay (1997), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992), Sénégal
(1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996), Thaïlande
(1991 et 1995), Tunisie (1994), Turquie (1994), Uruguay
(1992), Venezuela (1996), Zambie (1996) et Zimbabwe
(1994)
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: INDE
REMARQUES FINALES DU PRESIDENT
Le
deuxième examen de la politique commerciale de l'Inde a
eu lieu les 16 et 17 avril 1998. Les remarques
suivantes, faites sous ma seule responsabilité, visent
à résumer les points essentiels de la discussion et ne
sauraient constituer un rapport complet, lequel figurera
dans le compte rendu de la réunion. Les participants ont
posé un grand nombre de questions écrites. Le
représentant de l'Inde a répondu par écrit dans le
contexte de la réunion et s'est engagé à fournir au
besoin plus de détails.
La
discussion a porté sur trois thèmes principaux, à
savoir: i) l'environnement économique, ii) les
politiques d'importation et d'exportation, et
iii) les problèmes sectoriels.
i)
Environnement économique
Les
Membres ont rendu hommage à l'Inde pour les réformes
économiques entreprises en 1991, qui ont stimulé
une saine croissance économique. Ils ont craint
toutefois que le déséquilibre budgétaire ne
compromette la viabilité de ces résultats et ont
suggéré qu'une réforme complète de la fiscalité et
une réduction des subventions seraient souhaitables pour
réduire le déficit des finances publiques. Sur le plan
structurel, ils ont fait observer que l'insuffisance des
services d'infrastructure risquait de freiner gravement
le commerce et la croissance. Les Membres ont encouragé
l'Inde à promouvoir de nouveaux investissements pour y
remédier. Ils ont également souligné que la
libéralisation des échanges faciliterait une réforme
efficace du secteur agricole.
On
a fait observer que ces dernières années, l'Inde
semblait miser plutôt sur les exportations que sur
l'ouverture générale de son économie. Les Membres ont
demandé si la Politique d'exportation et d'importation
récemment annoncée continuerait à privilégier les
exportations ou si elle serait plus neutre.
Certains
Membres ont fait observer qu'en Inde, la libéralisation
de l'investissement étranger assortie d'un régime
restrictif de licences d'importation risquait d'aboutir
à ce que l'investissement, au lieu d'être
complémentaire du commerce, s'y substitue. Une
libéralisation plus poussée du régime commercial
était à leur avis essentielle pour attirer le type
approprié d'investissement étranger direct. Les Membres
ont demandé des explications sur l'écart entre les
investissements étrangers approuvés et ceux qui ont
effectivement eu lieu; ils ont préconisé une meilleure
transparence du mécanisme d'autorisation des
investissements.
Plusieurs
Membres ont demandé au nouveau gouvernement de prendre
des engagements concernant les réformes en cours et la
promotion de la compétitivité au moyen d'une politique
d'importation plus libérale. Certains Membres ont posé
des questions au sujet des effets du nouveau Programme
national de gouvernance et de la protection de
l'industrie locale ainsi qu'au sujet de la politique
concernant les investissements dans les domaines
prioritaires et les autres. Il a été suggéré qu'une
déréglementation intérieure pourrait complémenter le
processus de libéralisation du commerce.
Le
représentant de l'Inde a répondu en décrivant la
teneur et le contexte des réformes commerciales et
économiques de l'Inde et a réaffirmé la volonté du
gouvernement de poursuivre le processus de réforme dans
le cadre duquel les réformes du commerce, de
l'investissement, de la fiscalité et du change sont
autant d'éléments importants. La suppression des
goulets d'étranglement dans les infrastructures est un
objectif prioritaire que l'Inde cherche à atteindre en
rationalisant les procédures applicables aux
investissements étrangers et en décentralisant les
prises de décisions. Pour résorber le déficit
budgétaire, le gouvernement s'efforce notamment
d'accroître l'épargne du secteur public et de mieux
cibler les subventions intérieures.
Le
nouveau gouvernement est attaché au processus de
libéralisation dans un système de commerce
multilatéral ouvert et équitable. La nouvelle Politique
d'exportation et d'importation qui vise à permettre à
l'Inde de maximiser ses échanges extérieurs prévoit
une libéralisation plus poussée, une amélioration de
la transparence et une simplification des procédures
d'importation. Une déréglementation intérieure, une
réforme fiscale et une réforme du régime de
l'investissement étranger compléteront le processus de
réforme de la politique commerciale.
ii)
Politique d'importation et d'exportation
Les
Membres ont félicité l'Inde de sa réforme tarifaire
qui a ramené la moyenne simple des taux à 35 pour
cent en 1997/98 (contre 71 pour cent
en 1993/94), la moyenne pondérée étant de
20 pour cent. Toutefois, certains Membres se sont
préoccupés de la complexité du système tarifaire; du
traitement différencié entre les biens d'équipement et
les intrants d'une part et les biens de consommation de
l'autre et de la progressivité des droits qui subsiste
dans plusieurs branches. Certains Membres ont demandé
des précisions sur le calendrier de suppression du taux
spécial de 5 points de pourcentage. Ayant constaté
que les taux consolidés dans le cadre de l'OMC sont dans
certains cas très supérieurs aux taux NPF
effectivement appliqués, plusieurs Membres ont demandé
s'il était prévu de ramener les consolidations à des
niveaux plus proches des taux effectifs. Ils se sont
aussi préoccupés de la proposition de l'Inde tendant à
renégocier certaines de ses consolidations. Certains
Membres ont fait observer que les droits d'importation
constituent une proportion importante des recettes de
l'Etat et que de nouvelles réductions tarifaires,
complétées par la tarification des licences
d'importation, pourraient aider à accroître les
recettes publiques.
Certains
Membres ont observé que, depuis le dernier examen, le
nombre de produits soumis au régime de licences
d'importation a diminué; les restrictions frappant
certains produits ont en outre été assouplies: ces
produits peuvent désormais être importés au moyen de
licences spéciales d'importation librement
transférables. Mais cette libéralisation concerne
principalement les biens d'équipement et les biens
intermédiaires tandis que la plupart des biens de
consommation restent assujettis au régime de licences
d'importation. Plusieurs Membres ont fait observer que
les licences spéciales d'importation, qui peuvent être
vendues avec une surcote d'environ 15 pour cent,
pourraient être considérées comme une subvention à
l'exportation. Les Membres ont demandé des détails sur
les projets d'élimination progressive des restrictions
quantitatives négociés avec plusieurs Membres de l'OMC.
Les
Membres ont demandé des renseignements sur les projets
de la réforme prévue des divers programmes d'aide à
l'exportation (exemption de l'impôt sur le revenu,
financement des exportations à des taux d'intérêt
inférieurs au cours du marché, accès garanti à au
moins 10 pour cent des crédits nets accordés par
les banques commerciales, assurance et garantie des
exportations, accès à une vaste gamme de programmes de
promotion des exportations et d'assistance commerciale et
accès aux importations de produits soumis à
restriction). Les Membres ont émis des doutes sur la
compatibilité de l'exemption de l'impôt sur le revenu
avec les règles de l'OMC.
Plusieurs
Membres ont fait observer que l'Inde recourt abondamment
aux procédures antidumping et s'emploie même à
renforcer sa capacité d'enquêtes antidumping. En outre
l'Inde, qui navait jamais appliqué aucune mesure
de sauvegarde avant la fin de 1997, a récemment
ouvert plusieurs enquêtes; des Membres ont demandé si
le nouveau gouvernement avait l'intention de continuer à
utiliser les mesures de sauvegarde.
Plusieurs
Membres ont demandé des informations concernant le
système de commerce d'Etat de l'Inde et notamment les
raisons pour lesquelles le nombre des produits visés par
ce commerce a été augmenté et les mesures qu'il est
prévu de prendre pour modifier ou supprimer les
privilèges dont bénéficient les organismes de commerce
d'Etat.
Plusieurs
délégations ont fait observer que les industries
indiennes pourraient bénéficier d'une meilleure
protection des droits de propriété intellectuelle et
ont demandé dans quel délai il était prévu de mettre
la législation indienne en la matière en conformité
avec l'Accord sur les ADPIC.
Le
représentant de l'Inde a répondu que le programme de
suppression des restrictions quantitatives était
échelonné sur six ans; il a donné des
éclaircissements sur le système de licences
d'importation et sur l'utilisation des licences
spéciales. Parmi les produits récemment ajoutés à la
liste des produits pouvant être importés librement
figurent 99 produits textiles, 49 produits
agricoles, 26 produits marins, le reste étant
composé pour l'essentiel de biens de consommation. Tous
les biens d'équipement, des assemblages, etc., étaient
déjà inscrits dans cette liste. Le programme de
libéralisation des échanges de l'Inde comporte une
réduction et une rationalisation des droits de douane.
La moyenne simple des taux de droits a été ramenée à
35 pour cent, tandis que la moyenne pondérée par
les importations a baissé de 87 pour cent
en 1990-1991 à 20 pour cent aujourd'hui,
malgré le droit temporaire de 5 pour cent. Les
tarifs effectivement appliqués sont largement compris
dans les limites des taux consolidés. L'intervenant a
décrit le processus d'établissement des droits et
notamment la création récente de la Commission
tarifaire. La nouvelle Politique d'exportation et
d'importation privilégie les importations de biens
d'équipement, pour lesquels le taux de droit est nul,
ainsi que de matières premières destinées à la
production pour l'exportation. Le nombre d'exemptions a
été sensiblement réduit et le régime fiscal est en
voie de simplification. Si l'Inde souhaite négocier en
vue de réviser les taux consolidés au titre de
l'article XXVIII, c'est parce que les consolidations
ont été fixées aux niveaux les plus bas qui aient
jamais été enregistrés. La réforme de la politique
commerciale est complétée par d'importantes mesures de
libéralisation des régimes de licences industrielles et
de prix administrés, de déréglementation du secteur
bancaire et de réforme du marché des capitaux.
L'Inde
reste très attachée au système commercial
multilatéral fondé sur des règles; dans ce contexte,
elle considère que les mesures de sauvegarde et les
mesures antidumping sont un élément intégrant du
système de l'OMC. La Loi sur le tarif douanier a été
modifiée au début de 1997 de façon à instituer
des procédures de sauvegarde conformes aux règles du
GATT; à la suite de cette mesure, ces procédures se
sont multipliées. Le gouvernement a par ailleurs créé
une Direction indépendante des mesures antidumping
essentiellement en vue d'assurer la transparence et
l'indépendance et daccélérer les procédures.
En
matière d'investissement, la politique de l'Inde vise à
encourager l'investissement étranger direct dans les
secteurs prioritaires et à résorber les principaux
goulets d'étranglement; les secteurs prioritaires sont
les infrastructures, les combustibles et carburants, les
engrais, le ciment et la technologie de l'information.
L'amélioration de lefficacité doit manifestement
être prioritaire; l'Inde attire de plus en plus
d'investissements étrangers directs.
L'intervenant
a donné des détails sur les procédures
d'établissement des normes en Inde et la mesure dans
laquelle les normes indiennes sont alignées sur les
normes internationales, notamment dans les domaines
sanitaire et alimentaire.
Le
représentant a décrit les traditions indiennes dans les
domaines intellectuels et rappelé qu'en sa qualité de
pays en développement, l'Inde bénéficiait de délais:
jusqu'au 1er janvier 2000 pour la
mise en conformité de son régime de propriété
intellectuelle avec l'Accord sur les ADPIC et jusqu'au 1er janvier 2005
pour étendre la protection conférée par les brevets de
produits à des secteurs technologiques jusqu'ici non
protégés. L'intervenant a donné des détails sur les
procédures de licences pour les produits brevetés, sur
les conditions relatives au "prix raisonnable"
et sur la protection des marques de commerce ou de
fabrique notoirement connues.
L'Inde
ne subventionne aucune exportation; ses exportations sont
défavorisées par la vaste gamme d'impôts fédéraux,
d'Etat et locaux. Le gouvernement s'efforce de compenser
ces handicaps par des moyens autorisés. Les prix
minimums à l'exportation du blé et des céréales
secondaires ont été supprimés le
13 avril 1998.
De
l'avis de l'intervenant, l'Inde ne peut se passer de
commerce d'Etat pour un petit nombre de produits de
grande consommation (produits pétroliers, huiles
végétales et céréales) en raison du niveau de la
production, des variations saisonnières, de l'ampleur du
marché intérieur et de l'importance sociale de ces
produits. Bien loin d'être en voie d'augmentation, la
liste des produits dont l'importation est centralisée
diminue. Les organismes chargés du commerce centralisé
sont des sociétés indépendantes jouissant de toute
l'autonomie d'une organisation commerciale; les
importations et exportations de produits dont le commerce
est centralisé peuvent également être effectuées par
des entreprises privées en accord avec les organismes de
commerce centralisé; il arrive que les opérations de
ces entreprises privées dépassent celles des organismes
publics.
iii)
Problèmes sectoriels
Certains
Membres ont fait observer que le processus de réforme
n'avait pratiquement pas touché le secteur agricole
indien. Il a été suggéré que le système public de
distribution et de prix minimums avait un effet dissuasif
sur le développement agricole et n'était pas un moyen
efficace de lutter contre la pauvreté. Certaines
délégations ont exhorté l'Inde à étendre sa
politique d'ouverture au secteur agricole.
Tout
en reconnaissant que d'importantes réformes avaient
été apportées au régime commercial du secteur
manufacturier, certains Membres ont fait observer que le
régime de licences d'importation est encore très
largement appliqué dans le secteur des textiles et des
vêtements, ce qui freine l'amélioration de la
productivité des industries indiennes et ne les incite
pas à se préparer à affronter le marché mondial plus
libéral envisagé dans l'Accord de l'OMC sur les
textiles et les vêtements. Certains Membres ont estimé
que l'interdiction de l'exportation des cuirs et peaux
n'était pas compatible avec les règles de l'OMC; ils
ont aussi fait observer que certaines mesures relatives
à la teneur en éléments d'origine nationale et les
prescriptions concernant la compensation des importations
dans le secteur des véhicules automobiles comprises dans
le Mémorandum d'accord récemment conclu entre le
gouvernement indien et les fabricants d'automobiles
pourraient être incompatibles avec les obligations de
l'Inde au regard de l'OMC.
L'importance
du secteur des services pour appuyer de nombreuses
activités économiques a été soulignée; les Membres
ont fait observer que la libéralisation dans ce secteur
n'était pas uniforme. S'il est vrai que le secteur
bancaire a été graduellement libéralisé, la
participation étrangère reste exclue dans celui des
assurances. Les Membres ont également fait observer que
l'ouverture du marché des services de
télécommunication de base aux fournisseurs étrangers a
été plus lente que prévu et que beaucoup des licences
qui ont été concédées sont attaquées devant les
tribunaux. Se félicitant de la participation active de
l'Inde aux négociations récentes, les Membres ont
demandé ce que ce pays comptait faire pour compléter la
libéralisation du secteur des services.
Le
représentant de l'Inde a répondu que plus de
70 pour cent de la population vivait directement ou
indirectement de l'agriculture. L'accroissement de la
production est en grande partie dû à l'amélioration de
l'utilisation des engrais et de l'accès au crédit. Le
rythme des réformes a été et restera très progressif,
mais leur direction est évidente; diverses mesures de
libéralisation et d'autres réformes ont été
introduites dans le secteur de l'agriculture, et
notamment certains produits agricoles ont été mis en
tête de liste dans le programme de suppression graduelle
des restrictions quantitatives, les restrictions frappant
les industries agro-alimentaires ont été supprimées,
les investissements dans l'infrastructure ont été
accélérés, le système public de distribution a été
amélioré et le système de soutien des prix a été
réformé afin de servir à la fois l'intérêt des
producteurs et celui des consommateurs. L'agriculture a
également bénéficié d'autres réformes, notamment la
réduction des droits de douane élevés et la
libéralisation de la réglementation des importations de
produits manufacturés. Le soutien interne est resté en
dessous des niveaux de minimis et aucune subvention
à l'exportation n'est actuellement octroyée. Le projet
de résolution sur la politique agricole auquel l'Inde
met actuellement la dernière main devrait accélérer le
processus de libéralisation et de réforme.
En
ce qui concerne les textiles et les vêtements,
l'intervenant a fait observer que les pays Membres
développés n'ont jusqu'ici intégré dans le GATT qu'un
très petit nombre de produits soumis à des restrictions
de sorte que les recettes d'exportation de l'Inde ont
été moins élevées qu'elle ne le prévoyait
lorsqu'elle a accepté d'adhérer à l'Accord sur les
textiles et les vêtements. L'Inde a inclus des produits
du secteur des textiles et des vêtements dans son
programme de suppression graduelle des restrictions à
l'importation: jusqu'ici, la libéralisation a porté sur
99 lignes tarifaires.
L'intervenant
a rappelé que les clauses du Mémorandum d'accord
concernant les investissements dans le secteur automobile
ont été conçues de façon à créer des conditions
égales pour tous les investisseurs étrangers; les
procédures de licence d'importation des automobiles
partiellement ou entièrement en pièces détachées ont
été libéralisées de façon à donner aux entreprises
étrangères du secteur automobile un accès illimité à
ces importations en échange du respect de certains
critères minimums.
Les
restrictions frappant les exportations de cuirs et peaux
sont motivées par la pénurie provoquée sur le marché
intérieur par des facteurs socio-culturels et religieux.
Le
représentant de l'Inde a souligné le rôle important
des services dans la croissance économique. Les
engagements sont conformes aux dispositions de l'AGCS qui
visent à assurer une libéralisation progressive des
échanges au moyen de cycles successifs de négociations
multilatérales, en laissant aux Membres une certaine
marge de manoeuvre. Dans le secteur bancaire, la
législation indienne est libérale; quant aux services
financiers non bancaires, la participation du capital
étranger à l'investissement peut atteindre 51 pour
cent, et 49 pour cent pour les sociétés de
courtage. Dans le secteur de l'assurance, le Parlement
précédent n'a pas pu promulguer les réformes
proposées par le Comité Malhotra; le nouveau
gouvernement doit encore étudier la teneur et le rythme
de la réforme. Le gouvernement est résolu à
développer rapidement les télécommunications; six
contrats de licence de services de télécommunication de
base ont été signés et des services de téléphonie
cellulaire ont été mis en place. Dans ce secteur, la
participation étrangère au capital peut atteindre
49 pour cent. L'organisme indépendant de
réglementation du secteur des télécommunications est
pleinement opérationnel. Pour stimuler le développement
du commerce des services, le gouvernement a entrepris
unilatéralement dans des secteurs tels que les services
financiers et les télécommunications une
libéralisation de linvestissement étranger plus
importante que ne le prévoyait la liste d'engagements
spécifiques de l'Inde. De nouvelles directives
concernant la participation du capital privé dans les
ports, les routes et l'aviation civile ont été
annoncées et des programmes de transports en commun
rapides ont été approuvés pour Delhi et d'autres
grandes villes. L'intervenant a donné des détails sur
les régimes applicables aux transports multimodaux et
aux transports maritimes. L'Inde a entamé des
discussions avec ses principaux partenaires commerciaux
concernant la libéralisation des services
professionnels; elle estime par ailleurs que les
résultats des négociations sur les mouvements des
personnes naturelles laissent beaucoup à désirer.
Dans
l'ensemble, les Membres ont félicité l'Inde du
programme de réformes économiques qu'elle continue
d'appliquer, et notamment des réformes du commerce qui
en font partie intégrante. Les Membres se sont
félicités de l'orientation des réformes ainsi que de
l'engagement pris par l'Inde de poursuivre la
libéralisation générale des échanges, la
déréglementation intérieure et la promotion des
investissements privés; ils attendent de nouvelles
mesures concrètes et bien coordonnées dans ces
domaines. Les Membres se sont également félicités que
l'Inde continue à participer activement à l'OMC et que
la délégation, comme le gouvernement, restent fermement
attachés au principe d'un système commercial
multilatéral stable, libéral et fondé sur des règles.
Les Membres comptent recevoir des réponses écrites aux
principales questions auxquelles il n'a pas encore été
répondu ainsi que des éclaircissements sur divers
aspects qui les intéressent.
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