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Les 3 et 4 décembre 1998, l'Organe d'examen des
politiques commerciales (OEPC) de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) a procédé au troisème examen de la
politique commerciale de l'Indonésie. On trouvera
ci-joint le texte des conclusions du Président,
résumant les points essentiels qui se sont dégagés des
débats. L'examen permet à l'OEPC d'évaluer
collectivement, de manière régulière, toute la gamme
des politiques et pratiques commerciales de chacun des
pays Membres de l'OMC en vue de suivre les tendances et
faits nouveaux importants qui peuvent avoir u-ne
incidence sur le système de commerce mondial.
L'examen
s'appuie sur deux rapports établis, l'un par le
Secrétariat de l'OMC, l'autre par le gouvernement
intéressé, qui portent sur tous les aspects de la
politique commerciale du pays, y compris les lois et les
réglementations nationales, le cadre institutionnel, les
accords bilatéraux et régionaux et les autres accords
préférentiels, les besoins généraux de l'économie et
l'environnement extérieur. Un compte rendu des débats
et les conclusions exposées par le Président formeront
avec ces deux rapports l'examen complet de la politique
commerciale de l'Indonésie qui sera publié en temps
voulu et pourra être obtenu auprès du Secrétariat de
l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue de
Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de
la politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992), Australie (1989,
1994 et 1998), Autriche (1992), Bangladesh (1992),
Bénin (1997), Bolivie (1993), Botswana (1998), Brésil
(1992 et 1996), Burkina Faso (1998), Cameroun (1995),
Canada (1990, 1992, 1994 et 1996), Chili (1991 et 1997),
Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996), Communautés
européennes (1991, 1993, 1995 et 1997), Corée, Rép. de
(1992 et 1996), Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995),
Égypte (1992), El Salvador (1996), États-Unis (1989,
1992, 1994 et 1996), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Hong Kong (1990 et 1994), Hongrie (1991 et 1998),
Iles Salomon (1998), Inde (1993 et 1998), Indonésie
(1991, 1994 et 1998), Islande (1994), Israël (1994),
Jamaïque (1998), Japon (1990, 1992, 1995 et 1998), Kenya
(1993), Lesotho (1998), Macao (1994), Malaisie (1993 et
1997), Mali (1998), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995),
Mexique (1993 et 1997), Namibie (1998), Nigéria (1991 et
1998), Norvège (1991 et 1996), Nouvelle-Zélande (1990
et 1996), Ouganda (1995), Pakistan (1995), Paraguay
(1997), Pérou (1994), Philippines (1993), Pologne
(1993), République dominicaine (1996), République
slovaque (1995), République tchèque (1996), Sri Lanka
(1995), Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996),
Swaziland (1998), Thaïlande (1991 et 1995),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994
et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES: INDONESIE
REMARQUES FINALES DU PRÉSIDENT
Le
troisième examen de la politique commerciale de
l'Indonésie a été mené par l'OEPC les 3 et
4 décembre 1998. Les présentes remarques,
établies sous ma propre responsabilité, visent à
résumer les principaux points du débat: elles ne se
veulent pas un rapport intégral. Le compte rendu de la
réunion donne plus de détails sur le débat dans sa
totalité.
Le
débat s'est articulé autour des trois grands thèmes
suivants: i) environnement économique et
réformes structurelles; ii) mesures et politiques
spécifiques liées au commerce; et iii) questions
sectorielles.
Environnement
économique et réformes structurelles
Les
Membres ont noté que 25 ans d'expansion économique
soutenue avaient été interrompus brusquement par la
crise financière asiatique. Malgré des conditions
économiques et sociales extrêmement difficiles,
l'Indonésie avait résisté aux pressions
protectionnistes. Elle avait plutôt adopté un programme
global de réformes structurelles et de réformes
macro-économiques qui incluait, entre autres,
laccélération de la libéralisation de
l'investissement et du commerce, un examen en profondeur
des pratiques anticoncurrentielles (monopoles, cartels,
etc.) et la réforme du secteur bancaire. L'Indonésie a
été félicitée pour avoir mis en uvre de façon
résolue ces mesures, qui ont déjà entraîné une
libéralisation importante de l'économie et préparé le
terrain pour la reprise de la croissance.
Les
Membres ont également concentré leur attention sur la
stabilisation macro-économique et les effets de la
dépréciation du rupiah, soulignant la nécessité
d'assurer la stabilité économique tout en prévoyant un
niveau adéquat de dépenses sociales pour réduire la
pauvreté et atteindre les objectifs en matière de
développement. Ils ont également fait état des effets
de la dépréciation du rupiah et du resserrement du
financement des échanges sur les flux commerciaux et la
dette extérieure, mais ont estimé que le récent
rétablissement de la monnaie était directement
attribuable aux réformes économiques et commerciales.
Ils ont également demandé quelles autres mesures de
libéralisation de l'investissement étaient envisagées.
La
représentante de l'Indonésie a répondu que, face à
l'urgence économique et à l'accroissement de la
pauvreté, le gouvernement s'était concentré sur la
stabilisation macro-économique et ladoption de
mesures visant à assurer à la population des
approvisionnements alimentaires adéquats à des prix
abordables. Il a aussi cherché à étendre les réformes
aux secteurs les plus protégés de son économie, de
manière à accroître la compétitivité et à renforcer
la base d'exportation. Toutefois, la reprise économique,
qui risquait d'être lente et difficile, dépendrait de
la mise en uvre d'un programme de réformes
complexe et du soutien nécessaire de la communauté
internationale. Lintervenante a expliqué que la
dépréciation du rupiah avait entraîné une contraction
marquée de l'économie. Toutefois, le gouvernement
était déterminé à rétablir la confiance des
investisseurs internationaux et, à cet égard, avait
réaffirmé l'engagement qu'il avait pris d'avoir un
compte capital ouvert. En ce qui concerne la poursuite de
la libéralisation de son régime d'investissement, parmi
les mesures envisagées figuraient des examens annuels de
la liste négative, la simplification des procédures
d'investissement et un examen des politiques et des
règlements ayant trait à l'investissement. Des mesures
de libéralisation de l'investissement étaient
également à l'étude au sein de l'ANASE.
Mesures
et politiques spécifiques liées au commerce
Les
Membres ont félicité l'Indonésie pour avoir
considérablement libéralisé son régime commercial en
prenant les mesures suivantes afin déliminer les
discriminations à lencontre de lexportation
quentraînait depuis longtemps sa politique
commerciale: réduction des droits de douane
NPF, qui sont passés en moyenne de 20 à 9,5 pour
cent, soit bien au-delà des engagements pris par
l'Indonésie dans le cadre de l'OMC; élimination
progressive de toutes les surtaxes à l'importation;
réduction de moitié du nombre de prescriptions
restrictives en matière de licences et engagement
d'abolir toutes les mesures qui subsistent d'ici
l'an 2000; élimination progressive des programmes
relatifs à la teneur en éléments d'origine nationale;
et transformation des restrictions et des taxes
spécifiques sur les exportations en taxes peu élevées
sur les rentes provenant des ressources.
L'Indonésie
a été félicitée pour avoir établi une économie plus
libre et plus concurrentielle axée sur le marché. Les
initiatives prises en ce sens incluent notamment les
efforts déployés récemment pour moderniser les lois
dans les domaines des douanes, des banques et des droits
de propriété intellectuelle; la suppression d'un
certain nombre de monopoles et d'arrangements de
commercialisation restrictifs dans des secteurs
sensibles; et l'abolition des privilèges commerciaux et
fiscaux accordés à des groupes spécifiques. Les
Membres se sont félicités des progrès accomplis par
l'Indonésie au cours de la période examinée en ce qui
concerne la libéralisation de son régime
d'investissement, qui est maintenant l'un des plus
ouverts de la région. Cette libéralisation a contribué
à attirer des montants sans précédent d'investissement
étranger. Ils ont fait état de la récente
libéralisation du commerce de détail et du commerce de
gros et de la plus grande ouverture possible du secteur
bancaire et du secteur des télécommunications.
Les
Membres ont soulevé des questions et exprimé des
inquiétudes au sujet de certains domaines bien précis
des douanes, y compris à celui de l'inspection et de
l'administration des importations. En ce qui concerne les
droits de douane, des questions ont été soulevées au
sujet de la consolidation possible des réductions
tarifaires unilatérales effectuées récemment, ce qui
réduirait l'incertitude pour les négociants. Les
Membres ont fait état des crêtes tarifaires qui
subsistaient sur les véhicules automobiles, les boissons
alcooliques et certains produits chimiques et de la
progressivité des droits de douane dans l'industrie. Les
obstacles non tarifaires, notamment les interdictions à
l'importation et les licences d'importation, ont
également attiré l'attention. Des Membres ont soulevé
des questions concernant les taxes et les restrictions à
l'exportation ainsi que les règles en matière de teneur
en produits d'origine nationale. Ils ont recommandé à
lIndonésie de rendre l'environnement commercial
encore plus concurrentiel, notamment en renforçant le
cadre de la concurrence et la législation sur les
faillites, en augmentant la transparence dans
l'attribution des subventions et des prêts publics et en
faisant mieux respecter les lois et les réglementations
dans les domaines comme les douanes, les droits de
propriété intellectuelle et les marchés publics. Ils
ont encouragé l'Indonésie à accélérer la
privatisation des entreprises d'État et l'ont mise en
garde contre un recours excessif aux incitations fiscales
pour attirer l'investissement étranger direct.
La
représentante de l'Indonésie a répondu que le
gouvernement prenait continuellement des mesures pour
améliorer les procédures d'administration et
d'inspection douanières, notamment par la mise en
uvre de la première phase du système d'échange
de données informatisé (EDI). Abstraction faite
des réductions récentes des droits de douane
effectivement appliqués, les consolidations seraient
maintenues conformément aux engagements actuels de
l'Indonésie (qui excluaient les automobiles et les
produits chimiques). Tandis que les droits de douane
effectivement appliqués aux produits chimiques et à
l'acier seraient encore réduits, il n'était pas prévu
de réduire les droits élevés frappant les boissons
alcooliques, qui étaient justifiés par des motifs
sociaux. De nombreuses prescriptions en matière de
licences d'importation avaient été levées et les
procédures dans ce domaine avaient également été
considérablement simplifiées, de sorte que des licences
d'importation nétaient dorénavant exigées que
pour les motifs suivants: santé, sécurité,
sécurité, moralité publiques et protection de
l'environnement. Concernant les mesures à l'exportation,
le gouvernement avait assoupli les contrôles à
l'exportation exercés sur divers produits, y compris le
contreplaqué, et réduit
les
taxes à l'importation imposées sur les grumes. Le seul
secteur assujetti à des règles en matière de teneur en
produits d'origine nationale était celui de
l'automobile. La représentante de lIndonésie a
donné un aperçu des mesures prises par son gouvernement
pour favoriser la concurrence, y compris l'abolition des
privilèges spéciaux ou exclusifs dont jouissait
précédemment le BULOG et la mise en uvre d'une
loi sur la concurrence, dont le projet de loi avait été
déposé devant le Parlement. Des mesures avaient
également été prises pour assurer la protection des
droits de propriété intellectuelle. Elle a souligné
l'attachement de son gouvernement à la privatisation,
qui devrait se dérouler d'une manière transparente.
S'agissant des incitations, le gouvernement jugeait de
telles mesures nécessaires pour aider à rétablir la
confiance des investisseurs.
Questions
sectorielles
Les
Membres ont félicité l'Indonésie pour la
libéralisation généralisée de son secteur agricole;
certains ont demandé des éclaircissements sur
l'utilisation des subventions à l'importation. Certains
membres ont souligné que toute réforme du secteur
devrait tenir pleinement compte des considérations
d'ordre social. Les questions posées sur l'industrie ont
porté sur les récentes mesures de libéralisation et de
démonopolisation, mais aussi sur la progressivité et
les crêtes tarifaires qui subsistaient dans les secteurs
des textiles et des vêtements, des véhicules
automobiles et de l'acier. Des questions ont également
été soulevées sur la situation relative à la mise en
uvre des recommandations du Groupe spécial de
l'OMC qui avait examiné le Programme concernant la
voiture nationale et sur le maintien du soutien de
l'État à IPTN, l'avionneur national. S'agissant des
services, les Membres ont félicité l'Indonésie pour sa
contribution aux récentes négociations sur les
télécommunications et les services financiers menées
dans le cadre de lAGCS et demandé si elle avait
lintention douvrir encore plus ces secteurs
à l'investissement étranger.
La
représentante de l'Indonésie a répondu en donnant
d'autres éclaircissements sur la libéralisation de
l'agriculture, mais s'est dite inquiète de ses effets
dans les pays importateurs nets, notamment la difficulté
de financer au taux de change actuel les importations de
denrées de base nécessaires pour garantir
lapprovisionnement de la population à des prix
abordables et pour assurer la sécurité alimentaire. Au
sujet de l'industrie, elle a confirmé que tous les
privilèges douaniers et tous les privilèges fiscaux
obtenus en vertu du Programme concernant la voiture
nationale devaient être remboursés au gouvernement par
l'entreprise concernée et elle a répété que le
gouvernement avait cessé de soutenir IPTN. Quant aux
services, lintervenante a confirmé qu'une nouvelle
loi sur les télécommunications était actuellement à
l'étude. Elle a confirmé l'entrée en vigueur d'une
nouvelle Loi sur les banques le
10 novembre 1998, qui, entre autres
améliorations, supprimait les limites imposées à la
participation étrangère dans les coentreprises
bancaires.
*****
En
conclusion, j'ai le sentiment que l'OEPC a appuyé
fermement le programme de réformes impressionnant de
l'Indonésie et qu'il est persuadé que l'Indonésie
veillera à l'avoir entièrement réalisé dans les
prochains mois. Les délégations ont noté avec
satisfaction que ces réformes avaient été mises en
uvre sur une base NPF. Les Membres ont également
reconnu que l'Indonésie avait pris au sérieux la
nécessité de mettre en uvre en temps voulu les
engagements quelle avait pris dans le cadre de
l'OMC et qu'elle avait appliqué le principe d'un
régionalisme ouvert dans ses relations avec l'ANASE et
l'APEC. À mon avis, les Membres ont compris l'importance
de garder leurs marchés ouverts et de maintenir des
conditions commerciales stables et prévisibles, de
manière à aider l'Indonésie à se rétablir de la
crise économique actuelle. Ils ont également reconnu
qu'une fois toutes les réformes mises en uvre en
Indonésie, celle-ci aurait l'une des économies les plus
ouvertes des pays en développement. D'après moi, les
participants à la réunion ont également estimé que la
consolidation de cette libéralisation dans le cadre de
l'OMC contribuerait au renforcement du système
commercial multilatéral.
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